‹ Étude sur la filature de la soieChapitre 17 sur 44 · Nîmes · texte numérisé non relu

Nîmes

OT

auxquelles on assure que ces ouvrières sont plus spécialement exposées : fièvres putrides, catarrhes, congestions humorales dans les organes de la respiration, une espèce de bouffissure du visage, les clous, les panaris, des tumeurs qui approchent beaucoup de l’anthrax, etc.

Enfin, tout récemment, à la Chambre des députés, M. Devèze, parlait ainsi du travail de la fileuse :

L'ouvrière fileuse a presque toute la journée le visage penché sur une bassine où des cocons s’agitent sous l'influence de la vapeur. Le dévidage du cocon laisse en liberté la chrysalide, c'est-à-dire le cadavre du ver, qui tombe au fond de la bassine. Ce cadavre décomposé, vicie l’eau et l'odeur désagréable qui se dégage remplit l'atmosphère, elle imprègne les cheveux et le costume de l’ouvrière fileuse, pénètre mème dans sa chair, de sorte qu’il lui est très diflicile des’en débarasser. Il y a dans nos pays de filature une odeur sui generis qu’on appelle l’odeur de la fileuse.… Il y a plus. L'eau de la bassine est bouillante. Les vapeurs qui s’en dégagent tiennent l’ouvrière dans un tel état de congestion et de transpiration permanent que si une porte s'ouvre, c’est le courant d'air qui apporte le refoidissement et la maladie. Et, si avec des précautions minutieuses, elles échappent aux accidents à l’intérieur de l'atelier, elles n’y échappent généralementpas lorsqu’elles passent de la température surchauffée de l’intérieur à celle de l'extérieur — glaciale en hiver — de nos montagnes cévenoles. Aussi la maladie sévit dans ce milieu et la tuberculose y fait des ravages...

Ce travail devient particulièrement douloureux J. Got 6

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