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Baudin. — Début insidieux.
3° OBSERVATION. — Nous laissons parler son malade : Maréchal-des-logis W.
C’est vers le mois février 1879, que je m’aperçus un matin, en m'habillant de l'existence d’une petite grosseur sur le haut de la cuisse et en dedans, à lendroit où se trouve aujourd’hui la tumeur. Elle avait alors la grosseur d’une noix à peine, et au premier abord, je la pris pour un peu d’irritation, de boursoufflement simple de la peau, d’autant plus que, lorsque je me penchais en avant en écartant un peu les cuisses pour tâcher de me rendre compte par la vue, la tumeur disparaissait à peu près comrlètement. J'étais alors en pleine période d'instruction ; mes classes étaient commencées depuis trois ou quatre mois, et comme, du reste, la petite 2rosseur ne me causait aucune douleur, qu’elle re m’occasionnait aucune fatigue, je ne voulus point m’arrêter pour si peu de choses, et je remis de jour.en jour pour me présenter à la visite.
Nora : Voir suite et fin de cette observation plus loin au chapitre ayant trait aux troubles fonctionnels de la hernie muscu-
aire,
ro
Hernie du Jambier antérieur relatée par le docteur
LaARCHER (Soc, chirurgie 30 mars 1881.)
X..., batelier, âgé de 26 ans, porte à la partie antérieure de la jambe gauche, à égale distance du genou et des chevilles, à un travers de doigt du bord antérieur du tibia, et au niveau même de la gaîne aponévrotique du jambier antérieur, une tumeur grosse comme une olive, mesurant 4 centimètres de long sur 25 de large. A l'union des deux tiers supérieurs avec le tiers inférieur, existe un léger sillon transversal.
Le début de l'affection a été méconnu; constatée à l’âge de 18 ans, la tumeur n’a pas, depuis, presente de modifications.
Au repos, la tumeur est molle, résistante plutôt que fluctuante, facilement réductible, disparaissant entre les deux lèvres d’une boutonnière verticale, à bords tranchants, que la pulpe de l’auriculaire ne peut franchir. Lorsque la jambe se raïdit, la tumeur durcit.
1° Pendant les mouvements volontaires du malade : Pied dans l’extension, la tumeur disparaît presque entièrement.
Pied dans l'extension et labduction, la disparition est complète.
Pied dans l'extension et l’adduction, reproduction
immédiate de la tumeur.
Pied dans la flexion. La tumeur très saillante persiste jusqu’à la exion du pied à angle droit. À partir de ce moment, elle disparaît en remontant vers le genou et il reste un creux à la place qu’elle occupait; la peau se déprime en doigt dé gant entre les deux lèvres de la boutonnière aponévrotique.
2° Pendant les mouvements communiqués, la jambe étant dans le relâchement.
Les phénomènes sont identiques pendant l’exten-
sion, l’abduction et l’adduction du pied.
Pendant la flexion, et, quelque soit son degré, la tumeur ne disparait pas. |
3° Enfin, pendant les mouvements provoqués par les courants galvaniques et faradiques, on constate que la tumeur fait bien corps avec le jambier antérieur. L’électrisation des muscles voisins est sans action sur elle, par lPélectrisation du jambier antérieur, la tumeur disparait et remonte avec ce muscle vers le genou, comme tout à l'heure dans les mouvements volontaires du malade. Enfin la faradisation et surtout la galvanisation de la tumeur seule y produisent un durcissement manifeste caractéris-
tique.
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Hernie du 1*’ adducteur gauche. Nimier (dans service docteur CocHu. Hôpital milit, du Gros-Caillou.
