Masonic Jiilualist. pp
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roui une idée nouvelle de la vie cl de ses devoirs, el seront libérés des entraves de la servitude morale dans laquelle ils ont vécu jus- • ju'à ce jour. Il n'y a point dexception à l'aire, peu importe la reliij^ion à laquelle on a appartenu jusqu'alors, peu importe éi^alemenl la rectitude avec laquelle on l'a observée. Les saints de l'Eglise catholique eux-mêmes, cpii ont quitté la vie hors de l'enceinte de la Maçonnerie, ont passé de cette sphère terrestre couverts des corruptions du monde extérieur.
En retour de cette illumination, de ce chanL^ement intellectuel el moral, de cet « ordre tiré du clîaos », de cette < naissance à une vie nouvelle », la Maçonnerie demande l'âme de l'homme. Elle réclame une foi aveugle el absolue dans son droit de commmiiquer la Vérité divine : dans son pouvoir de la communiquer : dans le lait (pi'elle la communique : tandis qu'en même temps, comme nous l'a dit Albert Pike, elle Irorape de propos délibéré ses initiés des grades inférieurs, en leur donnant de fausses interprétations des symboles, en leur faisant croire qu'ils savent beaucoup, alors qu'ils ne savent pratiquement rien du tout. Elle demande toute la vie de l'homme en ce monde, car cette vie doit se mouler sur ses principes ; elle demande sa vie dans l'au-delà, car l'autre monde doit correspondre à celui-ci. Elle ne demantle pas un changement pour l'avenir, mais un effacement complet du passé. Elle réclame la rnj)ture de toutes les anciennes attaches de la religion — parce (juc toute religion, sauf la sienne, ne connaît ni la nature de Dieu ni. celle de l'àme humaine ; elle ne connaît pas la Vérité Divine ; — et de la morale qui. de même (jue la religion, doit être enseignée par de nouvelles leçons dans une nouvelle école ; et elle va briser les chaînes <jui retenaient captive la conscience humaine dans les ténèbres et les corruptions du mondi* profane. Et, alors que l'Ame est t(M'riliée. (jue la conscience est frappée, <pie la raison voudrait élfver la voix i»our faire une eiKfuêle anxieuse, elle cherche à apaiser et à calmer le troul>le des facultés humaines en leur assurant que tel est lelfet naturel de la <■ lumièie » el que, daus leur état chaotique, ils doivent s'attendre à une convulsion semblable à celle (pie causa dans le chaos piiuujrdial la création de la lumière lualérielle. Elle alliiine beaucoup, el ne {irouve rien. Si vous lui demande/ des pièces à l'appui, elle n'en a pas à vous montrer.
(Jue le prêtre calh()li<pie qui parcourra ces pages sarrêle ici. Il sexjdiqucra plus c«)uq»lèteuu;nl pouripioi il est si dillicile, même à larlicle de la mort, de ramener à la foi un C-atholicpie (pii a été Maçon. La difficulté n'est pas d'ordre uioral scideuieul. mais d'ordre intellectuel. Il n'y a pas eu simple désobéissance à l'Eglise et négligence de ses sacreuuMits : il y a eu apostasie foruielle el coui-
ET LE CHOC DE l'iLLI MINATION 59
plète de la foi, dans laquelle la nature même et l'essence du Dieu des chrétiens a été reniée, aussi bien que la nature et l'essence de l'àme chrétienne. Sur quoi peut-on s'appuyer ? Sans un miracle de la grâce — sur rien ! Si les seules passions, l'intérêt, ou des motifs humains avaient égaré le cœur, mais en y laissant du moins les racines de la foi ; s'il n'y avait eu qu'un « changement » et non un « elïacement total du passé », l'approche de l'éternité et la crainte d'un Dieu offensé pourraient réveiller ce qui était depuis longtemps endormi et comme mort. Mais, alors que les racines mêmes de la foi ont été arrachées, que tout lien religieux et moral a été brisé, que la grande transformation intellectuelle de la Maçonnerie a été opérée et que, non seulement un des dogmes a été répudié, mais tout le système catholique rejeté comme étant l'erreur, l'infirmité et l'ignorance, le cas est presque désespéré, comme le sait bien la Franc-.Maçonnerie, puisque c'est elle qui l'a malicieusement préparé. S'il reste quelque espoir humain, on le trouvera dans l'intelligence de la source fatale qui détruit toute possibilité d'entente réciproque et dans l'effort entrepris pour faire rentrer dans le cœur ce qui en a été si artificieusement et si obstinément banni — les vérités de la foi divine apprises sur les genoux d'une mère.
