‹ Etude sur la franc-maçonnerie américaineChapitre 13 sur 221 · Morals and Doymu, p · texte numérisé non relu

Morals and Doymu, p

Avez-vons toujours, cher lecteur, la même confiance implicite dans le savoir de vos amis Maçons? Croyez-vous qu'ils se doutent même de la façon dont les considèrent leurs Frères des Grades supérieurs? Simaginent-ils un seul instant que lOrdrcdont ils font un si i^rand éloge, les trompe de propos délibéré en leur donnant une fausse interprétation des symboles qu'il leur propose, puisqu'il n'a jamais l'intentioa de les leur faire comprendre, mais seulement celle de leur faire croire qu'ils les comprennent? Est-ce là cette sociabilité, cette bienveillance qu'il pratique envers ses membres mêmes?Vous figurez-vous encore sérieusement que vos amis vous ont tout dit sur ce qui concerne l'Institution ?.. Voici maintenant un cas où ils furent trompés à leur tour. 11 est tiré de l'ouvrage du F.-. Pike (pp. 104-105) ; il s'agit de l'instruction donnée pour le 3" grade ou grade de « Maître ».

« La Maçonnerie, dit le F.-. Pike, comme toutes les Religions, comme tous les Mystères, l'Hermétisme et l'Alchimie, cache c'est Pike qui souligne) ses secrets à tous, excepté aux Adeptes, aux Sages ou aux Elus, et se sert de fausses explications et de fausses interprétations de ses symboles pour égarer ceux qui ne méritent que d'être induits en erreur, dans le but de leur dissimuler la\'érité, qu'elle nomme Lumière, et de les en éloigner. La Vérité n'est pas pour ceux (pii ne sont ni dignes ni capables de la recevoir, ou qui la corrompraient. C'est pourquoi Dieu lui-même prive une grande quantité d'hommes de la faculté de distinguer les couleurs et éloigne ainsi les masses de la très haute Vérité : il ne leur permet de découvrir que ce qu'il leur est utile d'en connaître. Chaque Age a eu la religion appropriée à ses aptitudes ».

'< Les Docteurs de la Chrétienté eux-mêmes, continue-t-il, sont, en général, les plus ignorants du vrai sens de ce qu'ils enseignent. Il y a peu de livres que l'on connaisse moins que la Bible. Pour la plupart de ceux qui la lisent, elle est aussi incompréhensible que le Zohar ».

El il conclut : « C'est que la Maçonnerie cache jalousement ses secrets, et fourvoie de propos tlélibéré ses interprèles orgueilleux.

11 n'y a pas ici-bas de spectacle à la fois plus pitoyable et |)Ius risible que celui (pie doiiiieiit les Preston et les Webb, (sans parler des autres iiicaïuatioiis phis récentes de la sottise et île la banalité), lorsrpi'ils entreprennent d' « expliquer » les vieux symboles de la Maçoimerie, leur ajoulani ou les ■» améliorant )',(>u même en inventant de nouveaux ».

Nous no\is abstiendrons de commenter longuement les nombreuses anirmations contenues dans ce passage et qui réclament des commentaires, car nous ne voulons pas anticiper sur ce qui

sera disculé ullérieuremenl d'une façon plus complète. La juslification de la Franc-Maçonnerie trompant ses propres membres, tirée de la privation de la faculté de discerner les couleurs dont Dieu permet que soient alïligées ses créatures, ouvre des horizons sur lesquels nous n'avons pas besoin d'insister — rendre Dieu la cause directe et unique des imperfections physiques de ses créatures — établir une similitude entre les défauts physiques et moraux — accuser Dieu de retrancher l'humanité de la Vérité divine — couvrir de mépris Preston et \\'ebb, qui sont des lumières maçonniques du Rite d'York et tlu Rite Américain — taxer d'ignorance les docteurs de la Chrétienté en ce qui concerne le vrai sens de la Bible — sont autant de pensées que nous laisserons quant à présent à vos propres commentaires.

