PEUT-ON PARLER DE QUININO RÉSISTANCE
Avant de soulever cette question, il faut savoir comment se comporte la quinine.
Ici aussi bien des hypothèses sont soulevées :
1° Pour certains, les parasites sont modifiés directement ou indirectement par la quinine, de telle façon qu'ils ne produisent plus de principes toxiques tout en conservant leur vitalité et leur pouvoir de multiplication ;
29 Pour d’autres, la quinine n’agit pas seulement comme parasicticide, mais comme antito-xique direct.
3° Pour d’autres enfin, considérant surtout des données cliniques, admettent que ces symptômes cliniques ne dépendent pas de l’action directe des toxines parasitaires, mais des produits de réaction de l'organisme — la quinine empêcherait cette réaction.
Quoiqu'il en soit — devant la multiplicité de ces hypothèses —— nous ne savons pas exactement comment se comporte la quinine dans le paludisme — c’est avant tout une médication empirique, dont nous ne constatons que les résultats heureux. Pourquoi est-il des parasites qui survivent à son action ?
Comme nous savons que les plasmodium ont une affinité particulière pour les capillaires des viscères, il faut penser que les rechutes tardives par la persistance
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du parasitisme, sont dues à des formes qui n'ont pas été suffisamment touchèes par la quinine pendant le traitement et ainsi, nous comprendrons mieux ce cas, cité par Lamoureux en 1911, d’un vieux paludéen atteint, de fièvre tierce bénigne et qui pendant deux ans prit des petites doses de quinine, sans noter la disparition du paludisme — il suffit alors de fortes doses pour faire disparaître la température — il ne s'était donc pas formé de race résistant à ce médicament.
Nous admettrons aussi que chez un paludéen, traité dès le début et rapatrié, la longévité sera d'autant plus faible que les infestations antérieures auront été moindre et que le climat sera venu compléter les bienfaits de la quinine.
PonNTANO au Congrès du paludisme de 1930, admet qu'il puisse exister des formes quinino resistantes quand ces parasites naissent dans un milieu quiniques pas très toxique — quand le malade prend de faibles doses de quinine — c'est bien là un cas de résistance relative, mais l’auteur nous dit aussi qu'il n’a jamais vu de souches résistant à des doses de deux grammes et demi de quinine par jour.
Aussi, serait il bon de penser qu'un traitement quinique qui n'est pas dès le début régulier, systématique et où de fortes doses ne sont pas données de temps à autre pour atteindre les hématozoaires hébergés au fond des organes, seront des cas en faveur d’une longévité anormale des parasites, surtout si d’autres facteurs qui vont mettre en Jeu les forces de l'organisme ne viennent pas compléter cette cure imparfaite.