‹ Étude sur la désinfection chimique du crachat tuberculeuxChapitre 6 sur 21 · PE · texte numérisé non relu

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conclut que le sublimé à 0,5 p. 100 demeure l'agent le plus eflicace.

Carl Spengler soutient que les bacilles tuberculeux résistent à la désinfection par la formaldéhyde préconisée par Flügge, cet antiseptique est très actil contre les autres bactéries associées dans les crachats au bacille de Koch.

Flügge répond au travail de Spengler qu'il ny a rien d'étonnant à ce que les bacilles tuberculeux ne soient pas tués dans les crachats exposés à la formaldéhyde en couche de 2 "/" 1/2 d'épaisseur. Des amas aussi épais, ajoute-t-1l, doivent être détruits par le sublimé.

Le prolesseur Vincent (du Val-de-Grâce), a publié, en 1905, une série de recherches intéressantes sur la désinlection des crachats tuberculeux ; il a fait des essais avec de nombreux désinfectants : sullates ferreux et lerrique à 10 p. 100 ; sulfate de cuivre et chlorure de zine à 10 p. 100; bichlorure de mercure à 1 p- 1000 ; acide phénique à 3 et 5 p. 100 ; crésyl à 5 p. 100 ; acides sulfurique, azotique, pyroligneux à 10 p. 100. C'est le crésyl qui lui a donné les meilleurs résultats ; sur cinq cobayes inoculés avec des crachats, riches en bacilles, ayant subi l’action de cet antiseplique, deux seulement présentèrent des lésions tuberculeuses.

Il a également étudié :

1° L'huile lourde de houille et les dérivés alcalins de la houille : le lysol ;

2° Les bases alcalines (chaux, soude, potasse) ;

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3° Les hypochlorites alcalins (de chaux, de soude, de potasse).

Ses conclusions sont les suivantes : le Iysol à 1 p.10 est un bon désinfectant, mais il n’agit avec efficacité que lorsqu'on agite le mélange ; d'autre part, il est d'un prix élevé. L'hypochlorite de chaux, appelé communément le chlorure de chaux et la soude à 10 p.100 seraient les deux antiseptiques de choix; pourtant il reproche au premier son altération rapide, et l'odeur chlorée pémible qu'il dégage. La soude en solution à 10 p. 100 est le désinfectant le plus pratique, elle est très peu caustique à ce titre de dilution, liquélie rapidement les crachats, elle est facilement colorable, et d'an prix modique. Cette liquélaction des substances albuminoïdes constitue assurément l’un des points capitaux de la destruction du bacille, l’antiseptique ne rencontre plus de barrière devant lui et son pouvoir bactéricide dans ces conditions, s'exerce au maximum.

En 1908, M. Letulle écrit dans la evue d'hygiène et de police sanitaire : © La destruction du bacille « dans les expectorations du tuberculeux est chose « relativement aisée et qu'une éducation attentive per- « met d'obtenir. Il n’en coûte presque rien puisqu'avec «une vingtaine de centimes que peut coûter une solu- «tion antiseptique (acide phénique, eau de Javelle, « eau formolée) dans un crachoir, toutes les expecto- «rations d’un tuberculeux peuvent être rendues absolument inoffensives ». Nous ne croyons pas que la stérilisation du crachat soit chose aussi aisée que veut bien le dire M. Letulle ; c'est là une déduction qu'on peut tirer facilement en étudiant et en comparant les

résultats auxquels sont parvenus les auteurs qui ont étudié spécialement cette question de la désinfection chimique des crachats.

Krencker, la même année, à étudié l’action bactéricide de la glycérine ; il employait des concentrations variées depuis la proportion de 10 volumes de glycérine pour 90 volumes d’eau jusqu'à la glycérine anhydre de la pharmacopée allemande à 100 p. 100. Ces solutions sont stérilisées à l’autoclave pour détruire les spores qui existent souvent dans la glycérine du commerce ; la glycérine est laissée en contact avec les mnicroorganismes en expérience à 37°, à 24°, à 12°. Les bacilles tuberculeux humains et bovins sont détruits après 48 heures de séjour à 37° dans une solution de glycérine à 30 p. 100. Les inoculations aux cobayes restent alors négatives. De ces expériences on ne peut malheureusement rien conclure au point de vue de la désinlection des crachats, il faudrait expérimenter non pas sur le bacille nu, c’est-à-dire en cultures, mais sur le bacille revêtu de substances muqueuses et albuminoïdes.

Fornario étudie un nouveau produit, l’autane. Ils’agit d'un mélange de péroxyde de Baryum ou de Strontium et de paralormol ou trioxyméthylène. Des essais ont été faits avec cette substance, mais seulement sur des habitations, des livres dont les feuillets étaient infectés par de nombreux microbes. Les livres étaient à peu près stérilisés après le traitement.

