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péroniers. En outre, sur les points où la contraction musculaire a diminué, au point de devenir presque nulle, on observe un affaiblissement très-grand de la sensibilité. Sur toutes les autres parties du corps, les contractions musculaires et la sensibilité sont conservées.
T novembre. — La peau présente une coloration moins fauve, on aperçoit çà et là des intervalles sains.
En examinant les fosses nasales, on remarque du côté gauche ei sur la cloison, une wlcération ayant à peu près un centimètre carré d'étendue ; du côté droit et toujours sur la cloison, une autre commence à se développer.
Les forces reviennent lentement et l’appétit n’est pas très-grand.
Le 17, la coloration de la peau est moins intense.
La conjonctive oculaire a également perdu un peu de sa teinte bistre.
Les muscles de la région jambière antérieure font mouvoirles orteils.
La main est plus sensible aux excitations et notamment à l’action du fluide électrique; le malade y éprouve quelques fourmillements, mais les mouvements ne sonl pas encore revenus,
Même état du reste.
7 décembre. — Epistaxis très-abondante par la narine gauche ; expectoration de quelques crachats sanguinolents.
L'épistaxis a résisté longtemps au tamponnement; malgré l'emploi du perchlorure de fer, elle a continué encore pendant un quart-d’heure, et lorsque le caillot obturateur eut rempli la narine gauche, dans laquelle il avait fini par se former, le sang liquide revenait, soit par celle du côté droit, soit par une perforation de la cloison, en contournant l’arête postérieure de cette dernière, le voile du palais lui servant de plancher.
La quantité de sang perdu fut d'environ 500 grammes. Le pouls était faible, les téguments décolorés. L’effet de la perte fut très-sensible pour un sujet aussi débilité d'avance et d’une constitution si chétive.
Le 2 janvier, le malade accuse une fièvre assez vive, son pouls est à 140 ; les ganglions lymphatiques des diverses régions du corps ont augmenté de volume et sont devenus assez douloureux, le ganglion sousmaxillaire gauche en particulier.
La peau des pommettes offre assez bien l'aspect des tissus envahis par la sclérose; sur les autres points du tégument externe oùon les a déjà notées et particulièrement aux membres supérieurs et inférieurs, les taches s’accentuent de plus en plus ; leur coloration fauve, comme bistrée, se prononce davantage et l’insensibilité persiste à leur niveau. Les narines se recouvrent d’une matière pulvérulente et l’ulcération déjà signalée sur la cloison a détruit cette dernière en grande partie.
3 janvier. — Le pouls est petit et un peu moins fréquent que la veille (100).
Une épistaxis a eu lieu un peu avant la visite et s’est arrêtée facilement.
Quant à lappareil de la vision, on remarque que le segment su-
Lamblin. 7
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périeur de chacune des deux cornées devient opaque ; du côté gauche en particulier, le dépôt ou l’infiltration de matière tsarathique est assez prononcé pour limiter le champ de la vision et apporter une gène que le malade accuse lui-même.
Au-dessous de l’insertion supérieure du muscle sterno-cléido-mastoidien droit, on sent manifestement une tumeur qui paraît formée par un ganglion.
L'appareil de l'audition, tant dans ses parties profondes que dans ses parties extérieures, ne présente jusqu'ici aucun trouble fonctionnel appréciable.
L’atrophie des muscles devient de plus en plus marquée; c’est surtout à la main gauche qu’elle est actuellement très-prononcée.
Le 7, l’état fébrile, tombé la veille à 99, est descendu à 84: une nouvelle épistaxis a eu lieu et s’est arrêtée d’elle-même. Le ganglion sousmaxillaire gauéhe ne parait avoir subi aucune modification nouvelle dans son état.
Le 8, les croûtes que le malade portait à la lèvre supérieure sont tombées ; à leur place, on observe une légère cicatrice sans dépression bien marquée ; tout état fébrile a disparu ;le ganglion sous-maxillaire gauche a cessé d’être douloureux, mais il a augmenté légèrement de volume.
Le 13, après quelques jours de calme apparent, pendant lesquels le malade prenait, chaque matin, des douches alcalines, apparaissent des douleurs dans les membres inférieurs; elles sont liées aux mouvements les plus légers et suivent assez exactement le frajet du sciatique, de chaque côté. On note, en même temps, à la main droite, une tuméfaction assez prononcée.
Le 19 et les jours suivants, les douleurs des membres inférieurs ont persisté et sont devenues insupportables ; aujourd’hui s’ajoute un sentiment de faiblesse assez prononcé pour qu’en sortant du bain, le malade ait failli tomber par inertie des membres inférieurs; les mains sont aussi modifiées dans leur sensibilité ; s’il s’agit de saisir un objet, le malade y est devenu très-inhabile ; sa main, depuis longtemps privée de la puissance musculaire, est devenue aujourd’hui incapable même de maintenir une plume.
L'appétit se perd, et l’état général parait en ce moment subir une nouvelle atteinte.
Le 29, le pouls est à 84. — Fourmillements dans les membres inférieurs et supérieurs, — Application de huit ventouses sèches à la région dorsolombaire.
Le 21, le pouls ne s’est pas modifié ; nous constatons une grande faiblesse dans les extenseurs des membres inférieurs.
Le 97, le malade nasonne légèrement en parlant ; et, en examinant la sensibilité et la motilité du voile du palais, par la titillation avec une barbe de plume, on les trouve considérablement amoindries ; le malade peut cependant, par intervalles, boire sans que les liquides ressortent par le nez.
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Le 28, nouvelle épistaxis, peu abondante. — Administration quotidienne de seigle ergoté, 0. 30.
Le 30, douleurs prononcées selon le trajet des sciatiques: persistance des troubles fonctionnels du voile du palais, faiblesse croissante des membres inférieurs et supérieurs ; inertie des muscles deltoïdes.
La nuque est lesiége d’une douleur intense et presque incessante: les muscles contracturés maintiennent obstinément la tête renversée en arrière. — Pouls à 92, — Déglatition difficile. — Ergot de seigle, 0 50.
1% février. — Deux cautères à la potasse sont appliqués sur les côtés de la partie moyenne de la région cervicale postérieure.
Le 8, les mouvements du cou sont enfin redevenns plus libres, et la tête, notamment, peut maintenant se porter plus aisément dans le sens de la flexion.
Le 15, les membres inférieurs, jusque-là presque toujours dans la résolution, ainsi que les membres supérieurs, sont assez fortement contracturés en demi-flexion ; la douleur qu’éprouve le malade à la moindre tentative faite dans ce sens, rend leur extension impossible. Le pouls, d’ailleurs faible, est à 120.
