‹ Étude sur la Lithiase PancréatiqueChapitre 10 sur 49 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

C’est de Graaf, en 1667, qui le premier découvrit des calculs dans le pancréas: il en rapporta 2 cas.

Succédèrent ensuite les observations de Merclimus (1676), de Bonet (1700), de Morgagni (1765), de Cowley (1788).

Mais c’est surtout depuis 1850 que la lithiase pancréatique a commencé à être bien étudiée au point de vue clinique et thérapeutique. Fauconneau-Dufresne en rassemblait 7 cas en en 1856. Ancelet dans ses Etudes sur les maladies du pancréas, réunit 16 cas. Lanceraux, en 1892, en dénombre 40 et fait une description magistrale de La colique pancréatique. Son élève Thiroloix réalise expérimentalement la formation de calculs dans le pancréas.

Lussac, dans sa thèse (1901), fait une revue générale de la question.

Lazarus (1904), auteur allemand, publie un travail remarquable et complet sur la lithiase du pancréas et en réunit 80 cas.

Dès cette époque, la lithiase pancréaiique a pris corps comme entité clinique; la radiographie vient apporter son aide précieuse et révélatrice au diagnostic;

As enfin les travaux chirurgicaux permettent, dans certains cas, une thérapeutique active.

Mayo-Robson propose la radiographie en 1904 en constatant que les calculs retirés du pancréas sont opaques aux rayons X; les premiers clichés obtenus furent ceux de Pfôringer (1912) ; Béclère, en France, en met au point la technique; Lacouture et Charbonel posent, les premiers, le diagnostic radiographique de calculs pancréatiques. La première opération est (faite par Pierce Gould (1904) puis vinrent les travaux chirurgicaux de Mayo-Robson, de Moynihan, de Murray. En 1921, Duval et Gatelier étudient les formes cliniques et les indications opératoires. En 1924 est publié le traité de Calvarazza sur les affections du pancréas où il est fait une place importante à la lithiase.

Depuis 1925 les travaux publiés sont nombreux : nous citerons les observations et les indications opératoires de J. Quenu et Jacquelin (1927), les études chirurgicales de Brocq et Migignac, de Okinezic et Aurousseau, enfin le rapport très complet du Congrès de Chirurgie de Québec (1934) de À. Cade, de P. Ravaud et R. Cade.

À propos de deux cas, Chiray et Bolgert ont pu apprécier la valeur de l’épreuve de la sécrétine dans les insuffisances pancréatiques.

Nous mentionnerons particulièrement les travaux de Marcel Labbé qui ont trait aux troubles de la glycorégulation au cours de la lithiase pancréatique :

M. Labbé et Vitry (1910), À propos d’un cas de li-

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thiase pancréatique avec diabète: Lithiase pancréatique et diabète, M. Labbé (1936).

Enfin nous citerons les thèses de V. Thénoz (Bordeaux 1934), Vassileff (Lyon 1935), Carieret (Paris 1956) et Bioy (Paris 1937).

ETIOLOGIE ET PATHOGENIE

La lithiase pancréatique est une affection rare et, bien que dans ces dernières années les progrès de la chnique et de la radiologie en aient favorisé le diagnostic, le total des observations publiées dépasse à peine 150.

A l'Institut Pathologique de Leipzig, Moeckel n’a trouvé de calculs pancréatiques que 6 fois sur 24.314 autopsies. Simmonds, de Hambourg, sur une statistique portant sur 36.000 observations, n’a noté que 19 cas de lithiase du pancréas.

Carteret, dans sa Thèse (1936), a réuni toutes les observations parues depuis 1900 et en a indiqué les cas opérés et les résultats immédiats. Il arrive, en trentecinq ans, au total de 70 cas.

C’est une affection de l’âge moyen de la vie, les trois quarts des cas se répartissant entre trente et cinquante ans. Dans la statistique portant sur 102 cas pu-

bliés par Bioy (Thèse 1936) :

dans 15 cas le malade avait moins de 30 ans, dans 64 cas le malade avait entre 30 et 50 ans, dans 23 cas le malade avait plus de 50 ans.

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Dans ces dernières observations, l'apparition des premiers symptomes était très antérieure à la date de la découverte de leur lithiase.

C'est une affection deux fois plus fréquente chez l’homme que la femme (68 %).

Le mode de formation et les causes des calculs pancréatiques ont été discutés et les travaux expérimentaux, tout en apportant leur aide précieuse, n’ont pas tranché la question d’une manière définitive.

La simple ligature des canaux pancréatiques chez le lapin n'entraîne pas la formation de calculs (expériences de Arnozan et Vaillard, de Senn, de Pawlow, de Lazarus, de Mouret) mais une simple sclérose du parenchyme.

Thyroloix obtient la formation de calculs par l’in- Jection de noir de fumée aseptique dans le Wirsung.

Lazarus démontre qu’il faut, pour le déclenchement au processus lithiasique, que s'ajoute à la ligature des canaux une infection de ces canaux pancréatiques.

Cette théorie infectieuse a été confirmée par les travaux de Giudiceandrea qui a retrouvé à la coupe des calculs des colibacilles et d’autres microbes.

Cependant 1l semble que l'infection associée à une stase dans les canaux ne suffirait pas à expliquer la genèse des calculs. Nous n’en voulons comme exemple que la rareté de la lithiase du pancréas comparée à la fréquence relative des pancréatites chroniques. Il faut donc aussi une prédisposition du terrain.

Les calculs formés oblitérant plus ou moins le canal de Wirsung, aidés par l'infection concomitante entrai-

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