PRÉFACE
. Plusieurs années de notre vie d'étudiant se sont écoulées dans les asiles de province, et, quoique la plupart du temps, sans guide, nous nous sommes attaché à l’étude des maladies mentales. Nous souvenant de la maxime d’'Esquirol : « Il faut aimer les aliénés pour être digne et capable de les servir » (1), nous avons commencé par aimer les fous avant d'essayer de les comprendre. Rien de ce qui les touche ne nous a été indifférent ; et si, dans. cette étude consacrée plus spécialement à la lypémanie anxieuse, nous avons effleuré, à propos du traitement et de l'assistance médicale, un point de déontologie, c’est que, en même temps que nous étions frappé des lacunes “et des vices des établissements hospitaliers où ils sont maintenus, nous nous sommes senti parfois douloureusement touché par le spectacle de certaines négligences et de certains abus. à
On ne s'initie pas facilement seul à une science aussi complexe que la psychiatrie. On ne s'y prépare que difli-
cilement au sein des Facultés de médecine, où l’on acquier
a) ESQUIROL, Maladies ‘mentales, 1838.
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des habitudes d'esprit très utiles, mais souvent insuffi- LEA
santes en elles-mêmes pour Pexploration du domaine de
la folie, de la psychologie morbide, si incertain, si mou-
vant et si indécis dans ses limites. Aussi les aliénés sontils restés longtemps pour nous autant d’énigmes. Nous nous sommes instruit en quelque sorte malgré nous, en
vivant au milieu d’eux, en écoutant fleurs doléances, en.