I-.a détermination du plagioclase est facile et nette
i° Maximum. — Dans la zone de symétrie normale à y* (010) : 16**. I^ section choisie présente les extinctions (1) = H- 1S**(1')= — IG**; elle est [)robablement niaclée suivant la loi de Carlsbad ; mais les extinctions sont tellement simultanées qu on peut écrire (1) = (2') et (!')=: (2). La lamelle (!') est sensiblement perpendiculaire à /ip; mais Timage est flou et il serait impossible d apprécier, à plus de 10** près, si la bissectrice est centrée. Le plan des axes est à 71° de la trace r/{OlO). La bissectrice yip essayée au moyen de la dislocation des hyperboles (voir page 9) paraît bien être celle de langle obtus ; le plagioclase serait donc positif.
2° Essai sur les sections quelconques, mais assez voisines do la zone de symétrie et présentant en outre un contact intime avec des grains de quartz à extinction à peu près simultanée avec celle du feldspath touché.
a) Sections principales parallèles. — On a A^ < et A, < 0.
En prenant b = ^^-—^ e = -^ (voir page 40), la section étudiée
donne :
DETERMINATION DES FELDSPATUS Oii
C est la lamelle (2), pour laquelle / = -+- 13, qui touche le quartz.
b) Sections principales croisées. — Le quartz rouge (1) et (1') et l'on a 0, < 0, o^<0.
3° Une section jr* (010), sans contour, sans trace de clivage facile, mais avec p(^nétration de Carlsbad et effacement presque complet des lamelles h(»mitropes suivant la loi de lalbite, donne co = 157° (voir page 49) ou son supplc^ment. Cet angle correspond à -+ 15° dans le sens de Max Schuster, à partir de lar^le py* (001) (010).
Tout concorde donc et les diverses méthodes, énumérées plus haut, se prtMent un concours réciproque pour permettn» d'attribuer à Talbite le feldspath tricliniquc abondant de la granulite étudiée. L'emploi de la liqueur de Klein, convenablement étendue, a confirmé le diagnostic et prouvé que ce plagioclase est moins réfringent que Toligoclase, et à fortiori que Tandésine, seul feldspath avec lequel il pourrait être confondu.
Granité à amphibole des Bordels, près Saint-Léon (Allier). ~ Amphibole verte, mica noir, plagioclases très zojiés, orthose, quartz.
1° Maximum de la zone de symétrie dépassant it 21^ pour (1) (V) et correspondant à une extinction (2) (2'), de it 12*» environ ; dans les sections atteignant les plus grands angles, Téclai renient commun fait ressortir nettement la madc de Carlsbad ; de plus, il montre toute une succession de zones aboutissant, à la périphérie, à des extinctions toujours voisines de 0°. Cette particularité fait ïeniir qu'il sera très difficile de trouver un contact du quartz et des variétés basiques, toujours enveloppées de zones à acidité croissante. Et en effet, presque tous les contacts se montrent tels que le quartz parait le plus réfringent.
2° Cependant, une section assez voisine de la zone de symé-
FELDSPATHS 5
«0 DETERMINATION DES FELDSPATIIS
trio fait exception à coite règle; elle louche un quartz toujours <Heint, et donne (voir page 61)
Les autres données sont les suivantes :
a b (moyenne) c
Périphérie (de — 2 à — 3«)
Centre — 10 — 13 — 10
d e (moyenne) f
Périphérie +0 + 4 Va +3
Centre 4- 20 +21 +22
Il est clair que le quartz louche ici un oligoclasc basique, lui- 'm^me moins réfringent que les zones intérieures dont le centre est en labrador. Du reste, il n'y a pas passage gradué en tous les points, et, par places, les réflexions toUiles montrent brutalement cette basicité croissante.
3° Une section^* (010), reconnaissable à la macle de Carlsbad. à relfacement de la macle de Talbite, et au contour des zones d'accroissements qui montre les prolils/j (001), rt*(101),«Vt(201), donne les extinctions suivantes :
1°) Petite zone extérieure +2®
2*^) Petite zone suivante (^
3") Grande étendue irrégulièrement moirée et montrant i __ Mn^,
une dispersion assez intense S
4") Centre et parties mêlées irrégulièrement avec la zone ) ^^^
n<> 3 ; également très dispersif )
11 y a des passages entre les diverses zones, mais moins graduées et plus brusques qu'on ne pourrait s'y attendre ; le feldspath n° 3, correspondant au labrador, est de beaucoup dominant.
En somme, les extinctions montrent que le plagioclase va du labrador et même de la bytownite à Toligoclase basique. La méthode d(» M. F. Becke ne permet pas ici la vérification des zones intérieures et vraiment abondantes.
