‹ Étude Sur La Fabrication Du Savon De Marseille: SynthèseChapitre 11 sur 12 · MAY SR · texte numérisé non relu

MAY SR

4 Ajouter de l’eau jusqu’à ce que le niveau du trait À soit atteint par l’eau acidulée. L’essence de térébenthine surnage le liquide contenu dans la boule inférieure.

Le degré auquel s'arrête le niveau supérieur dans le tube gradué indique, par la simple lecture, la teneur du savon en acides gras.

Avoir soin de laisser refroidir les liquides, avant de lire le degré, la graduation de l'appareil étant calculée pour la température de + 15°C.

3° Quantité et nature de l’alcali total.

On pèse 3 gr. 1 de savon et on les calcine doucement et par fractions dans la moufle d’un fourneau à coupelle. La matière organique étant détruite, on reprend par l’eau et on dose l’alcali par la liqueur normale d’acide sulfurique. Chaque centimètre cube de la liqueur normale représente 1 p. 100 d’alcali.

Pour reconnaître la nature de l’alcali, on se sert de la

flamme, du pyro-antimoniate de potasse ou du bichlorure de platine.

40 Alcali libre.

Pour déceler la présence d’un alcali libre dans un savon, on se sert du protochlorure de mercure qui, étant réduit, noircit par la moindre trace.

On dose l’alcali libre en dissolvant dans l’eau distillée une quantité pesée de savon. On ajoute ensuite du sel marin solide jusqu’à ce que le savon coagulé se soit séparé complètement. L’alcali non combiné reste dans la solution. On con-

—— 4ù — tinue l’addition du sel marin jusqu’à refus de dissolution. On verse alors la solution de sel dans un verre; d’autre part, on lave le savon avec de l’eau distillée et on réunit les eaux de lavage à la solution primitive. On s’assure au moyen du papier rouge de tournesol de la présence de l’alcali et on dose par le procédé alcalimétrique. |

D° Matières étrangères.

On rencontre souvent des savons de graisse ou d’huile qui sont additionnés d’une forte proportion de résine. Beaucoup de procédés ont été donnés pour déceler cette fraude, mais, d’après l’aveu même de nombreux chimistes, aucun n’est satisfaisant. M. Gottlieb traite une solution bouillante de savon par du sulfate de magnésie. Il se forme un savon de magnésie insoluble et un composé soluble de résine et de magnésie. La résine est séparée du composé soluble par l'acide chlorhydrique et dissoute dans l’éther. Par évaporation, on en obtient le poids.

M. Sutherland, puis M. Stœkhart, ont basé leur procédé de recherche sur la transformation opérée par l'acide nitrique bouillant de la résine insoluble en une matière soluble, acide térébique, qu'on enlève ensuite par des lavages à l’eau distillée bouillante. Voici la manière d'opérer: on décompose une certaine quantité de savon par un acide et on recueille les acides gras qu’on lave et qu'on sèche. On pèse exactement une quantité voulue du gâteau obtenu et on le traite par l’acide nitrique bouillant. La résine se change en acide térébique soluble, tandis que les acides gras restent insolubles : on lave soigneusement la matière grasse, on la sèche dans du papier buvard, etla différence de poids avant et après le traitement par l'acide nitrique donne la proportion de résine contenue dans le savon.

Ce dernier procédé nous semble dénué de raison: n'est-il pas à craindre, en effet, que l'action de l'acide nitrique bouillant sur les acides gras ne les oxyde violemment et, ne change leur poids et leur propriété d’être insolubles dans l’eau ? Tout au plus peut-il être employé comme, essai qualitatif.

Le meilleur procédé est, sans contredit, le suivant, dit procédé à l’éther. On pèse 20 gr. de savon préalablement divisé, auquel on ajoute 80 gr. de verre pulvérisé; on dessèche ensuite à l’étuve à 100° jusqu'à ce qu'il n’y ait plus de différence entre deux pesées. On introduit alors le mélange dans le digesteur d’un petit appareil à déplacement continu et on procède à la lixiviation. L’épuisement est complet lorsque le liquide passe incolore dudigesteur dans le collecteur. On vaporise alors l’éther, et le résidu pâteux qui reste donne avec une précision satisfaisante le poids de la résine contenue dans le savon.

On mélange quelquefois aux savons dessubstances réduites en poudre, telles que l'acide silicique, la craie, l’argile, le sulfate de baryte, le tale, le: phosphate de chaux, etc. Pour reconnaître ces falsifications, on traite le savon à essayer par l’alcool bouillant ; toutes ces matières étrangères forment un résidu insoluble que l’on analyse par les procédés ordinaires.

L’amidon sera reconnu dans le résidu insoluble dont on fera bouillir une partie dans l’eau. L’amidon se transforme en empois auquel on appliquera son réactif qui est l’iode.

Le verre soluble est mélangé quelquefois aux savons. Pour découvrir cette fraude, on dissout le savon dans l’eau et on décompose cette solution par un acide énergique. La silice se sépare et tombe au fond du liquide sous forme de gelée, tandis que les acides gras flottent à la surface. Cette gelée

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