D UNE LOGE AMERICAINE
lai soient imposées par un prêtre de quelque religion que ce soit » (p. 14). Enfin il fait la peinture des dangers imminents que court notre pays. « Peut-être sommes-nous à la veille d'une lutte terrible avec ce pouvoir qui, depuis Rome, a soulevé des tempêtes dans l'Amérique espagnole et dans l'Europe méridionale, où il était dangereux de croire ou de réclamer le droit de croire qu'on peut adorer Dieu suivant les dictées de sa propre conscience. Dans ces pays, tous les hommes sincères furent dans la nécessité de s'unir, et les Frères durent faire alliance avec le gouvernement libéral. C'était une question de vie ou de mort
« Il n'y avait là aucun maître protestant, ni personne pour enseigner aux hommes un credo di lièrent de celui selon lequel ils avaient été élevés. La vérité était naturelle et spontanée. Mais les hommes étaient dans les fers; ils avaient atYaire à l'Inquisition et à toutes sortes de tortures. C'est sous un tel système que naquit le noble esprit dont nous honorons ce soir le souvenir, l'une des plus brillantes étoiles du ciel maçonnique qui éclairent la roule des générations futures » fp. 15). Jusqu'à quel point la peinture tracée par le P.*. Coney est-elle conforme aux faits, le lecteur peut en juger d'après les premiers paragraphes de la vie du F.-. Herrera y Cairo donnés à la page 3 de la brochure susdite.
« En 18'21, dit-on, dans la cité de Guadalajara, Etat de Jalisco, République de Mexico, naquit Ygnacio Herrera y Cairo. iSon père Anacleto Herrera fonda la première loge de Maçons dans la République de Mexico peu de temps après qu'elle se fut proclamée séparée et indépendante de l'Espagne, et c'est lui qui inspira à Ygnacio ses idées de liberté, d'égalité et de fraternité. A l'âge de douze ans, il perdit son père ; il entra dans un séminaire dirigé par des prêtres, et là, il attira l'attention de ses maîtres par son application et sa brillante intelligence. Jamais il ne prit part aux jeux des autres enfants, mais il se tenait à l'écart, replié sur lui-même, et, néanmoins, par la franchise et l'heurevse disposition de son caractère, il se fit aimer et estimer de ses condisciples.
« Il se fit recevoir Docteur en Médecine. Depuis son enfance jusqu'à sa mort, il se distingua par son amour pour les pauvres, dont il donna des preuves par les soins, l'attention et la charité qu'il témoigna aux malades et aux indigents. Il enseignait sans cesse aux ignorants leurs droits et leurs devoirs, prêchant la liberté de pensée et de parole, la tolérance en matière de religion ; en conséquence il était adoré de cette classe de ses concitoyens, respecté des gens intelligents de son propre milieu, mais craint du clergé et de ses partisans. Le clergé mit tout en œuvre pour l'attirer de son côté, lui faisant les offres les plus séduisantes, qu'il re-
202 COUP n'ôKiL SUR le fonctio>'Nemes:t
poussa loujouis ». Mais où étaient le chevalet, les tortures, I'liujuisilion pendant tout ce temps? Le F.-. Coney averti de ce qui convenait à ses auditeurs, leur servait des horreurs qu'il savait bien n'être pas vraies.
« Vint ensuite une prière par le Chapelain de la Loge, le F.'. Chas. E. Gillet, 33-, secrétaire du Chapitre de Cethsemani ; puis quelques mots du F.-. Sherman, lorsque l'on découvrit, à l'Est, le vase qui devait contenir le cœur du F.*. Ilerrera. Ce vase était surmonté du portrait du Frère, et au-dessus du portrait se trouvaient trois bustes de grandeur naturelle.
« Il n'est que convenable, dit le F.-. Sherman, avant d'opérer le dépôt du cœur, d'appeler votre attention sur ce que vous voyez mainlonani dans l'Est. Vous voyez là des martyrs. A droite, c'est Coligny, assassiné à la Saint-Barthélémy; au nord, c'est Guillaume le Silencieux assassiné par le Jésuite Gérard ; au centre, c'est notre bien-aimé Président Abraham Lincoln aussi martyrisé : il tomba victime d'une conspiration depuis longtemps tramée par les Jésuites, — et son assassin était lui-même un Jésuite. L'amulette ou médaille de Jésuite fut prise au cou de Booth, et on peut la voir, dans le cabinet du juge avocat général à Washington. Ce complot des Jésuites fut formé cinq ans avant qu'il ne lût question île la candidature de Lincoln à la présidence, et dès lors il était marqué comme une victime par cette puissance terrible contre laquelle sont ligués lous les Maçons du Bile Ecossais » (p 17).
