CARACTÈRES PHYSIQUES
De la Hernie musculaire
Dans le cas de hernie musculaire, la tumeur est recouverte par la peau qui a son niveau, a conservé sa mobilité et sa couleur normale. Cette tumeur est mate, et, à l’auscultation elle ne laisse entendre ni souffles ni battements ; si on la ponctionne comme le fit M. Cusco chez le malade de M. Larrey, elle donne lieu à un écoulement sanguin. Quelques auteurs ont parlé de faire une ponction exploratrice avec le trocart à crochet de Duchenne (de Boulogne) c’est là une manœuvre absolument inutile. Le volume de la saillie normale est variable d’abord suivant la région. À la cuisse, la hernie musculaire peut n’avoir que la grosseur d’une noisette ou dépasser celle d’un gros œuf de poule Au niveau du jambier antérieur la tumeur est d'ordinaire moins volumineuse. Le volume, en second lieu, se modifie d’après la position ‘du membre et l’état de contraction du muscle.
M. Mourlon assure que la tumeur est irreductible
spontanément, à moins qu’elle ne soit très petite et formée par un muscle adhérent largement à un os, auquel cas elle est réduite par une légère pression combinée à une position qui place dans l’inertie les parties constituantes.
À la cuisse, la hernie du moyen adducteur se présente sous la forme d’une tumeur ovoïde à grand axe presque parallèles à celui du membre faisant par exemple une saillie de deux centimètres quand les cuisses sont parallèle et au repos. Si l’on fait contracter les adducteurs, la saillie anormale se délimite mieux, mais on ne trouve aucun pédicule ; la tumeur fait corps avec le muscle sous-jacent. Si, les cuisses étant écartées et le patient accroupi, l’on résiste au mouvement de rapprochement des genoux, l’on voit la saillie notablement augmentée, plus par suite de la tension des muscles voisins que par une augmentation de volume de la tumeur elle-même. Si encore on porte la cuisse inerte dans l’abduction la grosseur diminue et peut finir même par s’eflacer. Vient-on à appliquer la main au niveau de la tumeur ainsi réduite on sent, quand la cuisse passe de l’abduction dans ’adduction, une masse ferme qui devient de plus en plus apparente. Disons de suite qu’aux changement d’état du muscle, correspondent des changements de
consistance de la tumeur. Le muscle est à l’état de relàchement, la tumeur est mollasse, elle donne ja sensation de fausse fluctuation si on la recherche dans un sens perpendiculaire à celui de la direction des fibres musculaires. Puis, à mesure quele muscle entre en action, la densité de la tumeur varie depuis la flaccidité du muscle au repos jusqu’à la dureté du biceps brachial dans ses contractures les plus énergiques. Ces changements de consistance peuvent être encore recherchés au moyen de lélectrisation de la tumeur ou des muscles ainsi que l’a proposé le professeur Guyon. |
Une description typique des signes physiques d’une vraie hernie musculaire est celle que nous allons donner et que nous empruntons à l’observation d’une lésion analogue relatée par le docteur Larger (séance de la Soc. de chirurgie 30 mars 1881), observation citée tout au long plus haut: « Le début de l'affection, dit M. Larger, a été méconnu; constatée à l’âge de 18 ans, la tumeur n’a pas depuis présenté de modifications.
Au repos, la tumeur est molle, résistante plutôt que fluctuante, facilement réductible, disparaissant entre les deux lèvres d’une boutonnière verticale, à
bords tranchants, que la pulpe de l’auriculaire ne peut
franchir. Lorsque la jambe se raidit, la tumeur durcit.
1° Pendanties mouvements volontaires du malade : Pied dans l'extension, la tumeur disparaît presque entièrement. ;
Pied dans l’extension et l’abduction, la disparition est complète.
Pied dans l’extension et l’adduction : reproduction immédiate de la tumeur.
Pied dans la flexion. La tumeur très saillante persiste jusqu’à la flexion du pied à angle droit. À partir de ce moment, elle disparaît en remontant vers le genou, etil reste un creux à la place qu’elle occupait; la peau se déprime en doigt de gant entre les deux lèvres de la boutonnière aponévrotique.
2° Pendantles mouvements communiqués, la jambe étant dans ie relâchement. Les phénomènes sont identiques pendant l’extension, l’abduction et l’adduction du pied. Pendant la flexion et quel que soit son degré, la tumeur ne disparaît pas.
3° Enfin pendant les mouvements provoqués par les courants galvaniques et faradiques, on constate que la tumeur fait bien corps avec le jambier antérieur. L’électrisation des muscles voisins est sans
action sur elle : par lélectrisation du jambier anté-
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rieur, la tumeur disparaît et remonte avec ce muscle vers le genou, comme tout à l'heure dans les mouvements volontaires du malade. Enfin la faradisation et surtout la galvanisation de la tumeur seule y produisent un durcissement manifeste caractéristique. Outre les signes physiques que nous avons précédemment signalés, il en est un sur la valeur duquel il faut s’appesantir : peut-on sentir l'ouverture aponévrotique par laquelle s’est faite la hernie? Les auteurs s’accordent à dire que le muscle étant dans le relâchement et la hernie par là même réduite, la simple palpation permet de sentir les bords de cet orifice. C’est là une vue toute théorique, au moins pour ce qui est de la hernie du moyen adducteur. M. Mourlon, cependant, dans un cas sentit la tumeur disparaître à travers une ouverture qui pouvait recevoir quatre doigts, dont les bords tranchants, perpendiculaires à l’axe du membre, semblaient des cordes très tendues. M. Baudin, d'accord avec la clinique reconnaît que dans la plupart des cas l’on .ne peut trouver de boutonnière. L’aponévrose en effet, a cédé peu à peu, après avoir été primitivement en quelque sorte usée, amincie,; il n’y a eu aucun travail de cicatrisation, et par suite les bords de la
solution de continuité n’ont pu ni se tuméfier, ni se