Le 29, le malade a, dans la nuit, perdu involontairement ses urines; la défécation est restée régulière. |
30 mars. La plupart des symptômes se sont amendés ; les urines sont parfaitement conservées, les membres ont retrouvé un peu d’énergie; néanmoins, le malade demeure sur le dos, toujours étendu sur son lit, et se retourne avec peine sur lui-même. — Eau de Vichy. — Bains alcalins tous les deux jours.
Juin. Du 30 mars au commencement du mois de juin, amélioration lente et progressive dans la situation du petit malade. Le libre exercice du voile du palais a même été, pendant quelques jours, complétement retrouvé, pour s’amoindrir ensuite.
Le malade est porté tous les jours au jardin, et, graduellement, il arrive à se soutenir un peu sur les jambes.
10 juillet. Une bulle unique de pemphigus parait sur le pouce de la main droite. — Des douleurs vives accompagnent les tentatives de mouvement.
Le 15, des taches fauves nouvelles se développent sur lemembre supérieur droit (face postérieure). Pouls à96 pulsations.
28 octobre. Le malade, depuis vingt jours, marche librement, même sans béquille, et parcourt des espaces assez étendus dans lhôpital.
Les membres supérieurs ont non-seulement retrouvé une énergie assez grande, mais la motilité y est assez parfaite pour permettre au malade de selivrer habilement à certains jeux d'adresse, tels que celui du bilboquet, etc ; etc.
$ novembre. Deux petits tubercules se sont développés dans l'épaisseur
= du sourcil gauche, et quelques autres au menton. Un les détruit succes
sivement par l’application du fer rougi à blanc : ceux du sourcil, le 15 novembre, et les autres le 20 du même mois.
47 janvier 1866. L'état général du malade est satisfaisant ; les forces sont revenues dans les membres supérieurs et inférieurs ; l'appétit est bon; les nuitssont bonnes aussi, Cependant, depuis quelques jours, plusieurs articulations sont devenues douloureuses et offrent un peu de gonflement. Parmi ces articulations, signalons : celles du poignet droit, de l’indicateur, et du médius de la main gauche. Ces dernières présentent comme un épaississement des tissus environnants; la peau, à leur niveau, semble légèrement épaissie.
Quant aux tubercules déjà mentionnés antérieurement et cautérisés le 13 novembre, ils ont reparu avec un volume à peu près égal à celui qu'ils avaient auparavant. D'autres se sont développés depuis : ainsi on en trouve deux au front, entre les sourcils, et un à la partie supérieure de la joue gauche dont la peau est plus dure, plus épaisse qu’à l'état normal ; on en retrouve encore un autre sur la face dorsale du premier métacarpien droit; ces tubercules, de formation plus récente, ont le volume d’un grain de chèrevis ; ils sont indolents et d’une coloration rougeâtre.
91 mars. Les tubercuies anciens ont augmenté de volume, et de nouveaux se sont développés sur toute la face. Le front, les joues, les paupières en présentent un assez grand nombre.
Ces tubercules sont, pour la plupart, du voiume d’une lentille, d’un grain de chènevis; quelques-uns ne dépassent pas celui d’une tête d'épingle ; ils sont durs, indolents, rougeûtres et entourés d'une tache livide, qui a précédé leur apparition. D'autres taches de même couleur seremarquent sur la figure; le reste du corps offre peu de tubercules, on en trouve pourtant quelques-uns à la paume de la main droite. Le poignet, du même côté, présente plusieurs petites nodosités qui paraissent siéger sur les tendons extenseurs; car elles se déplacent en même temps que ces tendons. Une de ces nodosités, plus grosse que toutes les autres, occupe Île tendon d’un des radiaux externes. Cette tumeur, dure, indolente et oblongue, a le volume d’un haricot; les autres ont à peine celui d'un petit pois. Aucune d’elles ne gène les mouvements.
La sensibilité est obtuse sur l’avant-bras et beaucoup plus du côté de l'extension que de la flexion. Elle est même tellement faible à la face dorsale des mains que, dernièrement, le malade s’est asséz fortement brûlé sans s'en apercevoir. Sur les membres inférieurs, la sensibilité est un peu mieux conservée ; mais on y voit aussi des nodosités semblables à celles que présentent les bras.
Les épistaxis sont toujours fréquentes, sans que cependant les tubercules des fosses nasales fassent des progrès rapides.
. L'état général est satisfaisant ; le malade prend assez d'exercice sans en éprouver de fatigue. Les fonctions digestives sont bonnes.
59) mars. Nouvelle cautérisalion au fer rougi à blanc des tubercules les plus saillants, du menton et de la région palpébro-frontale droite,
3 juin. Malgré la cautérisation, les tubercules ont reparu au menton et sur le front; d’autres se sont montrés, ettous ceux que la cautérisation avait épargnés, ont augmenté de volume.
Il en exisle maintenant un premier groupe sur la partie moyenne du front et sur les paupières ; un deuxième sur le menton; un troisième sur la joue gauche; quelques autres tubercules enfin sont disséminés sur la face, rouges, violacés, indolents, assez semblables à de petites vessies, et entourés de taches livides. Les narines sont couvertes de fongosités qui donnent lieu a des épistaxis, peut-être un peu moins fréquentes que précédemment.
Les doigts présentent du gonflement, surtoui l'indicateur gauche qui est doublé de volume au niveau de la premièmeet de la deuxième pha-. lange. Les autres doigts dont le sgonflementest le plus considérable sont Pannulaire et le petit doigt de la main droite.
La sensibilité est plus faible que jamais, principalement à la face dorsale des membres.
Les avant-bras sont toujours couverts de taches d’une teinte fauve, livide et offrant çà et là des tubercules cutanés, ainsi que des nodosités tendineuses.
8 juillet. Le malade va passer quelque temps aux eaux de Luxeuil. On constate à peu près les mêmes symptômes que le 93 juin : Tubercules nombreux et volumineux à la face et sur les membres ; gonflement articulaire des doigts. Au petit doigt, du côté gauche, une phlyctène s’est développée sur l’interligne articulaire supérieure, puis s’est fixée eta suppuré pendant quelques jours. Probablement cette phlyctène avait été le résultat d’une brülure.
Insensibilité, ou tout au moins sensibilité bien diminuée.
Teinte bistre des conjonctives.
Fongosités de la membrane de Schneider et épistaxis presque tous les jours.
23 août. À son retour de Luxeuil, le malade présente à peu près les mêmes symptômes qu’à son départ, sauf cependant l'augmentation très marquée destubercules, en volume et en nombre; ceux surtout des joues e du menton offrent maintenant le volume d’une grosse lentille ; quelques-uns d’entre euxsontrecouverts d’une croûterougeûtre, desséchée; le gonflement des doigts, sur lequel nous avons déjà insisté, est aussi plus considérable qu'avant le départ du malale; il en est de mème des nodosiés tendineuses signalées sur les avant-bras ; on remarque aussi sur {à peau des taches rouges ou bistrées en plus g à nombre et plus étendues ; la peau, sur toute sa surface, est rugueuse au toucher, comme fendillée et squameuse. ÿ
Mêmes troubles du côté de la sensibilité,
Même teinte bistre des conjonctives et des cornées.
