OBSERVATION VII
Grossesse extra-utérine (tubaire) de cinq mois, — Laparotomie. — Guérison. . (Routier ; Société chirurg., mars 1893.)
11 s’agit d'une femme de 34 ans, ayant eu deux enfants bien portanis, sans accidents puerpéraux, le dernier, il y a sept ans.
En juillet 1892, les règles manquèrent ; dès la fin du mois, je fus mandé auprès d'elle pour des douleurs abdominales, et parce que, disait-elle, elle avait quelque chose d’'extraordinaire. Je pensai à une grossesse ordinaire; en septembre, l’utérus était gros, le col mou, rien d'anormal ne fut perçu ; je confirmai l'opinion de la grossesse.
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Au commencement d'octobre, pendant une absence que je fis de Paris, cette femme eut une légère perte, qualifiée de fausse couche par son médecin, qui ne trouva pas de fœtus dans les caillots, mais quelques peaux, me dit-il. Cependant, au commencement de novembre, la malade croyait sentir remuer.
A la fin de décembre, je fus rappelé ; cette fois tout était plus clair. L'utérus, redevenu petit, normal, le col dur, était flanqué sur son côté gauche d’une tumeur plus grosse que le poing, peu mobile, douloureuse à la pression.
Le volume du ventre avait depuis vingt jours beaucoup diminué.
Je n’hésitai pas à affirmer que nous étions en présence d’une grossesse extra-utérine, la mort du fœtus devant avoir eu.lieu au moment de ce pseudo-avortement.
Je conseillai l'opération, et voici les pièces. Les adhérences au petit bassin étaient très solides ; quelques appendices épiploïques étaient aussi adhérents, mais j'ai pu pédiculiser le kyste fœtal, dont les membranes étaient près de se rompre près de la tête.
La jeune femme va très bien, elle se lèvera cette semaine.
OBSERVATION Ville
Grossesse tubaire traitée par la laparotomie. (Terson ; Société anatomique, mars 1891.)
Femme G..., Adélaïde, journalière, 34 ans, couchée salle Lenoir, n° {1, hôpital Necker.
Antécédents héréditaires,— Rien de bien intéressant. Père et mère morts d'affection inconnue ; seize frères et sœurs, dont quatorze morts : en bas âge.
Antéeédents personnels.— Bonne santé générale.
Réglée à 12 ans : depuis cette époque jusqu’à ces derniers temps, menstrues fort régulières.
Il y a dix ans, la malade a eu une fille ; grossesse sans incident. Présentation du sommet. Accouchement normal. Suites normales. Retour des couches après six semaines.
1 y a cinq ans, la malade fait une chute d’une échelle et tombe assise ; elle a perdu du sang par le vagin, en caillots, pendant près de Aeux mois; il n’y avait eu aucun retard dans les règles et la malade n'avait pas de signes de grossesse. [1 y a eu, de plus, pendant les
jours qui ont suivi cette chute, un commencement de péritonite. La malade a été traitée pendant ces deux mois à l’hôpital Beaujon.
Depuis cette époque, elle a toujours un peu souffert du ventre ;obligée du reste de se livrer à des marches et à des travaux pénibles; mais aucun trouble génital.
Elle s’est mariée, il y a six mois, et s’est bien portée pendant les quatre premiers mois. Le 27 novembre, les règles attendues n'ont pas paru ; la malade a eu des crises, des douleurs violentes dans le basventre, surtout du côté droit ; un peu de fièvre et des vomissements. Pas d'augmentation de volume des seins. Le ventre n'avait pas nota- - klement changé de volume. Elle a souffert ainsi jusqu’au 15 décembre de ces douleurs, qui étaient en somme survenues brusquement et sans cause appréciable, et qui ont entraîné plusieurs syncopes.
Le 15 décembre, les règles réapparaissent après un retard de quinze jours à peu près, elles durent cinq jours et elles sont plus abondantes que d'habitude. Le ventre s'est notablement gonflé pendant ce temps: là et les douleurs sont devenues encore plus violentes.
