‹ Étude sur la hernie musculaireChapitre 15 sur 28 · OT LE · texte numérisé non relu

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s’insèrent à la face profonde de l’aponévrose au niveau du tiers supérieur de la jambe.

Généralement dit M. Farabœuf (Soc. de chirurgie, 26 janvier 1881) les muscles sont assezloin de remplir leurs manchons aponévrotiques. Aussi lorsque par le raccourcissement dù à sa contraction un muscle vient à grossir, n’exerce-t-il qu’une pression faible ou nulle de l’intérieur vers l'extérieur, même lorsque

le sujet est bien musclé, c’est-à-dire lorsqu'il a des

muscles plein ses aponévroses. S’il en était autrement la compression des aponévroses entraverait le raccourcissement des muscles et par conséquent diminuerait l'étendue des mouvements.

Cette opinion ne saurait être admise dans toute sa rigueur. À la jambe en particulier les muscles situés dans la gaine antérieure y semblent à un état de compression permanente et nul n’ignore que, aussitôt lincision de l’aponévrose, leurs fibres s’échappent, font hernie entre les lèvres de la plate. D'ailleurs les aponévroses n’offrent pas une résistance telle que le muscle contracté et grossi ne puisse la distendre momentanément. L’aponévrose renferme des fibres élastiques.

Sans doute sile segment du membre est flasque,

si le contenant fibreux est largement suffisant pour

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le contenu musculaire, les muscles se contracteront sans difficulté, se raccourciront et grossiront sans distendre l’aponévrose. Si au contraire les muscles sont au plein de leurs gaïnes, deux cas peuvent se présenter : ou bien les muscles se contractent sans pouvoir entraîner leurs leviers osseux maintenus immobiles par un agent quelconque; dans cette circonstance le diamètre transversal du muscle change peu, la pression qu’il exerce sur l’aponévrose n’augmente guère. Autrement la contraction museulaire engendre le mouvement du membre et le groupe de muscles contractés et raccourcis dilate sa loge aponévrotique. Si le groupe voisin est'au repos, la dilatation se fera aux dépens de sa loge. M. Farabœuf dit à ce propos : « Il y a entre les loges des groupes musculaires antagonistes une espèce de complaisance que l'on pourrait exprimer ainsi: Quand un muscle se raccourcit et. grossit, il tire à lui la couverture que lui cède volontiers son antagoniste allongé et aminci par l’action mème du premier. »

Tel n’est pas le cas d'ordinaire. En particulier le mouvement d’adduction de la cuisse ne peut s’exécuter sans que tous les muscles adducteurs (pectiné, moyen, petit et grand adducteur, droit interne)

entrent en jeu et produisent un effort expansif contre

le point faible de l’aponévrose. Or, si au mouvement d’adduction de la cuisse on joint un mouvement d’extension de la jambe, tout un nouveau groupe de muscles puissants (droit antérieur, vastes interne et externe, tenseur du fascialata) entre en même temps en jeu et vient prêter son concours à l'expansion des adducteurs. | cu ; Comme le fait remarquer M. Baudin, lorsque dans le manchon aponévrotique de la cuisse, la masse en quelque sorte homogène des muscles adducteurs et extenseurs entre d’un seul coup en contraction, il en résulte une expansion d'ensemble de toute la masse. Cet ellort s'exerce sur tous les points de laponévrose, Ce n’est donc plus seulement l’action du moyen adducteur qui se fait sentir au point faible de l’aponévrose où se prépare la hernie, mais bien une sorte de résultante de la plus grande partie des forces expansives de la contraction de la masse musculaire mise en jeu. | | L'on ne saurait donc faire de difiicultés pour admettre la production lente et spontanée de la hernie musculaire. Une contraction presque permanente des muscles, ou plus exactement la série de leurs contractions rapides et nombreuses, fatigue l’aponévrose, ses fibres se dissocient insensiblement au niveau du

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point le plus comprimé, et finalement la solution de continuité, l’éraillure ou l’usure aponévrotique permettent aux fibres musculaires de s’échapper.

Chez qui observe-t-on la hernie du moyen adducteur? M. Baudin nous répond : chez des cavaliers adonnés à un exercice qui exige une mise en jeu fréquente et énergique des muscles adducteurs. De plus, toujours nous voyons que le début de l’affection s’est montré dans les premiers temps où ces hommes apprenaient à monter à cheval; or, à ce moment l’apprenti cavalier est peu adroit, souvent il a peur de sa monture ; de là pour se maintenir à cheval des étreintes de cuisse d’autant plus brusques, d’autant plus violentes.