Geilinger vient de publier ces derniers mois, une étude assez longue sur la désinfection chimique du

crachat tuberculeux. Après un court aperçu historique

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de la question, 1l expose les résultats de ses recherches personnelles. |

Il recommande de se servir d’antiseptiques possédant un pouvoir bactéricide intensif — le bacille de Koch offrant aux substances chimiques plus de résistance que les autres micro-organismes — et dont la toxicité soit peu élevée, surtout pour les crachoirs de chambre, dont le contenu ne peut pas être laissé sans danger à la portée des enfants. C’est pourquoi on ne devrait pas employer, dit-il, des désinfectants sans couleur, ni odeur, comme par exemple le sublimé. II rejette les substances à odeur trop forte et celles dont la décomposition se fait trop vite : leur eflicacité devant se poursuivre pendant plusieurs jours. Elles doivent voiler le plus possible l'aspect dégoûtant du crachat, ne pas être trop caustiques, ne pas être combustibles et n'être pas trop onéreuses.

Il s’est servi comme désinlfectants de solutions de potasse caustique, de soude, de sublimé, d’astérol, d’eau oxygénée, d’antilormine, de formaldéhyde, de lysolorme, de « Morbicide », de phénol, de lysol. Pour répondre dans la plus large mesure aux exigences de la vie ordinaire, qui ne nécessitent pas seulement la destruction des bacilles, mais encore la dissolution du crachat, et l’atténuation de la répulsion toute naturelle, qu'éprouve le malade à se servir de crachoirs, on a fait des expériences avec des matières colorantes diverses, comme le tournesol, le vert de malachite, ete... Une maison de Zurich fournit même sous le nom de « Wolo » des désinfectants parfumés et d’un emploi facile; mais ces substances sont d’un

prix trop élevé pour sortir du domaine privé. On à eu également l'idée d'ajouter aux substances stérilisatrices de là glycérine destinée, suivant les expériences de Bartel et Neumann, à augmenter le pouvoir bactéricide des agents chimiques employés. Dans d’autres cas, on cherchait à favoriser la destruction du bacille tuberculeux en ajoutant des matières susceptibles de dissoudre la graisse qui entre dans la constitution du bacille : on.se servait à cet usage de savon à base de potasse dans de l'huile de térébenthine. Cette émulsion d'aspect blanchâtre et non transparente dissimule, le crachat et corrige en même temps, de par son odeur, les émanations désagréables qui proviennent des crachoirs. Mais une objection que l’on peut faire à cette méthode, c’est le danger d’inflammation possible. Pour obvier à cel inconvénient on a essayé de diluer au maximum l’huile de térébenthine, mais dans ces cas l’émulsion était souvent très difficile à obtenir.

Geilinger donne les chiffres suivants comme suscepübles de réaliser une émulsion à peu près constante : 1 gr. » de savon à base de potasse en dissolution dans 3» centimètres cubes d'huile de térébenthine, ajouter 3» centimètres cubes d’eau et remuer fortement le mélange. Au lieu de substances inflammables et par suite dangereuses à manier, on s’est servi de tétrachlorure de carbone, mais les qualités narcotiques de cet agent le firent bientôt rejeter.

Désinlectants et crachats étaient employés à parties égales, condition plutôt défavorable et peu en rapport avec les exigences de la vie courante. Le mélange n'était jamais agité, et la durée de contact de l’anti-

septique et des crachats variait entre trois et vingtquatre heures.

Au préalable, Geilinger fit des expériences sur des cultures, notant le moment où étaient détruits d’une part les bacilles autres que le bacille de Koch, d'autre part un bacille acido-résistant le Tobler IT, qui a des propriétés biologiques analogues à celles du bacille de Koch et qui présente l'avantage sur ce dernier, de former dans un bouillon de culture ordinaire, des cultures microscopiquement visibles au bout d’un ou deux jours. Ces essais lui servaient à s'orienter dans son étude sur la désinfection chimique du crachat tubereuleux. Ces expériences ne rentrent pas tout à fait dans le cadre que nous nous sommes tracé, et nous arrivons à la partie qui nous intéresse plus spécialement : l’influence des différentes substances chimiques sur l’état physique des crachats, et les résultats obtenus par l’auteur dans les inoculations qu'il fit à des cobayes.

Dans un verre 1l mettait tout d’abord 20-40 centimètres cubes de la solution désinlectante faite avec de l’eau potable, puis ajoutait un même volume de crachats riches en bacilles, provenant de trois où quatre malades différents, sans jamais agiter le mélange. Les récipients étaient couverts et maintenus à la température du laboratoire. Après un contact variant de huit à vingt-quatre heures (dans un cas après quarante-huit heures), des échantillons de crachats étaient prélevés au moyen de pinces stérilisées, où de pipettes en gros verre et stériles, puis lavés soigneusement et plusieurs

fois pour les débarrasser de l'excès d’antiseptique ;

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puis ils étaient mis dans une solution de chlorure de sodium. Des quantités de crachat variant entre 1/2 centimètre cube et 6 centimètres cubes étaient inoculées soit par voie sous-cutanée, soit dans le péritoine et dans chaque série de recherches un cobaye servait de témoin. Le poids des animaux avant les essais variait entre 250 et 350 grammes. Au bout de cinq à six semaines, on contrôlait de nouveau leur poids ; ceux qui ne mouraient pas, Où Ceux qui ne présentaient pas d’engorgement ganglionnaire apparent, n'étaient sacrifiés qu'après plusieurs mois.