Les épistaxis paraissent moins fréquentes, malgré la persistance des tubercules de la muqueuse nasale,
8 octobre. Les groupes de tubercules, qui étaient épars çà et là sur
figure, tendent tous les jours à se réunir et àcouvrir toute la face à cause de l'augmentation de leur volume et de leur grand nombre. Beaucoup de ces tubercules offrent. en effet, maintenant le volume de petits pois ; tous ont un aspect verruqueux. La plupart d’entre eux sont insensibles à la piqüre d’une épingle. Sur les surfaces non encore recouvertes de tubercules, on aperçoit des taches bistres, qui en sont le prélude, et dont la sensibilité est encore peu altérée.
Les nodosités tendineuses que nous avons signalées sur les membres, ont conservé à peu près les mêmes caractères.
Il en est de même des taches de la peau sur les membres; leur nombre n’augmente pas sensiblement, leur étendue semble aussi rester la même.
Le gonflement des doigts, dont nous avons parlé, est aujourd’hui plus considérable qu’il n’a jamais élé ; l'indicateur gauche, surtout, offre au niveau de la première et de la deuxième phalange, un volume presque triple de celui qu’il possède à l’état normal. Sur les autres doigts, la maladie a marché moins vite, tant sur les parties malades que sur les parties saines; la sensibilité est toujours obtuse du côté de l’extension et le malade se brûle souvent sans s’en aperceroir.
La conjonctive offre toujours sa teinte bistre, ainsi que le pourtour de la cornée.
Les épistaxis reviennent toujours de temps en temps, et l’on voit que leur origine est due à des tubercules développés sur la cloison, et qui se sont ulcérés.
Quant à l’état général, il est aussi satisfaisant que possible.
28 février 1867. Il est survenu une tuméfaction des deux index au niveau de l'articulation de la première phalange avec la seconde : ce gonflement est douloureux au toucher et indique une augmentation dans le volume de los.
Bientôt survient une ulcération du tubercule développé sur la narine droite. Mais ces états locaux sont sans retentissement sur l'état général, et nul changement n’est observé sur le reste du corps.
Le 10. On cautérise au fer rouge le tubercule du nez; l’eschare met irois jours à tomber et à sa chute, le tubercule a presque entièrement disparu.
Le 25. Deux petits tubercules, situés au menton, s’ulcèrent et se recouvrent d’une croûte noirâtre ; il en est de même du petit doigt de la main gauche, qui offre une large ulcération.
Le pouce seul de la main droite est entamé, les autres doigts n'offrent que du gonflement. «
2 mars. On le met à la solution arsenicale.
Le 22. L’eschare du tubercule du nez est tombée ; celle du menton persiste.
Le 23. Nouvelle épistaxis de la narine gauche, assez facile
à arrêter.
Le 24. L’écoulement revient et s'arrête.
Le 25. Epistaxis plus abondante quo les jours précédents et qui n'est arrêtée que par le tamponnement.
3 avril. On remarque depuis quelques jours une ulcération du pouce droit, ulcération qui s’est recouverte d’une eschareen voié d'élimination.
Les aines sont le siége d’un gonflement dû à une inflammation des ganglions inguinaux qui empêche la marche, par la douleur qu’elle provoque.
Le 19. Les tubercules du visage sont moins volumineux et la peau est moins tendue.
Les doigts sont (otjours gonflés, mais non ulcérés.
Le %5. Gonflement plus considérable des doigts de la main gauche, depüis la cessation des bains sulfo-alcalins.
18 mai. En promenant la main sur toute la crête du tibia, onsent, vers la partie moyenne, une exostose de la grosseur d’un œuf de pigeon, dont le début remonterait environ à six mois et serait postérieur à l’apparition des tubereules.
(Interruption de l'observation du mois d’août au mois de janvier).
Janvier 4868. Les épistaxis, quoique peu abondantes, se renouvellent tous les trois ou quatre jours; les dernières, un peu sérieuses, remontent à un mois environ.
Tous les doigts de la main gauche, sauf le pouce et le médius, sont recouverts de croûtes épaisses, noirâtres, rugueuses, qui se soulèvent de temps en temps où tombent délnitivement, en laissant à nu une surface humide, violacée, et d’où s'écoule une sérosité sanguinolente; souvent même les ulcérations donnent lieu à des hémorrhagies assez abondantes,
Le pouce et le petit doigt ont seuls des croûtes.
On panse les ulcères avec de la charpie imbibée de tartrate ferricopotassique.
15 mars. La sensibilité de la surface cutanée est en partie revenue.
La tendance aux hémorrhagies persiste ets’est montrée dans unéplaie que le malade s’est faite en tombant sur la partie antérieure du tibia, cette plaie a été très-longue à guérir. |
10 mai. L'état général a été à peu près le même; seulement le malade se plaint, depuis quelques jours, d’affaiblissement dans les membres inférieurs, et principalement du côté gauche; en marchant il traine la
ambe.
95 juin. L’altération des voies respiratoires va en augmentant.
20 septembre. Depuis quelque tempsla voix estenrouéeetpour ainsi dire éteinte, et devient rauque quand le malade essaie de parler fort. On pense qu'il se forme des tubercules dans le larynx, d'autant plus que la base de la langue est complétement envahie par des tubercules assez volumineux; quelques-uns, légèrement ulcérés, font beaucoup souffrirlemalade. Le voile du palais etla base de la langue soft extrèmement susceptibles et ne nous permettent pas l'exploration de la gorge. On soumet pendant quelques jours le malade à ungargarisme au bromure de potassium, afin de pouvoir tenter l'exploration laryngoscopique.
he
Cet examen montre que les tubercules descendent vers la base de la angue jusqu’à la partie la plus profonde. L'épiglotte se présente sous la forme d’un triangle à sommet mousse et à contours couverts de petits tubercules rouges ; les bords sont comme recoquevillés. S
L’épiglotie paraît abaissée en arrière et semble recouvrir en partie lVorifice laryngé; du moins n’a-t-on pas pu parvenir à découvrir les cordes vocales.
L'état général est, du reste, le même que précédemment; cependant les ulcérations des doigts augmentent et sont plus douloureuses,
3 octobre. Voyant le malade perdre ses forces, de nouvelles poussées de tubercules s’opérer sur la peau et du côté du larynx, M. Hillairet se décide à essayer de l’hydrothérapie pour exciter les fonctions de la peau et provoquer des sudations.
