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treprise ne réussit pas , et elle reçut des reproches de sa mère. Quelque temps après sa mère vient à mourir, ce qui la plonge dans un abattement profond, ayant du
. toutes les grâces dont j’ai abusé. »
Telle est la substance de Tinterrc^atoire subi lors
» pénitence. » — D. Vous avez donc une grande confusion d’idées. — ■> iî. Ce qui est beau me fait peur, •parce que cela me représente le Ciel, que j'ai perdu.
» que je n’aime personne, pas même Dieu , à qui je dois . tout, je connais bien les personnes que je devrais ai-
• mer, mais je ne puis le faire. » — D. Sur quels sujets vos idées se portent-elles habituellement ? — R. « C’est » un va et vient perpétuel sur les mêmes sujets ; car je
• demande des prières pour débrouiller tout cela , j« » suis anéantie au physique comme au moral ; c’est un être mort qui vous parle. • — Elle nous implore de nouveau afin que nous intercédions pour elle auprès
d’un cercle brunâtre. Très-impres-sionnable , elle tremble quand on l’approche , car tout ce qui se fait autour d’elle lui semble une punition de ses crimes ; elle a toujours l’air, quand on lui parle, de sortir d’un assoupissement profond , et elle répond lentement aux questions qu’on lui adresse. D’après le récit de sa sœur, elle a toujours été très-pieuse. Dernièrement elle a voulu se confesser, mais n’a pu rassembler ses idées. Elle a conservé la mémoire , car au dire de sa sœur elle se rappelle des faits de dix ans. Commeon le voit, c’est un vrai type de mélancolie.
M“® M. .., femme V. .., 27 ans.
Le mari de cette malade interrogé , raconte que depuis cinq ans sa femme est poursuivie d’un grand ennui qui se traduit quelquefois par des tentatives de suicide ; ainsi elle a voulu s’étrangler. — En même
• c’est mon élément qui me fait marcher.»
Comme on le voit, les conceptions délirantes sont très-variées, mais il en est quelques-unes qui se représentent plusieurs fois à son esprit. Ainsi, souvent elle répète: «Il faut que je souffre pour mourir et
Elle répète que sou mari était carliste , c’est pourquoi on l’a assassiné. Elle ne veut pas qu’il ait été ébéniste , mais bien grand commerçant. « Nous avions, » dit-elle , de grands magasins , de la fortune en nous
M“' F . . . , âgée de 28 ans , coutnrière , atteinte de mélancolie avec penchant au suicide ; telle est la teneur de son certificat d’entrée à l’hospice.
Cette malade, belle encore par son âge et malgré ses malheurs , est d’un tempérament bilieux nerreux. Les chereux sont d’un brun foncé , les sourcils et les
cils nettement accusés et de même couleur, abritant un œil faure, empreint d’une certaine énergie et qui a dû posséder une grande volonté ; la peau est blanebe et tout l’extérieur du corps revêt bien les formes féminines, même les plus délicates. Quelques poils assez abondants et durs sur la figure, impriment à la physionomie , dans certaines expressions de l’âme , un cachet de dureté qui ne bii est pas habituel. — Cette femme est de nature douce et impressionnable.
Quinze jours après son entrée , 6 avril 1 855 , elle est toujours dans le même état , et de plus notée comme dangereuse. Interrt^ée à pfosieurs reprises , depuis qu’eue est soumise à l’attention des médecins, elle a toujours fourni à Texamen les mêmes résultats, expliquant son état avec une grande lucidité, qui dénote une intelligence étendue , et qui pour un homme inexpérimenté ferait douter de son dâire-
.4 l’heure qu’il est , 20 avril , son état est toujours le même ; mais pour trouver la cause de son état mental , la généalogie de son délire, il est nécessaire de prendre son histoire de pins haut.
D’après les renseignements , ü n’y a pas d’antécédents héréditaires. — La mère était la cadette de onze entants , et eut elle-même six filles; Séparée de sa mère dès le berceau, elle fut élevée pm- une personne étrangère, mais amie de sa mère; elle fut entourée de soins et d’égards, jusquesau moment (A sa mère adoptive, veuve, vint à se remarier. Cette circonstance
bientôt dans la maison qu’elle avait quittée , pour s’occuper de couture jusqu’à l’âge de quinze ans, époque où elle contracta , pour le fils de la maison , une passion qui , dit-elle , devait faire son malheur. Ici, rien de remarquable ; elle quitte alors de nouveau la maison adoptive de M. V - , à la sollicitation de ce der¬
nier, qui craignait ae voir se développer le germe d’une passion qu’il ne voulait pas encour^er.
