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La lutte contre la tuberculose, comme toute lutte contre une maladie infectieuse, commence avec l’anéantissement du germe morbide. La question de la prédisposition est importante, surtout en matière de tuberculose, aussi doit-on s’efforcer à la fois de modifier le terrain et de détruire la graine.
La désinfection chimique du crachat bacillifère a soulevé de nombreux et intéressants travaux ; malheureusement les résultats obtenus varient d’un auteur à l’autre, et même, différent chez le même auteur. Cela tent-il à l’ineflicacité de l’agent chimique, aux diverses méthodes employées dans l’expérimentation? Sans doute à ces deux facteurs, et aussi à cette importante question de la liquélaction du crachat; mais n'est-ce pas trop exiger que de demander à un antiseptique de stériliser un crachat farei de bacilles, au point de rendre inoflensive son inoculation au cobaye ? Si le cobaye est un excellent sujet d'expérience en ce sens qu'il ne devient presque jamais spontanément tuberculeux, il est aussi, dans l'échelle des mammilères, lun des plus sensibles et des plus susceptibles de prendre la tuberculose expérimentale. Cette assertion, nous la confirmons tous les Jours, quand nous deman-
dons à ce sujet de réagir à linoculation d’un liquide pleurétique et dans lequel, la plupart du temps, nous n'avons pu déceler le moindre bacille de Koch, par l'examen direct. La plupart des auteurs, justement déçus, semble-t-il, par ces résultats défavorables, ont préconisé d’une façon peut-être trop exclusive la désinfection par la chaleur. Mais, si ce procédé permet d'obtenir une stérilisation certaine du crachat, il n’est pas sans difficultés d'application.
L'action de la chaleur doit tout d’abord être prolongée au-delà d’un certain temps, car pendant l’ébullition du crachat, les bacilles se dissolvent beaucoup plus difficilement, à cause de l’enveloppe protectrice que leur forment les matières albuminoïdes en se coagulant. Des expériences ont démontré qu'il restait encore, après une ébullition de crachats pendant dix minutes, dans l’intérieur des masses albumineuses, des bacilles viables, susceptibles et de se développer dans des cultures et de tuberculiser le cobaye.
La désinfection par la vapeur demande des appareils coûteux, nécessitant quelquelois, pour leur maniement, des mains expertes. Si ces inconvénients s’eflacent lorsqu'il s’agit de sanatoria, de grands établissements hospitaliers, ils conservent toute leur valeur pour les tuberculeux soignés à domicile. D'ailleurs, combustion et vapeur n’ont pas été adoptées de suite par tous les auteurs; des médecins de sanatorium comme Moeller, Sobota, ete., mirent quelque temps à se familiariser avec ces procédés de désinfection. Flügge et son élève Noetel recommandent de brûler le crachat dans des crachoirs combustibles. Ce serait
là, évidemment, le moyen le plus pratique et le plus à la portée de tous, si les crachoirs en pâte combusüble n'avaient pas les inconvénients que nous signalions dans notre premier chapitre.
Puisqu'on ne peut arriver toujours et partout à brûler ou à faire bouillir le crachat, puisque les crachoirs ne paraissent pas devoir être tout de suite supplantés, la désinfection chimique reste un bon moyen dans certains cas, à la disposition des médecins hygiénistes dont les eflorts doivent tendre à la rendre la plus eflicace possible.
D'ailleurs dans les endroits où les moyens de désinfection physiques pourront être facilement mis en œuvre, la désinfection chimique à notre avis, devra constituer le premier temps, avant la stérilisation complète assurée en dernier ressort par la chaleur. Ce premier temps d'atténuation permettra un maniement facile et non dangereux des crachoirs ; la désinfection par la chaleur ne contre-indiquant nullement l'usage préalable d’un antiseptique. Il semble au contraire que l’'adjonction d’une substance chimique microbicide aux expectorations riches en bacilles, soit nécessaire. Des crachoirs qui ne renfermeraient pas de liquide stérilisateur permettraient aux mouches qui ne meurent pas sur place, de devenir comme dans les faits rapportés par Spillmann et Haushalter, André, des porte-contages. Leurs excréments contiennent alors des bacilles et elles peuvent les déposer sur des substances alimentaires, d’où la possibilité de la transmission de la tuberculose par ingestion. Ou bien ces excréments
peuvent encore se mêler aux poussières de même