‹ Étude Sur La Longévité Des Parasites Du PaludismeChapitre 8 sur 39 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

En nous proposant au cours de ce travail de faire l’étude de la « longevité des parasites du paludisme », qu’il nous soit tout d’abord permis de faire un pas en arrière, et de voir ce qu’autrefois on pensait d’une affection qui fut longtemps mystérieuse et particulièrement redoutée. Longtemps avant l’avènement des recherches microscopiques, les fièvres paludéennes étaient isolées des autres fièvres et caractérisées par des dénominations qui variaient d’un pays à un autre, d’une époque à une autre. — Elles sont représentées de tout temps comme un fléau de l'humanité, elles figurent même parmi les plus terribles, c’est ainsi qu’elles nous sont dépeintes dans le Deutéronome ; et n’étaient-elles point un fléau des plus redoutables, puisque Jehova en châtiait les hommes.

Si on s’en rapporte à certains auteurs grecs et latins, on voit que les anciens guerriers partant en lutte avec d’autres peuples, redoutaient particulièrement les campagnes qui allaient nécessiter de leur part un séjour sur «le bord des marais ». Ils craignaient la fièvre, mais aussi ses suites, car ses manifestations se faisaient sentir pendant longtemps quand ils revenaient dans leurs foyers. Le «quartana le teneat » des latins prouve déjà que parmi

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ces fièvres, il en était une, qui non seulement avait des caractères qui lui étaient propre — quartana — mais encore qu'elle était, plus redoutable, car plus tenace — te teneat — Et nous comprenons ainsi toute la malédiction que pouvait exprimer une telle expression calomnieuse.

Au seizième siècle, nous lisons un récit du célèbre peintre Albert DURER, atteint de « malaria», contractée au cours d’un voyage qu'il fit en 1520 à travers la province de Zélande. Cette maladie ne le quitta plus, vu qu'il en mourut huit années plus tarden 1528. N'écrivaitil pas dans son journal «...quand j'étais en Zélande je fus pris par un mal étrange dont j'avais entendu parler, et cette maladie, je l’ai encore. », il décrit ses accès de fièvre qui toujours le laissaient dans un état d’apathie générale, et si on s’en rapporte à ses livres de caisse, on y voit que les frais de médecin et d’apothicaire allaient sans cesse en augmentant. Dans une lettre adressée le 4 septembre 1525 au Prince Electeur Albert de Mayence, il lui faisait savoir que cette année il adressait à temps son envoi à Sa Grêce avant de devenir malade. Il prévoyait les rechûtes, c’est qu'il dut souvent les connaître.

De nos jours, le paludisme, fièvre bien individualisée, due au parasitisme du globule rouge par l'hématozoaire que le professeur LAVERAN découvrit en 1880 est très souvent considérée comme une maladie qui laisse toujours quelque chose derrière elle, fut-elle même traitée convenablement. Telle est l'opinion, très répandue dans les milieux d'anciens coloniaux, souvent rapatriés depuis de nombreuses années. Ils rapportent souvent un

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