MUv F... rentre alors chez sa mère et travaille à la couture. Deux ans plus tard, elle se donnait à M. V... fils; elleavait alors 17 ans....
Jeune , belle , pleine d’illusions , elle aimait cet bomme par-dessus tout, et espérait devenir sa femme. Les choses marchèrent ainsi pendant quelques années, alimentées par les désirs d’une passion jeune, pleine de sève et de vigueur, et basée sur l’espérance d’un avenir sérieux, quand MD" F..., de nature essentiellement mélancolique, devint tout à coup jalouse de son amant. Son premier soin fut de cacher en elle-même et de dissimuler ce sentiment naissant; mais des soupçons plus forts germèrent dans son esprit, par cette
mais elle préféra se venger, et sachant que son amant, quoique libertin, étaittrès-jaloux et l’aimait néanmoins beaucoup, elle conçut le projet de se donner, ostensiblement et sous ses yeux, à un autre homme. Deux mois plus tard elle était enceinte d’une petite fille qui
a maintenant huit ans. M**® F avait alors vingt-
deux ans. Sa grossesse, qu’elle était obligée de cacher à tous les yeux , est excessivement pénible ; elle travaille joW et nuit pour vivre ; son existence se passe
qa’eile est assaillie par de sombres terreurs , et tente de s’empoisonner avec de la morphine. Son accouchement a lieu dans les larmes, et bientôt une phthisie se déclare chez elle; elle quitte brusquement le père
mentale coïncide, comme on le verra du reste encore par la suite, avec la marche de sa phthisie.
De retour d’Angleterre après un an, sa santé est chancelante ; son mal de poitrine l’avait sensiblement changée, quand elle entra comme couturière à la mai-
dont je ne puis sortir. Par moments j’ai devant les yeux quelque chose qui papillote , des moucherons ; je ne sens rien, et je comprends pourtant que si cette préoccupation s’en allait, je serais, guérie. — Elle est d'une insouciance épouvantahle à l’égard de ce qui l’entoure. La maison s’écroulerait, dMIe, que je ne bougerais seulement pas ; je verrais mon père mourir, ma mère, mon enfant, sans verser la moindre larme, sans douleur .
Par intervalle, dans son récit elle pleure cependant; Je suis anéantie, accablée; si je ne me forçais, je resterais éternellement accroupie dans un coin. Par moments je voudrais être couchée, d’autres fois je redoute le lit.
Pendant les quatre ou cinq premiers mois de son séjour à la division, elle a eu peu de sommeil ; toutes ses nuits étaient agitées ( malgré 1 0 centig. d’opium); on loi mettait la camisole, vers le matin elle était assoupie, paresseuse.
Dans les reins, j’ai comme les os qui craquent, dit-elle, par moments. Je déteste tout le monde, tout le monde me déplaît; je suis jalouse, je crois que mes parents sont contents de me voir dans cet état ; si je parle, c’est par ennui, par désœuvrement, mais rien ne vient du cœur. .Autrefois j’avais peur des souris , maintenant plus; avant je m’effrayais de tout, j’étais
maintenant sortirai pas
delà; mais je crains Dieu, et pour cela je né me ferai point (le mal. (La santé physique est bonne en ce moment, si ce n’est qu’elle a depuis trois mois des flueurs blanches. )
Il y a trois ans , pour la première fois, dit-elle, qne j’ai eu l’idée de faire mal à ma fille ; sans savoir
cela je ne pourrais -vivre ; Je là retiens , elle est inséparable de mon mal.
Tel est l’état de M“' F... à son arrivée , et six mois après son entrée à l’hospice. -4u moment où nous sommes (août 1855 ) elle a la mémoire très-bonne , elle se rappelle les moindres détails de son enfance. 11 n’en étoit pas de même les premiers jours de son entrée. 11 y a deux mois , elle a fait, en avalant un sou , une nouvelle tentative de suicide.
L’état de cette malade ne s’est pas amélioré du tout, à partir de ce moment ; elle a maigri ; par moment elle crache le sang. Enfin , elle succombe le 5 mars 1856 à sa phthisie pulmonaire. .4 l’autopsie on trouve des cavernes dans les poumons, des traces de péritonite , i’œdème des membres inférieurs , la présence de l’albumine dans les urines , et l’altération des reins qui dénote une maladie de Bright.