Le malade à une peau sèche et rugueuse sur la face et les membres; jamais il ne sue de ces parties. La face antérieure et supérieure de la poitrine et le devant du cou sont seuls le siége de légères sueurs pendant les plus fortes chaleurs de l’été.
Soumis à une douche froide en pluie, suivie d’un enveloppement rapide dans une couverture de laine, le malade est rapporté dans son lit où on cherche à provoquer la sueur; mais il se plaint beaucoup de Ja sensalion pénible que lui a laissée la douche.
4 octobre. On a encore donné trois nouvelles douches au malade, sans pouvoir provoquer de sueur ailleurs que sur le devant de la poitrine.
Le 16. On est obligé de suspendre le traitement hydrothérapique que le malade ne peut supporter.
Le 18. Une épistaxis de la narine droite, assez abondante, est arrêtée en partie par le tamponnement de l’orifice antérieur du nez, au moyen de charpie imbibée de perchlorure de fer.
Le 19. L’épistaxis a duré toute la nuit : le sang sort par les deux narines et, si l’on bouche Par un tampon l’orifice antérieur, le sang s’accumule dans l’arrière-cavité des fosses nasales, et en relevant la tête, il crache d'énormes caillots tombés dans la gorge.
On lui fait une injection avec une dissolution de perchlorure de fer au quart; dans les narines, on obture de nouveau les fosses nasales avec des Eourdonnets de Charpie, mais le résultat obtenu est nul.
L’épistaxis augmentantet le sang Coulant incessamment daus la gorge, On Suppose que le siége de l'hémorrhagie est à la partie supérieure et postérieure de la narine droite Surtout; on en vient au tamponnement de la narine droite fait avec une petite sonde de gomme élastique très fine, la sonde de Belloc ne pouvant pas passer, et on voit a'ors l’hémorrhagie s'arrêter.
Le pouls est fréquent, dépressible, ondulé,
La présence du fil dans la orge et la bouche est très-pénible et provoque des efforts de vomissement et des quintes de toux.
Le sang est foncé et se Coagule très-vite.
Le microscope fait voir les globules rouges avec leur aspect normal,
seulement ils sont remarquables par la facilité avec laquelle ils deviennent crénelés.
Les globules blanes no sont pas en plus grande abondance qu’à l’étai normal; mais on trouve, sous le microscope, des amas de fibrinegranulée, coagulée, en grande quantité, indice de la plasticité de ce liquide.
20 octobre. L’hémorrhagie est arrêtée; mais on laisse le tampon en place, dans la crainte de nouvelles hémorrhagies.
Le malade s'étant plaint de froid aux pieds, on lui met un cruchon pour le réchauffer; mais la chaleur produisit sous la plante des pieds une énorme phlyciène remplie de sérosité sanguinolente, sans occasionner la moindre douleur.
On explore alors la sensibilité cutanée et on constate que l’anesthésie est toujours complète sur les taches fauves.
La tête est lourde, et le malade est en proie à un malaise général; son pouls est fréquent, mou.
Le 21. Au matin, on lui enlève le tampon, l'écoulement a cessé. Dans l'après-midi il se forme dans les fosses nasales deux ou trois caillots qui tombent dans la gorge et qui sont expectorés.
es brülures des pieds le font beaucoup souffrir.
Les hémorrhagies ont disparu, et les brülures des pieds sont recouvertes de croûtes.
A l’auscultation du cœur, on trouve un bruit de souffle anémique très-prononcé, ayant son siége maxima à la base et se propageant dans les vaisseaux du cou.
13 novembre. Le malade va beaucoup mieux; les hémorrhagies ne se sont pas renouvelées ; les tubercules de la face ont paru s’affaisser un peu après les hémorrhagies ; mais en même temps, ils sont légèrement ulcérés et sont recouverts, au nez et aux lèvres, de croûtes brunes.
Les brülures des pieds ont fourni des ulcérations larges, mais peu profondes, qui, traitées par la poudre de quinquina, se sont rapicement modifiées, et aujourd’hui sont recouvertes d’une croûte qui promet de tomber bientôt.
L'état général est satisfaisant.
Le 29. La veille, le malade a ressenti pendant la nuit des douleurs assez violentes dans les os et dans les membres; le malade compare ces douleurs à celles que l’on doit ressentir quand on cherche à tordre les membres. Elles ont duré cinq à six minutes seulement.
Les pieds sont guéris.
Les doigts des mains sont de plus en plus tuméfiés et déformés; sous les ongles des pouces, il y a des excoriations fongueuses, qui saignent très-facilement,.
Les tubercules de la face se sont accrus et se sont recouverts de croûtes épaisses.
La voix est aussi plus enrouée que les semaines précédentes.
L'appétit est bon, et il n’y a pas eu de nouvelles hémorrhagies.
Le 30. Il ne s’est rien passé de nouveau dans l'état du malade depuis :
un mois; nous devons noter seulement la formation de bulles par poussées successives sur les mains et les pieds.
De temps à autre, il se fait un léger suintement de sang par les fosses nasales, sans amener toutefois d’hémorrhagies notables.
10 janvier 1869, Le gros orteil gauche est chaud, douloureux, rouge brunâtre; l’ongle est soulevé.
Les ganglions de l’aine du même côté sont tuméfiés et douloureux; on ordonne un cataplasme arrosé de laudanum.
Le 21. Les tubercules sous-cutanés situés profondément, le long de la cuisse gauche surtout, amènent des dauleurs sur ie trajet des nerfs cutanés; on voit apparaitre aussi des tubercules sous-cutanés sur les jambes,
Le 28. Sur les tubercules du nez, des lèvres et du menton, on voit apparaître des végétations cornées; de véritables slalactites.
3 février. La voix est très-éteinte et la respiration est bruyante.
Le 13. Depuis quelques jours le malade se plaint de douleurs rhumatoides dans les genoux et dans les poignets.
Le 45, La nuit, il est en proie à des étouffements ; la respiration est très-gênée. Le pouls est à 130, régulier.
Le 47. Le malade ne peut plus ni boire ni déglutir, sinon au moment des inspirations qui sont sifflantes; du reste, son intelligence paraît troublée ; il s’effraie à la moindre chose et pleure facilement.
Le 18. Apparition de la diarrhée, après un seul lavement simple. On remarque aussi un gonflement énorme de la main droite.
Le 19. La gorge est très-rouge et les mouvements de déglutition sont pénibles, on ordonne un gargarisme.
Le 20, L’appétit est un peu révenu; mais le malade se plaint d’avoir toujours une grande lourdeur de tête et de la propension au sommeil.
Pouls fréquênt, régulier, faible, dépressible.
Le 22, On examine l'œil à l’ophthalmoscope et on constate que les milieux de l’œil sont normaux; la papille est saine, ainsi que les vaisseaux de la rétine. D'ailleurs, on n’avait noté aucun trouble de la vision.
