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Il est donc probable que, ingérée, l’eau potable sert de moyen de transport au parasite. Il se fraie une route à travers le canal alimentaire et arrive au point encore inconnu où il doit se fixer définitivement. « Arrivé là, le développe- « ment de la filaire est complet, la fécondation s’est effectuée « et finalement les embryons que l’on rencontre dans le « sang y sont déversés en essaims successifs ét en quantités « innombrables. Le cycle gynétique que parcourt l'animal « est ainsi parachevé (1). »
“«Ce rôle du moustique, dit M. Bourel-Roncière (2), explique la propagation de l’éléphancie. Il explique aussi pourquoi le domaine géographique de la maladie éléphantoïde est limité à certaines régions et zones de la surface du globe, pourquoi cette maladie est endémique là seulement où le moustique pullule, c’est-à-dire dans les climats tropicaux et sous-tropicaux; pourquoi aussi elle est plus commune dans certaines régions que dans d’autres.» P. Manson avance sans hésiter que dans ces régions d’endémicité on trouvera toujours que le moustique abonde et que là où la maladie est inconnue ou rare, le moustique sera rare aussi, ov bien représenté par une espèce incapable de nourrir les Jilaires dans leur état embryonnaire. De plus, on s'explique aussi comment ces maladies peuvent être importées dans des régions jusqu'alors indemnes; P. Manson rappelle, à ce propos, ce fait authentiquement déterminé de l’importation de l’éléphantiasis des Arabes à la Barbade (mal glandulaire des Barbades) où il n’existait pas autrefois, fait qui éclaire d’une vive lumière l’étiologie nouvelle de l'affection. Il y avait là en présence, des moustiques et des hommes, mais aucun homme infecté n'avait encore abordé dans l’île; un sujet ainsi malade y est un jour descendu, les moustiques ont bientôt disséminé les filaires, la maladie éléphantoïde
(1) Arch. méd. nav., août 1878, p. 134.
(2) Arch. méd. nav., t. XX, p. 195.