Lorsque le F.-. Sherman consent à inventer l'histoire, il fait preuve d'une rare habileté. N'est-il pas étrange, en effet. qu'il sache tant de choses sur les complots des Jésuites et sur leur parenté avec l'un des crimes hisloi'iqaes les plus audacieux, et qu'il en garde le secret, caché dans les profondeurs de la Loge ? C'est étrange — et plus qu'étrange — si c'est vrai ; et si c'est faux, et le monde entier, sait que tel est le cas, que doit-on penser de semblables assertions faites et écoutées, et de ceux qui les font ou les ap[»rouvent ?
Le F.-. Joseph H. Wythe, 14^ Chapelain de l'Association des Vétérans marons de la Côte du Patificjue, ayant été présenté, dit : « Mes Frères en Maronnerie et Mesdames cl amies, les très intéressants offices de cette solennité sont bien propres à faire une impression profonde sur tous les esprits maromiitpies. Ils nous met lent sous les yeux les principes fondamentaux de la Maçonnerie même, refuge el défense de la vérité el de la lilicrlé religieuses. Ils indiquent également la princij)ale source el la virulence de l'opposition faite à la vérité... \os ennemis — et tout particulièrement nos ennemis pontificaux — accusent la Maçonnerie d'enseigner l'Athéisme : mais cette calomnie toute gratuite est contredite par l'histoire
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entière de l'Ordre et par son rituel. Où trouverez-vous une attestation plus sublime de l'existence de la grande Cause Première que dans la .Maçonnerie? Nul n'est admis à franchir le seuil de la Loge s'il ne confesse sa croyance en Dieu ».
« Un vrai Maçon, continue- t-il, ne soumet sa conscience qu'à Dieu seul. Dieu est le grand Législateur pour l'âme humaine, et c'est vers lui que va notre sentiment de soumission le plus élevé. C'est une impertinence et une tyrannie pour tout sacerdoce humain que de dicter ce que nous devons croire et faire. C'est pourquoi le Papisme qui prétend à la domination des consciences est si violement hostile à la Maçonnerie, et là où ses prêtres sont les maîtres, ils persécuteront les Maçons jusqu'à la mort même. On ne connaîtra qu'au jour du jugement le nombre de nos Frères qui ont péri sur le bûcher, dans les tortures, ou qui sont morts de faim dans les prisons de l'Inquisition » !
« Il ne faut pas nous faire illusion et croire que la lumière de la liberté civile et religieuse, qui brille d'un si grand éclat dans notre pays, a pénétré assez profondément les ténèbres des nations voisines pour rendre la persécution presque impossible. Citons les termes de la lettre envoyée le mois dernier par le Grand-Orient de Rome au F.-. Sherman : « Le l'ait n'est que trop vrai : les prêtres, du fond de leur nid, le Vatican, sefï'orcent d'éteindre sous le souffle glacial de la Réaction le feu sacré de la Science et de la Liberté, que notre Fraternité alluma au prix d'énormes sacrifices, en face de terribles dangers et qu'elle entretient actuellement dans le monde entier... » ^
« La Papauté, s'étant égarée loin, de la source pure et authentique du Christianisme, mène aujourd'hui la lutte contre la Maçonnerie avec un redoublement d'audace, surtout en Italie, où cette Papauté attise la révolte contre l'ordre établi, en ne cessant de travailler à la ruine de l'unité et de l'intégrité du pays »...
Le F.-. Wythe rapporte alors un fait qui aurait eu lieu à Mollendo (Pérou), et ajoute :
« Voilà une autre preuve de la haine de Rome pour la liberté et la vérité. L'antique poison sera toujours le même, et nous pourrons nous estimer heureux, aux Etats-Unis, si nous échappons à une lutte corps à corps arec la Papauté pour la sauvegarde de notre liberté ».
