RECHERCHE DE LA DIGITALE ET DE LA DIGITALINE DANS L'EMPOISON- NEMENT
Dans le cas qui nous occupe, la recherche du poison offre de grandes difficultés, la digitaline n'ayant pas de réaction spéciale et ne se prêtant pas à la dyalise; en outre, elle se détruit aisément, sous l'influence de la fermentation, qui s'empare du milieu où elle se trouve répandue.
Lorsqu'on sait qu’on à affaire à la digitale, on peut arriver facilement par le procédé de Stass à isoler le principe actif ;
dans quelques cas, ne sachant à queltoxique on a à faire, on est obligé d'employer le procédé suivant:
Prendre une partie des différents produits soumis à l’analyse, les couper, les réduire à l’état de bouillie, et les introduire dans une cornue tubulée communiquant par le col avec un tube de porcelaine muni à son extrémité d’un tube de Liebig, dans lequel on a introduit préalablement une solution de nitrate
d'argent. A la tubulure de la cornue on adapte une soufflerie qui envoie l'air dans la cornue portée à une température variant entre 5) et 48 degrés.
Le tube de porcelaine est chauffé au rouge, dans le cas du chloroforme, la solution se trouble dans le cas contraire; on traite la bouillie par le procédé de Stass.
On prend une autre partie des produits à examiner, que l’on soumet à différentes expériences, pour s'assurer que l’on n’a pas affaire à un métal. Lorsque l’on est assuré que l’on a affaire à la digitale, les expériences doivent être chimiques et physiologiques.
Si l’intoxiqué n’a pas succombé,on agira sur les matières vomies, la salive, la sueur, les urines. Pour empêcher leur altération, il est indispensable, à moins d’agir desuite, de les mélanger à de l’alcool pur et très concentré; quand l’empoisonnement est suivi de mort, il faut autant qu’on le peut faire l’analyse de suite. Si l'expert à à sa disposition l'estomac, le tube intestinal, il doit se livrer à un examen microscopique qui pourrait lui faire reconnaître le poison à l’état tel qu’il a été ingéré.
Procédé de Stass.— Ce procédé repose: 1° sur la solubi-
por lité dans l’eau et l'alcool des sels que forme avec les alcaloïdes un excès d'acide tartrique; 2° sur la décomposition de ces sels acides en solution par le bicarbonate de potasse ou de soude, et la mise en liberté des alcaloïdes ; 5° sur la propriété que possède l’éther employé en quantité suffisante, d'enlever à la liqueur aqueuse les alcaloïdes mis en liberté.
Diviser les organes, foie, cœur, poumons, estomae, etc., les additionner du double de leur poids d’alcool pur et concentré. Chauffer le tout dans un ballon au bain-marie à la température de 70 à 75 degrés, après y avoir ajouté préalablement un à deux grammes d’acide tartrique. On laisse refroidir, on jette la masse sur un filtre, on lave la partie insoluble avec de l'alcool concentré, on évapore les liqueurs alcooliques à une basse température.
Si pendant l’évaporation il se séparäit des matières insolubles, on devrait filtrer sur un filtre mouillé, laver celui-ci avec un peu d’eau et évaporer à siccité sous une cloche en présence de l'acide sulfurique ccncentré ou dans le vide.
Dissoudre ensuite l'extrait acide dans une faible quantité d’eau et l’introduire dans un petit flacon où on l’additionne peu à peu de bicarbonate de soade pur, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus effervescence. On ajoute alors à la solution quatre ou cinq fois son volume d’éther pur, et quand par le repos le tout s’est séparé en deux couches, on décante une petite partie de la couche éthérée, puis on l’abandonne à l’évaporation spontanée dans une capsule de verre, le résidu constitue l’alcaloïde cherché, qui peut être liquide ou solide.
Lorsque l’alcaloïde est liquide et volatil, on remarque sur
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