Par l’éclairage oblique, on voit que les cornées, vers leur moitié supérieure, sont infiltrées d’une matière blanchâtre, qui leur donne une légère teinte opaline.
Le 25. Les tubercules sous-cutanés des cuisses et des jambes sont moins saillants, et remplacés par des taches blanchâtres, qui tranchont sur le fond jaune de la peau des environs.
Le malade est pris de vertiges; toutes ses sensations sont exagérées ; cet état ne dure que quelques jours.
18 mars. Il éprouve dans la cuisse gauche des douleurs analogues à celles qu’il a ressenties au mois de janvier : on le frictionne avec le liniment chloroformé.
Le 28. On constate une hyperesthésie considérable de la peau de la jambe gauche, et une atrophie des muscles du mollet qu’on ne peut toucher sans ocCasionner de vives douleurs.
La jambe droite est moins sensible.
Le 95. La veille le malade a essayé de marcher et ne la pu; ses jambes fléchissaient et sa tête tournait,
On constate un gros bourgeon charnu sur la deuxième phalange du petit doigt de la main gauche; ce bourgeon, qui est fongueux, paraît dénoter une altération de la phalenge elle-même.
{er avril. Le bourgeon paraît se flétrir, et les vives douleurs que le malade ressentait sur le trajet des nerfs de la cuisse et de la jambe gauche, sont moins vives que celle des jours derniers,
Le 14. L’abattement est plus grand que les jours précédents, le cornage laryngé a augmenté et il y à imminence de suffocation; les douleurs des membres inférieurs ont reparu.
Le 15. La nuit a été très-mauvaise ; le sommeil a été troublé par des étouffements continuels. Le pouls est petit et à 120; 26 respirations par minute avec bruit laryngé manifeste. Douleurs dans les genoux; les. muscles s’atrophient de plus en plus. Les nodosités des jambes ont disparu ct laissent des taches fauves plus prononcées. L'état des pieds est le même : pilules, ext. opium de 0,08 et sinapismes.
Le 16. Le malade a bien mieux dormi, sans cependant avoir été soumis à l'influence de l’opium, La pouls est toujours petit et à 416.11 ya toujours un peu de douleur du côté des articulations; mème état d’ailleurs.
4®7 mai. L'état général est bon, la respiration est moins gênée.
Les pieds et le bas des jambes sont légèrement enflés. La croûte en forme de corne, qui avait succédé à l’ulcération d’un tubercule de la paupière supérieure droite, a légèrement augmenté de volume.
Le 15. L'état général est bon; mais l’oppression est plus grande que les jours précédents.
Ie 17. Le malade est sorti par un temps humide, malgré les recommandations qu'on lui avait faites; les inspirations sont extrêmement pénibles et sifflantes; peut-être sera-t-on dans la nécessité de lui faire la trachéotomie. La face est cyanosée.
Le 18. Méme état général: cependant la face est moins cyanosée; on temporise.
Le 29. Tous les jours précédents, la respiration, quoique très-pénible, se faisait encore suffisamment pour les besoins de l’hématose; mais le matin l'oppression est très-grande.
Le 31. On lui administre un vomitif au sirop d’ipéca, les vomissements sont très-pénibles et l'inspiration des plus sifflantes.
4er juin. L’oppression a été des plus grandes hier, on a dù prescrire 30 ventouses sèches; le pouls régulier et petit, montant jusqu’à 100 puls.
La respiration est toujours longue et rude; de nouvelles ventouses sont prescrites.
Le 2. La nuit a été mauvaise et l’oppression resté stationnaire.
Le 3. Comme l’oppression persiste et que la circulation se fait difficil>ment, ce que l’on voit facilement à la lividité des extrémités et de la:
face, et que la journée d’hier a été très-mauvaise, on lui propose la trachéotomie, qu’il accepte en principe, mais la résistance physique qu'il oppose est telle qu’on renonce à l’opérer.
On prescrit de nouveau des ventouses sèches sur le devant de la poi trine et en arrière ; les ecchymoses qu’elles laissent sont très-foncées et ne disparaissent pas; les extrémités sont froides et le pouls est presque imperceptible.
Le 4. La nuit a été assez bonne; il y a toujours une bien grande oppression. Il s’est fait par les gencives un écoulement sanguin que l’on a dû réprimer avec du perchlorure de fer.
Le 5. Le malade a peu dormi, bien que les étouffements aient diminué; le cornage laryngé est moins intense, le pouls est à 97, et les ecchymoses des ventouses sont moins foncées ; l’hémorrhagie gingivale a reparu pour
.S’arrêler presque aussitôt,
Le 6. On fait dans sa chambre quelques fumigations de benjoin, qui produisent un effet salutaire. L’inspiration est toujours pénible.
Le 8. Le pouls est plein; l'oppression est toujours grande, et la chaleur n’est pas encore revenue aux extrémités.
Le 10. Le malade est à peu près dans la même situation.
Le 14. Tous ces jours derniers son état physique s’est maintenu au même point, et ies fumigations ont produit une expectoration abondante et salutaire.
Le 16. Le mieux continue; la respiration est plus libre et le pouls est tombé.
Le 22. Il est survenu de la diarrhée à la suite d'une trop grande ingestion de fruits ; ce léger trouble du tube digestif semble avoir fait une révulsion salutaire.
Le 23. Le dévoiement a disparu. — Même état d’ailleurs.
Le 26. A la visite du matin on constate un peu plus de cornage que les jours précédents ; la figure est légèrement cyanosée.
Le 28. Même état général; l'appétit est bon.
1°r juillet. Tout s’était passé d’üne manière satisfaisante ces jours derniers; mais ce matin, le malade se plaint d’un léger point de côté à droite. La percussionetl’auscultation n’indiquentrien d’anormal; du reste la respiration se fait aussi bien que possible, malgré l’obstacle apporté par le rétrécissement du larynx.
Le 2. Ce matin il y a plus de tirage laryngé, et il est survenu des petites bulles sur les doigts.
Le 5. [L'état local est à peu de chose près le même; mais l’état général s’est amélioré sensiblement.
Le 6. La température s’étant rafraichie, notre petit malade se sent plus oppressé, et transpire beaucoup.
Le T. Les croûtes des mains et du nez n’ont pas changé d’aspect,
L’oppression augmente, lors du passage du bol alimentaire qui com prime le larynx.
Le 12. Du 7 au i9 juillet, tout se passe aussi bien que possible.
Aujourd’hui les douleurs ont fait une réapparition dans les jambes et les bras.
15, 16, {T juillet. L’état local et général est le même, sauf quelques douleurs erratiques.
Le 20. La voix est toujours rauque, la respiration génée; sensation de fatigue générale.
Le 28. Les doigts sont douloureux spontanément et également au toucher.