Nous remarquerons simplement que, si vos amis Maçons ont atteint le 3*^ degré ou grade de Maître dans la Maçonnerie Ecossaise, ils ont dû avaler d'un trait cette plaisanterie injurieuse pour Dieu et l'homme, ne se doutant pas un seul instant qu'ils n'étaient pas au nombre des élus, mais qu'ils faisaient partie de ceux qui étaient trompés et volontairement induits en erreur. Il ne leur est jamais venu à l'idée que, méprisant les autres, ils étaient eux-mêmes un objet de mépris pour les adeptes ; car s'ils savaient qu'ils ont été victimes de tant de duplicité, pensez-vous qu'ils pourraient être sincères en louant l'Ordre comme ils le font ?

Nous croyons donc pouvoir terminer le présent chapitre. Nous nous étions assigné la lâche de donner une idée pratique, quoique élémentaire, de ce que sont les Francs-Maçons américains et la Franc-Maçonnerie américaine, tout en nous proposant d'exposer les choses d'une manière plus complète et plus détaillée dans les chapitres suivants. Nous avons désiré attirer l'attention du grand nombre de ceux qui. ayant dans leurs relations des amis Maçons estimés, les ont entendus leur chanter les louanges enflammées de leur Ordre, et ont par suite considéré ces louanges comme l'attestation de témoins compétents. Nous avons volontiers reconnu que lesdils amis étaient dignes d'estime, attendu que nous n'avons pas la preuve du contraire. Nous avons concédé également qu'ils étaient sincères — mais cette concession même nous a contraint à douter de leur science. Nous n'avons pas omis d'indiquer l'obligation de la plus haute importance pour le Maçon de garder le secret et le silence au sujet des arcanes de son Ordre ; secret et silence qui doivent dérouter le profane le plus perspicace, car le Maçon est pour sa femme elle-même un étranger, en tout ce qui regarde la Maçonnerie. « Vous devez agir comme il convient à un homme moral et prudent », dit le Bitualiste Maçonnique de

Mackey, p. ?50. en parlant de la conduite que doit avoir un Maçon chez lui el autour de lui ; « Ayez soin surtout de ne pas niellre voire famillo, vos aniis et vos voisins au courant des ail'aires de la Loge, etc., mais consultez sagement votre propre honneur el celui de l'Antique Fraternité, pour des raisons qui n'ont })as à (Mre mentionnées ici '.

Nous avons montré, de même, l'esprit de l'Ordre qui, sans rougir, convient qu'il trompe, non seulement ceux qui sont hors de son sein, mais encore ses propres membres des degrés inférieurs, et ose dire qu'en agissant ainsi, il ne l'ail que copier les actes mêmes de Dieu.

En dépit de tout cela, nous avons bien voulu considérer vos amis Maçons comme étant sincères, quoique celle conce^'sion soil au détriment de leur Science maçonnique. Nous avons montré qu'ils ont erré en disant que la Franc-Maçonnerie américaine n'est qu'une simple institution sociale, et dans le sens ordinaire de ces mois ; que ceux qui, en toute sincérité, ont adirmé de telles choses ne savent rien des doctrines ni de l'histoire, ni de la Science, ni de la philosophie de l'Ordre, qu'ils sont seulement sous le portique du temple de la Science maçonnique, loin du sanctuaire intérieur ou ésotérique, trompant les autres, quoique cela puisse être de bonne foi, mais trompés à dessein par ceux qui sont plus élevés qu'eux dans l'Ordre.

Nous n'avons donc aucunement attaqué la réputation de vos amis Maçons ; nous ne le ferons jamais sciemment ilans noire présente Etude; vous n'avez donc pas à craindre de nous suivre jusqu'au bout. Ce que nous allons dire concernera toujours les vrais et profonds Maçons Américains, la Franc-Maçonnerie et son cœur <pii distribue la vie à tout l'Ordre, les Adeptes enfin qui savent les choses telles qu'elles sont en réalité. Nous avons plutôt pris la défense de ceux que vous estimez ainsi, car nous avons démontré par l'autorité et par la raison qu'un Maçon peut être tel sans connaître le véritable but et la fin de l'organisation, puiscjue nous avons entendu le Dr. Mackey se lamenlei- de ce que, de son temps, la grande majorité de ses Frères appartînt à celle classe mal instruite. Nous avons montré que cela pourrait bien être dû au système de l'initiation maçonnique qui, en communi(|uant la science peu à peu dans It's ditVérenls giades, laisse l'enseignement incomplet dans son essence jusqu'à ce qu'on arrive au suprême échelon de la hiérarchie. La prati<iue de l'instruction orale peut facilement aboutir aux mêmes i('sullals, car l'instructeur n'est [)as oldigé de révéler {)lus (pic ne if permettent prudemment le temps, les circonslances et la condition du candidat. La lecture el l'étude ouvriraient les portes à un<> foule de connaissances, mais le temps, le talent, les occasions.