CHAPITIŒ V La Maçonnerie ÀMi-nicAiNE est-elle une religion?
Nous nous posons celte question, non quo nous croyions qu'il soit possible à un esprit rétléchi de la mettre en doute après les révélations du Choc de l'Entrée et du Choc de l'illuniination ; mais parce que le sujet est si important que l'étuile ne peut manquer d'en être intéressante et profitable à dillerents points de vue.
Cette institution, dont le « but principal est d'enseigner la Vérité Divine » — « la Vérité sur Dieu et sur l'àme » — « la nature et Tessence de l'un et de l'autre » ; cette institution qui. pratiquement, a pour objet de faronner la morale humaine d après celte théorie, est, de toute évidence, une religion; car il n'existe ni dans le présent, ni dans le passéaucune religion qui n'ait tendu vers celte même fin ni qui l'ait l'ait plus complètement. La Maçonnerie est donc bien une religion. Mais nous allons étudier ce point sous un autre aspect.
En feuilletant notre Masonic Hilualisl, nous trouvons à la page l'.KJ une assertion digne de romartjue. Elle comprend deux parties : l'une négative et l'autre allirmative. La voici : Quoique la Maçonnerie ne soit pas une religion, elle est, dans une large mesure, la servante de la religion > . Cette assertion est contenue dans le discours adressé au Grand Chapelain, lorsqu'il est investi de sa charge.
« Très Révérend Frère, les fondions sacrées de Grand Chapeain ont été confiées à vos soins, et voici ([ue nous vous confions le bijou de votre oITice.
« Vos devoirs consisteront à diriger les exercices île dévotion de nos Grandes Assemidées '(irand ( '.ninmunivalions) et à accomplir les fondions sacrées de votre s;iiiitc vocation dans nos cérémonies publicpies. Qiioi(/ue In Maronnci'ie ne soil pas une religion, elle csi pour une large pari la servante ih la religion, et nous sommes certains que, célébrés par vous sur ses autels, les olïices ne perdront rien de leur influence vivifiante, puisqu'ils seront accomplis dans cet esprit de tolérance universfdie qui distingue notre instilution. Les <|od lines de mor;dt' d di- \ril n (pic vous avez lliabilude d incul-
LA FRANC-MAÇONNERIE AAlÉRlCAIXE IlST-ELLE UNE RELIGION ? 61
quel' au monde, en tant que ministre de Dieu, formeront les leçons convenables que l'on s'attend à vous entendre communiquer à vos frères dans la Loge. La profession que vous avez choisie dans la vie est la meilleure garantie que vous accomplirez les devoirs de votre fonction présente avec fermeté et persévérance dans le bien. Nous confions à votre garde la Sainte Bible, cette grande lumière de la Maçonnerie ».
Tout le monde en conviendra : les raisons de nier que la INlaçonnerie soit une religion s'affaiblissent singulièrement en présence des lumières dont on l'entoure.
Un grand chapelain, un Très Révérend Frère, des fonctions sacrées, une vocation sainte, des exercices de dévotion, la célébration d'offices sur ses autels, le dépôt de la Bible — tout ceci indique à première vue une influence sur la religion, manifestement supérieure à celle d'une servante.
Mais de quelle forme de religion la Maçonnerie est-elle la servante? Est-ce du Méthodisme, du Presbytérianisme, du Mahomélisme ou du Catholicisme, ou encorede toutes ces religions? Une servante est une aide. 11 est étrange qu'aucune forme de religion ne reconnaisse la Maçonnerie comme une aide « dans une large part ». Le Catholicisme ne la reconnaît certainement pas comme telle, et nous n'avons jamais ouï dire que quelque autre religion le fît. L'influence de la servante si secourable est bien effacée en vérité. De plus, les prétentions émises par la Maçonnerie au « Choc de l'Entrée et au Choc de l'Illumination » excluent l'idée de servitude. Une extinction totale et l'anéantissement du passé, sont œuvre de destruction et non d'aide ; et ceci se conclut tout naturellement de la théorie maçonnique, que toutes les formes de religion sont des corruptions d'une forme primitive; car une fois cette théorie admise, celui qui consentirait à persévérer dans la pratique de semblables corruptions serait indigne du nom d'homme. 11 doit donc, s'il n'est pas un hypocrite, abandonner toutes ces pratiques religieuses qui étaient autrefois pour lui l'expression de la Vérité divine; et une société qui serait composée de tels hommes ne peut être envisagée comme une aide sincère de la religion.