Voyons, franchement, F.-. Wythe, croyez-vous à toutes ces sottises? A quoi eùt-il servi de brûler sur le bûcher vos Frères Maçons ou de les faire tourmenter par l'Inquisition, puisque, dans ces temps-là, la Maçonnerie presc/vra// à ses membres d'appartenir à r Eglise du pays quils habitaient"! Lisez le Masonic Ritualist de
204 COUP d'oeil sir le fonctionnement
Mackey(p.244),(el vouslrouverezcellemêmecitalionailleurs): «Mais bien que, dans les anciens temps, les Maçons fussent tenus de se conformer à la religion, quelle qu'elle fût, du pays ou de la nation où ils se trouvaient, on estime aujourd'hui plus opportun de restreindre cette obligation à la religion sur laquelle tousles hommes sont d'accord, en leur laissant la liberté de leurs opinions personnelles ». Où étaient donc ce danger, ce courage, etc., etc., donl vous parlez? Où était cette lil)erlé de conscience dont vous vous faites gloire, quand la Maçonnerie obligeait ses membres à adopter la religion du pays, quelle qu'elle fût? Et si celte adhésion n'était qu'extérieure, la participation à ses rites était pure hypocrisie. Lorsque le F.-. James L. Cogswell, Président p/'o temp., eût offert au F.-. Sherman un souvenir de l'estime des Frères, on chanta l'hymne ■< Saliil, Maçonnerie divine ! » ; la forme en diffère un peu de celle que Ion trouve dans le Masonic Ritualist de Mackey (pp. 214, 215). Les deux premières strophes sont identiques, la différence ne vient qu'ensuite. \'oici quelques-uns des vers chantés en cette circonstance :
« Nous te construirons (les Temples sûrs;
Nous abriterons ici tes Autels
Contre la main impure de Rome.
Nous les construirons forts et grands.
Remparts du Pays de la Liberté
Contre les coups de la haine
El contre l'empire du Pape' »
Comme il s'était produit un léger retard dans les préparatifs du banquet, on en profita pour réclamer la réponse aux toasts. Au toast porté « Au Président des Etals-Unis », le F.-. James 0. L. Lee, ,'32*, Colonel U. S. A., répondit :
« Tant que le Président des Etals-Unis sera un patriote, nous
n'avons pas à nous demander à quel parti il appartient Par
l'union du Patriotisme et de la Maçonnerie — car je ne connais sur Icrre aucune religion supérieure à celle de la Maçonnerie — par celte union, dis-jc, notre pays vivra sous n'importe (juel Président »
Le F.". Coney répondit au loasl |)orté << Au Président de notre Sœur, la Républi(|ue du Mexicjue ».
Le Wise-Master (Sage Maître) j>arla en ces termes : « Le F.*.
' " Wr'tl liiiild ihi) Temples sure : Thine Altars here seen re
From Home's foul hand.
We' II liiiild Ihem slrong and jireid.
Bulwarks (d I'reedom s Slate Against the Ijloirs of t fate
And Pope' s Commands. <> (p. 23).
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Caswell n'est pas ici. Le toast qui vient ensuite, selon la règle, est celui qui fut porté « Aux vingt-sept Suprêmes Conseils Réguliers du trente-troisième grade du Rite Ecossais Ancien et Accepté delà Franc-Maçonnerie, ainsi qu'à tous les corps qui leur sont subordonnés dans le Monde entier ». Je désire de plus que, dans toute l'étendue de l'Amérique du Sud, du Mexique et de l'Europe méridionale, c'est la seule Maçonnerie qui soit connue, et que toutes les Grandes-Loges Maritimes de Maçonnerie Bleue envoient des représentants à ces Suprêmes Conseils et en reçoivent d'eux, car ils sont des Grandes-Loges dans les limites de leur juridiction. » (p. 25).
Ceux qui doutent de l'unilé de la Franc-Maçonnerie dans le monde entier feront bien de consacrer quelques instants de rétlexion à ces paroles du F.-. Sherman.
Répondant au toast x A la Maçonnerie de tous les Rites et Grades du monde entier », le F.*. Amasa \\'. Bishop, 30% s'exprima ainsi :
« Très Sage Maître et chers Amis, je trouve qu'il n'est pas très juste d'inviter les gens à répondre à des toasts sans qu'ils sachent d'avance quels seront ces toasts, et sans qu'ils aient le temps de rassembler au moins quelques idées.
