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val et le fit soudain se cabrer. L'homme fut ainsi renversé et traîné à terre, car il tenait toujours les rênes. Quand le train fut passé, et que le cheval fut calmé, le malade se remit sur pieds mais s’aperçut qu’il ne pouvait abaisser son bras le long de son corps sans provoquer une douleur excruciante. ll le maintint donc au-dessus de sa tête et ramena le cheval en tenant les rênes dans sa main gauche. C’est ensuite qu'il vint à l'hôpital comme nous l'avons décrit plus haut.
Le diagnostic de luxatio erecta fut facile. — En mesurant la distance de la pointe de l'acromion jusqu’au condyle de l’'humérus, de chaque côté, je trouvai une augmentation de longueur de 1/2 pouce (0 m. 0125) (le pouce anglais — 0 m. 025) du côté lésé, les longueurs étant respectivement de 12 pouces 1/2 et 12 pouces.
Sachant qu’une telle condition constituait une exception dans l’ensemble des luxations, je pratiquai quelques mensurations, et demandai ensuite à l’infirmier d'appliquer luimême le ruban métrique, dans le but de confirmer cet état de choses anormal.
J'essayai de réduire la luxation sans chloroforme; mais, la douleur fut alors trop violente. Un anesthésique fut administré et la réduction s’obtint alors facilement.
La rareté de cette lésion, la clarté de son étiologie, et l’observation de l'accroissement de longueur du membre au cours d’une luxation sont mes excuses pour publier ce cas autrement peu intéressant.
OgservarTion VIII
Luzxatio erecta.
Vauaaan (de Washington). Americ. Journ. Med. Sc. Philadelphia and New-York, 1905, n. s., 1,711.
L'intérêt du cas suivant réside dans l'extrême rareté de la luxatio erecta, variété de luxation sous-glénoïdienne.
J. M., blanc, mâle, âgé de 60 ans, tenancier d’un bar, était admis le 4 octobre 1903, au Georgetown University Hospital, venant justement d'être blessé par le choc d'une voiture publique.
A l'examen, on observait que le coude gauche du malade était dirigé en haut, suivant un angle de 45 degrés, l’avantbras était fléchi, et la main pendante, de telle sorte que sa face dorsale était tournée vers la face du malade.
Le malade ne pouvait abaisser le coude, même dans une position horizontale, quoique celui-ci pouvait être amené en dedans, vers la tête, dans une position verticale, et ce, sans douleur.— L'avant-bras fut placé par moi sur le sommet de la tête du patient et ainsi fut réalisée l'attitude typique d'un cas de luxatio erecta. La tête de l'humérus était facilement palpée dans le creux de l'aisselle.
La réduction fut obtenue sans peine, après environ une minute d'extension, en saisissant le bras avee la main droite juste au-dessus du coude fléchi, dirigeant l'extension en haut et légèrement en dehors, pendant que les doigts de la main gauche poussaient vers le haut la tête humérale.
Aucun anesthésique ne fut employé et les manipulations furent pratiquées avec peu ou pas de douleur.
Le nialade fut examiné une dernière fois le 4 novembre, un mois après son accident. L'abduction du bras se faisait normalement et l'adduction était si facile qu'il pouvait placer ses doigts sur l'épaule opposée. La flexion des doigts était possible, mais la préhension était excessivement faible : l'extension des doigts ou du poignetétait impossible ; c'était un « poignet tombant » très prononcé.
Le malade disait percevoir un léger engourdissement au niveau des doigts, quoique les piqûres d’épingle n'aient montré aucune différence entre les 2 mains. La flexion et l'extension de l’avant-bras, ainsi que l’abduction et l’adduction du bras s’exécutaient bien.