D..., né à Tourcoing, âgé de 22 ans, ouvrier dans une fabrique de tapis; nul antécédent de famille, aucune maladie antérieure ; entre au service militaire le 10 novembre 1879. II a été incorporé au 19° escadron du train des équipages, bien qu’il n’eût jamais monté à cheval. |
Cet homme, grand, robuste et bien musclé, raconte que tout d’abord il n’était pas très rassuré lorsque chaque jour, pendant deux heures, 1l devait faire l’exercice du cavalier sans étriers et nese maintenant sur sa monture que grâce à d’énergiques contractions des cuisses. Une quinzaine après son arrivée au Corps il s’aperçut de lexistence, à la partie supérieure et interne de la cuisse gauche, d’une petite tumeur grosse alors comme l’extrémité du pouce, de consistance variable, disparaissant par la pression. Il n’y prit pas garde et continua ses classes. I] ne pouvait toutefois monter à cheval sans étriers ; la tumeur devenait douloureuse, une sensation de laiblesse dans tout le membre le forçait à desserrer les genoux. La marche, tout d’abord nullement gènée, ne tarda pas à provoquer les mêmes
sensations dans la cuisse ; l’équitation par contre est
devenue plus facile, le cavalier étant plus habile et se servant d’étriers. La tumeur a grossi lentement et
le 20 novembre 1881, presque deux ans après son début, elle présente les caractères suivants :
1° Le sujet étant debout, la tumeur est située en dedans du bord interne du triangle de Scarpa, à deux travers de doigt au-dessous de l’arcade de Fallope, en partie masquée par les bourses. Elle a le volume d’une moyenne orange, la saillie arrondie
qu’elle forme mesure près de 2 centimètres de hauteur et est d’autant mieux appréciée que l’on juge par comparaison avec la cuisse droite. Un méplat au-dessous de la tumeur, le long du bord interne de la cuisse, prolonge en haut la gouttière des adducteurs.
A çe niveau la palpation ne donne rien d’anormal, et sur la tumeur elle permet de constater que la peau, d'apparence saine, a conservé sa mobilité ; qu'il n’y à rien qui ressemble à une boutonnière aponévrotique, enfin que la masse musculaire sousjacente offre une dureté très grande lorsque l’homme contracte son membre, une mollesse parlaite quand il le relàche. Ces modifications de consistance s’accompagnent de changements de volume analogues.
2° Le patient est assis sur le bord d’une chaise,
les genoux écartés, les jambes pliées sur les cuisses, en un mot dans la position d’un cavalier ; il fait effort pour rapprocher les genoux qu’on maintient éloignés : alors, la saillie de la tumeur augmente beaucoup, en même temps que s’accuse la dépression sous-jacente; Ja dureté est beaucoup plus protee.
3° L’homme se fend, le membre gauche en avant et fléchi ; la tumeur fait une saillie bien nette audessus de laquelle l’on voit se dessiner les trois tendons des muscles moyen et petit adducteurs, et du droit interne. De nouveau l’homme se fend, mais sur le membre droit ; le gauche reste en arrière et étendu, la tumeur disparait presque complètement.
Le 9 décembre 1881, on lui a posé une traînée de pâte de Vienne, longue de 8 centimètres sur 1 de large, traînée parallèle à l’axe de la cuisse et passant sur le point culminant de la tumeur. En raison sans doute, de la mauvaise composition de la pâte, l’eschare obtenue était sèche, très adhérente; elle ne tomba que le 15 décembre. Ce même jour, l’on plaça sur la plaie un morceau de pâte de Canquoin pour intéresser le tissu cellulaire sous-cutané ; le 23, une nouvelle application produisit un eschare qui, tombé le 27, mit à nu une plaie de 8 centimètres de
long sur 3 de large et mesurant plus de 0,015 millimètres de profondeur. Les bords de cette plaie étaient un peu tuméfiés ; au fond le tissu musculaire était mis à nu; le malade en avait conscience, les moindres contractions du muscle réveillaient de la
douleur.
La hernie toutefois n'avait pas augmenté de volume ; elle avait été constamment maintenue par un bandage circulaire compressif, et le patient avait gardé le lit pendant toute la durée des applications caustiques. Ces mêmes précautions furent observées pendant la cicatrisation de la solution de continuité.
