IV. — DIGITALINES DE SCHMIEDEBERG
Schmiedeberg en 1874 (1), prétend avoir isolé non plus des feuilles de digitale pourprée, mais de la digitaline de Nativelle, les principes suivants qu'il dit avoir obtenus chimiquement purs.
1° La dgitonine, à laquelle il assigne la formule suivante : C’'H°0””, glucoside cristallisable, voisin de la saponine. C'est un produit amorphe, soluble dans l’eau ; sous l'action des acides dilués, elle se dédoublerait en dérivés suivants : digitorésine, digitonéine, digitogénine, paradigitogénine ;
2° La digitaline C'H°0”, glucoside amorphe, insoluble dans l’eau, qui se dédoublerait en glucose et en digitalirésine. Elle se dissout à froid dans l'acide sulfurique concentré, sans aucune coloration (2). Quant à la digitalirésine, elle pourrait se dédoubler en sucre et en un autre dérivé, ne possédant aucune propriété active ;
3° La digitaléine, glucoside voisin de la digitaline, mais qui s’en distingue par sa solubilité dans l’eau. Le chloroforme la dissout, Caractère différentiel avec la digitonine ;
(1) The pharmaceutical journ., march 20, 1875, p. 74. (2) Zdem, p. 743,
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4° Digitoxine C'H°07, — La digitoxine de Schmiedeberg est une substance cristalline, que les acides transforment en toxirésine, sans production de glucose. Elle est insoluble dans l'eau, sensiblement insoluble dans la benzine, le sulfure de carbone, très peu soluble dans l’éther, davantage dans le chloroforme.
Que faut-il penser des digitalines de Schmiedeberg ? — Pour Schmiedeberg et Flückiger (1), la digitaline, la digitaléine et la digitonine, seraient des produits définis. La digitaline constituerait la majeure partie de la digitaline d'Homolle et Quevennc, adoptée par le Codex français et la pharmacopée belge.
La digitoxine serait le plus actif des trois principes. Son insolubilité dans l’eau, jointe à sa grande activité, rendrait son absorption et ses effets très aléatoires.
Les produits de Schmiedeberg ayant été retirés par lui {à l'aide de réactions altérantes), de la digitaline de Nativelle, n'ont pas été introduits dans le commerce français. Aussi ne saurions-nous donner une appréciation exacte sur leur valeur.
D'après M. Houdas, les digitalines de Schmiedeberg, solubles dans l’eau, sont constituées par de la digitaléine et de la digitonine. La première est un principe défini, l’autre n'est rien moins qu'établi.