De plus, si la Maçonnerie est la servante de la religion, elle doit se reconnaître soumise en matière de religion. Mais comment la soumission lui serait-elle possible, alors qu'elle considère tout postulant, a quelque religion qu'il appartienne, quelque hautes fonctions qu'il ait remplies dans cette religion, ou quel que soit le nombre d'années qu'il ait passées à en approfondir les dogmes, est considéré par elle comme se tenant aux portes de la xMaçonnerie « dans l'obscurité, l'ignorance et l'infirmité », comme demandant avec prières que la
(j2 LA FRANC-MAÇONNERIE AMÉRICAINE
Inniièro inlellorluelle <oil « créée » dans son esprit, afin i|nil puisse connaître Dieu el l'essence de son Ame? Ouelle soumission peut-il y avoir dans la Mac^onnerie à l'égard de la \'érité Divine? Cependant elle a pour Imt principal renseignement de celte même Vérité. Et néanmoins la Maçonnerie ne consent à soumettre au jugement d'aucune autorité religieuse sa doctrine sur Dieu et sur lAme humaine ; et elle ne permet à aucun de ses mendires de la révéler.
Gomment pourrait-on dire (jue la Maçonnerie est la servante de la religion, alors que l'une de ses caractéristi<pies est précisément l'impossibilité, pour tout individu ou toute corporation d'y introduire aucun changement, si léger soil-il ?
« Le dernier point caractéristique (/a/K7/?m/*A', celui qui les résume tous, est que ces landmarks ne peuvent jamais être changés ' ». Le voici : « Vingt-cinquième : les landmarks de la Maçonnerie ne peuvent jamais être changés. Voilà ce qui constitue les landmarks, ou, comme on les a parfois nommés,» le corps de la Maçonnerie », el il n'est donné à aucun homme ni à aucun groupe d'hommes d'y introduire la moindre innovation- ».
Non, non, la Maçonnerie n'est pas une servante. Elle est quelque chose de plus, comme son nom même l'indique. Elle est la Franc- Maçonnerie, ne reconnaissant de liens religieux ou moraux que les siens, comme nous l'avons vu. Elle n'est pas la servante, mais la maîtresse. Elle serait en vérité une servante étrange, celle qui, dans les grandes solennités, insisterait pour occuper la place d'honneur. Voilà cependant ce que fait la Maçonnerie en matière religieuse, car, lorsque des odices publics sont célébrés dans une église aux jours tie fêtes maçonniques, c'est le chapelain de la loge qui doit ollicier. « Dans tout pays où la Maçonnerie est encouragée, ilit le Bitualist, ses jours de fête sont célébrés en grande pompe. Ces jours sont la Saint-Jean-Baptiste (24 juin) et la Saint Jean-l'Evangéliste i?7 décembre), ils sont réservés par la fraternité pour adorer le Grand-Architecte de l'Univers, pour implorer ses bénédictions sur toute la grande famille humaine ; el pour
prendre part à la fête de l'alVection fiaternelle En arrivant à la
grille de l'église, les frères se découvrent el ouvrent leurs rangs à droite et à gauche jusqu'à l'endroit oii est le Maître, qui, suivi des frères, passe au milieu, la tête également découverte, et entre dans
l'église Le service flivin doit être célébré j)ar le Chapelain, et
un discours de circonstance est fait par quelque membre compé-
1. h^nriirlnpirilia nf Frremnsonri), ]>. 113. V. Musonir /iihialisl, pp. •il'.^-î.lH.
lonl choisi pour l'occasion. Ou cliaiiLera des hymnes el des antiennes appropriées à la fête, el, après le service, on pourra quêter aux portes de l'église pour venir eu aide aux œuvres de charité ».
Notre servante a certainement tout pris eu main. Elle institue ses propres jours de fêles, les frères se réunissent pour adorer le Grand-Architecte de l'Univers ; ils le font dans une église publique, leur chapelain y célèbre rollice divin; ils chantent des hymnes el lies antiennes appropriées à la circonstance — tout ceci se passe par ordre et sous le contrôle de la Maçonnerie, et cependant, celleci n'est pas une religion, mais seulement la servante de la religion ! Qu'il nous soit permis de demander quelle église elle a choisie pour les offices divins? Oui est-ce qui ciiarge le chapelain de les célébrer? De quelle nature sont les ordres sacrés qu'il possède? Et même, en possède-t-il? De quoi se composentles cérémonies qu'il accomplit, et quelle sorte de cullerend-il au Grand-Architecte de l'Univers ? Oui, ou qu'est ce Grand Architecte de l'Univers? L'église n'est certainement pas une église catholique, le chapelain n'est pas catholique, et le culte n'est pas catholique ; en sorte que, même si l'idée d'un Grand- Architecte de l'Univers était catholique (ce qu'elle n'est pas, étant donné son sens maçonnique), les autorités de l'Eglise catholique ne pourraient pas davantage permettre à ses enfants de prendre part à de tels offices qu'elles ne leur permettent d'assister à ceux des innombrables églises prolestantes qui nous entourent.
