I. Mdi-iiIs and l)ognw. |i|i. s'tU. SM
telle de l'homme ; de la Terre, sa partie matérielle et mortelle. La Genèse hébraïque dit que Jehovah forma l'homme tlu limon de la terre, et qu'il lui souilla la vie dans les narines. Les âmes, émanant de la Divinité, traversaient les sept sphères planétaires, représentées par l'Echelle mystique des initiations mithriaques, que figurait à son tour l'Echelle de Jacob (avec sept échelons et non pas trois) ; elles descendaient pour èlre unies à leurs corps humains, el il leur faudra repasser par ces sept sphères pour remonter à leur lieu d'origine, leur véritable demeure, dans le sein de la Divinité.
Le Compas, en tant que symbole des Cieux, repiésente donc la partie spirituelle, intellectuelle et morale de cette doul)le nature de l'Humanité ; et l'Equerre, symbolisant la Terre, sa pai'lie matérielle, sensuelle et inférieure.
Lisez donc, cher lecteur, votre Bible à la lumièi'e de lEtjuerre et du Compas, qui ne font qu'un av3c le point dans le cercle, el vous lirez ainsi la Bible maçonnique, mais non la Bible chrétienne. Le livre matériel peut être le même, mais qu'est le livre matériel interprété à l'aide de pareils symboles ! Les chrétiens appelleront-ils cela du respect et de la vénération? Nous avons vu comment l'inscription de la croix du Christ avait été dénaturée par ceux que le F.-. Pike nomme les Anciens Sages; nous avons vu la Croix ellemême travestie en un symbole sensuel ; traiter ainsi ces sujets, c'est les profaner ; donc pour que l'argument soit valide, il doit établir non seulement l'emploi, mais l'emploi chrétien des choses en question.
Après avoir compris que l'objet de la vénération maçonnique est la Bible maçonnique et non la Bible chrétienne, nous pourrions ne pas nous attarder sur sa présence dans les processions maçonniques solennelles, si la place qu'elle occupe dans ces processions et le caractère de celui quilaporteue projet.-iient une nouvelle lumière sur notre sujet.
Tout d'abord, sa place : La Bible n'occupe pas la place d'honneur ; celle-ci est réservée au « Livre des Constitutions » de la Maçonnerie. La Bible jiasse invariablement avant ce dernier dans la procession, el, lorsqu'elle se trouve dans la procession de la (Irande Loge, c'est presque en tête du défilé ; le Livre des Constitutions est au contraire à la fin de la procession ; il précède immédiatement le Grand Maître. Mackey nous dit bien clairement que cette dernière place est la place d'honneur : « La place d'honneur dans une procession maçonnique est toujours à l'arrière' ». Ne vous laissez pas surprendre davantage par laspecl vénérable
\. BUualisl. p. 240.
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de celui qui porte la Bible, car il nesl pas le type de la perfection en Maçonnerie. L'idole de la Fraternité est Ihomme fort et vigoureux, en pleine jeunesse, en qui les facultés reproductrices de la race s'affirment prospères ; la vieillesse, chez qui les passions sensuelles sont virtuollonient moi'les ou sur leur déclin, n'est pas le symbole de la dignité humaine en .Maçonnerie, mais «elui de la décrépitude. Aussi la Maçonnerie fait-elle un tout autre choix pour le porteur du Livre des Constitutions; au lieu de prendre « le membre le plus âgé de la Loge » p. 200 ; « un vieux Maçon » ^p. '217 ; « un vieux Maître Maçon » p. 217 , etc.. comme pour la Bible ; c'est le « Maîlre de la Loge la plus ancienne » (p. 202. 204, 216i qui le porte. Voilà qui fait une difference capitale, car ne peut être élu « Maître » d'une loge qu'un homme en pleine force de l'âge et capable d'accomplir le travail maçonnique.
Le « Maître » de la Loge la plus ancienne est le personnage le plus marquant en .Maçonnerie, de même que la place d'honneur dans la processionist à la fin. Nous voyons donc que, même couverte de l'équerre et du compas, la Bible est, à ces deux points de vue, en bien mauvais rang.
Mais que diront les amis de la Maçonnerie lorsqu'ils apprendront qu'elle ne tient pas la Bible comme plus sacrée que le Koran, les Védas, le Zend-Avesta ou tout autre livre sacré de quelque religion que ce soit? Que deviennent toutes ces belles phrases : la Bible, « cet inestimable don de Dieu à l'homme », « la règle et le guide de notre foi éclairant la voie de notre devoir envers Dieu, « le parchemin sacré contenant la volonté révélée de Dieu > ; la Bible qui nous donnera le moyen « de nous préparer une couronne de félicité qui durera éternellement ». etc.. etc.. etc. ? Je demande encore une fois ce que deviennent toutes ces protestations?
Ll cependant telle est bien la théorie maçonnique ; la Bible, le Koran, les Védas, les Zend-.\vesla sont dégale valeui" à ses yeux ; ils sont tous des « Livres de la Loi » et pai- conséquent, elle a pour eux un respect égal. Le Dr. Mackey nous le dit en termes explicites dans son Encyclopœdia nf Freemasonr-i/ p. 124). lorsqu'il traite du *< Livre de la Loi ».
« N'oici. dit-il, la Sainte Bible qui, dans toute Loge, est toujours ouverte pour signifier que sa lumière devrait être répandue parmi les Frères... le Livre de la Loi est maçonnicpiement ce livre sacré dans lequel le .Maçon, à quelcpie religion qu'il appartienne, croit trouver la vérité révélée de iJieu. (pioic^ue. techniquement parlant, les Juifs n'entendent par la Thorah,ou Livre de la Loi, que le Fentaleuqiie ou les cinq livres de Mo'ise. Four le Maçon chrétien, c'est I Ancien et le .Nouveau Testament qui forment le Livre de la Loi ;
ET LA BIBLE I7l
pour le Juif, c'est l'Ancien Testament ; pour le Musulman, le Koran ; pour les Bralimanistes^les Vedas, et pour les Parsis, le Zend- Avesta ».