Le 27 décembre, la plaie étant détergée et bien granuleuse, les lèvres en furent rapprochées au moyen de bandelettes de diachylon faisant une fois et demie le tour du membre, et formant carapace. La suppuration fut modérée ; le même pansement fut fréquemment renouvelé. Les lèvres de la perte de substance qui, le premier jour, étaient restées écartées de 1 centimètre purent bientôt se mettre en contact, en mème temps que les granulations comblaient la perte de substance. Enfin, le 15 janvier 1882 la cicatrice est solide, elle adhère
aux parties profondes et la tumeur herntaire qui, à
son niveau, a disparu, peut encore être soupçonnée sur son bord externe. |
Les divers mouvements ne donnent plus à la saillie musculaire un volume à beacoup près aussi notable qu'avant l’opération. L'homme n’accuse aucune douleur ; il prétend éprouver dans la marche un soulagement appréciable, il ne retrouve plus cette sensation particulière que fait naître le défaut de
contention du muscle hernié.
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OBSERVATION du pocreur CHOUX
Hernie musculaire du jambhbier extérieur droit
par distension de l’aponévrose d’enveloppe.
Tad..., soldat au 3° régiment d'infanterie de marine ; plus d’un an de service ; sujet très vigoureux, remarquablement musclé, aucune maladie antérieure, entre à l’hôpital militaire de Vincennes le 24 noveinore 1891, présentant à la partie antérieure de la jambe droite et à sa partie moyenne, à un travers de doigt du bord antérieur du tibia, et au niveau même du jambier antérieur une tumeur ovoide à grand axe vertical.
DÉBUT DE LA LÉSION. — Le début exact de la lésion ne peut être précisé par ie malade; il n’à pas souvenance que son apparition ait coincidé avec un effort récent ou un exercice violent. Tout ce qu'il rapporte, c’est que, marcheur intrépide, avant comme après son arrivée au régiment, 1{ a senti depuis quelques mois une gène inaccoutumée dans sa jambe droite, que cette gène, s’aggravant de plus en plus, ilest allé consulter le médecin de son corps, il y à un mois environ ; quelques applications iodées,
dont l’épiderme conserve encore la trace, jointes à
(Es 3 an
la compression, ont été les seuls moyens mis en usage, avant l’envoi à Phôpital.
EXAMEN PRATIQUÉ LE 25 NOVEMBRE. — La tumeur a de 5 à 6 centimètres dans son grandaxe ; un et demi environ dans son axe transversal. Au repos elle est molle, diffluente en quelque sorte,etil est dificile d’en fixer nettement les limites qui se confondent avec les parties voisines, la palpation la plus attentive ne permet pas de sentir de solution de continuité dans l’aponévrose d’enveloppe. Elle n’est le siège d’aucun mouvement d'expansion perceptible à la vue et au toucher, ni d'aucun bruit à l’auscultation ; la peau à son niveau ne présente ni chaleur, ni rougeur.
Si lon place le pied dans lextension, la tumeur disparait à peu près entièrement.
Dans l'extension combiné avec l’adduction, la disparition est.absolue ; c’est à ce moment, plus particulièrement, qu’il est possible d’affirmer que, malgré Ja saillie musculaire, réellement considérable dans certains mouvements, la ponévrose ne présente point de boutonnière.
Dans l'extension combiné avec l’abduction, la tumeur reparaît.
Dans la flexion, la tumeur devient saillante et
atteint le maximum de son volume, au moment où le pied arrive à l’angle droit.
Comme M. Richet dans l’observation personnelle consignée par lui à la page 124 de son « Traité d’anatomie chirurgicale », nous plongeons une épingle dans la tumeur pour bien nous convaincre qu’elle est düe à un déplacement du jambier antérieur, et nous voyons en effet, cette épingle s’agiter et se déplacer dans les mouvements d’extension et de flexion du pied.
L’électrisation du jambier donne des résultats non moins concluants, le passage du courant augmentant visiblement la tumeur, qui diminue, au contraire, dès qu'il est interrompu. Signalons en passant, que dans les cas de hernie du jambier par déchirure de Paponévrose, les courants faradiques donnent un résultat inverse, la tumeur herniaire réintégrant la cavité aponévrotique en partie au moins et s’affirment par conséquent par le passage du courant pour reparaître dès sa cessation. Au point de vue du diagnostic différentiel des deux variétés de hernies musculaires que nous admettons, ce signe nous paraît avoir une valeur de premier ordre.
Dracwosric. — Ne pouvant conserver le moindre
doute sur la nature exacte de la lésion que nous avons