D’après les observations qui précèdent, nous trouvons la tristesse et la crainte occupant toute la scène. Si nous observons l’attitude, l’aspect général , nous voyous qu’il y a harmonie parfaite entre le corps et
Certains mélancoliques ressemblent à des animaux à sang froid, à des pierres ; on dirait que la chaleur et la vie se sont retirées d’eux ; il semble que dans tout le corps, les solides et les liquides augmentent de densité, que la créature se densifie, se tasse sur ellemême, se ratatine, et doit occuper le moins de place possible dans l’espace. L’altitude du malade est toute particulière; le plus souvent il est accroupi les jambes fléchies et croisées l’une sur l’antre, les cuisses serrees ou rapprochées, le tronc demi-fléchi sur le bassin, les bras portés vers la poitrine, les avant-bras et les mains dans la pronation, les doigts crispés plutôt que fléchis, la paume des mains tournée vers la terre la tète demi penchée sur la poitrine et librement incbnee soit a droite, soit à gauche. Tous les muscles du corps sont dans une demi-contracture permanente les fléchisseurs surtout ; ceux de la face sont comme cris tiraillés et donnent à la physionomie un cachet de durete particulier ; les muscles sourciliers, contractés
d’une manière permanente , semblent cacher l’œil et augmentent sa cavité ; les arcades sourcilières proéminent en avant, deux ou trois plis verticaux séparent les deux sourcils. La bouche est fermée en ligne droite, il semble que les lèvres ont disparu, les ailes du nez paraissent grandies, l’orifice nasal dilaté; le sillon naso-labial est plus apparent, les joues sont creuses, la peau est .comme collée aux pommettes; le teint est jaunâtre ou terreux ; la peau , abondamment pourvue de poils chez l’homme , l’est quelquefois aussi chez la femme. L’œil, généralement de couleur foncée, est luisant, la paupière y est comme collée; le r^ard est fixe, inquiet, oblique , dirigé vers la terre ou de cité. La température du corps est plutôt augmentée que diminuée (le tronc surtout) ; la chaleur est âcre, sèche, mordicante ; les extrémités sont froides, bleuâtres ; le pouls est petit et lent; quelquefois à peine perceptible, lœs sens paraissent obtus ; on peut pincer, piquer le malade,-le déplacer, le déshabiller, sans qu’il atteste le plus souvent en avoir la moindre conscience. De luimême il se refuse à tout mouvement, et quand il se meut, sa marche est lente et calculée, craintive ; si on ne le forçait aux soins de propreté, à changer de vêtements, etc., souvent les injonctions les plus formelles ne sauraient l’y amener. Chez le mélancolique la volonté est opiniâtre, mais c’est une volonté n^ative ; il ne veut pas se mouvoir, il ne veut pas parler, il ne veut pas se nourrir. Immobile, inerte; quand il se meut t1
de la maladie, du tempérament dn sujet ; puis ensuite de son âge , de son sexe , sa profession , ses habitudes, ses passions, etc., etc.
Pour nous , le pronostic de la mélancolie ( affection morbide ) est généralement grave, en ce sens que le plus souvent elle porte une atteinte profonde aux lois vitales, qu’elle s’attaque directement au rouage de notre organisme, et qu’elle peut enrayer les fonctions de la nutrition et de l’assimilation , condition sine quà
L’obserïation est d’autant plus difBcile, que le malade dissimule constamment son état. Cette dissimulation , si on peut la saisir, est même le meilleur earætère de la maladie; il devient craintif, bizarre; on n’y fait pas attention souvent, e’est un original, un misan-
thrope ; un beau jour il se pend, se noie, s’empoisonne; etc.; tout le monde s’étonne, on croit à une invasion brusque de la maladie ; et en rapprochant les circonstances qui ont précédé, on se rappelle qu’il était
Une fois élâbfie, la mélancolie peut durer plus ou moite de temps, présenter des afternatives de révulsion, d’exacerbation , disparaître tout à fait et reparaître à des époques fixes, déterminées, à l’automne , au printemps par exemple ; on à l’occasian de quelqtœ événement néfaste, le plus souvent nue perte, un malheur, l’anniversaire d’une mort, fun mariage, d’une grossesse, etc.