Le 30. Les ongles des doigts des pieds sont atteints d'onyæis, qui laisse écouler une sérosité sanieuse; on applique du perchlorure de fer sur ces bourgeons charnus.
(Interruption de l'observation).
22 octobre. Depuis deux jours une douleur vive siége au côté droit de la poitrine; on trouve de la matité à la percussion, et l'oreille n'entend plus la respiration à la base. Les vibrations thoraciques ont disparu, en sorte que l’on est en présence d’un épanchement pleurétique, que l’on traite par les vésicatoires.
Le 28. Toutes les après-midi, depuis cinq jours, surviennent des accès de fièvre intermittente accompagnés de douleurs dans les genoux, et malgré l'administration de 0,735 cent. de sulfate de quinine, la fièvre continue.
& novembre. Une douleur s’est déclarée dans le côté gauche depuis
hier; mais l’auscultation ne découvre rien. Le pouls monte dans la matinée à 96 pulsations. Après deux jours de rémission, la fièvre intermittente s’est de nouveau montrée.
Le 6. Ce matin, il y a eu une syncope qui a duré quelques instants.
Le 7. La syncope d'hier s’est reproduite aujourd’hui, à la même heure qu’hier.
Le 8. Le pouls est à 104; la peau est froide, malgré l’amélioration de la circulation.
Les tubercules des oreilles ont bien diminué de volume ; l’amaigrissement et l'atrophie se prononcent de plus en plus.
Le 9. Légère douleur en dedans de l’omoplate droite; l’auscultation révèle quelques frottements humides. La fièvre persiste et le pouls est à 400 pulsations.
Le 12. La fièvre a cessé et le pouls est tombé à 84 pulsations.
Le 15. Le malade se plaint toujours de son point de côté. Le genou gauche est gonflé et douloureux à la pression, l’atrophie musculaire augmente, et la voix est toujours aussi éteinte que par le passé.
Le 20. Une névralgie intermittente, occupant la partie droite de la tête, s’est déclarée depuis quelques jours.
Le 29. Les symptômes observés du côté du larynx sont plus marqués que ces jours derniers, la respiration est pénible, la voix est éteinte et la toux est fréquente, mais il y a peu de chose à l’auscultation,
& décembre. Après un moment derépit, la gène de ja respiration redevient aussi forte.
Le 8. Amélioration notable.
Le 14 Fluxion inflammatoire du côté du genou, laquelle dure jusqu’au 16 décembre,
Les 20, 21, 22 et 23, Le malade perd l'appétit; ses forces baissent de plus en plus, le larynx est pris de nouveau, et de nouveaux accès de suffocation se déclarent,
1%: janvier 1870. L'état du malade est peu changé, au dire de ceux qui l'ont vu auparavant.
Les tubercules sont affaissés presque partuut, excepté sur le visage et sur le nez, oùils sont ulcérés.
Les symptômes prédominants sont : l’aphonie et la dyspnée.
Dans le courant de ce mois, il a eu plusieurs accès de suffocation, qui ont failli emporter. Mais ce qui frappe le plus la vue c’est son amaigrissement qui l’a réduit à l’état de squelette. La fièvre hectique ne le quitte plus, et on constate vers le soir une recrudescence du pouls.
L'intelligence d’ailleurs est intacte. Les fonctions digestives sont de plus en plus languissantes; on ne trouve pas de sucre dans les urines ; mais quelques traces d’albumine.
10 février. La dysphagie est telle que les liquides seuls peuvent être absorbés ; mais non sans occasionner de la douleur en passant; le malade se plaint de constriction au niveau de la fourchette sternale.
La langue, recouverte de tubercules énormes qui la séparent pour ainsi dire en lobes, est d’une grande sécheresse, et, tant par son volume que par sa rigidité, ne permet plus au malade d’articuler convenablement les sons.
Le sifflement laryngo-trachéal est tel que l’auscultation de la poitrine est impossible.
Les quelques crachats que le malade rend sont opaques et jaunâtres.
Le pouls est petit et à 420 puls.
La diarrhée persiste malgré tous les moyens mis en usage pour l'arrêter.
Enfin il meurt dans le marasme le plus complet.
Nous avons suivi ce malade pendant plusieurs mois; nous étions malheureusement absent quand l’autopsie a été faite par nos amis Grancher et d'Espine, qui ont recueilli les pièces sur lesquelles notre examen microscopique a porté.
Les téguments extérieurs avaient, après la mort, 4 peu près le même aspect que pendant la vie, sauf une diminution dans la coloration. (Nous avons donné l'analyse micros-
copique de la peau, au chapitre de l'anatomie pathologique.)
Poiîtrine. Les poumons sont farcis de tubercules, les uns crus, les autres ramollis, et l’on trouve en plusieurs endroits des cavernes de diverses grandeurs. Il y avait de la pneumonie chronique interstitielle autour des tubercules, principalement aux deux sommets.
Nous renvoyons, pour plus de détails, au chapitre de l'anatomie pathologique, où sont mentionnées ces lésions.
Le cœur ne présentait rien de particulier.
Dans la cavité abdominale, l'intestin grêle seul offrait à l'œil nu quelques ulcérations peu profondes de la muqueuse, avec légère injection péritonéale à leur niveau.
Les altérations des autres viscères sont décrites au chapitre de l'anatomie pathologique.
Le cerveau a été examiné avec grand soin, couche par couche ; nulle part on n’a trouvé de changement dans sa consistance ou son aspect.
Les méninges étaient normales et sans adhérences ni plaques laiteuses.
La moelle était également d’une consistance normale; les racines rachidiennes; d’un beau blanc, sans épaississement des méninges. En un mot, à l’œil nu, les centres nerveux, y compris les ganglions du grand sympathique, étaient tout à fait sains. L'examen microscopique est venu en tous points confirmer cette assertion.
Seuls, les sciatiques étaiént épaissis ; mais sans cependant présenter de tumeurs proprement dites (voir l'examen microscopique qui donne l'explication de cet aspect.)
OBsERvVATION II (personnelle);
Lèpre anesthétique et tuberculeuse.
(Cette observation a déjà été publiée dans la Revue photographique des hôpitaux dé Paris où l’on trouvera la photographie de la main droite du malade,
M.M..., âgé de 32 ans, né à l'ile Maurice, entré le 27 décembre 1868,
He
à l’hôpital Saint-Louis, au pavillon Gabrielle, chambre no 6, service du Dr Hillairet.
Son père et sa mère sont nés dans le pays, mais descendent de Fran- Ççais ; aucun membre de sa famille ne présente d’affection analogue à la sienne, et tous ses frères et sœurs jouissent d’une belle santé.
