Syniholium, p. 1H
F.-. Pike * est celui de Yah veh renversé ; car Satan n'est pas un dieu noir, mais la négation de Dieu. Le Diable est la personnification de l'Athéisme ou de l'Idolâtrie ».
« Pour les Initiés, ajoute Pike, ce n'est pas une Personne, mais une Force, créée pour le bien, mais qui peut servir au mal. C'est r Instrument de la Liberté ou Libre Arbitre. Les initiés représentent cette Force qui préside à la génération physique sous les traits mythologiques et cornus du Dieu Pan ; de là vint le bouc du Sabbat, frère de l'ancien Serpent et le Porte-Lumière ou Phosphor, dont les poètes ont fait le faux Lucifer de la légende ^ ».
Jusqu'où le flot de l'instruction maçonnique nous a-t-il entraînés? Yahveh, Jéhovah, car ainsi que tout le monde sait, ce ne sont que ditïérentes formes du même mot. Yahveh renversé, ou lu Kabbalistiquement est, selon le Dr.Mackey et Lanzi, une Divinité bisexuelle, hermaphrodite, et maintenant le F.-. Pike et ses Frères initiés le convertissent en Satan, force qui préside à la génération physique ; une force créée pour le bien, maisqui peut être pervertie. Il ne leur a pas suffi de convertir Jéhovah en homme, ce qui n'était déjà pas mal, le voilà converti en Satan !
Il est vrai que le F.-. Pike pourra dire qu'après tout, il n'y a pas de dilïérence essentielle entre sa théorie et celle de Lanzi; car nier la personnalité de Satan, de Lucifer et en faire une Force présidant à la' génération, c'est admettre que cette force ou Yahveh trouvera naturellement son plus grand exposant dans l'homme. Dans les deux théories, Jéhovah sera par conséquent identifié à l'homme.
Il faut convenir que, tout en désirant sincèrement faire toutes les concessions raisonnables, nous ne voyons pas clairement que les deux théories soient identiq.ues ; car une Force « prési-4 dant à la génération » n'est pas exactement « la force génératrice elle-même » ; l'expression semble plutôt indiquer un agent directeur et distinct. Auquel cas les théories seraient nettement différentes. Mais alors même que, par une interprétation débonnaire à peine justifiée par la phraséologie employée, nous accepterions la proposition, la doctrine du F'.*. Pike et des Kabbalistes n'en serait pas moins défectueuse. '
Car, en premier lieu, si la théorie est la même, pourquoi l'exprimer d'une manière si choquante? Pourquoi ouvrir à l'ignorance, à la malice ou à la folle témérité morale (les FF.-, peuvent souriz'e à l'idée qu'il y ait là quelque chose d'immoral) un chemin qui conduit tout droit à rendre à Satan le culte dû à Jéhovah, car le Jého-