THE KING'S ENGLISH
L'anglais y langue officielle. — Situation respective des deux idiomes au moment de leur mélange. — Conditions que devait remplir la nouvelle langue. — Pourquoi ridiome de Chaucer remporta sur les autres. — Caractères distinctit's du King^s English. — La langue de Chaucer : il emprunte aux Français non seulement des mots, mais encore un grand nombre de locutions idiomatiques ; — exemples. — Liste des mots français défigurés par l'orthographe ; — liste aes mots français tombés en désuétude depuis Chaucer et de ceux qui sont parvenus jusqu'à l'anglais moderne. — Adaptation des mots français au cadre grammatical an^^is. — Proportions du mélange des deux idiomes.
« Dieu merci ! je pourrai donc maintenant me faire protestant, si cela me fait plaisir I » s'écria le héros de Moore * , le soir du 16 avril 1829, en apprenant que le catholic-belief hill avait enfin reçu l'assentiment royal.
Ce fut sans doute une impression analogue que durent éprouver les écrivains en langue vulgaire, lorsque Edouard III sanctionna, par l'ordonnance du 13 octobre 1362, la victoire définitive de la langue anglaise. Dès lors, en efiet, l'exclusion jalouse des termes français perdait sa raison d'être, et l'on pouvait, sans cesser d'être populaire,
* Traveîs of an Irish gentleman in eearch of a religion^ by Thom. Moore, chap. I.
THE KINQ'S ENQLISH
faire usage du doulx parler, gardien de tant de trésors littéraires.
Depuis cette époque, l'introduction des mots français s'était opérée rapidement ; mais cette augmentation du vocabulaire n'avait en rien modifié la grammaire. Il était naturel qu'il en fût ainsi, car l'idiome Franco-Normand était beaucoup plus près de son origine synthétique que les dialectes anglais de la même époque. La syntaxe anglaise devait donc prévaloir, puisqu'elle était plus simple. Une langue, en efiet, ne saurait remonter son propre cours, non plus qu'une rivière, et renoncer à la simplification analytique pour reprendre une forme synthétique.
Un petit tableau synoptique nous donnera une idée exacte de la situation respective des deux idiomes, au moment de leur mélange, et nous expliquera ainsi la manière dont il se produisit :