PREMIÈRE SÉRIE
Elle comprend des essais faits avec le sublimé salé, le crésylol sodique et la soude caustique.
{ Sublimé 2or.
(eo) A.— Sublimé salé (formule de Miquel) ) Vacl 20 gr. VUS) RS | 000 gr.
Des crachats sont prélevés à l'hôpital Desgenettes, ils contiennent de nombreux bacilles de Koch, que lon met de suite en évidence.
a) Une partie est mise à séjourner dans l’antiseptique pendant six heures.
b) Une deuxième pendant douze heures.
c) une troisième pendant vingt-quatre heures.
Les crachats soumis à l’action de cet agent, sont épais et non dissous, ils flottent dans le liquide. Ils
sont repris et lavés à l’eau distillée puis traités dans une solution d'iodure de potassium ; ils sont lavés à nouveau et injectés à trois cobayes numérotés 1, 2,4.
Un cobaye numéro 3 devant servir de témoin a reçu une inoculation sous-cutanée de deux centimètres cubes de crachats non désinlectés.
Chaque inoculation de deux centimètres cubes a été pratiquée sous la peau de la cuisse.
Cobaye numéro 1. — Sacrilié et autopsié un mois après l'inoculation, présente les lésions suivantes : gros hématome au point d'inoculation, de là partent deux ganglions tuberculeux caséeux.
Le foie, la rate et [es poumons sont sains.
Cobaye numéro 2. — Sacrifié et autopsié à la même date, présente au point d'inoculation un gros chancre tuberculeux avec une chaine remontante de ganglions caséeux.
Tubercules miliaires au niveau du foie. Tuberculose granulique de la rate.
C2 Pas de lésions aux poumons.
Cobaye numéro 4. — Petits chancres tuberculeux au point d'inoculation. Un gros ganglion pelvien peu caséeux.
Granulie discrète du foie et de la rate.
Les poumons sont sains.
Le cobaye numéro 8, sacrilié à la même date, présente de grosses lésions tuberculeuses, ganglionnaires et
viscérales.
RSS
B. — Crésylol sodique en solution à 4 pour 100.
Des crachats de tuberculeux cavitaires, fortement bacilliières ont subi l’action de cet antiseptique pendant six, douze et vingt-quatre heures. Ils sont ensuite repris et lavés à l’eau distillée plusieurs fois.
Des inoeculations de deux centimètres cubes sont faites sous la peau de la cuisse de cobayes numérotés 1eble 2 et 2 »3 el
Ona mis seulement dans les crachoirs un centimètre de hauteur d’antiseptique. Ils dégagent tous une assez lorte odeur d'acide phénique ; les crachats sont presque dissous ; ils ne sont plus adhérents au fond du vase. Les cobayes sont sacrifiés quarante Jours après leur inoculation, puis autopsiés; on y constate les
lésions suivantes :
Cobayes 1 et 1’. — Pas de chancre tuberculeux. Ganglions prévertébraux tuberculeux.
Au foie, quelques tubercules.
Tuberculose très intense de la rate.
Poumons sains.
Un des cobayes présente des lésions à peine marquées.
Cobayes 2 et 2’. — C. 2. Petit chancre fistulisé. Ganglions prévertébraux caséeux.
Rate farcie de tubercules.
Foie gros, blanc, avec tuberculose miliaire.
-C. 2’. Gros chancre ouvert.
Gros ganglions caséeux.
Au foie, peu de lésions ; seulement deux ou trois petites taches.
Tuberculose très marquée de la rate.
Cobaye 3. — Petite fistule au point d'inoculation. Foie gros, avec quelques taches.
Rate parsemée de gros tubercules.
Cobaye 3’. — Pas de chancre. Ganglions prévertébraux caséeux. Quelques taches sur le foie. À la rate, pas de
lésions macroscopiquement visibles.
B’. — Crésylol sodique à 4 pour 100.
