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véritables crampes au niveau de ma petite grosseur. Celle-ci, du reste, augmentait en même temps peu À peu, mais d’une manière indubitable. |
La fatigue ainsi occasionnée était supportable; aussi j’atteignis la fin de mes classes sans consulter le médecin. Je puis dire que ma tumeur cessa ses progrès en même temps que cessèrent les fatigues de l'instruction, elle était dès cette époque ce qu’elle est aujourd’hui et la gène qu’elle occasionnait n’a pas augmenté. Depuis un an, la situation est restée absolument la même.
Je me suis rendu compte du soulagement qui m’est procuré par le maintien de la tumeur par quelque moyen que ce soit, et souvent, lorsque je prévoyais un exercice un peu long, un peu fatiguant, j'avais soin d’entourer ma cuisse, à la hauteur de la tumeur, d’un bandage quelconque fait avec un mouchoir, une bande de linge.
A cela M. Baudin ajoute :
L’attention du malade étant plus spécialement appelée sur les caractères de la fatigue, de la douleur provoquée par l’exercice, celui-ci insiste tout spécialement sur la distinction suivante : la marche, surtout si elle est un peu accélérée, ne tarde pas à provoquer en premier lieu une fatigue générale du
membre qui semble plus considérable à la partie supérieure et externe de la cuisse, pour peu que l’exercice se prolonge, la fatigue dégénère en une véritable courbature qui persiste encore quelque temps au repos. L'exercice à cheval, au contraire, peut se prolonger assez longtemps, presque impunément ; 1l ne provoque pas cette sensation de fatigue ; seulement, s’il y a abus, c’est une véritable douleur qui éclate, et cette fois, au point exact où se trouve la tumeur, cette douleur, considérable, aigüe, tient beaucoup de celle de la crampe. Le malade a ressenti quelquefois aussi cette même douleur à la suite de l’exercice à pied, mais il la distingue toujours très nettement de celle qu’il a signalée d’abord, et elle ne survient, dans ce cas, qu’à toute extrémité pour ainsi dire, et lorsque le sujet n’a pas pu ou n’a pas voulu tenir compte des avertissements de la première.
De cette description du symptôme douleur il faut surtout retenir que le malade accuse une sensation de fatigue extrême, de courbature, de brisement plutôt que de véritable douleur. Celle-ci ne se déclare qu'après un exercice prolongé; d’abord le patient ne la délimite pas exactement, mais à la longue, elle devient très aiguë et se localise à la
région même occupée par la. tumeur qui cette fois semble en être le siège. D’après M. Baudin, le membre entrant en exercice, et.par suite du travail supplémentaire que lui impose la contraction exagérée du muscle hernié et étranglé à chaque contraction par la boutonnière de l’orifice aponévrotique, les muscles antagonistes ne tardent pas à se trouver surmenés, et à devenir, en conséquence, le siège d’une lassitude, d’une fatigue tout à fait anormale, qui, dans le cas d’une hernie du moyen adducteur, siège principalement vers la partie tout à fait supérieure de la cuisse, vers les points d’insertion de ces muscles. Puis, peu à peu, la contraction exagérée et maintes fois répétée du muscle hernié amène une contraction plus ou moins douloureuse de ce muscle lui-même ; et, de là, le sentiment de brisement complet, de véritable douleur, qui siège bien, cette fois, au niveau de la tumeur.
M. Mourlon admet que dans les mouvements très étendus et très forts, le malade ressent quelquelois des pincements douloureux dans la hernie, pincements qui augmentent à mesure que la déchirure s'agrandit et que la réduction devint plus difficile et
moins parfaite.
Tout ce qui précède dans notre étude anatomophysiologique se rapporte directement et particulièrement sinon exclusivement à la hernie musculaire que nous avons pris pour type, c’ést-à-dire la hernie à début lent et insidieux. Quant à la seconde catégorie de faits comprenant les cas à début brusque avec. douleur syncopale, craquement attribué à la rupture de l’aponévrose, gonflement et apparition plus ou moins rapide d’une tumeur musculaire, il faut croyons-nous, discuter davantage. Il manque à ces faits une vérification anatomique. Un muscle partiellement rompu peut se cicatriser et se présenter avec l'allure d’une hernie vraie. Nous ne croyons donc pas que dans l’état actuel de nos connaissances ces faits puissent être rangés parmi les hernies et qu’on puisse les utiliser pour établir
l’histoire de cette affection.
Deux fois seulement dans des conditions toutes
spéciales, on a observé au cours d’une opération la rupture de l’aponévrose et la hernie du muscle et dans ces deux cas, il y a eu un traumatisme.
Un de ces faits est la première observation de Giess, parue dans la Berliner Klinische Wochenschrift du 15 mars 1886. Il s’agit d’un ouvrier atteint d’une
hernie du jambier antérieur, à la suite d’un coup de