« La Maçonnerie, ainsi que l'indique le toast, est universelle ».
Puis, ayant remercié le Père Célesîe de l'avoir fait naître Américain, il le remercie encore de ce que nous possédons « la liberté d'adorer Dieu suivant les prescriptions de notre propre conscience sans que personne soit là pour nous dire « fais ceci » ou « fais cela » sous peine de torture. Il y a sur la surface de la terre un pays où la liberté existe dans sa plus grande et plus haute gloire, et je crois que, grâce à l'aide de la Maçonnerie qui est universelle, cette liberté de pensée, liberté par excellence, deviendra aussi universelle que la Maçonnerie elle même. Notre digne F.-., dans son allocution, a dit qu'un temps pourrait venir où nous aurions à défendre cette liberté de conscience ; mais je vous l'affirme, en quelque temps que le peuple de ce pays soit appelé à résister à la tyrannie , sous quelque forme qu'elle se présente, un million d'épées s'échapperont de leur fourreau pour abattre l'usurpateur, quel qu'il puisse être, et d'où qu'il vienne. »
Et peu après, il ajouta : La Maçonnerie est une influence éduca- Irice: partout où vous rencontrerez un corps maçonnique, vous trouverez des hommes qui pensent, presque toujours des hommes d'une intelligence supérieure, parce qu'ils ne pourraient rester Maçons pendant de longues années sans progresser, sans avancer au lieu de reculer, parce que la Maçonnerie est lumière, parce que la Ma-
200 COUP d'oKIL ïiLR LE FONCTIONNEMENT
çonnerie est éclucation. parce que la Maçonnerie est civilisation. Puisse-l-elle, dans un avenir prochain, devenir également universelle [)a[' son iidluence civilisatrice el ses léchons de libéralisme dans le monde entier, comme elle l'est actuellement dans ce glorieux pays de liberté ». (pp. 27, 28)
Cher lecteur, formez-vous une opinion sur la lumière maçonnique, l'éducation, le progrès, l'intelligence, la civilisation, le patriotisme maçonniques, d'après ce qui s'est l'ait et dit dans cette réunion. qui,à en croire ceux qui y prirent part et ce qu'on nous en rapporté, fut regardée comme un fait unique dans l'histoire de la Maçonnerie. « Il n'y a véritablement rien de comparable à cela dans toute l'histoire de la Franc-Maçonnerie», dit le Fr.'. Coney dans son allocution (p. 16). La lumière est-elle faite pour décevoir, l'éducation est-elle faite pour engendrer la rancœur et la haine ? Le progrès préchera-t-il l'intolérance contre laquelle on s'insurge ? Fera-t-on absorber à l'intelligence de telles histoires de chevalet, de torlure et de meurtre ? La civilisation en viendra-t-elle à refuser à autrui les droils que vous regardez comme un présent divin ? Le Patriotisme sonnera-t-il l'appel à la guerre civile, aux propos belliqueux, alors que tout homme de bon sens sait qu'il n'existe aucune preuve de ce que vous avancez ? Non, Frère Bishop, le spécimen que le Chapitre vous offre en ce moment, est bien fâcheusement dépourvu des qualités que vous énumérez ; on n'y voit point que le premier exemple de tolérance religieuse en Amérique fut donné par les Catholiques du Maryland, que celte tolérance fut tristement payée de l'intolérance de ceux (jui avaient été tolérés avec tant de charité ; que, si la tolérance fut inscrite dans notre Constitution, l'aide en hommes et en argent apportée par les Catholiques de France, et sans laquelle, selon toute probabilité, une telle indépendance n'eût jamais été conquise, cette aide fut un facteur puissant, ainsi qu'en conviendront tous ceux qui ont fait une étude impartiale de l'histoire américaine. Il ne faut pas non plus perdre de vue le voisinage du Canada catholique, dont on désirait l'amilié. Nous ne souhaitons pas de diminuer l'intelligence, le progrès, la largeur d'esprit, partout où on les trouve, mais il nous faut des preuves, et non des mots creux.