La durée n’est point limitée ; elfé est subordonnée à trop de causes pour cela. Des malades ont été, pe» dant douze ans, quinze ans, m#ancoliqHes, sans que
Mnv 6. . - , qui resta quatre ans sans parler, et qm fiait par guérir, après une réclusion de six ans. (Salpét., 1"sect., 5e division.)
D’une façon on d’une arrtre il fant qüela mélancolie se termine ; si le sujet n’a pas tenté de se suicider et réussi dans son projet, la maladie se termine par une mort plus ou moins twfé, on par la guérison, qui est toujours tfès-éloignée si elle doit être solide.
Quant au si^e de la mélancolie, l’anatomie pathologique est encore muette à cet égard, et l’omerture de cadavres nombreux n’a encore rien apporté à la science. On en est là comme tonjours , quand il s’agit de névroses , dans le champ des hjpothèses. Est-ce une lésion du pneumo-gastrique , du grand sympathique , une simple altération de la circulation , une concentration du calorique vital, son abolition, sa diminution , ou bien une altération du fluide nerveux céphalo-rachidien, une perversion de l'influx nerveux, un manque, une soustraction ou une surabondance de de 1 électricité statique et dynamique du corps humain, un trouble dans les courants vitaux. Hypothèsfes modernes , tontes aussi légitimes les unes que les antres, mais encore hypothèses !
Les idées de Bonnet , qui croit à une congestion permanente des vaisseaux de l’encéphale, à des épanchements dans les sinus; de même que celles de Boerhaave, qui dit avoir trouvé la substance cérébrale dure, friable, jaune , ne sont pas satisfaisantes. La présence de concrétions dans la vésicule biliaire n’est pas plus probante.
Esquirol note le déplacement presque constant du
colon transverse, qui vient se placer derrière la symphise dn pubis.
Nous avons vu précédemment que les anciens croyaient à la présence de l’atrabile dans le sang , à des humeurs corrodantes.
Les épanchements des méninges et les concrétions osseuses de la glande pinéale, sont tout aussi admissibles que les autres hypothèses anciennes et modernes , et n’en prouvent pas davantage , attendu que ces dernières lésions coïncident avec d’autres affections, et ne se rencontrent pas , du reste, d’une manière permanente.
Chez presque tous les mélancoliques qui meurent naturellement, l’anatomie pathologique ne décèle rien.
Une grande difficulté vient se joindre en outre à celle qui existe déjà ; ce sont les affections intercurrentes on concomitantes de la mélancolie , auxquelles succombent les trois quarts des mélancoliques. Le tabes melancoUca de Lorry , auquel succombent les lypémaniaques , est une conséquence de la maladie , non la maladie elle-même.
Les altérations du foie , de la rate , auxquelles on
a donné à certaines époques une grande importance.
qaence , la phthisie et les affections des Tiscères abdominaox ' .
En effet, sari 76 onrertares de cadavres , îl tiens offre les résultats suivants :
Phthisie pulmonaire . 62
Phlegmasies chroniques de l’abdomen . 32
Scorbut . 26
Marasme , fièvre lente . 24
Maladies du cœur . 1b
Fièvre adynamique..- . 10
Apoplexie . 6
Total . 176
> Esquirol; Malad. ment., tom. 1, pag. 443.
Le même motif inexorable qui pousse le mélancolique au meurtre de soi-même, peut aussi, en vertu de certaines conceptions délirantes , d’hallucinations, d’illusions, etc,, le porter au meutre d’autrui.
Aussi la maladie qui nous occupe intéresse nonseulement le philosophe et le médecin , mais encore le jurisconsulte, la société. Certains lypémaniaques ont un penchant irrésistible au vol, sans que cet acte leur soit en rien profitable; d’autres sont cruels pour autrui comme pour eux mêmes, se portent au meurtre de leurs semblables avec le plus grand sang-froid, sans motifs, sans intérêt pour eux-mêmes.
En vertu de cet axiome de droit qui ditgue celuilà est suspecté coupable , à qui l'acte commis a profité ou apu lui profiter, nous ne jugerons donc point passible de la loi le mélancolique qui aura accompli le meurtre ou le dommage de son semblable , s’il n’en a retiré gain et profit.
Un lypémaniaque vole , incendie, tue; le médecin légiste est appelé ; la justice le met en demeure de s’expliquer sur l’état mental du sujet, lequel n’a donné aucun ^e d’exaltation, de dérangement des facultés intellectuelles.