Elles ont continué après la cessation des règles ; le ventre, tendu, était excessivement douloureux. Un médeciu, appelé, fit le diagnostic et le traitement d'une péritonite. Vomissements très abondants, hoquet, fièvre. |
Finalement, le 29 décembre, la malade entre à Necker, dans le service de M. Rendu : on la soigne pendant une douzaine de jours pour des phénomènes graves de périlonite aiguë. Cet état s'améliore peu à peu jusque vers le 23 janvier, moment où là malade attendait de nouvelles règles. L’écoulement menstruel n'apparaît pas, mais il y a une violente poussée abdominale. Le ventre s’accroft notablement de volume; fièvre, vomissements, phénomènes de réaction péritonéale qui diminuent assez rapidement.
I] faut ajouter que le diaznostic de grossesse extra-utérine, avec rupture dans le péritoine, avait été porté par M. Rendu.
La malade passe en chirurgie le 2 février.
Etat général satisfaisant, plus de fièvre ; petite poussée fébrile, rares phénomènes abdominaux importants, huit jours après l’entrée de la malade.
Examen de la malade.— À la palpation abdominale, rendue difficile par l'hyperesthésie du ventre, on sent une masse arrondie remontant à cinq travers de doigt à peu près au-dessus du pubis, résistante,
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rénitente, sans fluctuation marquée, située nettement à droite, à peine un léger empâtement à gauche.
Au toucher vaginal, on trouve le col un peu ramolli; dirigé un peu à gauche et en avant, le cul-de-sac postérieur est un peu empâté, rien à noter à gauche. C'est à droite en arrière et en avant, englobant l'utérus, dont on ne peut délimiter le fond, que se trouve la tumeur qui paraît plus grosse que les deux poings. Sensation de résistance à ce niveau ; poche très douloureuse, tendue dans le cul-de-sac droit effacé. La masse dépasse la ligne médiane, et on la sent presque directement sous la paroi abdominale. Mais elle se prolonge à peine vers la gauche.
Hystérométrie. — Le cathéter s'arrête à 3 centim., on sent une très vive résistance en ce point et on s'arrête.
M. Le Dentu porte le diagnostic d'hématocèle péri-utérine,résultant probablement d'une grossesse extra-utérine rompue.
Opération le 12 février. — Après incision du péritoine on tombe sur une masse blanchâtre grosse comme une tête de fœtus dépassant la ligne médiane à droite et à gauche. Aux premières manœuvres d'enlèvement, la tumeur se crève et laisse écouler une grande quantité de caillots gelée de groseille. Peu à peu l'intérieur tomenteux de la poche apparaît et l’on retire avec des caillots énormes un embryon un peu macéré. L'utérus était absolument coiffé par la poche qui lui était fort adhérente ; brides péritonéales au cul-de sac de Douglas. En réalité, après décortication des adhérences, on arrive sur le bord gauche de l’utérus en suivant toujours la poche. Le gros intestin lui est légèrement adhérent en ce point, mais se dégage facilement. En avant la vessie, très adhérente, est peu à peu détachée. On finit par isoler la poche au point d'avoir un pédicule de la grandeur d’une pièce de un franc. Ligature en chaîne. Anse de fil de soie par dessus. Hémostase parfaite. Abondant lavage péritonéal à l'eau bouillie entraînant de nombreux caillots. Suture à 3 étages. Catgut. Crins de Florence. Pas de drain. La malade a guéri parfaitement. Les fils ont été enlevés le dixième jour, et la malade a quitté l'hôpital le 8 mars.
Examen des pièces. — La pièce se compose d’une poche que les ma nœuvres opératoires ont divisée en deux larges fragments.
La première moitié, irrégulièrement quadrilatère, correspond à la partie antérieure de la poche ; elle est percée d’une déchirure que le doigt de M. Dentu à pratiquée et par où sont sortis les caillots, dès le