LeFr.-. William S. Moses, 32""", Chevalier Grand Commandeur, cx-Grand-Maîlre du (Irand-Consistoire de Californie, un ties Fr.-. Visiteurs, et auquel l'expérience de (piarante-qualre ans passés dans la Maçonnerie, et les charges (piil avait remplies donnaient bien le droit d'exprimer les sentiments maçomiiques, dit entre autres choses :
« Pmir eiiipl(j\er le langage des poètes, je pnisdire «jue c'est le
d'une loge américaine 207
crépuscule de la vie, et que les événements prochains projettent leur ombre en avant d'eux. Je vois au loin, — je ne vivrai pas assez pour le voir réellement, mais il y a ici des hommes qui verront cela, — je yo'isapprocheri heure de l'inérilable conflitentre les forces de liberté et Vusurpation de cette tyrannie terrible qui a son trône à Borne. » Ouelques-uns d'entre vous seront peut-être appelés à prendre les armes pour défendre cette liberté que vous possédez maintenant. Quand vous le ferez, rappelez-vous ce vieillard qui a prévu de loin l'événement et qui ne l'a pas jugé si éloigné que cela.
« Vous autres jeunes gens, quand le temps viendra, bouclez votre cuirasse, prenez votre épée ; que le Rite Ecossais soit connu, que la Maçonnerie se dresse ferme, sans peur, au premier rang : vous y trouverez vos Fr.-. pour vous mener au combat, en faveur de la liberté, à cette lutte qui sera soutenue par les citoyens américains résolus à protéger et à défendre la liberté pourleurs femmes et leurs petits enfants. » [Applaudissements] p. 31).
La guerre des citoyens américains (?) pour la protection (?) des libertés américaines (?) fut déchaînéebfenlôt après'. L'univers entier sait quelle fut son ignoble histoire, et son issue plus ignoble encore.
Le F.-. Samuel W. HoUiday, après avoir loué le Fr.\ Moses comme le « dernier mot » du caractère maçonnique, et après avoir manifesté la joie qu'il éprouve « à voir ce Fr.*. plein de vie et de vivacité, débordant de virile énergie, de patriotisme, d'amour pour l'Ordre Maçonnifjue, » apprend à ses auditeurs qu'il ne partage point l'anxiété qui a été exprimée au sujet des libertés américaines et il donne ses raisons.
« Je vais vous dire pourquoi, dit-il. Je ne prétends pas nier que de nombreux ennemis sont occupés à tendre des pièges à nos libertés et à notre prospérité. Nos institutions publiques, j'entends^celles qui assurent l'indépendance et la liberté dans ce pays, comptent de nombreux adversaires. Leurs ennemis mortels pullulent autour de nous ; mais je vous le dis, tant que vous resterez fidèles aux vertus de la Maçonnerie, tant que vous soutiendrez les écoles publiques (à ce moment l'orateur est interrompu par des applaudissements énergiques et soutenus), tant que vous ferez cela, nos libertés n'auront rien à craindre : Souvenez-vousen ».
L'illustre F.. James B. Merritt, 33^, Grand-Maître des cérémonies et Grand-Maître, répondant au toast «du Grand Consistoire de Californie », commença en disant combien il était fier de l'honneur qui lui était fait; puis, abordant son sujet, il exposa brièvement et clai-
