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III - RECHERCHES DES INDICES DE RÉFRACTION DES FELDSPATHS

Les indices de réfraction des fcldspaths s'échelonnent régulièrement de l'orthose à lalbitc et de l'albite à Fanorthitc; ils vont en croissant d'une façon continue et dans des limites assez étendues, comme on peut en juger par le tableau suivant :

Orthose (Saint-Gotkard) Microcline (Narestô) . .

Anorthose (Quatro-Ribeyras) Albite (Narestô]. . . .

Oligoclase (Bamle) . . .

— (Backersville) Andésine (Roche-Sauve) .

Labrador (Labrador). .

Anorthite (Saint-Clément)

Quartz

Baume de Canada maximum)

l'np

.u&aa-.

l>r3ft/

Des Gloizeaux.

ML et Lx.

Fouquc.

ML et Lx.

ML et Lx.

OfTret.

ML et Lx.

ML et Lx.

ML et Lx.

Nous y avons joint les indices du quartz et du baume de Canada, comme termes de comparaison.

Jusque dans ces derniers temps, on jugeait des indices moyens de deux minéraux, juxtaposés en plaque mince, par le degré du relief que prenait leur surface, au contact du baume, lorsqu'on abaissait autant que possible le condenseur pour se procurer de la lumière peu divergente. M. Thoulet avait même proposé l'emploi des liqueurs denses pour faire disparaître le relief, une fois la

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DETERMINATION DES FELDSPATHS 59

plaque décoiffée de son petit verre et débarrassée du baume ; mais c'était là un procédé peu sensible et d application pénible.

On doit à M. F. Becke * une méthode incomparablement plus précise et plus commode : elle s'appuie sur la direction que prend un pinceau de rayons réfléchis totalement au contact de deux corps de réfringence différente : si Ton suppose la séparation à peu près perpendiculaire à la plaque mince, le pinceau de rayons plus abondants sortira du côté du corps le plus réfringent en faisant un certain angle avec Taxe du microscope.

Lorsqu'on met la plaque rigoureusement au point, ce faisceau se réunit dans un plan que l'oculaire reporte à la distance de la vision distincte, et la séparation des deux minéraux se fait nettement en bonne lumière. Si l'on remonte légèrement l'objectif, le même pinceau de rayons lumineux se réunit en un foyer un peu plus bas que dans le cas précédent, et d'où il diverge du côté de l'image du minéral le plus réfringent. Dès lors, en prenant les précautions convenables, on doit voir un liséré plus éclairé venir border la séparation du côté de ce minéral plus réfringent. Lorsqu'on abaisse l'objectif, l'effet inverse doit naturellement se produire et le pinceau éclairé vient border la séparation dans le minéral le moins réfringent.

Pour rendre le phénomène nettement sensible, il faut laisser subsister seulement le faisceau réfléchi totalement, et par conséquent se servir d'un éclairement assez faiblement convergent. On arrive commodément à ce résultat, soit en munissant le dessous du polariscur d'un petit diaphragme et en abaissant assez loin sous la plaque ce Nicol et son condenseur à boules, soit en plaçant le diaphragme sur le Nicol et sous le condenseur à boules, lorsque ce dernier est distinct du polariscur ; il faut d'ailleurs alors pouvoir descendre convenablement le Nicol et son diaphragme.

M. Becke cite également le relief que donne, au corps le plus réfringent, l'emploi de la lumière oblique, soit qu'on la lance dans ce corps en déplaçant le diaphragme inférieur, soit qu'on se serve du micro-réfractomètre oculaire d'Exner qui ne laisse sub-

1 Voir page 12.

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sister, à la hauteur du cercle de Ramsden, que les rayons obliques d'un côté. Mais après examen pratique, nous donnons personnellement de beaucoup la préférence au dispositif à lumière centrale.

En tout cas, ce dispositif, qui consiste à munir la partie inférieure du polariseur d'un' diaphragme suffisamment petit, est tout à fait facile à improviser et il donne, avec le microscope Nachet notamment, des résultats satisfaisants.

Voici maintenant la méthode employée par M. F. Becke; il remarque qu'un seul coup d'œil sur la liste précédente montre que l'indice moyen du quartz est supérieur à celui de l'orthose, de l'albite et de loligoclase, inférieur à celui de l'andésine, du labrador et de l'anorthite.

Mais on peut aller plus loin, suivant M. Becke, dans la séparation des plagioclases, en recourant aux différences des indices tt g , w m , tt p . Une section quelconque de feldspath comporte un indice n' g compris entre n m et n v et un indice n' p compris entre n m et n P . De même une section quelconque de quartz comporte un indice n^\ que l'on peut supposer assez près de l'indice extraordinaire en choisissant une section voisine du maximum de biréfringence, et un indice ordinaire Wp.

M. Becke recommande de chercher les accotements du feldspath à déterminer et de quartz, tels que les deux minéraux s'éteignent k peu près simultanément. Dès lors les directions parallèles

(A) n' K et nj' n' p et n»

coïncident entre elles, ou encore les directions croisées (8) n' g et nj; n'p et n*'

Si donc on trouve deux accotements favorables de quartz et du feldspath à l'étude, on peut avoir quatre constatations de différences, en faisant successivement coïncider chaque direction n' K et chaque direction n' p avec le plan principal du polariseur et en supprimant l'analyseur; l'on peut donc écrire :

On remarquera que les sections toujours éteintes de quartz donnent, elles aussi, deux des indications précédentes : le quartz n'y possède en effet que son indice ordinaire ; mais en orientant convenablement le feldspath, on pourra obtenir le signe des deux différences où s'introduit cet indice :

o\ = n\, - iiT

et

Voici maintenant le tableau des différences tel que M. F. Becke la dressé :

PLAGIOCLÀSES

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