‹ Etude sur la franc-maçonnerie américaineChapitre 159 sur 221 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Bienfaisance maçonnique

Dans notre précédent cha[>itre, nous n'avons pas nié que la Maçonnerie n'enseigne plus d'une utile leçon de morale, quoique, ainsi que nous l'avons montré, comme système complet de morale, elle soit non-chrétienne, païenne et condamnée par la saine raison. De même, dans le présent chapitre, nous n'avons nul désir de révoquer en doute les beaux côtés de la bienfaisance maçonnique bieiVque, nous le montrerons, cette bienfaisance soit loin d'être tout ce que prétend la Secte.

Il y a deux bienfaisances maçonniques : l'une estimée par la fraternité comme l'œuvre essentielle de la Maçonnerie, mais qu'on n'expose cependant pas avec trop d'insistance au monde, car souvent elle est reléguée à l'arrière-plan ; l'autre, accessoire et accidentelle, qui, néanmoins est constamment placée au premier plan, rideau superbe destiné à cacher les projets véritables de l'Ordre, puisque, grâce à lui, des Maçons mêmes y sont trompés. « Une très grande majorité de ses disciples, dit lé Dr. Mackey dans un passage déjà cité, considérant uniquement ces résultats pratiques tels qu'ils apparaissent dans la vie de chaque jour — les nobles libéralités qu'elle répand, les larmes de veuves qu'elle a séchées, les" cris d'orphelins qu'elle a apaisés, les besoins de déshérités auxquels elle a subvenu — arrivent trop rapidement à cette conclusion que la charité, et encore entendue au sens étroit d'aumône, est le but principal de l'Institution ». Le soin des veuves, des orphelins et des indigents au moyen de l'aumône n'est, aux yeux de la Maçonnerie, que la moindre partie de sa bienfaisance. Elle attache beaucoup plus d'importance à ce qu'elle estime être l'émancipation de notre race.

Sa bienfaisance essentielle consiste donc à instruire l'humanité, « de la vérité sur Dieu et l'àme, sur la nature et l'essence de l'un et de l'autre ' » ; à briser « les chaînes d'erreur et d'ignorance qui ont jusqu'ici retenu le candidat dans la captivité morale et intellec-

Page 1