1. Le Mouvement lancé par l'A. P. A. (American Protective Association).
208 COUP d'oeil sir i-e fonction nemknt
remenl une grande partie de ce que nous avons rappork- dans les pages précédentes :
« Me voici devant vous..., dit-il, pour alliruior (pie notre Rite Ecossais a une signification ; que, comme .Maçons du Rite Ecossais, nous ne reconnaissons aucun supérieur à l'individu en matière de religion et en matière de politique. Nous avons pris l'engagement de ne permettre à auc.un homme, à aucun groupe d'hommes de nous dicter noire conduite religieuse ou notre conduite politique, et nous reconnaissons que, depuis que Dieu a fait cette terre, aucun homme, aucune femme, aucun corps d'hommes n'a eu ce droit et que jiul corps d'homme n'a maintenant ou n'a jamais eu un droit quelconque de nous expliquer ce que commande le livre de notre foi, que ce livre soit le Pentateuque, les Deux Testaments, le Zend-Avesta, ou le Koran. Jamais homme ou groupe d'hommes ne reçut d'un pouvoir supérieur la mission de nous les interpréter. Chacun de nous doit se les interpréter à soi-même, et nous sommes tenus de conformer notre conduite à l'interprétation que nous nous en donnons. Nous prétendons-que nul homme, nul groupe d hommes n'a le droit d'influencer notre conduite politique. Nous ne reconnaissons aucun parti. iXoiis volons selon les principes de la Maçonnerie Ecossaise, et l'homme qui appartient au Rite Ecossais et qui n'agit pas ainsi en viole tonte les obligations, depuis la première jnsquà la trente-troisième. Je me trouvais dans un des Etats de l'Union l'année où la seule question posée devant le peuple était celle des écoles communes : les deux grands partis politiques de cet Etat rivalisaient à <{ui se prosternerait le plus bas devant le despotisme romain ; chacun d'eux sévertuant à accumuler plus que l'autre les obstacles sur la route des écoles communes, à leur faire la guerre; le parti qui dans l'Etat fit la profession de foi la plus énergique de dévouement au despotisme romain, emporta le vote de l'Etat sur ce seul point. Et maintenant mon ami llolliday (je regrette qu'il soit sorti de celle si lie) n'a point peur ; il ne partage pas notre inquiétude, à nous qui craignons, nous qui savons que le danger mortel est là, bien en face de nous, et que c'est notre devoirdans toute élection, de la plus petite à la plus grande, depuis les élections municipales jusqu'aux élections les jilus importantes, de laisser la détermination de notre vote aux personnes qui se présenteront comme les champions de nos Ecoles communes, de notre religion commune, de noli'c honneur commun, sans distinction de parti, afin (pie tous puissent savoir que celui (jui se montre le plus ferme sou lien de notre pays et de nos Ecoles communes, sera assuré de nos voles. Tels sont les senlimcnls du (irand Consistoire de Californie, dont i'ai l'honneur d'iHre le (irand-Couimandeur ». (pp. 33-34).
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Avec quelle confiance la Magonnerie déclare que le système de l'Ecole commune fait partie intégrante de son libéralisme ! Il est inutile d'ajouter des commentaires. Lisezet jugez vous-mêmes quel degré de liberté, de spontanéité dans le vote possèdent ses membres. Elle proclame à grand bruit de trompettes : « Aucun homme, aucun groupe d'hommes ne dirigera notre vote, ne nous dictera la manière dont nous devons voter », et sans reprendre haleine, elle dit à ses électeurs : « Faites en sorte de voter selon les principes de la Maçonnerie Ecossaise ; autrement vous violerez toutes les obligations, depuis la première jusqu'à la trente-troisième sans exception ! » Ah ! oui, mais ce sont des principes, ce n'est point un homme, ni un groupe d'hommes I C'est vrai, mais quel indigne, et mesquin subterfuge ! C'est dire qu'il n'y a pas de principes protestants, pas de principes catholiques, et que quiconque voterait selon ces principes serait l'esclave des hommes. La Maçonnerie est riche en mots : fraternité, liberté, égalité, mais il n'en est pas un, du premier au dernier, dont le sens ne soit immédiatement restreint par des clauses qui le limitent, si bien que Fraternité finit par signifier Maçonnerie, et rien de plus ; la liberté, c'est la répression et la destruction des Eglises Catholiques et Chrétiennes ; égalité signifie « nos Ecoles communes, notre religion commune, notre honneur commun»; humanité, c'est le vrai Dieu maçonnique.
Nous terminerons ce chapitre par la lettre qu'adressait le Grand Orient de Rome au Fr.-. Sherman (p. 2 de la brochure).
Ad Universi Terrarum Orbis Summi Architecti Gloria m..
Deus Meumque Jus. Ordo ab Chao.
Dal GRANDE ORIENTE di Roma. Valle del
Tevere sotto la Volta Celeste al 41° 54' di Latitudine
Nord e 10° 7' di Longitudine Est del suo Zenit.
Il Supremo Consiglio del Sovr.-. Gr.-. Ispettori Ge-
nerali ; Gr.-. Eletti Cavalri Gr.-. Comm.-. del
Grande Impero del 33™" ed ultimo grado di
Rito Scozzese Ant.-. ed Ace.-, délia
Massoneria in Italia sedente in Roma
il Giorno — del mese — dell"
annodi V.-. L.-. 0G089
— edeir E.-. V.-. il
di 6 de Marzo
42, Piazza Paoli, Roma. Italy Mar. G. 1893.
2lO COUP d'oFIL Sl'R I.K FONCTiONNEMENT