Après avoir examiné quel motif pouvait avoir l’in-
calpé à voler, incendier, tner, et si l’acte accompli par lui a profité ou a pu lui profiter, le médecin s enquerra de ses mœurs , et cherchera à savoir si depuis quelque temps il n’était point triste et taciturne, sü n’y a point eu de fou dans sa famille? 11 prendra en considération l’âge , le sexe, le tempérament, la constitution physique et morale, les passions, les habitudes du sujet. Imbu de ces renseignements il admettra , oui ou non , que l’individu n’était pas com-
La justice criminelle, qui admet des circonstances atténuantes , telles que l’ivresse , la colère, admettra ici la privation de liberté morale.
En effet, pourrait-elle condamner à des peines infamantes , à la peine capitale , un insensé dont le bras est armé, mais non la tête et le cœur!
La société a tout au plus le droit de défense ici. Le malheureux qui lui inspire plus de pitié que d’horreur sera réclusiouné. Pour un tel meurtrier il ne s’t^it plus d’échafaud ; c’est une béte fauve que l’on doit empêcher de nuire.
La loi civile même loi doit aide et protection; aussi, sans être criminel, il est menacé de l’interdiction, il n’a plus droit de tester, de gérer ses affaires : il a luimême donné demissionem mentis.
S’il y a pour lui interdiction civile, il y aura aussi absence de cesponsabilité civile et sociale.
En matière de mariage, le Code civil n’admet
l’opposition qu’en cas de démence * , car alors 1 un des futurs époux est incapable de donner librement son consentement. Or , nous savons que d’après la loi française, l’union des époux est une question de consentement réciproque.
D’après les articles 502 et 503 du Code civil , la
du que l’union n’a eu lieu qu’en réciproque , et que s’il n’y a pas eu 1 ne peut y avoir opposition après, i seul ( art. 1 80) appartient le droit ge, s’il prouve que le consentement
son consentement
Notre l^islation , qui n’admet pas comme motif d’opposition au mariage , ni les scrofules invétérées , ni l’épilepsie, ni les mauvaises conformations du bassin
occasion de dérangement intellectuel, un mode
bide réel, une, vraie lypémanie, on prendra en grande considération cet étal qui feit parfois .des criminelles, des infanticides. En eSet, on ne saurait faire mathématiquement l’application de la loi à certaines femmes
Guérir la mélancolie est chose bien difficile, si cette affection procède du mal d’une époque, d’une famille, d’un tempérament. Néanmoins, entouré de tous les renseignements possibles, héréditaires surtout, le médecin portera son obserration du côté des organes splanchniques d’abord; les digestions, les sécraions seront fidèlement observées, étudiées ; car dans le cas où la mélancolie aurait des points de repère dans l’estomac, le foie, etc., elle en serait plus curable. .4près cette observation directe, aUentive , l’âge, le sexe, la profession, les habitudes du malade, l’époque de l’invasion de la maladie, entrent en première ligne. Dans tous les cas , qu’il y ait ou non indication fournie par les organes , le traitement ne pourra jamais qu’être général, c’est-à-dire, à la fois moral et physique. L’état antérieur moral et affectif sera examiné scrupuleusement et avec la plus grande investigation ; on aura recours aux parents, aux proches, aux amis. Autrefois, et de nos jours encore, on opère un déplacement du malade, on le fait voyager. C’est là un moyen dont on s’est toujours bien trouvé, mais ce moyen dispendieux n’est pas à la portée de tous les malades. On or-
mettons en première ligne , s’il est en outre accompagné d’une influence morale très-forte. Il est plusieurs manières de mouvoir le corps ; toutes ne sont pas également bonnes ; à l’un la culture de la terre, la marche simple, seront meilleures, dans beaucoup de circonstances, que la course, la gymnastique , la lutte, la chasse , les armes , l’équitation , la natation , qui auront leur application à des cas particuliers. La plupart des malades mélancoliques étant très-adonnés à la masturbation , ce penchant devra être surveillé; .4étins voit dans le cmt un moyen efficace indispensable, outre que ce sera pour les humeurs un dérivatif utile, pour l’organisme la satisfaction d’un instinct.
L’état de réclusion étant nécessaire chez ces sortes de malades, on aura soin de dissimuler par tous les moyens possibles cette captivité nécessaire, et de leur donner toutes les apparences de la liberté la plus complète ; notion dont on ne tient pas assez grand compte dans tous les asiles d’aliénés, et qui contribue presque toujours non-seulement à exaspérer les malades, mais même à augmenter ou à entretenir leur délire.
