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pour lequel Mlle L... vint réclamer rintervention de M. Magitot.
Nous trouvons, en faisant notre examen, la dent avec sa couleur normale encore parfaitement obturée, douloureuse à la moindre pression, au moindre ébranlement. La joue est d'ailleurs tuméfiée, sans rougeur de la peau; les ganglions sous-maxillaires sont sensibles au doigt et douloureux. La gencive extérieure est également rouge, tuméfiée, et présente un orifice fistuleux.
En face de ces signes nous n'hésitons pas à affirmer une périostite chronique de la dent. Et comme nous savons que les lésions de cette affection sont toujours bornées au sommet, nous proposons à la jeune malade de lui réimplanter son organe malade après en avoir, consécutivement à l'extraction, réséqué la partie altérée.
10 décembre 1875. — L'extraction est faite assez facilement au moyen d'un davier approprié.
Autopsie de la dent. Elle présente au sommet de la racine postérieure un décollement manifeste du périoste, qui est en lambeaux fiottants, dans une étendue de 3 mm. La surface radiculaire dénudée est rugueuse, inégale, en voie de résorption vers la pointe qui se trouve ainsi émoussée. La racine antérieure est recouverte de périoste simplement congestionné, granuleux, premier termie de l'altération périos tique.
On pratique la résection de 3 mm. du sommet de la racine postérieure par une section perpendiculaire à sa direction, au moyen de fortes cisailles. Puis la surface de section émous. sée au moyen de la lime, on remet immédiatement la dent en place. L'alvéole est resté vide au maximum 2 minutes.
Disons, toutefois, qu'avant de terminer cette opération, on constate après Tavulsion de la première grosse molaire, en arrière de la première prémolaire saine, un débris de la deuxième prémolaire cariée antérieurement. On l'enlève séance tenante avant de réimplanter la grosse molaire.
Celle-ci ne peut être complètement réintégrée dans son alvéole; elle dépasse, malgré les pressions exercées, le niveau des voisines de quelques millimètres. On ordonne des com-
presses de chlorate de potasse en permanence sur la gencive, au niveau du siège de l'opération. On met l'opérée à une alimentation liquide.
Le soir même qui suivit l'opération, Mlle L. est prise de frisson violent avec agitation et insomnie, sans que localement la douleur fut bien vive.
11 décembre 1875. — La dent est encore bien ébranlée, légèrement douloureuse à la pression. L'état général est encore troublé, il y a un peu de courbature, la face est rouge, co4gestionnée, il y a un léger mouvement fébrile. -
13. — Hier Topérée, un peu fatiguée, n'a pas pu venir nous voir. Aujourd'hui l'état local est bon. Il y a un peu de gonflen^ant de la joue, un peu de tuméfaction de la gencive, qui est couverte de plaques blanchâtres d'épithélium en voie de disquammation, mais la dent est notablement descendue et occupe presque son niveau normal. Elle a pris beaucoup d'adhérence ; elle est peu douloureuse. La mastication est encore toutefois impossible. L'opérée traduit elle-même ses impressions en disant : a Cette dent est maintenant un peu plus à moi. )) Les accidents généraux continuent à être assez marqués : la nuit est agitée et se passe sans dormir ; l'appétit manque ; la fièvre persiste. Nous faisons continuer les applications topiques et nous conseillons l'emploi de reconfortants : malaga, tisane amère.
14. — L'état général est resté le même, toujours assez troublé. L^état loôal est excellent. La dent supporte la pression de la dent opposée, les ganglions sous-maxillaires sont insensibles, et la région est tout-à-fait indolente.
En présence des accidents généraux qui persistent, nous engageons les parents de la jeune fille à l'emmener chez elle en Normandie pour quelques jours.
Le 20 décembre 1875. — Mlle L. vient nous voir : guéri son complète, santé parfaitement rétablie ; la dent n'éprouvé plus qu'une légère mobilité à l'ébranlement forcé ; gencive et joue sont parfaitement normales. Aucune trace de la fistule.
24 mai 1876. — Mlle L., revue, va très-bien; l'organe réimplanté fonctionne normalement ; plus de douleur^ ni à la
pression, ni spontanément; plus d'accidents; solidité parfaite. , .
16 juin. — Guérison s'est, maintenue.
7^ août. — Id.; seulement la dent a une teinte un peu gri" sâtre qui la fait faoilemeut distinguer des autres. Juin 1877. — Guérison parfaitement maintenue.
OBSERVATION No 2.
Périostite chronique d'origine traumatique de l'incisive médiane droite inférieure. -— Fistule cutanée mentoniêre. — Extraction, réimplantation après résection du sommet de la racine. — Guérison.
M. V., 19 ans, bonne dentition à Fâge de 9 ans, en se suspendant par les dents à une barre de fer, fractura son incisive médiane droite inférieure. L'angle interne de l'extré* mité de la couronne fut enlevé.
Quatre ans après, abcès au niveau du bbrd inférieur du' maxillaire correspondant à la dent fracturée, accompagné de douleur et d'ébranlement dé cette dent et de ses deux voisines. L*abcès s'ouvrit de lui-même sur la peau en laissant écouler beaucoup de pus. L'ouverture resta fistuleuse pendant un mois, puis se ferma, laissant à sa place un noyau induré entouré d'un léger empâtement.
Depuis lors, tous les ans, et à peu prèi^ à la même époque, il se formait au même endroit un abcès qui s'accompagnait de symptômes identiques du côté des dents. Parfois dans rintervalle des abcès, après leur fermeture, il survenait de petites poussées inflammatoires, de véritables fluxions du menton et de la gencive, avec douleur et gonflement, qui disparaissaient assez vite.
Aujourd'hui (15 jours après le dernier abcès, qui a été ouvert au bistouri), il reste un léger empâtement du menton qui est assez dur. L'ouverture est fermée, entourée d'un peu de rougeur. La dent fracturée est un peu ébranlée, mais indolente; elle a une coloratien grisâtre qui la fait facilement distinguer des autres.
4 mars 1876. — Extraction. Sommet de la racine un peu
résorbé, rugueux, dénudé de son ^férioâte sur une étendue de 2 mm. Résection de 3 mm. Remise en place.
6 mars. — Réaction inflammatoire peu intense. Gencive un peu rouge. La dent est peu douloureuse, et Topéré a pu dormir; toutefois, la mastication est impossible. Le menton n'est pas aussi dur. Compresses imbibées de chlorate de potasse sur la gencive.
8 mars. — Le menton est considérablement dégorgé; les parties molles ont repris leur volume normal ; mais on sent du côté droit le bord inférieur du maxillaire un peu plus volumineux que de l'autre côté. La dent n'est plus douloureuse, mais elle est un peu soulevée.
12 mars. — Le malade peut manger (avec précaution). La pression verticale ne détermine plus de douleur sur la dent qui reste toujours soulevée. Peut-être un caillot flbrineux au fond de l'alvéole empêcbe-t-il la descente. Dans le but d'en provoquer la résorption, on fait des attouchements au gaivano -cautère sur la gencive le long de la dent.
15 mars. — Attouchement à l'acide chromique.