Ibid., p
« Peul-êlre la meilleure raison que Ion puisse donner de l'exclusion des femmes de nos Loges, dit notre auteur', se Irouvera-l-elle dans le caractère de notre organisation comme société mystique? La Franc-Maçonnerie spéculative n'est qu'une application de l'art de la Maçonnerie operative à des fins morales et scientifiques. La branche operative de notre Institution fut l'avant-coureur et l'origine de la branche spéculative. Or, comme nous n'admettons aucun changement ou innovation dans nos coutumes, la Maçonnerie spéculative a conservé toutes les règles et tous les règlements qui la gouvernent tels qu'ils existaient lorsqu'ils gouvernaient la Maçonnerie operative. Et les hommes robusteselvigoureux,jouissant de l'usage de tous leurs membres et facultés pouvant seuls appartenir à cette dernière, on a maintenu la règle qui exclut de la Maçonnerie spéculative tous ceux qui ne sont pas en possession des qualités requises. Ce n'est pas parce que nous jugeons lafemme indigne, infidèle ou incapable de garder un secret, comme on l'a prétendu à tort, que la participation à nos rites et cérémonies est interdite à la femme ; mais c'est parce que, dès notre entrée dans l'Ordre, nous avons trouvé certains règlements établissant que seuls pourraient y entrer les hommes capables d'endurer les fatigues ou de remplir les devoirs des Maçons opératifs. Nous avons pris l'engagement solennel de ne jamais altérer ces règlements, qui ne pourraient êlre changés sans une désorganisation complète du système tout entier de la Maçonnerie spéculative ».
'■ Quelle excuse puérile ! Quoi, la Maçonnerie, qui révèle la vérité divine, qui seule enseigne la vraie morale, ne peut communiquer son illumination à la femme, parce que la nature ne lui a pas donné une force physique suiïisante pour porter et manier la truelle! Parce qu'elle est incapable de scier la pierre et de poser des briques, la femme ne connaîtra rien de la vraie nature de Dieu ni de l'âme humaine! ! ! Mais bien des femmes sont capables d'accomplir ces travaux, bien des femmes les ont accomplis dans les pays non civilisés ; on les a vues accomplir même des travaux plus fatigants encore. Quelles raisons alléguerez-vous pour exclure ces femmeslà? '< Les tailleurs de pierre, de qui nous descendons, excluaient les femmes », répondrez-vous. — Toutes étaient-elles exclues. Docteur?— Toutes.— Sans exception? — Sans exception. — Mais vous oubliez, Docteur, qu'en parlant des «guilds», vous nous avez dit* que « les femmes étaient admises dans toutes les « guilds », usage qui, selon Herberl^ fut emprunté aux guilds ecclésiastiques de l'Europe
1. EnrijiliijiieJia of Frteniusonry, p. 888. '2. Encyclopeedia of Freemasonry p. 311. 3. Liu. Com}). I. 83.
méridionale ; frères et sœurs étaient dans les termes de la plus parfaite égalité » ; et ces guilds, nous dites-vous à la page précédente, étaient «des guilds religieuses, commerciales ou des guilds de l'Art (Craft)». — «Ah 1 réplique le Docteur, nous descendons du roi Salomon, qui n'employa que des hommes pour construire son temple ». « Et, de même qu'il est évident, dit encore le Dr., que le roi Salomon n'employa pour la construction de son temple que des hommes sains, vigoureux et habiles ouvriers, de même nos Loges, à l'exemple de ce grand modèle, exigeront-elles, comme condition indispensable pour l'initiation à nos mystères, que le candidat soit un liomme. capable d'accomplir tel ouvrage que le maître lui commandera. Voilà donc l'origine du landmark qui exclut les femmes de l'initiation ». (Les italiques sont de Mackey).
Mais le Dr. Mackey oublie qu'il nous a dit ailleurs' que tout ce rapprochement entre la Maçonnerie et Salomon et son temple est « pure fable », et « qu'il n'est aujourd'hui aucun auteur tenant à sa réputation d'historien critique qui consentirait à défendre cette théorie ». Nous donnons la citation en entier dans notre chapitre sur l'histoire de la Maçonnerie, et nous ne voulons pas la répéter
Le docteur Mackey attribue donc une origine fictive à ce landmark si important qui, si sa théorie est vraie, et si nous devons juger de sa bienveillance par ses assertions, exclut ses parents les plus proches et les plus chers, non seulement d'avantatages sans prix, mais encore de tout ce qui ennoblit réellement la vie humaine. Et que dire des gens de loi? des médecins? des gens de lettres? De ceux-là, Salomon n'en-enrôla et ne songea à en enrôler aucun pour tailler les pierres de son temple. Pourquoi ces catégories et d'autres catégories analogues ne sont-elles pas exclues de la Maçonnerie, si la raison donnée a quelque valeur?
« Mais nous avons trouvé la Maçonnerie telle, lors de notre entrée, s'écrie le Docteur, poussé dans ses derniers retranchements, et nous avons promis solennellement de ne point la modifier ». Ah! Docteur, si vous avez trouvé la Maçonnerie telle quand vous y êtes entré, vous y avez trouvé l'esprit de bienveillance réduit à des proportions bien mesquines, et vous avez eu grand tort de faire d'aussi solennelles promesses. Les avez- vous faites en connaissance de cause, ou les yeux bandés, sous la seule intluence de l'estime aveugle que vous professiez pour l'institution ? Ecarter de