DESCRIPTION DE LA DIGITALE
La Digitale pourprée (Digitalis purpurea) est une plante bisannuelle, haute de 5 à 15 décimètres; dont la tigo est généralement simple,
anguleuse, velue, souvent rougeâtre, garnie de feuilles alternes ; les inférieures sont ovales-lancéolées, atténuées en pétiole, pubescentes, grisâtre en dessous, crenelées, réunies en touffe à la base de la tige; les caulinaires oblongues, pointues, brièvement pétiolées ; les supérieures sessiles, ovales acuminées, courtes. Ses fleurs longues d’un pouce, pendantes sur leur pédoncule pubérulé, presque toutes unilatérales et disposées en un long épi terminal', ont la forme d’un dé à coudre, d’où lui est venue son nom de digitale, Gant-de-Notre-Dame, ganlelée.
Je dois ù l'obligeance de M. E. Baudrimont, le fait suivant résultat de ses propres observations : Les fleurs de digitale se placent toujours sur le coté de la lige qui reçoit le plus de lumière. Ce qui vient à l'appui de cette observation, c’est que sur les tiges de digitale qui croissent en plein champ et reçoivent, par conséquent la même quantité de lumière, les fleurs sont éparses.
Le calice est persistant, à 5 divisions, à sépales pubescents, ovales lancéolés, acuminés, Irinervés, le postérieur plus court et plus étroit; la corolle est tubuleuse, campaniforme, grande, rétrécie à la base, renflée en avant, glabre au dehors, purpurine, rarement rose ou blanche, à 5 lobes inégaux, ciliés; l'antérieur beaucoup plus grand, garni à la face interne de taches noirâtres et de longs poils; on trouve quatre étamines didynames, fertiles, plus courtes que la corolle, dont les anthères biloculaires sont arquées; l’ovaire est chargé d'un stylo simple, beaucoup plus long que les étamines; le stigmate un peu épaissi, obtus.
La capsule, un peu plus longue que le calice, est ovoïde, acuminée, bivalve; les graines sont très petites, anguleuses, brunâtres.
La digitale croît dans les bois peu touffus, dans les clairières, sur les collines et dans les haies en France, et généralement dans les
taillis des montagnes granitiques de l'Europe; elle est commune surtout dans le Nivernais et la Bretagne; on la rencontre dans les environs de Paris, particulièrement dans les bois de Meudon, de Versailles et de Ville-d’Avray.
Ses grandes et belles fleurs purpurines, qui peuvent le disputer en élégance à beaucoup de plantes de nos jardins, la font aussi cultiver comme plante d’agrément. Elle fleurit surtout en Juin et Juillet.
Toutes les parties de la digitale ont été successivement employées en médecine ; mais aujourd’hui on ne fait plus guère usage que des feuilles, et exclusivement de celles delà digitale non cultivée.
Elles doivent être récoltées pendant la deuxième année, quelque temps avant la floraison ou dès l’apparition des premières fleurs.
On les trie avec soin, et après en avoir séparé, comme inutiles, le pétiole et la nervure médiane, on les fait sécher d’abord à l’ombre, puis l’étuve; enfin on les met à l’abri de la lumière dans dos vases secs et bien clos.
La digitale présente une odeur forte qui disparaît par la dessication, une saveur nauséeuse, amère, et une sorte d’acrimonie qui excite d’abord la salivation et produit ensuite des nausées, un léger sentiment d’acreté dans la gorge et de sécheresse dans la bouche. Ces qualités sont plus ou moins développées selou la saison et l’âge de la plante.
Gomme il est fort important de no pas confondre les familles de digitale avec celles de quelques autres plantes qui peuvent avoir quelque ressemblance avec elles, telles que celles do la Bourrache, de la grande Gonsoude, du Bouillon blanc et surtout de la Gonyze squareuse, nous allons donner les caractères spéciaux des premières et des dernières, qui pourraient d’autant mieux être confondues, qu’elles
croissent au voisinage les unes des autres. Quant aux trois autres, la distinction en est facile.
Les feuilles de digitale sont ovales-oblongues, tantôt plus larges, tantôt plus étroites, pouvant acquérir au maximum 1,2 centimètres de largeur sur 25 centimètres de longueur, non compris le pétiole qui peut avoir du tiers à la moitié de la longueur du limbe. Le limbe estterminé à l'extrémité en pointe mousse, insensiblement rétréci du coté du pétiole; il est régulièrement et grossièrement denté ou crénelé et souvent un peu ondulé sur le bord, ; les dents sont arrondies. La face supérieure est verte dans les feuilles adultes, blanchâtre et comme argentée dans les plus jeunes; douce au toucher, parsemée de poils très-courts, transparents, brillants et cristallins, et pourvue de nervures nombreuses, réticulées, enfoncées dans le parenchyme, qui est saillant. La face inférieure est blanchâtre, et d'autant plus que les feuilles sont plus jeunes; toutes les nervures y sont fortement marquées en relief; les poils y sont beaucoup plus abondants epue sur la face supérieure, toujours très courts, transparents et cristallins, ce qui est la cause de la couleur argentée de la feuille. Le pétiole est coloré de pourpre à sa base, ailé par la décurrence du limbe, dont les bords sont plus ou moins infléchis, creusé supérieurement d’un sillon profond, auquel correspond en dessous,
Une arôte saillante de la nervure médiane.
Dans la Conyze, les feuilles sont obovales, spatulées, obtuses, folles, rudes au toucher, à peine ondulées, presque entières sur les Wds, à nervures inférieures blanchâtres ou verdâtres, leur pétiole e stplanet non canaliculé à la face supérieure; elles exhalent une °deur fétide lorsq u’on les froisse.