La théorie de « la servante » ne tient pas debout à la lumière des faits et des principes maçonniques. La Maçonnerie est donc plus que la servante de la religion. Elle est une religion.
Nous le savons très bien : une telle afïlrmalion faite avec calme et après mûre réflexion va attirer sur nous un déluge de démentis. Nous avons démontré ce que valait celui du F.-. Pike el l'inanité de celui du Masonic Ritualist. Il est facile d'opposer des démentis ; mais qu'on réfuie nos arguments ! Nous allons en fournir un nouveau dont l'utilité servira à nos adversaires comme à nous.
Il est évident qu'il faut compter comme une religion distincte celle qui a ses autels, ses temples particuliers, ses minisires spéciaux et même une grand'prêtrise ; ses consécrations et ses onctions propres ; son riluel, son culte à elle, ses cérémonies et ses fêtes religieuses distinctes, son propre credo, sa morale ; sa théorie particulière sur la nature de l'àme humaine et sur les rapports de cette âme avec la Divinité ; enfin son Dieu particulier. • -
Eh bien ! nous trouvons tout cela dans la Maçonnerie. D'où lions concluons que la Maçonnerie est une religion.
Nul homme de bon sens ne mettra en doute notre première
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proposition, la majeure de rargnment ; car nous avons énuméré lieaucoup plus de choses qu'il n'en lallail à la rigueur pour constituer une religion distincte. C'est donc la seconde proposition ou la mineure qu'il s'agit d'examiner, et c'est une question de fait. N'estce pas un t'ait que toutes les choses énumérées plus haut se rencontrent dans la Maçonnerie? Si oui, la Maçonnerie est bien une religion, en dépit de toutes les dénégations qui ne peuvent venir que de ceux-là seuls qui ignorent les dogmes maçonniques ou qui ne sont pas sincères. Examinons donc le fait en délail :
1" L'Aiilel.
La premièie chose qui arrête notre attention dès que nous ouvrons le Masonic Ritiialisl, c'est l'autel maç-onnique. Il se compose, paraît-il. d'un bloc de pierre entouré de trois chandeliers, sur lequel est posée la Bible, portant sur ses feuillets ouverts l'équerre et le compas. Le fond est en bois noir, probablement en cyprès '. Tel est l'autel pour les grades inférieurs, car la Maçonnerie a un autel différent pour les hauts grades. A la page 35, nous voyons un diagramme qui nous montre la disposition des lumières. Le dessin est accompagné de l'avertissement suivant :
<( On commet si souvent des erreurs dans la disposition des lumières autour de l'autel que le diagramme précédent est inséré pour instruire le >< Senior Deacon » (Doyen des Diacres .ilont l'une des atlril)ulions consiste à veiller à i^e quelles soient dûment distribuées ».
Et du commencement à la fin du livre, il est toujours question de l'autel ; cependant sa forme varie, comme nous l'avons dit.
On lit à la page 532 du Biiualisl : « L'autel du Conseil des Maîtres Royaux et Elus (Council of fioi/al and Selecl 3/r/.s/c/'.s ' représente la célèbre Pierre de Fondation (hi Temple sur hupielle on trouvera l)lus loin des renseignements. 11 fainha donc (jue. contrairement aux autres autels maçonniques, il leprésente une pierre «-ubique, sans autres ornements, sur laquelle on déposera une représentation d»' r.Vrched'.Vlliance. Comme la légende maçonnique pince la Pierre de l'ondalion dans le ■• Saint des Saints » du second leiui)le. mais iininédiitlcment au-dessous dans le premier, et comme ce jjoint est représenté par la neuvième arche dans le Con.seil des Maîtres Elus, il est évident (pie. pendant une réception, du moins, l'autel devra être placé dans les hmites de celte arthe et non pas. comme on le fait trop souvent, en dehors ou même au milieu de la salle ».