Il fut élevé à l’île Maurice dans d'excellentes condilions, et ne s’est Jamais alité jusqu’en 1838,
Les premiers symptômes de la maladie, pour laquelle il vient réclamer les soins des médecins français, remontent à une dizaine d'années, et c'est après avoir contracté la gale qu'il s’'aperçut que sur les membres existaient des plaques circulaires rouges, à rebords un peu saillants, avec anesthésie complète.
Jusqu'en 1836, ces plaques augmentèrent en nombre et en dimension; mais, sous l'influence de bains sulfureux et cinabrés, la sensibilité revint petit à petit.
L'état général était satisfaisant. sauf un léger amaigrissement. A la fin de l’année 1855, il quitta le climat de Maurice, dont la température moyenne est d'environ 40° et où les conditions atmosphériques sont très-irrégulières, pour aller habiter la Réunion. Il passa une année dans ce pays, se portant bien. De retour à Maurice, à la fin de l’année 1857, il vit réapparaître des taches anesthétiques avec quelques tubercules sur les mains, lesquels ne tardèrent pas à s’ulcérer en laissant de petites cicatrices kéloïdiennes, que l’on voit encore sur le dos des mains.
De 1857 à 1866, les taches seules font des progrès en nombre et en étendue.
Enfin, en 1866, il vient en France, dans l'espérance de se guérir ; il débarque à Luchon, pour y faire une saison d’eaux, et c’est après ce sé- . jour qu’il nous orrive.
Un certain jour. après avoir fait une saison de 99 bains, il entreprit avec un de ses amis une excursion dans les environs; trois heures de marche en plein soleil amenèrent d’abondantes transpirations, une fatigue excessive et une éruption bulleuse mal déterminée; probablement du pemphigus, qui dura environ un mois.
C'est à partir de ce moment que les tubercules se généralisèrent et s’ulcérèrent par places. Ils furent plus abondants et plus volumineux à la face et sur les parties découvertes ; la langue et surtout le voile du palais en étaient parsemés,
La conjonctive prit alors cette teinte bistre si remarquable et si pathognomonique ; la cornée était saine.
La voix qui, jusqu’au mois d'octobre 1868, était normale, devint rauque à la suite d’un refroidissement.
Actuellement son état général est aussi bon que possible; l’appétit est satisfaisant, toutes les fonctions se fon{ bien et la force musculaire est bien conservée. A son entrée à hôpital Saint-Louis, les tubercules des mains élaient ulcérés : Mais, sous l'influence du traitement tonique général ainsi que des pansements faits avec la poudre de quinquina, la
cicatrisation s'opère et laisse, sous les croûtes, des cicatrices que l’on voit encore sur le dos des mains et sur la partie inférieure des avant-bras,
Le Le février, on lui enlève un tubercule volumineux sur le bras droit ; au bout de quelques jours, la cicatrisation est parfaite. Vers le 11 février, la peau de la face et des membres se congestionne; la langue devient saburrale et le pouls s'élève. Alors le 12, on voit apparaître une éruption de variole, qui marche rapidement. Elle présente ceci de particulier que, sur les tubercules, les pustules sont confluentes et se réunissent ; dans les intervalles, les pustules offrent leur aspect ordinaire.
Le 15. Les pustules se dessèchent et semblent entraîner ur commencement d’atrophie des tubercules, excepté sur les membres où la dessication est plus lente.
Le 23. L’aplatissement s’accentue, surtout à la face.
16 mars. Lymphangite et adénite axillaire du côté droit avec rougeur partant du tubercule enlevé ; petite plaque d’érysipèle.
Pendant le mois d'avril, rien de nouveau.
Au mois de mai, on lui applique du collodion sur le dos de la main, pour tâcher de déprimer les tubercules et faciliter leur résorption. Les espérances que l’on avait fondées sur ce médicament ne sont pas couronnées de succès. On lui fait prendre des bains hydrofères au bi-carbonate de soude, jusqu’au 28 mai, et, au mois de juin, il nous parle d’une huile employée dans l’Inde contre cette affection (intus et extra). On le soumet à cette médication, en laquelle le malade a la plus grande confiance. Par son emploi, les tubercuies paraissent plus rouges et jouissent d’une vitalité plus grande.
Enfin, dans ces derniers jours, nous le soumettons à des badigeonnages quotidiens d’une solution d’acide phénique qui semble produire un affaissement réel des tubercules. |
Les mains et la partie inférieure des avant-bras portent de nombreux tubercules de tout volume et de toute forme. Les uns se sont ulcérés et ont laissé des cicatrices blanchâtres ou bistrées; les autres se sont fondus avec leurs voisins pour donner à la peau une consistance indurée, en englobant par leur altération de voisinage les restes de peau saine.
A une certaine époque, le dos des mains ne formait qu’une vaste plaie, due à la réunion des ulcères développés aux dépens des tubercules. Ces ulcérations ont laissé un tissu cicatriciel qu’il est impossible de rider.
Çà et là, sur les doigts, la face dorsale des mains et la face interne des poignets et des avant-bras, on voit des tubercules à différents degrés de développement, avec coloration bistre spéciale et anesthésie complète.
La peau des mains est transparente et offre un réseau sanguin très-développé, caractéristique, que l’on retrouve toujours sur les tubercuies arrivés à un certain volume. Ce réseau offre la plus grande analogie avec les dilatations variqueuses des capillaires de la peau, des pommettes de vieillards à figure congestionnée.
Lamblin. 8
em. A4 re
L'épiderme des mains est devenu très-mince et les saillies papillaires ont diminué de hauteur, en sorte que la peau a acquis une grande douceur, tant à la face dorsale qu’à la face palmaire.
Les doigts présentent de volumineux tubercules, au niveau des phalanges.
Presque tous les ongles sont malades et offrentles différentes altérations que l'on rencontre dans l’onyxis consécutif au développement et à l’ulcération d'un tubercule léprèux, au-dessus de la matrice unguéale.
Leur vitalité, profondément troublée, se traduit par un aspect terne, rugeux, avec présence de rayons longitudinaux.
Celui de l’aunulaira de la main droite, qui est le plus compromis, a déjà subi un commencement d’exfoliation, consécutive à la présence d'un tubercule sous-unguéal.
Celui du médius de la même main n'existe plus que sous forme de petites écailles noirâtres n’adhérant que par un point de leur circonférenco et donnant au doigt un aspect bizarre.
C'est en 1865 qu’un tubercule analogue à celui qui soulève l’ongle de l'annulaire s’est ulcéré et a détruit la matrice de cette annexe de l’épidorme,
La paume des mains ne présente que quelques tabercules vers le rebord eubital, dont la saillie est bien moins prononcée par suite de l’atrophie des museles, Les veines sous-cutanées, à peine visibles en bonne santé, sont ici devenues très-apparentes par suite de la finesse et de la transparence de la peau. |
Voici quel est l’état du malade à un an de distance.
