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elle partielle, en ce qu'elle ne contiendrait pas tous les préceptes moraux? L'est-elle, parce qu'elle ne s'impose qu'à une partie de l'humanité? Son explication montre qu'il attribue au mot partielle le second de ces deux sens, car il rejette le Decalogue Mosaïque comme inconciliable avec une institution cosmopolite, qui a pour caractère essentiell'universalité.Le Juif y est donc soumis, s'il n'est point pénétré de l'enseignement maçonnique. Le Catholique et le Protestant sont liés par ses chaînes, si la Maçonnerie ne les a point brisées. Le Maçon, dans la liberté morale de l'Art, n'est point soumis au Decalogue mosaïque, qui, à son avis, ne fut point fait pour lui.
Mais, alors, la Maçonnerie n'a point de loi morale ? Elle en a une ; elle ne saurait s'en passer, car, sans loi morale, il ne pourrait exister « un système de Morale >>. Si ce n'est point la Loi Mosaïque, qu'est-ce donc? Le Dr Mackey va nous le dire dans son Encyclopédie, p. 508.
« \]nMaiÇon,diseni\es Anciennes Constilutions de 1722, est tenu, par son engagement, d'obéir à la loi morale ». Or cette Loi morale ne doit pas être regardée comme limitée au Decalogue de Moïse ; ce sont là les bornes étroites où les auteurs ecclésiastiques enferment techniquement cette Loi ; il faut plutôt la chercher dans ce qu'on appelle lex naturse ou loi de nature. La loi naturelle a été définie par un auteur de mérite, mais non récent, qui a écrit sur ce sujet : « la volonté de Dieu, en ce qui concerne les actions humaines, fondée sur les différences morales des choses, volonté qui, pouvant être découverte par la lumière naturelle, oblige, par suite, l'humanité tout entière. » Telle est la loi morale, « à laquelle font allusion les Anciennes Constitutions citées plus haut, reprend-il, c'est celle qui y est déclarée la Loi de laFranc-Maçonnerie.Et,encela l'on agit sagement, car il est évident que nulle loi moms universelle n'eût pu être choisie judicieusement pour le gouvernement d'une institution dont le caractère le plus remarquable est l'universalité. »
Pour ne pas employer à traiter le présent sujet plus de temps qu'il ne faut,nous ne discuterons pas sur le point de savoir si les mots d'« Universel » et d'« Universalité » doivent être entendus dans leur sens ordinaire ou dans le sens maçonnique de « Naturel » et de « Nature », car « Univers » et « Nature » sont synonymes. Quel que soit ce sens, il importe peu au sujet que nous traitons. Ce qui est clairement exprimé, c'est que la loi morale de la Maçonnerie ne doit pas être bornée à l'étroite loi de Moïse ; que cette loi est la loi de Nature ou loi morale, que la lumière naturelle permet de découvrir.
En ce qui regarde la première assertion, c'est-à-dire l'étroitesse de la loi Mosaïque, nous nous risquerons à affirmer que les préceptes en paraîtront assez larges pour s'appliquer à la vie morale dans
1. Grove, System of Moral Philosophy, t. II, p. 122. Londres, 1749.
une étendue plus vaste que ne le désirent la plupart des créatures humaines. En lisant ce passage du Fr.-. Mackey, on serait tenté do se figurer que la Maçonnerie va vous proposer un certain système de morale plus élevé, plus noble, pins vaste que le système mosaïque. Mais hélas ! quand on en vient au fait, on ne trouve que verbiage, rien de plus ! C'est la loi de Nature, « fondée sur les différences morales des choses, et obligatoire pour toute l'espèce humaine, parce qu'elle peut être découverte par la lumière naturelle. »
Qu'est-ce que cette loi, susceptible d'être découverte par la lumière naturelle ? Est-ce le bien moral, ou le mal moial ? Mais bien (tes hommes appelés philosophes, ayant eu recours à la lumière naturelle, ont nié toute différence entre l'un et l'autre. Telle était la théorie de Franklin à ses débuts, ainsi que nous l'apprend son biographe déjà cité. « Il alla même plus loin que Voltaire, en estimant que Dieu étant tout puissant et souverainement sage, et ayant créé l'Univers, tout ce qui s'y trouvait devait être bon, que le vice et la vertu étaient de vaines distinctions »•. Si une intelligence comme celle de Franklin s'égara au point de départ même de la morale, le Dr.-. Mackey ne doit pas avoir une confiance exagérée en sa lumière naturelle.
Mais admettons, et nous le faisons volontiers, que la droite raison ou l'intelligence naturelle, non faussées par la passion, puissent découvrir, par la lumière intellectuelle naturelle, la distinction entre le bien et le mal moral, et en même temps le commandement naturel de faire le bien et d'éviter le mal, nous doutons fortement que l'intelligence maçonnique, qui a son siège dans le cœur^,et dont la lumière, ainsi que nous l'avons vu, est la lumière sensuelle de la passion ', sache découvrir le véritable bien moral et le véritable mal moral. Les expressions « lumière maçonnique, lumière naturelle ■ ont pour les initiés un sens que notre lecteur ne soupçonne guère.
•' L'homme ou le principe mAle, dit le F.'. Me Clenachan\ symbolisé par le feu ardent, était représenté par la couleur rouge, et le principe féminin, identifié à l'idée de lumière ou de flamme, était représenlé par la couleur jaune ou par celle de la terre légèrement colorée, au-dessus de laquelle le messager au pied agile emporte les nouvelles d'un Maçon en détresse et revient avec le secours exigé. Cette lumière du feu, la femelle divinement belle, la Vénus
1. I isiiiii, The truc Ilenjaniin Franklin, p. i*l, où il est fait allusion à la brochure de Franklin intitulée phertè el nécessité. '2. lincyclopirdia of l-'recniasonrij. p. 391.