Le Masonic Ritualist (p. 59) donne le même enseignement : « Quelle que puisse être la religion professée par un Maçon, cette révélation de la Divinité qui est reconnue par cette religion devient sa planche à tracer. Ainsi la planche à tracer du Maçon juif est l'Ancien Testament ; celle du Chrétien, l'Ancien et le Nouveau ; celle du Mahometan, le Koran ». La « planche à tracer » est un symbole emprunté à la Maçonnerie operative, c'est la planche sur laquelle l'architecte dessine ses plans. « La planche à tracer, nous dit notre auteur, nous rappelle que, de même que l'ouvrier fie maçon proprement dit), élève son édifice temporel d'après les règles et les plans tracés par le maître sur sa planche, ainsi notre devoir, que nous appartenionsà la Maçonnerie operative ou spéculative, estd'élever notre édifice spirituel suivantles règles et les plans tracés par le Suprême Architecte de l'Univers, dans les grands livres de la nature et de la révélation, qui sont notre planche à tracer spirituelle et morale ». Puis, vient le passage que nous avons cité et qui place le Koran, la Bible, les \'edas, le Zend-Avesta et tous les autres livres dits sacrés au niveau de la plus parfaite égalité, comme étant tous des manifestations de Dieu à l'homme. La Maçonnerie dit tour à tour de chacun d'eux ce qu'elle dit de la Bible ; elle professe pour tous le même respect et manifeste à chacun sa vénération, comme elle la manifeste à la Bible. Chacun, selon le cas, est « une règle pour la foi du Maçon », « le don inestimable de Dieu à l'homme » ; chacun « éclairei;a la voie du devoir du Maçon envers Dieu » ; chacun « est le parchemin qui contient la vérité révélée » etc, etc.; tout cela s'applique à tous également. Cette sorte de louange, cette sorte de respect de la Bible sont une dérision.
Imagine/, un critique qui ferait le même éloge de tous les auteurs, depuis Shakespeare jusqu'au plus obscur journaliste a deux sous la ligne; un panégyriste qui aurait les mêmes louanges pour tous les êtres humains indistinctement, quelle qu'ait été la diflerence de leur esprit et de leurs œuvres ; un artiste qui, avec un enthousiasme égal, découvrirait le même mérite artistique dans un chef d'oeuvre de Raphaël et dans la grossière esquisse au fusain faite par un rustre ; et dites-moi quelle valeur vous attacheriez à leurs louanges et à leur vénération ([uand ils viendraient vous dire qu'ils professent une grande admiration ou un profond respect pour votre poète, votre statue, votre personnage historique préférés ! Il est évident qu'aucune révélation n'est vraiment vénérée alors que toutes les révélations sont vénérées comme également divines.
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'< Mais, dira-l-oiK vonle/.-voiis done soulonir quaucuii Maçon ne vénère la Bible chrélienne? Nous savons par expérience que cela esl faux ». Doucemenl ! nous navons rien dit de semblable. Nous avons alTaire ici, comme dans loul lensemble de cet ouvrage, au svslème maçonnique, aux membres ésotériques de la Secte, les Maçons très instruits. Ce chapitre aura pour conclusion la preuve qu'un Maçon bien informé des principes de son Ordre ne poul vénérer la Bibh^ comme divine en se plaçant à un point de vue chrétien. A cela se réduisent nos afTirmations. Il nous est impossible de pénétrer dans un cerveau maçonnique pour y découvrir l'importance de son savoir; et la charité chrétienne nous oblige à croire qu'il sait plutôt moins (pie plus.
D'après ce (pie dit le Dr. MacUey sur le caractère chrétien de la Maçonnerie', et après avoir constaté qu'Oliver, Hutchinson et les anciens rilualisles anglais lui reconnaissaient ce caractère, nous nous imagineions sans peine combien de Protestants sincères, tant Anglais qu'Américains, ont pu être dupes en la circonstance ; ils ont demandé à la Bible l'interprétation des symboles maçonniques au lieu de la dcinaiider aux mystères païens'"^. De là vient (pie l'Etoile Flamljoyanlc de la Ma(;onnerie était, selon l'interprétation de ^^'ebb, «lEtoile (pii ap|)aiul aux Mages orientaux pour les guider jusqu'au lieu où ('tail né le Sauveui-' ». « Mais, ajoute notre auteur, cette dernière interprétation, l'une des plus anciennes du symbole, fut jugée trop seclaire, et ne pouvant convenir à la religion universelle de la Maçonnerie, aussi a-t-elle été omise depuis la réunion des Grands Conférenciers à Baltimore en 1842 ».
En 1820,1a Grande Loge del'Ohio, dit le Dr. Mackey, décide que, « pour les premiers degrés de la Maçonnerie, le résultat des examens sur la religion ne pourrait être un obstacle à l'admission ou à l'avancement des aspirants, pourvu (ju'ils professent une croyance en Dieu et en sa parole sainte » ; et en 1854, la même (irande Loge adopte une résolution déclarant (pie la Maçonnerie, telle que nous l'avons reçue de nos pères, enseigne la divine autorité de l'Ecriture Sainte. En 1845, la Grande Loge d'IUinois déclara que, pour être initié, il était nécessaire de croire à l'authenticité des Ecritures. Ouoique dans la Chrétienté, il n'y ait (pie très peu de Maçons qui nient l'aulorilé divine de l'Ancien et du Nouveau Testament, exiger la déclaration d'une telle croyance |>réalablcment à l'initiation.