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Dujardin-Beaumetz, dans son Dictionnaire de thérapeutique, cite à l’article digitale l'observation suivante due à Lorrain : « La diminution des battements du cœur, sous l'influence de la digitale, ne serait qu'apparente. Sur deux systoles, il y en aurait une très forte qui produit des effets toniques, et une si faible qu'elle ne serait perceptible que par les appareils enregistreurs. »
D'après Talma et Van der Wende (New-York Med. Journ.) la digitale administrée en même temps que la quinine modère la systole ventriculaire.
D’après Claude Bernard, la digitaline ne doit être administrée qu'à très petites doses dans les maladies du cœur. Les globules contenant L nulligr. de digitaline sont prescrits au nombre de 4 à à. A la dose de 6 milligr., elle peut occasionner des accidents redoutables. Sur le derme dénudé, elle produit une irritation douloureuse, qui peut aller jusqu’à l'ulcération. A l'intérieur, son usage continu irrite l’estomac. Son caractère dominant est l’action spéciale et puissante qu'elle exerce sur le cœur, dont elle ralentit les mouvements. La digitaline est un poison musculaire. Il est à remarquer que les animaux supérieurs sont tués par le ralentissement et l'arrêt des mouvements du cœur, avant que le poison ait pu paralyser les autres muscles de l’économie ; mais chez les grenouilles, on voit cette paralysie se déclarer, après que le cœur a cessé de battre. (CI. Bernard).
Action sur la température. — La digitale ou la digitaline à faible dose abaisse la température : cet effet se produit de 24 à 48 heures après l'ingestion et précède parfois l'abaissement des pulsations. (Trousseau). Une dose toxique produit d’abord une élévation que ne tardera pas à suivre l’abaissement progressif. Hirtz est du même avis ; il dit que la digitale déprime la température, en s’attaquant à l'élément fièvre.
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Action sur la respiration. — La respiration est ralentie par
de petites doses ; accélérée, puis ralentie par des doses toxi-
ques. Le ralentissement des mouvements du cœur et de la
respiration implique une diminution dans les échanges organiques. L'urée diminue parfois de 21 à 15 gr.
Action sur les voies digestives. — De faibles doses répétées peuvent donner lieu à de la sécheresse dans l’arrière-bouche, des démangeaisons au cou, des nausées, des vomissements, de la diarrhée.
Action sur le système nerveux — Le système nerveux n’est impressionné que par de fortes doses ou des doses moyennes longtemps continuées. [1 se produit d'abord de l'excitation et un délire qui a une grande ressemblance avec le délire alcoolique. (Cloetta.) Puis, il se manifeste de la dépression et du. coma. (D’après Bouchardat).
Absorption et élimination (d'après M. Lafon) — 4° La digitaline est une substance qui s’absorbe lentement. Ce fait mis en évidence par le professeur Vulpian, est d'accord avec les essais chimiques.
2 La digitaline n'est pas éliminée par les reins ; on ne constate jamais la présence de cette substance en nature dans les urines.
3° La digitaline ne semble pas se localiser dans les organes.
4 Le tube digestif ne semble pas la modifier ; ce serait plutôt le courant cireulatoire, par oxydation.
MM. Homolle et Quevenne estiment que {milligr. de digitaline correspond à 10 centigr. de poudre de digitale, ou 53 centigr. de teinture alcoolique. M. Homolle a constaté sur lui-même que la moyenne du ralentissement du pouls était de
4 pulsations pendant l'administration du médicament, et de 3 après cessation.
M. Delpech prétend que la digitale a une identité d'action remarquable avec le seigle ergoté. Elle n’est pas, comme on l'avait cru, un médicament diurétique ; elle ne l’est que lorsque l’hydropisie est liée à une maladie de cœur. Dans les maladies de cœur, la gêne de Ja circulation, ayant pour effet la pression exosmotique, il Y a tendance à l’exsudation séreuse, et non à l'absorption ; mais que l'obstacle central de la cireulation soit enlevé, celle-ci régularisée, le cœur dégagé, les conditions deviennent inverses, l'absorption suit la cireulation dans le torrent général, et le sang saturé d’eau présente à la filtration rénale les conditions d'une abondante diurèse. Voilà comment la digitale devient diurétique en agissant sur le cœur et guérit l'hydropisie.
D'après Virchow, l’économie s’accoutume peu à peu à la digitaline, comme à d'autres remèdes. On à pu aller sans inconvénient jusqu'à 3/10 et 2/7 de grain. La digitaline n’est pas un diurétique dans l’acception propre du mot. Quandil ny a pas de fièvre, la digitaline ralentit le pouls et abaisse la température, mais à un degré moindre quand la fièvre existe.
Dans une lettre du D° Arthur Leard (Fhe action of digitalis in cardiac affection), il est dit, de la part du D°Haudfield, que
Ja digitale peut être donnée avec avantage dans la plupart des cas de débilité cardiaque.
Dans le London Medical, on lit que de très petites doses de digitaline produisent un abaissement du pouls, alors que des doses élevées augmentent l'accélération.
Le D' Petreseu (Hôpital militaire de Bucharest) nous dit qu'un certain nombre de pneumonies aiguës ont él guéries par doses massives d'infusion de digitale.
On a recommandé l'association de la digitale au calomel dans l’ascité, et sur dix cas, cinq ont réussi.