toutes les qualités de discernement requises pour faire les recherches maçonniques manquent à beaucoup de Maçons. Et, lorsqu'à tout ceci vient s'ajouter, comme nous en informe le F.-. Pike, une intention froide et bien arrêtée de l'Ordre, de tromper ses membres trop confiants en leur faisant croire qu'ils savent ce qu'en réalité ils ne savent pas, un état de choses qui semblait presque impossible devient non seulement possible, mais réel.

Tout cela, nous l'avons connu, non par les ennemis de la Franc- Maçonnerie Américaine, mais par ses plus chers amis, et, si vous voulez bien nous suivre dans notre Etude, ils nous en apprendront davantage encore. Nous ne sommes pas des « cowans »', ni des écouteurs aux portes, mais des chercheurs de lumière maçonnique, et nous allons à ses sources américaines les plus estimées. Vos amis Maçons se sont montrés de bien faibles guides en vous conduisant; acceptez donc comme nous, à l'avenir, les FF.-. Pike et Mackey pour maîtres. Il est certain qu'ils nous conduiront par des sentiers qui seront loin d'être droits et faciles, car ils essayent souvent de lancer les profanes hors de la piste, mais ils nous mèneront sûrement à ce que nous désirons tant posséder : à une science exacte et authentique des doctrines et de la nature de la Franc-Maçonnerie américaine.

1. <i Cowan, » profane. Ce terme purement maçonnique vient du t?rec kuôn, cliien. {Lexique de Franc-Maçonnerie, p. 101 1.

CHAPITRh: II

L Enseignement macjonniole

Nous avons déjà établi que les inslruc lions de la Maçonnerie américaine, comme celles de toutes les Maijonneries sont, les unes exotériques et les autres ésotéri(jues. Le Dr. .Mackey traite ce point dans son E ne i/clopœdi a of Freemasonrij ' sous la rubrique « Maçonnerie ésotérique », qu'il définit : <( Cette partie secrète de la Maçonnerie qui n'est connue que des initiés, comme distincte de la Maçonnerie exoiérique ou monitoriale. laquelle est accessible à tous ceux qui veulent bien lire les manuels etlesouvragespubliéssurl'Ordre.Ces mots viennent du grec etw-î^ixôç, interne, et l^w-ïoixoç, externe, et furent, dans l'origine, employés par Pythagore, dont la philosophie était divisée en philosophie exotérique, ou enseignée à tous, et philosophie ésotérique, enseignée au petit nombre des élus ; de même, ses disciples étaient-ils divisés en deux classes, suivant le degré d'initiation qu'ils avaient atteint : les uns étaient complètement admis dans la société et mis en possession de toute la science que le Maître pouvait communiquer ; les autres n'étaient que de simples postulants, et ne profitaient que des instructions publiques de l'école en attendant la communication graduelle d'une science plus parfaite. Pythagore emprunta ce double mode d'enseignement aux anciens Egyptiens, qui avaient deux espèces de théologie — l'une, exotérique. qui s'adressait à tout le peujile ; l'autre, ésotérique, qui n'appartenait qu'à un nombre choisi de prêtres et à ceux qui [)Ossédaient ou qui étaient appelés à posséder la dignité royale. Et la nature mystique de cette doctrine cachée trouvait son expression dans leur langage symbolique, par les images des sphinx placés à l'enlrée de leurs temples ».

« Il V avait trois degrés dans cette école, » nous dit-il encore-: « le premier ou Mathematici, comprenait les sciences positives ; le deuxième ou r/ieore/Zc/, la connaissance de Dieu, l'étal fulur de l'homme; mais le troisième, ou plus haul degré, ne se comminiiqiiail qu'au petit nombre de ceux dont l'inlfUigence était capable

Page 1