‹ Etude sur la franc-maçonnerie américaineChapitre 33 sur 221 · Morals ami hoijnin. p. 'i · texte numérisé non relu

Morals ami hoijnin. p. 'i

« L'Eglise Catholique Romaine, conlinue-t-il, est peut-être la seule institution qui continue de cultiver jusqu'à un certain point le beau système du symbolisme. Mais ce qui est, dans une large mesure, pour l'Eglise catholique, purement accidentel et le fruit du développement, est la vie même et l'âme de la Maçonnerie, né avec elle dès l'origine, ou, pour mieux dire, c'est le germe duquel l'arbre est sorti et d'oîi il lire encore sa force, sa nourriture et jusqu'à son existence. Retirez son symbolisme à la Maçonnerie, et vous retirerez l'âme de son corps, ne laissant qu'une masse de matière inerte et sans vie, tout juste propre à une décomposition rapide* ».

Cet aveu de notre auteur est un aveu de la faiblesse intrinsèque de la doctrine maçonnique. Qu'il exalte autant qu'il le voudra la beauté du symbolisme, il n'en reste pas moins évident que le symliolisme est la forme qu'emploie la Maçonnerie pour enseigner la vérité, ou plutôt l'enveloppe de la vérité, mais non la vérité ellemême. Que cela soit la vie même et l'âme de la Maçonnerie, c'est possible ; mais cela ne peut être l'âme de la vérité, car ce que l'on exprime par le symbole peut être, et est en fait, exprimé par la parole ; sans l'interprétation orale de la Loge ou le commentaire écrit des Maçons savants, les symboles maçonniques n'en diraient pas plus long aux membres de la Fraternité qu'aux non-initiés. Les symboles maçonniques n'enseignent rien par eux-mêmes. Les Maçons des grades inférieurs lèvent les yeux vers ceux des grades supérieurs et n'en comprennent rien de plus que les profanes. Et cela tient à l'essence même des symboles, car ils ne sont pas les signes naturels d'une idée, mais, comme on nous l'a dit, ils sont des signes conventionnels, des signes dont le sens, dépend uniquement de leurs inventeurs ; et il est impossible de savoir quelle était l'intention de ces inventeurs, à moins qu'on ne nous la communique par la parole ou par l'écriture. La vérité, et surtout la vérité importante, a une beauté, une dignité innées qui lui sont propres et qui sont indépendantes de sa forme accidentelle. Elle supportera toute investigation avec sa simplicité sublime, et, s'il est sûr que, tant que l'esprit plane sur les ailes de la pensée, la vérité s'exprimera par des figures, elle sentira, quand il atteindra les sphères du sublime, qu'elle n"a plus besoin des beautés des symboles. Quand Dieu dit: » Que la Lumière soit. Et la Lumière fut », que le Maçon interprète l'idée comme il lui plaira, sa beauté est toute en elle-même et non dans quelque figure que ce soit. Si donc la Maçonnerie ne veut porter la lumière ni dans sa philosophie, ni dans sa science, ni dans son code de morale, si, lorsque le sens occulte est éclairci et le symbolisme détruit, elle

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