DANS LES PLAQUES MINCES tH
Diabase ophitiqae de Tillière (bourg), près Cholet (Vendée). — ('ette ophile, à gros grain, contient un peu de péridot. 1** Maximum de la zone perpendiculaire à y* (010) : 40°. 2* Sections quelconques bien maclées :
abc d c f
Premier exemple ... + 19« + 22« -f 23^ | + 35° + SS*» + 41^' Deuxième exemple . . +24" + 25« + 26« | + 38<» » »
3"* Section g^ (010) avecmacle de Carlsbad apparente : les clivages pp (001) (001) font 129^ Extinction moyenne à — 30*^ de pg' (001) (010).
Bytownite, vérifiée par le procédé Becke et la liqueur de Klein; le feldspath n'est pas zone et se montre très homogène.
Phonolite de la carrière d'empierrement, près le moulin de Lus-
'Clade (Hont-Dore). — Microlites à sections fines et très allongées, en
faisceaux parallèles paraissant maclés suivant la loi de Talbite,
mais, en réalité, simplement séparées les unes des autres par de
ia matière amorphe.
Extinctions rigoureusement longitudinales : on ne peut hésiter qu entre Torthose ou lanorthoseet Toligoclase AÔ4 An,. J'ai déjà conclu {Bull. Soc. géo., 1890, XVIII, 797) à lorthose; l'examen d'une plaque décapée et immergée dans la liqueur de Klein montre que les microlites ont un indice toujours inférieur au plus petit indice de réfraction de l'albite, et, a fortiori, de Toligoclase.
Granité à amphibole (vaugnèrite) de Vaugneray (Rhône). — Nous avons signalé, M. Lacroix et moi, la présence du labrador dans la vaugnèrite {Bull. Soc. min., 1887, X, 27). Un échantillon, recueilli près de Messimy, montre une association encore plus basique : chaque section de feldspath triclinique présente trois ou quatre zones nettement tranchées et sans transition : le cœur et la troisième zone à partir du centre (qui constituent en moyenne les deux tiers du cristal) sont en labrador Aôi kn\ ; la seconde zone est en anorthite; la quatrième zone, fort mince et manquant souvent, est en andésine basique. Toutes les propriétés concourent à ces conclusions :
6>< DETERMINATION DES FELDSPATIIS
1*" Section voisine du maximum dans la zone de symétrie; il n'y existe que les macles de Talbite et du péricline.
Centre et zone extérieure. a = -f 20o 6 = + 24» */» c = + 29 Zone moyenne o'= + 44« 6'= + 51^ */s <?'= 4- 59
1^ lamelle «(1) est sensiblement perpendiculaire à la bissecirice n^\ il est impossible de juger du signe du cristal, la figure en lumière convergente étant très déformée par les macles multiples.
Ces nombres conviennent au méridien à 35" de hU/ (100) (010) en haut, pour lanorthite et pour le labrador Aô, An,; la biréfringence de la plage d'anorthite est légèrement supérieure à celle du labrador; le procédé Becke montre que, dans toutes les orientations, cette anorthite est plus réfringente que le labrador qu'elle touche. Le cristal (1) est orienté avec p (001) dans le quadrant inférieur à droite.
2** Section quelconque de la zone de symétrie :
Centre et périphérie . a = — 16^ 6 = — 16'» */2 c = — 17** Zone moyenne. ... a' = — 32" 6' = — 33^ «/, c' = — 3Ho
Biréfringence de la partie de la section appartenant à Tanorthite, supérieure à la biréfringence maxima du quartz de la môme plaque ; le labrador a une biréfringence à peine égale à la moitié.
Cette section convient au méridien à 80*" au-dessous de A*^* (100) (010), et confirme absolument les précédentes déterminations (voir PI. V et Vil).
On y constate que n^ de Tanorthite est de beaucoup plus élevé que Mg du labrador à Tétude.
3** On trouve, dans la plaque, de bons contacts de labrador et de quartz ; 8, >0.
4** Une section g^ (010) nous a donné les nombres suivants^ rapportés au clivage p (001) :
Bordure extérieure très mince — 6<>
Centre et zone large extérieure ~ i3*'
Zone large intérieure — 34<>
Ces nombres sont un peu faibles, par rapport aux autres propriétés constatées.
On sait que la roche contient de Tapatite en abondance, du mica noir, de l'amphibole et de Torthose. Il est tri^s original de constater qu'au cours de Taccroissement régulier des plus anciens cristaux de feldspath, le magma a subi temporairement une influence basique extri^mement caractérisée, et nous avons développé ailleurs * l'idée que la nature des salbandes, assimilées par le granité pendant son ascension, a souvent produit ce genre d'effets (granités à amphibole du Beaujolais, du Puy-de- Dôme, etc.).