On met dans chaque crachoir une quantité double d’antiseptique. Trois crachoiïrs contiennent des crachats bacillifères qui ont subi le contact de l'agent chimique pendant SIX, douze, vingt-quatre heures.
Ils dégagent une odeur forte d'acide phénique, comme les précédents. La solubilisation est imparlaite, et on remarque que la quantité d’antiseptique qui occupe dans les récipients deux centimètres de hauteur est trop forte ; ce qui rend dangereux le maniement des crachoirs, cette proportion ne doit done pas être atteinte.
On prélève deux centimètres cubes dans le erachoir de vingt-quatre heures, et on les inocule à un cobaye numéro 4.
Cobaye numéro 4. — Sacrifié et autopsié, présente les lésions suivantes :
Rien au point d'inoculation.
Ganglions prévertébraux caséeux.
Taches sur le foie.
Rate farcie de tubercules.
Les crachats des crachoirs de 6 et 12 h. n'ont pas été inoculés.
Ca Sonde caustique & 10 pour 100.
Même technique que précédemment. Durée de con-
tact des crachats avec l’antiseptique : six, douze, vingt- € quatre heures.
Deux centimètres cubes sont inoculés à des cobaves numéros |, 2, 3.
Les crachats qui ont subi l’action de la substance désinlectante sont complètement dissous, même ceux qui ne sont restés en contact avec elle que pendant six heures.
La solution est gommeuse pour le premier crachoir, aqueuse pour les second et troisième.
En raison de la dissolution des crachats, le liquide a été centrilugé, le culot dissous dans l’eau, puis recen-
trilugation après lavage et inoculation.
Cobaye numéro 1 — Gros ganglion suppuré au point d'inoculation.
Ganglions prévertébraux caséeux.
Semis de tubercules miiaires sur le foie.
Rate avec de gros tubercules,.
Cobayes numéros 2 et 3. — Mêmes lésions, un peu
moins intenses, surtout au niveau du foie.
D.— Soude caustique en solution à 10 pour 100 avec 2 pour 100 de Crésylol.
Un centimètre de hauteur d’antiseptique dans les crachoirs. Durée de contact : six, douze, vingt-quatre heures.
Inoculation, de deux centimètres cubes, sous-cutanée. Cobayes 1, 2, 3.
Crachoir après six heures. — Le liquide à une couleur café au lait. [n'y a plus de crachats flottants ; la dissolution est complète, on trouve au fond du récipient un magma gommeux.
Le crachoir de douze heures présente les mêmes caractères que celui de six heures, mais la dissolution est plus complète, le magma plus fluide.
Celui de vingt-quatre heures a un aspect analogue aux précédents, la fluidité est plus grande. Les crachats ne dégagent pas d’odeur désagréable.
On recueille le magma ; on le centriluge, puis on lave à l’eau distillée et on inocule.
Au bout de quarante jours, les cobayes sont sacriliés et autopsiés.
Cobaye numéro 1. — Gros chancre ouvert caséeux. Ganglions prévertébraux caséeux.
Quelques taches sur le foie.
Rate avec tubercules.
Cobaye numéro 2. — Fistule suppurée au point d'inoculation.
Un ganglion prévertébral caséeux.
Gros foie avec petites taches, assez rares.
Rate tuberculeuse.
Cobaye numéro 3. — Rien au point d'inoculation. Un ganglion prévertébral, petit, non caséeux. Foie parsemé de taches.
Nombreux tubercules au niveau de la rate.
De cette série de recherches il découle qu'aucun des liquides essayés n'a rempli le but, trop idéal sans doute, qu'on se proposait : détruire le bacille de Koch. Ils ont sans doute atténuë sa virulence, mais pas suflisamment pour le rendre incapable de tuberculiser un animal aussi sensible à la tuberculose que le cobaye et par une voie aussi facile que la voie sous-cutanée. Nous résumons ces premiers essais dans le tableau
.hors-texte qui précède.