La malade se trouve bien. Le Mickulicz est enlevé
30. Léger suintement par l’orifice du Mickulicz. Temp. 37°,3; 279;
15 novembre. Guérison complète. ‘ |
Examen des parties enlevées. Ovaire: Nombreuses cicatrices. Un gros corps jaune, plusieurs petits kystes contenant un liquide jaune clair. Trompe volumineuse ayant de 3 à 4 centimètres de diamètre dans son tiers externe. Sa paroi est épaissie, de consistance molle, comme œdémateuse. Sa muqueuse présente des franges très développées. Dans son intérieur, quelques petits caillots de couleur ocre et environ une cuillerée à dessert de liquide séreux jaune foncé. Aucune trace de rupture.
Une masse du volume et de la forme d'un œuf de poule, de consistance. ferme, ayant l’aspect d’une production charnue teintée de sang décoloré est incisée. On trouve au centre une cavité contenant un sérum noirâtre et des débris très nets d’embryon. Cette cavité a une paroi à face interne lisse qu’on peut détacher de la masse charnue. Gelle-ci est formée de tractus celluleux rares et minces et de caillots sanguins à diversdegrés de décoloration.
A HRES
OBSERVATION Il.
(Communiquée par M. TÉDENAT.)
Grossesse tubaire terminée par avortement. — Mort rapide par hémorrhagie intra-péritonéale.
Adélaide B..., âgée de 36 ans, ourdisseuse, demeurant à Lyon. Grossesse normale et accouchement naturel à 24 ans. Depuis son accouchement, métrite pour laquelle elle fut soignée en 1872 à l’Hôtel-Dieu dans le service de M. le D' Gignoux et au cours de laquelle survint une légère poussée de pelvipéritonite (avrilmai, 1872). se
Les règles manquent au milieu de mai 1875, etla femme éprouve des douleurs hypogastriques, du gonflement des seins. Ces accidents durèrent n’empêchant pas le travail. Le 10 juillet dans l'après-midi, très vives douleurs dans le bas-ventre avec vomissements, pâleur, pouls petit. La malade est apportée à 4 heures dans le service de M. Letiévant, salle Sainte-Marthe. Elle souffre horriblement, est d’une pâleur extrême avec un pouls très faible, très rapide. Le ventre est ballonné. M. Tédenat, interne du service, fait une injection hypodermique de 1 centigr. de chlorhydrate de morphine et applique une vessie de glace sur le ventre. La malade succombe dans le collapeus à 10 heures du soir, malgré frictions excitantes, lavement alcoolique.
Autopsie pratiquée par M. Tédenat, le 12 juillet à 9 heures du matin. Ventre ballonné. Après l’incision de la paroi, on trouve au moins trois litres de sang noir, liquide, remplissant la partie inférieure de l'abdomen. La cavité pelvienne contient de nombreux caillots surtout sur le côté gauche de l'utérus et dans le Douglas. Au milieu de ces caillots, il en est un plus consistant, noir, de forme ovoïde, à la surface duquel bombe une membrane de coloration blanc jaunâtre. Gette masse est fendue suivant son grand axe long de 5 à 6 centim. On constale alors une cavité
MERE À ft amniotique dans laquelle on reconnaît un embryon de un mois et demi à deux mois. La masse charnue placentaire est infiltrée de sang. [1 n’y a pas eu hémorrhagie dans la cavité amniotique.
La trompe droite, tuméfiée, adhère à la face postérieure de l'utérus el à son pavillon complètement oblitéré. La trompe gauche est dilatée avec un épaississement peu considérable de sa paroi au niveau de la portion dilatée, qui est distendue par un caillot, Le pavillon est libre, largement ouvert avec des caillots enchevêtrés dans les franges hypertrophiées. En aucun point il n’existe de rupture de la trompe. Celle-ci ayant été incisée et lavée, on y constate aisément dans la portion dilatée, qui correspond au deuxième quart externe, une surface grenue et végétante à laquelle tiennent de menus débris du placenta. L’utérus est régulièrement augmenté de volume (10 centim. de longueur interne). el contient quelques petits caillots noirs et diffluents.
Rien à signaler du côté des autres organes. M. Letiévant, à qui M. Tédenat présente les pièces, admet qu’il y a eu grossesse tubaire avec apoplexie ovulaire et expulsion dans la cavité péritonéale à travers le pavillon. Un examen attentif a conduit M. Tédenat à admettre qu’il n’y avait pas eu de rupture des ranges soudées, car il n’existait aucune trace de soudure oblitérante de l’orifice tubo-abdominal.