CHAPITRE XV
Nous donnons à dessein à ce chapitre le litre de Morale Maçonnique et non celui de Morale des Maçons, parce que nous étudions des théories et non des personnes. Il ne faut donc en aucune façon voir dans notre langage une attaque contre le caractère individuel de tel ou tel Maçon, ni même contre le caractère moral des Maçons en général,si ce n'esten tant qu'ils modèlent leur conduite sur les principes ésotériques de leur Ordre. S'ils vivent conformément aux théories maçonniques, leur morale n'est rien moins que chrétienne ; c'est ce que nous allons prouver, et c'est là seulement ce qui nous occupe. Quant à leur défaut de sincérité ou de fidélité à leurs principes, Dieu seul en est juge. Nous discutons les principes de la Maçonnerie et non les personnes.
La liaison intime qui existe entre la morale, quelle qu'en soit l'espèce, et la Maçonnerie, ressort nettement de ce fail que la morale entre dans la définition même de l'Art : « La Franc-Maçonnerie est un système de morale, voilé par des allégories et éclairci par des syml)()les ' ». Et le Dr. Mackey, parlant des Loges -, nous apprend qu'on ne peut y admettre « des hommes immoraux et de vie scandaleuse », mais seulement des gens« de bonne réputation ». Ainsi donc, afllrme-l-on avec assurance, pour être un Maçon, il faut être un homme moral, »
Mais alors comment se fait-il, se demandera le lecteur ordinaire, que le Dr Mackey^ se désole de ce qu'il y ait « dans notre Ordre, des hommes dont le genre de vie el le caractère ne font nullement hoimeur à l'Institution ?>• Il est vrai que, d'après ce qu'il nous assure, cette manière de vivre n'est point le résultat de l'enseignement maçonnique, mais qu'elle en est la violation, qu'on trouve des exemples semblables dans le Christianisme, etc., etc. Tout cela est à côté de la question. Le fait est que des gens immoraux peuvent être Maçons ; dès lors, il est faux que les gens moraux seuls puissent être membres de l'Ordre.
\. Miisurni- Jiilualisl.. p. \'2 el suiv.
•J. Ibid., p. 24.