Après l’exercice , nous insistons sur la manière de nourrir le malade. Une alimentation excitante mais non échauffante, des aliments de digestion facile et d’assimilation prompte seront nécessaires. Le malade mangera peu à la fois, et les repas seront multipliés et fixes. Il importe de le faire boire beaucoup, des boissons aqueuses surtout et émollientes , alternées •13
aTecdes
tonjours prodiiit de bons résultats, on s’en abstiendra le pins souvent, même comme moyen répressif.
L’hydrothérapie , n’ayant pas fourni pour ce genre (f affections tons les résultats heureux qu’ôn en attendant, sera essayée avec la plus grande prudence.
Nous plaçons interrogativement le magnétisme et l’électricité, ces moyens n’ayant pas encore fourni leurs preuves.
La question des vêtements est on ne peut plus importante. Le malade sera vêtu , non-seulement en raison des saisons et des climats, mais encore en raison de la température journalière. On veillera à ce que , par cet ordre de moyen , la chaleur soit maintenue d’une manière uniforme par tout le corps, que la circulation se fasse bien.
L’isolement, souvent nécessaire, sera quelquefois abandonné, ayant produit chez quelques malades des résultats déplorables. Nous n’en disons pas autant de la société, surtout si cette société peut plaire au malade ; c’est un point à éclaircir. Certains aliénés mélancoliques, à- la vue de certaines personnes , se tourmentent et se rongent; ils semblent se renfermer en eux-mêmes, se concentrer davantage. Il sufet d’avoir vu le déplorable effet produit par certaines personnes sur quelques mélancoliques, pour en être convaincu; nous avons vu des aliénés qui à la suite de la visite de certaines personnes , étaient denx jours , trois et plus, sans vouloir manger.
utile et qu’on lui apporterait le plus grand soulagement.
L’influence religieuse n’a pas toujours produit les résultats qu’on attendait d’elle : elle n’a fait souvent que déplacer le délire ; on sera donc très-prudent dans l’emploi de ce moyen. Il est des malades dans les hospices, qui ne parlent qu’aux filles de service (encore
font-elles leur chois.); pour toute autre personne, médecin, étranger, malades, etc., elles n’ont que circonspection et dédain. J’ai connu une malade mélancolique qui n’aïail parlé depuis trois ans à personne, et qui causait parfaitement, raisonnablement, avec l’infirmière qui l’habillait, la soignait, la couchait. Pour une autre malade de la même division, j’étais un objet de terreur et d’épouvante que rien ne pouvait calmer. Nousavons cru remarquer (et ce fait nous est personnel) que la société des animaux était de nature à développer les passions affectives des aliénés, qu’ils sè trouvaient bien de ce genre d’attachement. Les aliénés mélancoliques aiment généralement les animaux; quelques-uns, si on
du malade, la transition étant trop brustpie pour eux ; aussi usera-t-on de ces moyens arec autant de prudence que de discernement.
-Nous l’avons dit dqà, un point nous parait de la plus haute importante dans le traitement: c’est de dissimuler au malade, non-seulement son état, mais même sa réclusion, et, par une surveillance active, adroite, intelligente , lui laisser toutes les apparences de la liberté la plus entière.
Cette faculté, chez l’homme, qu’on appelle le sentiment de liberté, est telle, qu’ellesurvitaunaufragede la raison chez l’aliéné. Une des choses qui lé peinent le plus et peut-être aussi contribuent parfois à aug-
Hélas! on ne peut guère , dans les administrations hospitalières , à cause de la multiplicité des malades et des frais que nécessiterait un personnel plus nombreux , remplir toutes ces conditions , qui seraient on ne peut plus utiles à la guérison.
Il faudrait, en outre, que ce personnel, surveillants, infirmiers, sœurs, etc., ne fût pas simplement une masse active , une force comprimante, mais encore in-
Disons, en terminant cette triste histoire de l’être affectif humain, qu’en pareille matière il serait plus rationnel, au lieu d’attendre le mal et de le laisser prendre racine dans le cœur de l’homme, de le pré-
Ce mode d’agir serait plus sûr, à la fois moins dispendieux et plus efficace. Mais comment?
