OBSERVATION I
Hernie du Jambier antérieur (in Thèse de prat. Paris 1879).
X'"”", lieutenant de douanes, âgé de 30 ans ; pas de diathèse ; pas de traumatisme antérieur. Astreint à des exercices musculaires violents dans la poursuite des contrebandiers, il s’est aperçu, par hasard, voilà quinze mois,de l’existence d’une petite tumeur grosse comme une noisette et placée à la partie antérieure de la jambe droite.
Elle ne donna lieu à aucun symptôme ; elle augmenta lentement. Vers les premiers jours d'octobre 1878, à la suite d’un faux pas, le patient éprouva une douleur vive au niveau de la tumeur ; celle-ci augmenta notablement, la marche devint pénible. Apres avoir gardé la chambre six semaines, le malade, ne
pouvant marcher sans éprouver une sensation de
fatigue et de pesanteur dans tout le membre, entre au Val-de-Grâce dans le service de M. Perrin.
ÉXAMEN DE LA TUMEUR. — Pendant la contraction des muscles antérieurs de la jambe droite, la tumeur forme une saillie nette, siégeant au niveau de la partie moyenne de la jambe, le long de son bord. antérieur et reposant sur la face externe du tibia. Résistante pendant la contraction musculaire, molle pendant leur relâchement, la tumeur n’est pas ttuctuante dans le sens des fibres musculaires, mais dans le sens transversal. Dépressible, réductible en parte, elle n’est pas adhérente aux tissus environnants. L’électricité la fait contracter. Longue de 5 centimètres, large de 3, cette tumeur est bien limitée en haut et en dehors par une ligne brusque, fibreuse. En haut, on perçoit sur son bord, une sensation de corde tendue qui semble correspondre à une solution de continuité de l’aponévrose. En dedans, on arrive sur la face externe du tibia en refoulant la tumeur.
En bas, elle se perd insensiblement sans que l’on reconnaisse l'existence d’uneboutonnière. La tumeur, pas plus que le tibia, n’est douloureuse à la pression.
On n’observe à son niveau ni battements, ni mouvements d'expansion. Il n’y a pas de déformation du
pied : tous ses mouvements s’exécutent avec facilité.
Un bas en tissu élastique n° 1, renforcé d’une bande de tissu n° 3 au niveau de la tumeur, procura au
patient un soulagement notable.
Hernies du premier adducteur. (Résumé de l'observation). BauDIN (in Recueil de med. et chir. milit, T. xxxI1 p. 319 1881).
1" OBSERVATION. — Dragon, 25 ans, bien musclé, présente une tumeur grosse comme un œuf de pigeon à la partie interne et inférieure de la cuisse gauche, à 3 ou 4 pouces au-dessous du tigament de Fallope, au niveau du bord interne du triangle de Scarpa. Tumeur indolente, de volume et de consistance variables suivant la position du membre; effacée dans l’abduction, apparente dans l’adduction. Nulle modification de la peau sus-jacente. Douleur nulle au repos ; dans un exercice modéré, à peine un sen— timent de gêne que le malade ne localise pas dans la région de la tumeur, mais qui semble plutôt intéresser tout le haut de la cuisse et un peu la hanche ; si cet exercice, même modéré se prolonge quelque temps, l’homme ne tarde pas à ressentir une fatigue du membre tout à fait anormale, véritable courbature, et enfin une sensation de brisement général du membre, avec une sorte de crampe, douloureuse au niveau de la tumeur, lesquelles imposent alors un repos immédiat et absolu. Tout exercice violent amène les mêmes symptômes au bout d’un temps
relativement très court.
Début insidieux de la tumeur il y a deux mois, augmentation progressive du volume et de la gène fonctionnelle. Après un congé de trois mois, l’affec-
tion s’aggrava légèrement et ce militaire fut réformé.
2° OBSERVATION DE BAUDIN. — Dragon, 25 ans, bien musclé, après avoir fait ses classes, entra comme ouvrier chez le maître bottier äu régiment; cet homme est porteur d’une hernie du premier adducteur. Nous signalerons seulement que les divers efforts musculaires que nécessite de la part des adducteurs le métier de cordonnier, auquel se livre le malade, sont bien supportés. Ce travail, dans quelques-unes de ces parties du moins, met cependant. directement en jeu le muscle moyen adducteur d’une manière assez puissante et assez continue; lorsque, par exemple, il faut saisir et maintenir fortement la pièce de cuir entre les deux genoux, soit pour battre le cuir, soit pour tirer le ligneul. Or, ce n’est qu’au bout d’un temps assez long d’un pareil exercice qu'il se sent pris parfois d’une douleur qui, dit-il, ne ressemble pas à celle qui résulte de l'exercice de la marche, cette douleur est plus considérable etcomparable à celle qu’il a éprouvée lorsqu'il a eu des crampes dans le mollet.
(Le reste de l’observation est calqué sur la précédente n° 1.)