Smith, Citai, of gems (1888), n° U83. Cf, n
A. Millier- Wieseler, Benkm., II, pi. LXXIII, n°931.
Le gouvernail peut, à lui seul, servira préciser la protection que les marins attendaient de Tyché. Ainsi, sur les monnaies de la ville d'Arados, on la voit, la corne d'abondance appuyée sur le bras gauche, assise sur un gouvernail dessiné en travers de la médaille l. Une terre-cuite du musée de Berlin, où sont encore visibles des traces de peinture, nous la présente également avec ces deux attributs '-. Enfin l'origine de Tyché fille de l'Océan est rappelée par une figure de Néréide qui soutient le trône où elle est assise, sur une monnaie de Démétrius 1er Soter (lre moitié du nc siècle av. J.-C. :; .
4, — Nous avons vu (2) que. considérée comme déesse du bonheur en général, Tyché n'a pas un type particulier; on lui conserve les mômes attributs qu'à la Tyché divinité de la richesse : la patère, quelquefois le voile, et surtout la corne d'abondance. Quand on fit d'elle une divinité essentiellement volage et changeante, un nouvel attribut se joignit aux précédents, ce fut le gouvernail. Comme rien n'est aussi changeant que les flots, le gouvernail, qui rappelle la mer. parut tout à fait propre à exprimer le caractère inconstant de la Fortune. Il faut remarquer cependant que, dans les monuments d'inspiration vraiment hellénique, le gouvernail ne se rencontre pas: ceux que nous avons cités à propos de la Tyché marine sont d'époque romaine, et dans la terrecuite du Musée de Berlin on pourrait à la rigueur contester la présence du gouvernail, car l'objet est fort indistinct. Il se peut cependant que le gouvernail ne soit pas absolument d'origine romaine. En effet un poète de la comédie moyenne, Anaxandride, en fait déjà mention à propos de Tyché : « Il n'y a nulle part de cité d'esclaves, mon « cher; c'est la Fortune qui change notre condition...: la divi-
1. Mtiller- Wieseler, Benhm., II, pi. LXXIII n° 930. La médaille est du règne de .Marc-Aurèle.
2. Panofka, Terres-cuites du Mus. de Berlin, pi. XXXF, 1. C'est du moins un gouvernait que Panofka croit reconnaître sous les pieds de la déesse. Nous n'oserions être aussi affirmatif.