L'état général semble satisfaisant et le sujet a conservé toutes ses forces ; la figure, les mains et les avant-bras sont légèrement amaigris ot l'atrophie musculaire des éminences thénar et hypothénar a fait des progrès.
Les fonctions Ss’exécutent parfaitement; l'appétit est conservé. La respiration est ample, et la voix, très-altérée, par Suite de productions tuberculeuses développées sur les cordes vocales, a repris à peu près son timbre normal.
Los muqueuses du nez et de la bouche ont recouvré leurs facultés olfactive et gustative, Il n’y a plus de saignements de nez ni de croûtes dans les fosses nasales.
La figure, qui portait d'assez volumineux tubercules, sur le front, le nez et les joues, n'offre plus à présent que des taches bistres avec un léger épaississement de la peau dans les points où il y avait des tubercules,
Le nez est bien moins épaté et les oreilles sont moins volumineuses.
Le corps est toujours à peu près dans le même état, c’est-à-dire moucheté des taches d’une nuance bistre, qui tranchentsur la coloration de là peau des parties voisines.
Le bras droit n'offre qu'un petit nombre de taches et quelqués cicainices dues à la eautérisation par l'acide phénique à 20 0/0. Au bras gauche, elles sont en plus grande abondance. Les coudes présententun
— A5 — épaississement de la peau, avec squames blanchâtres, mais non brillantes et micacées comme celles du psoriasis,
Tous les tubercules qui étaient si nombreux et si développés à laface externe des avant-bras se sont affaissés ; quelques-uns ont laissé des cicatrices; les autres sont restés stationnaires, mais il ne s’en est pas montré de nouveaux.
La peau présente en certains points une induration avec anesthésie.
Le dos des mains ne porte plus de tubercules saillants; mais la peau a une grande épaisseur, due à l’infiltration de son tissu par la matière tuberculeuse. Çà et là, on voit des croûles noirâtres qui sont consécutives à la cautérisation et à l’ulcération de la peau par l'acide phénique.
Les doigts sont à peu près dans le même état qu’autrefois. Cependant les ongles semblent avoir repris un peu de vitalité.
La paume des mains est peu modifiée.
Sur les membres inférieurs, on peut constater les particularités suivantes : sur les cuisses, il existe des taches et des cicatrices assez larges ; au niveau de la rotule droite, il y a une très-vrande cicatrice blanche et non adhérente aux parties sous-jacentes.
Les ulcérations qui s'étaient développées sur les jambes se sont cicatrisées, et il ne reste plus que quelques croûtes noirâtres comme trace de leur passage. La peau a acquis un épaississement el une dureté considérables ; il est impossible d’y faire un pli en la pinçant; elle est envahie profondément, son aspect extérieur a changé, elle est devenue chagrinée; ses sécrétions se font mal, etelle ressemble, par sa résistance, à celle d’une personne atteinte de sclérodermie.
Ces changements sont survenus après un an de traitement par l'huile de Chaulmoogra, aidée de badigeonnages avec l’acide phénique, qui déterminaieht l’ulcération et la fonte des tubercules. C’est surtout du côté du larynx et de la figure que les bons effets de ce traitement sont faciles à constater.
Voici le résultat de l'analyse microscopique, faite par Ranvier, du tubercule enlevé au malade par notre ami Gillot, et qu’il a consigné dans sa thèse sur le mycosis fongoïde (page 71).
« Ce tubercule lépreux est constitué par un üssu gris, vasculaire ; il forme une masse bien limitée au milieu du tissu adipeux circonvoisin. Il se décompose lui-même en une série de lobules séparés par des travées de tissu connectif, contenant les cellules adipeuses.
« Ces lobules sont formés par une agglomération de cellules extrèmement variées de forme : les unes sont rondes, d’autres ressemblent à des blocs irréguliers ; certaines sont fusiformes ; quelques-unes sont étoilées, la plupart ont 0®®, 05 à 10®%,02 de diamètre.
« Enfin, on trouve au milieu d'elles de grandes cellules ayant Omm, 03 à gum, 84 chargées de noyaux ;.celles-ci sont en tout semblables aux cellules mères de la moelle des os, Il n’y a aucune substance interposée entre ces différentes cellules ; elles se touchent d’une manière intime.
« Les vaisseaux qui sillonnent le tissu morbide ont une paroi épaisse,
non embryonnaire: ce caractère pourrait servir à faire distinguer les tubercules de la lèpre des tumeurs sarcomateuses. »
Ogservarion III (personnelle).
Lèpre tuberculeuse et anesthétique.
(Hôpital Saint-Louis, pavillon Gabrielle, service du D' Hillairet.)
M. R... (Emile), 42 ans, miroitier, demeurant rue de Provence, 45, né à Nice de parents n'ayant jamais quitté Nice, marié et sans enfants.
Son père aeu des manifestations scrofuleuses ; sa mère, morte jeune, n’a jamais présenté du côté de la peau d’accidents semblables aux siens; il est l’ainé de huit enfants qui n’ont jamais eu d’affections cutanées.
Sa constitution est assez forte; le teint est coloré; les cheveux sont noirs. Il n’a jamais été malade sérieusement; maisilest très-sujel aux névralgies.
C’est à l’âge de 35 ans qu’il vit apparaître des taches sur les bras et Le tronc; elles étaient d’un jaune vert foncé, sensibles et sans rebords saillants. Elles fixèrent peu son attention jusqu’à l’âge de 40 ans.
C’est à cette époque, qu’à la suite d’une libation, les tubercules commencèrent à se développer, surtout vers le rebord interne des sourcils; ces tubercules étaient assez volumineux pour déformer les traits et donner à la physionomie l’aspect léontiasique. Il en est survenu presque en même temps trois autres au coude, du côté gauche et un autre petit à l’avant-bras, du même côté. Le reste du corps était indemne de tubercules.
L'état général était assez satisfaisant; cependant lemalade éprouvait des lassitudes, se fatiguait vite et comme, à cette époque, ses occupations nécessitaient de fréquentes courses au soleil, provoquant d’abondantes sueurs suivies bieniôt d’une réaction de fraicheur , nous ne serions pas éloigné de penser que ces impressions ont été pour quelque chose dans la poussée tuberculeuse.
Les tubercules se généralisèrent bien vite et envahirent la figure, les paupières, le nez, le menton et les oreilles.
Nous allons passer en revue ses fonctions individuelles ; puis nous décrirons les anomalies où changements qui se sont opérés dans ses fonctions encéphaliques, pour terminer par un coup d’œil sur son habitus extérieur.
Circulation. — Le artérielle. Le pouls est régulier.
Le cœur n’est pas hypertrophié ; ses battements sont normaux et on n'entend pas de bruit de souffle.
2 La circulation veineuse se fait bien ; on ne constate aucune varice sur les membres inférieurs ; lesang, examiné au microscope, n’est pas altéré sensiblement.