‹ Étude sur la langue anglaise au xive siècleChapitre 1 sur 51 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

de talent pour arracher à son obscurité le dialecte de son choix, et pour le rendre digne de recueillir le magnifique et accablant héritage de la langue latine.

Dante comprit si bien le danger d'une pareille entreprise , qu'il songea d'abord à écrire sa Divine Comédie en vers latins *. Il renonça, il est vrai, bien vite à ce projet, « soit qu'il se défiât de son style latin, soit » qu'il ambitionnât une gloire nouvelle en écrivant en » langue vulgaire un grand ouvrage, ce dont personne » n'avait encore eu l'idée ® > . Ce fut alors qu'il chercha dans ses deux livres De vulgari eloquentiâ quel était le dialecte qui méritait d'être appelé langue italienne ou vulqaire.

Après un scrupuleux examen des droits de chaque dialecte, il finit par conclure que « ce parler n'appar- » tient à aucune ville en particulier, mais à toutes. Il » est comme une 'mesure commune à laquelle on doit » comparer toutes les autres. » Et il se mit résolument à chercher cette mesure commune. Son génie naturel et ses études classiques l'avaient admirablement préparé pour cette œuvre délicate ; il y réussit du premier coup, et l'on peut dire que la Divina Commedia n'est pas seulement le premier chef-d'œuvre de la litté-

* Boccace et quelques autres en citent les premiers vers.

* Ginguené, Hist. littér, de l'Italie, chap. viii, p. 481.

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