CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA FAMILLE DES SCROPHULARINÉES
Je comprends dans cette famille, d'après Chavannes : 1° la plupart des plantes que Linné appelait Personnatæ dans ses familles naturelles. 2° Les Pédiculaires et les Scrofulaires proprement dites de de Jussieu, dont les caractères distinctifs, principalement tirés de la capsule, ne suffisent pas pour justifier cette séparation; 3° les Rhinanthoïdes et les Personnées de Ventenat ; 4° les Itliinanthacées et les Personnées de de Jussieu et de de Candolle, en excluant les genres Polygala, Orobranche et Sathraea; 5° les Scrophularinées de Robert-Brown; 6° les genres Verbascun et Celsia, qui ont été retirés des Solanées; 7° Enfin les genres Ghelone et Pentslemon, que quelques auteurs ont placé dans la famille des Bignoniacées, et d’autres dans celle des Sésamées.
Malgré la variété de leur port les Scrophularinées présentent en général des caractères assez uniformes et assez constants pour les faire distinguer des familles voisines.
Je donnerai, du reste, les caractères différentiels de ces diverses familles.
Les Scrophularinées appartiennent à la grande classe des plantes dicotylédones ; elles sont toutes hermaphrodites, et le plus souvent herbacées, quelquefois sous-frutescentes, rarement arborescentes.
Leur tige et leurs rameaux sont cylindriques ou quadr angulaires.
Leurs feuilles, toujours simples, sont opposées, verticellées ou alternes, palminerves ou penninervcs, entières ou décomposées, pétiolées ou sessiles, parfois décurrentes, non stipulées.
L’inflorescence occupe généralement la partie supérieure de la tige ou des rameaux; elle est indéterminée, axillaire, en grappes ou épis ; ou terminée, les rameaux portant des cimes.
Le calice est gamosépale persistant plus ou moins profondément divisé en quatre ou cinq parties dont l’estivation est imbriquée ou incomplète.
La Corolle, hypogync, gamopétale et caduque est le plus souvent très-irrégulière, tubuleuse, à deux lèvres bien distinctes, quelquefois le tube se prolonge à sa base en éperon on en bosse; ellç présente un limbe à cinq divisions alternes avec les sépales, et dont l’estivation est aussi imbriquée.
Elle est personnée dans un petit nombre de genres (Anthirrinum) ; quelquefois son limbe se divise en quatre parties seulement, comme dans le genre Veronica.
Les étamines sont au nombre cinq, libres entre elles, insérées à la base du tube de la corolle et alternes avec les lobes de celle-ci.
Dans la plupart des genres, quatre seulement sont bien développés, fertiles et didynames; la cinquième, la postérieure, étant rudimentaire ou complètement avortée ; elle offre une forme particulière dans les Chelone et les Pcntslemone,
D’autres fois on ne trouve que deux étamines, les deux antérieures étant, comme la postérieure, stériles ou nulles. Les anthères sont biloculaires, introrses; ou bien uniloculaires par la réunion des loges au sommet du connectif. Elles contiennent un pollen dont les grains sont elliptiques et un peu anguleux.
Le pistil est composé de deux carpelles soudés è peu près dans toute leur longueur. L’ovaire, appliqué sur un disque hypogyno, est à deux loges polyspermes ; les ovules sont anatropes ou arnpliitropes. Le style terminal, cylindrique, supporte un slygmate papilleux plus ou moins échancré ou bilobé Le fruit est généralement une capsule bivalve et biloculaire, trèsrarement bacciforme et indéliiscent, La cloison qui sépare les deux loges est formée par les bords rentrants des carpelles, et est toujours opposée aux valves ; elle porte sur chacun de ses cotés un placenta spongieux. Le plus souvent, à la maturité du fruit, les bords carpellaires se désunissent, et la déhiscence est alors septicide; les valves sont quelquefois en même temps bifides. D’autres fois la déhiscence a lieu sur la nervure moyenne des carpelles : chaque médiastin emporte alors, on s’écartant, la moitié de la cloison; la déhiscence et dite loculicide. Elle peut être septifrage, les valves en se séparant laissant la cloison entière. Enfin les bords carpellaires restant étroitement soudés, la déhiscence s’opère au sommet ou sur les cotés de . chaque valve par des ouvertures plus ou moins irrégulières.
Les graines portées sur des junicules très courts, sont généralement nombreuses, horizontales, pendantes ou dressées, anguleuses ou ailées; leur test est presque toujours rugueux ou sillonné; leur hile petit et basilaire, rarement ventral. Un albumen cartilagineux et blanchâtre remplit la cavité de la graine et contient un embryon droit dont les cdtylédons sont demi-cylindriques et la radicule ordinairement tournée vers le hile.
La famille des Scrophularinées offre de grandes analogies avec celle des Solanées ; la différence consiste dans l’irrégularité, la préfloraison, et l’anisostémonie de la corolle chez les personnées ;
encore cette dernière différence diparaît-elle dans les genres ou
la 5 m “ étamine (celle qui avorte habituellement) vient à se développer»
Les Scrosphularinées se rapprochent aussi beaucoup des Acanthacées et des Bignoniacées.
Les Acanthacées diffèrent par la préflorai'son tardive de la corolle, la courbure des ovules, et l’absence d’albumen ; les Bignoniacées, par les graines ailées exalbuminées, et par l’ovaire, ceint d’un anneau charnu.
La famille des Scrophularinées est très grande en espèces et en genres. Elle a été divisée en un grand nombre de tribus que je n’ai pas £t décrire ici.
La digitale appartient à la tribu des Digilalaœ et au genre Digitalis, dont voici les caractères.
Tribu des Digitaleœ. La corolle est en tube, le plus souvent ventrue, à limbe bilabié. Les étamines éloignées à la base, se rapprochent en haut; elles sont au nombre de quatre, fertiles didynames, la cinquième est stérile ou nulle. Les anthères sont biloculaires. Le fruit est une capsule à déhiscence septicide ; quelquefois elle a lieu par des ouvertures plus ou moins irrégulières.
Genre Digitalis. — Calice 5, parlite, . corolle campanulée-tubuleuse, à tube ample, souvent ventru; limbe court, oblique sub-bi. labié, lèvre supérieure entière ou échancrée; lèvre inférieure trilobées. Étamines 4, didynames incluses; anthères biloculaires, capsules à deux loges, à deux valves, septicides, restant adhérents au placenta central.