En outre, à cette période de l'instruction le travail se fait souvent sinon toujours sans selle et sans étriers ; de là les mouvements d’extension forcée de la jambe en mème temps que l’adduction forcée de la cuisse. Au premier mouvement de surprise de la part du cheval, le cavalier instinctivement se renverse en arrière, raidit ses jambes en avant et étreint l’animal de ses cuisses avec toute la force dont il est capable. |

Ce sont bien. là les conditions les plus favorables à

la production de la hernie.

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De même un cavalier montant d’habitude à l’anglaise, fait souvent de longues courses; les contractions répétées des gastrocnémiens dissocient leur aponévrose d’enveloppe et, un jour, une petite tumeur apparaît au mollet, se traduit par un peu de gène dans les mouvements de la jambe et l’exercice excessif continuant, la hernie musculaire se développe

et est constatée. C’est le cas du malade de Dupuytren. Dans le cas de hernie du jambier antérieur, le

même mécanisme s’observe avec cette particularité que, en raison des resertions musculaires au tiers supérieur de l’aponévrose, la lésion a pour siège d’élection le tiers moyen de la jambe. De plus si la déchirure aponévrotique paraît se faire de préférence très près du tibia, c’est que en ce point le muscle est plus saillant et c’est cette partie qui pendant la contraction musculaire se trouve le plus fortement et le plus directement distendue.

La hernie musculaire spontanée à début lent, insidieux ne peut donc être théoriquement mise en doute. L'observation clinique confirme son existence. En est-il de même de la hernie musculaire à début brusque et violent ? À ce propos M. Mourlon admet qu’un début brusque et violent, d’autant plus éner-

gique qu’il est plus rapide et que les muscles sont | À

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plus puissants déchire l’aponévrose dans une certaine étendue et incontinent la hernie se manifeste.

Par exemple, un cavalier enfourche rapidement son cheval et se déchire l’aponévrose fémorale ; un garçon de peine soulève brusquement un fardeau très lourd, se fait une hernie intestinale et en même temps une rupture de l’aponévrose de la cuisse ; un jeune homme dans un exercice de gymnastique, fait le saut de la Rivière, tombe Sans souplesse sur un sol résistant et se brise l’aponévrose jambière. L’on peut se demander comment une violence assez grande pour rompre une aponévrose n’intéresse pas le muscle sous-jacent.

Dans ces cas il semble raisonnable d'admettre que la lésion de la gaine s'accompagne de rupture musculaire. Mais est-ce la règle? A défaut d’examens microscopiques, on doit se contenter des renseignements fournis par la clinique. Une observation de hernie du moyen adducteur, rapportée par M. Mourlon paraît avoir trait à un cas de hernie musculaire à début brusque sans rupture du muscle. On ne saurait toutefois méconnaitre que dans la majorité des cas, l’on a affaire non à une hernie, mais à une pseudo-hernie musculaire; la douleur persis-

tante, l’ecchymose confirment cette opinion. Deux

facteurs sont à considérer dans ce mécanisme qui éclaire l’étiologie de la hernie : le muscle et sa gaine d’une part, la contraction musculaire de l’autre.

Le lieutenant de douanes, observé par M. Perrin vit sa tumeur se développer lentement par suite des exercices musculaires répétés qu’il était obligé de faire dans la poursuite des contrebandiers. La pseudo-hernie au contraire survient brusquement comme chez le soldat de M. Gaujot. (Hernie musculaire chez un artilleur. (Bull. soc. de chir. 4 novembre 1878) le sujet tombe sur les pieds d’une certaine hauteur et, pendant l’eflort qu’il fait pour prévenir sa chute, il détermine par une contraction musculaire énergique la rupture de son muscle et de son

aponévrose (1).

Il y a donc des faits anatomiques certains établissant la possibilité et l’existence de hernies musculaires vraies, c’est-à-dire de tumeurs formées par une portion de muscle intact, non rompu, à travers une boutonnière aponévrotique accidentelle de dimension variable.

Cette lésion a du reste été reproduite expérimen-

talement sur des animaux par M. Guinard qui a publié

(1) Cette description anatomo-physiologique est empruntée au travail si consciencieux de M. Nimier (Extrait des archives de Médecine 1882),

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