Si nos femmes, nos enfants avaient en même temps le, corps et l’esprit plus robustes, ils seraient moins aptes à ressentir les chocs sociaux, les commotions du dehors. Quel germe produira c.ette mère étiolée, qui tombera en convulsions aux premières douleurs de l’enfantement, et dont le flanc porte avec douleur, crainte et chagrin, le nouvel être que ses mamelles desséchées pourront à peine allaiter!
Qu’on ne s’y trompe pas, à cette demi-mère il eu faudra une autre, à son fruit une seconde mamelle. Elle a enfanté et mis au monde, pleine de crainte et d’incertitude ; à peine sait-elle qu’elle est mère ! Elle sera tôt guérie du mal de maternité ! Où sont ses instincts, où est son flambeau pour diriger l’être nouvellement né?
Son rejeton est-il grêle, précoce, chétif, on le fait vivre à force de soins, on le metdansnne serre en nais-
sant. A peine a-t-il quitté l’aile maternelle, le collège ou les pensions s’en emparent. Des parents stupides s’enorgueillissent de sa pâleur, de ses cheveux blonds, de ses yeux bleux, de sa vivacité d’oiseau, de son allure frêle, délicate, de son imagination, de son intelligence subtile; à peine il a huit ans, doué d’une mémoire prodigieuse, on nous place ce petit miracle entre quatre murailles de livres ; et sans attendre que la nature ait parlé, sans consulter ses goûts, ses instincts, ses germes d’aptitude s’il en a, on le réclusionne, et on le condamne pour huit ou dix ans à des choses qu’il ne comprend pas ; on le prive de grand air, de mouvement. Il est pâle, malingre, myope, chétif à dix-huit ans, s’il n’est pas mort de la fièvre typhoïde; mais c’est un phénomène, il a en tons les prix d’excellence; il explique ^couramment Homère et Virgile’ mais il ne sait pas marcher, il ne tient pas sur ses jambes; il tiendra parfaitement une plume , mais non un fardeau , sa main est trop délicate. S’il n’a pas eonnulesvicesducollége, quil’auront épuisé, le petit prodige a grandi, grandi d’une façon étonnante. . . On le jette dans le monde a vingt ans : il fume et est plein d’orgueil dans ce monde qu’il ne connaît que par Virgile et Homère ; d’affections, il n’en a pas; de religion, il s’en moque! Où va-t-il? Il n’en sait rien! Est-il appelé à quelque chose ? a-t-il des aptitudes , une vocation? On n’en sait rien; chez lui, tout est muet, sauf l’orgueil.
joûCtioB passive, bien pins que la pure satisfaction d’un instinct natnrel , que sont-elles , elles qui ont été vendues plutôt qu'unies par amour, sans besoin d’être mères ; femmes superficielles , que seront-elles? Un objet de luxe, d’étiquette! Malheur, hélas! a cette tendance qui fait de nos femmes des poupées aux flancs étroits, à l’allure frivole, qui redoutent le mal
Qoe de ravages ne font pas cette éducation précoce , ■ ce travail excessif, prématuré ! Hâtivement cultivée , l’intelligence amène toujours le dommage du corps. J’avais une cousine qui est morte il y a quatre ans , d une phthisie aiguë , à l’âge de quinze ans et demi ; cette enfant, bien douée, bonne dn reste, dont le père était professeur de musique , était un petit prodige sur le piano ; d’une force extraordinaire, étudiant huit heures par jour, elle faisait le bonheur et l’orgueil de ses parents. Des exemples semblables, il y en a des milliers; aujourd’hui c’est une phthisie, demain ce sera une fièvre typhoïde. La nature met quelquefois plus de temps à se révolter ; an lieu de quinze ans c’est vingt et un , vingt-huit , trente , trente-trois ans , s’il n’y a pas eu amendement des causes. Tôt ou tard l’être précoce ainsi confectionné est, par sa débilité morale et physique , inapte à supporter les fatigues de l’existence , les chocs de la vie et de la société.
Il a abusé de l’intelligence , il sera puni par où il aura péché ; plus fard, s’il vit, il sera atteint du mal de l’intelligence, ilserafon .
Pour qu’une éducation soit bonne et solide , nous croyons qu’il faut qu’elle soit basée sur une bonne, santé physique, et que la culture morale ne soit pas entreprise trop tôt.
S’il y a des vices héréditaires, des causes pathologiques, un tempérament débile, le médecin tentera de
répandue dans la nature entière, qn’il y a , pour ainsi dire, une mélancolie physiologico-psychique ;'que de l’état naturel à l'état morbide il n’y a qu’une différence