Chapitre I du livre Du Contrat social, J.-J, Rousseau
raineté jusqu'à des limites extrêmes et n’admettait pas que la souveraineté püt être représentée. Nous n'avons pas à discuter ici cette opinion de Jean-Jacques. maisnous avons voulu reproduire les lignes ci-dessus pour notre thèse ; la souveraineté n’est que l'exercice de la volonté générale, elle était en 75 l'exercice de la volonté générale d'alors, aujourd’hui elle est encore l'exercice de la volonté générale et cette volonté générale ne peut pas être liée par cette autre, car elle ne serait pas souveraine.
L'Américain Jefferson disait qu’une génération n'a le droit de contracter une dette publique qu'à la condition de la rembourser de son vivant, car il est inique qu'une génération puisse jeter sur toutes les générations à venir le poids de ses sottises !. De mème n'étant guidé et ne suivant que la théorie de la souveraineté nationale inaliénable, nous devons dire qu’une génération n’a pas le droit de lier et d'imposer sa volonté aux générations futures, en ordonnant telle ou telle règle qu'il lui plaira d'ordonner pour reviser ou modifier les lois constitutionnelles, mais alors ce serait mettre à bas le système des constitutions rigides qui règne chez nous depuis bien longtemps, ce régime qui est celui de 1875 et sous lequel nous vivons depuis et nous en trouvant bien, « puisque ?, comme dit M. Duguit, le gouvernement fondé à cette époque a notablement dépassé la durée moyenne des gouvernements de la France au xix* siècle, que depuis plus de trente ans, notre constitution n’a reçu que
1. Gide, Manuel d'Economie politique, p. 391. 2. Duguit, Droit constitutionnel, p. 1107.