Sur un seul point l’auteur ne s’est pas tout à fait conlformé à ce qui se passe pratiquement, c'est lorsqu'il mélange parties égales d’antiseptique et de crachats.

Outre les solutions simples, Geilinger a expérimenté ces mêmes solutions en leur adjoignant tantôt une solution de potasse ou de soude, destinées à favoriser la dissolution du crachat, tantôt de la glycérine, de l'huile de térébenthine, destinées à augmenter l'effet bactéricide du produit étudié. Les solutions de potasse caustique, de soude à 10 p. 100 ne donnèrent pas à l’auteur des résultats favorables puisque les bacilles, après un séjour compris entre huit et vingt-quatre heures, n'étaient jamais détruits. L'auteur fait remarquer que les résultats obtenus par lui ne correspondent pas à ceux communiqués par le professeur Vincent ; peut-être cette divergence de résultats est-elle dûe à une technique différente. Il ne recommande pas non plus les solutions de sublimé à 1 et 5 p. 100, même

lorsqu'on leur ajoute des lessives de soude ou de

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potasse, où même de la glycérine ; les bacilles ne furent jamais tués.

L'astérol est une préparation mereurielle qui n'a pas l'inconvénient du sublimé, son action bactéricide n'est pas entravée par les matières albuminoïdes des crachats, néanmoins des solutions de cette substance à 5 p. 1000 où même additionnées de potasse caustique, ne tuaient pas tous les germes au bout de vingt-quatre heures.

Le dissolvant à la fois le plus énergique et le plus rapide des crachats, semble avoir été l’eau oxygénée additionnée d’une certaine quantité d’une lessive de soude à 5 p.100, mais son action bactéricide s’est montrée tout à fait insuflisante.

Contrairement aux résultats de Uhlenhuth et de ses collaborateurs, lantiformine, malgré l'addition de potasse ou de soude, n’a pas détruit les bacilles tuberculeux, même après un contact prolongé au-delà de vingt-quatre heures.

Geilinger a également expérimenté la formaldéhyde en solution à 0,8 et 0,5 p. 100 à laquelle il ajoutait potasse à 5 p. 100. Les bacilles n'étaient pas tués au bout de huit heures, mais de bons résultats furent obtenus en prolongeant davantage la durée de.contact de l’antiseptique et des crachats. À un degré plus élevé de concentration (2,5 p. 100) les bâcilles étaient souvent détruits entre huit et vingt-quatre heures.

Les solutions de lysoforme et de « Rohlysolorm » à 2, 4 et 5 p. 100 ne sont pas à recommander ; toutelois la solution de « Rohlysolorm » additionnée de potasse caustique à dans un cas donné un résultats favorable.

Le ou la « Morbicid » en solution à 2 et 5 p. 100 s'est montrée également inactive ; son seul avantage c’est son aspect laiteux qui masque favorablement le crachat.

Le phénol en solution à 2, 3 et 5 p, 100 a toujours détruit les bacilles dans six expériences consécutives ; l'addition d’une solution de potasse caustique à toujours diminué l’action bactéricide de cet agent.

Le savon de crésol, le lysol à 5 p. 100 ne tuaient pas les germes au bout de huit heures.

Au point de vue de l’action physique, l'addition de lessive aflaiblit le plus souvent le pouvoir désinfectant des agents chimiques ; les crachats gonflés par la lessive restent collés au fond des crachoirs, ce qui nuit à leur nettoyage. L'emploi de savons est préférable : moins de gonflement et augmentation du pouvoir bactéricide. Le mélange d’huile de térébenthine et de savon à base de potasse donne une émulsion blanche ; les résultats obtenus soit avec cette émulsion seule, soit en l’additionnant d’antiseptiques n’ont pas toujours été très bons : le phénol ajouté à cette émulsion n’y perd pas de son action désinfectante.

Parmi ses conclusions, l’auteur reconnait que la désinfection par les procédés physiques est la plus sûre, mais que le phénol a toujours détruit en un temps relativement court (huit heures), le bacille de Koch dans les crachats. Les crachoirs doivent contenir toujours un antiseptique. Il faudrait trouver une émulsion susceptible de détruire les germes dans tous les cas et dans un minimum de temps, de rendre les erachats invisibles et de corriger leur odeur.

Inoculations sous-cutanées 1" SÉR

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