Anorthites de diverses provenances. — Il est facile de régler la liqueur de Klein de façon qu'elle ait exactement l'indice n^ de l'anorthite de la Somma. Dès lors, on constate aisément que lanorthite de la diorite orbieulaire de Corse est sensiblement de même réfringence. Quanta celui des gabbros d'Husaas (Norvège), il a une réfringence légèrement inférieure; mais, chose remarquable, Tamphibole qui l'accompagne parait avoir un indice /*,, un peu inférieur à l'indice n^ non seulement de l'anorthite de la Somma, mais même de celui qui le touche directement. Pour ces délicates constatations, il faut avoir soin de choisir des contacts bien perpendiculaires à la plaque mince, baisser beaucoup le Nicol et le condenseur avec leur diaphragme et observer avec un assez fort grossissement en lumière intense.
Dans une des plaques de la diorite orbieulaire. une section tfanorthite a donné les résultats suivants : le cristal (1) étant, aussi rigoureusement que possible, amené, au moyen de la platine de Fédoroff, à être perpendiculaire à l'axe optique B, les lamelles (!') sont presque éteintes, mais encore visibles; les lamelles (2) et (2') donnent aussi des extinctions difficiles à constater, parce que la biréfringence en est extrêmement faible; cependant on peut lire environ -+- 50° et — 60**. En tout cas, Téclairement commun montre avec évidence qu'elles ne sont pas situées dans la zone de symétrie, et que par conséquent l'axe B,
* Granité de Flainunville. Carte ycoL de France, Bull, n" 36, J893.
:0 DETERMINATION DES FELDSPATHS
pôle de la section (1), n'y est pas situé non plus. Le plan des axes, dans cette section, est bien à environ — 62° de la trace g^ (010), comme on peut le constater au moyen de Timage en lumière convergente.
L'anorthite de Saint-Clément se rapproche beaucoup de celui d'Husaas; ses indices paraissent légèrement inférieurs à ceux de la Somma.
11 présente un développement extraordinaire de la macle du péricline. Une des sections montre les lamelles (1) (redressées avec la platine Fédoroff) perpendiculaires à Taxe optique A. C est nécessairement A, car {{') possède plus de 1/4 de \ de biréfringence. Le clivage facile jt> (001) est très marqué; Textinction (l')se fait à 33° de;? (001), quand on choisit la direction négative n'p. La trace du plan de macle, intermédiaire entre n\ et p (001), est à 13* du clivage facile.
Or les épures donnent les résultats suivants : pour (1) coïncidant avec A, (1') s'éteint à — 53^ et/) (001) a sa trace à — 87^ de celle dejr* (010) ; Textinction se fait donc bien environ à 3i** de la trace p (001) et puisque Tangle comprend la trace de macle. c'est que le plan de macle est, comme l'indique von Rath, dans Tangle aigu hr/' (100) (010).
EXPLICATION DES PLANCHES
Les numéros en rouge indiquent en degrés l'extinction rapportée à la trace y^ (010), dans le sens positir, tel qu'il a été défini page 16. Les numéros en noir indiquent les extinctions dans le sens négatif.
Les courbes rouges réunissent les pôles de même extinction.
Les courbes en bistre réunissent les pôles de même biréfringence : autour des axes optiques, la première courbe jalonne la biréfringence 0,25. Puis viennent les courbes 0,35 à 0,85 ; cette dernière entoure Taxe moyen rim.
Les axes d'élasticité (indices principaux) sont représentés ainsi qu'il suit : ytg plus grand indice correspondant à la plus petite élasticité; n^ indice moyen, élasticité moyenne; rip plus petit indice correspondant à la plus grande élasticité. A et B sont les traces des axes optiques.
Les grands cercles noirs, qui joignent deux à deux les traces rig, tim, tp, représentent les plans principaux d'élasticité. Naturellement, le plan n^ yip passe par les axes optiques A et B.
Les planches I à VII représentent les principaux types de plagioclases.
La planche YIIl donne un groupement des axes d'élasticité et optiques de ces feldspaths (encre noire), comparé à celui dû à M. de FédorofT (bistre) ; sur cette planche VIII, les courbes en rouge représentent l'angle fait par la trace du clivage p (001) avec le clivage g* (010).
En noir : 1 . Anorthite A6„ Xn^.
— 2. Labrador A6, Awj à A63 An^.
— 3. Labrador A6, An,.
— 4. Andésine A6g An,.
— 5. Oligoclase A63 An,.
— 6, Oligoclase Aô^ An,.
— 7. Albite A6.
En bistre: 1. Anorthite du Vésuve.
— 2. Bytownite de Pessegow.
— 3. Bytownite-Labrador de la vallée du Koisu (Turkestan).
— 4. Labrador du Labrador.
•— 5 . Oligoclase de Tvedestrand .
— 6. Albite (Des Cloizeaux et Max Schuster).