INTRODUCTION - DÉFINITION
Dans le traitement actuel des fibromes, il faut réserver une place importante à la myomectomie, opération logique, qui s'adresse aux fibromes seuls; elle supprime les tumeurs, tout en respectant l'utérus et ses annexes. |
Le but auquel doit tendre la chirurgie étant de concilier le principe de l’ablation de la tumeur avec celui de la conservation de l'organe, ce principe d'ordre général est parfaitement applicable aux fibromes. En | effet, leur disposition anatomo-pathologique indépendante, comme nous le verrons, permet, très souvent, leur extirpation isolée.
La myomectomie présente, outre sa bénignité, le double avantage énorme :
De conserver à la femme la possibilité d’une grossesse ultérieure, rendue souvent, jusqu'alors, impossible, du fait de la présence du fibrome, et, en opérant les fibromes de bonne heure, on pourra peut-être diminuer le taux de la stérilité.
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De lui éviter les troubles nombreux et pénibles d’une ménopause trop précocement provoquée. &
Au point de vue anatomique, il existe, nous y reviendrons, trois formes de fibromes : sous-péritonéaux, interstitiels ou parenchymateux, sous-muqueux. Mais le chirurgien les classe selon leur voie d’abord plus facile, en fibromes supérieurs et inférieurs et dès le début
dé notre travail, nous diviserons l'étude de la myomectomie en deux parties d'importance inégale :
La myomectomie abdominale qui est à l'heure actuelle l’opération de choix et qui présente des indications nombreuses.
« La myomectomie vaginale qui n’est plus qu’une méthode d’exception, réservée à certains cas spéciaux bien définis. Û
L'intérêt de l’étude de la myomectomie a été de nos jours accru du fait de l'apparition, à une époque récente, de moyens de traitements nouveaux et non sanglants qui, tout d’abord, ont suscité de grandes espérances. On a pu penser que grâce à la curiethérapie. et à la roentgenthérapie, le traitement sanglant des fibromes avait fait son temps.Il n’en était malheureusement rien, et une période de réaction est venue lorsque l’on eut constaté que les méthodes nouvelles n’étaient point sans danger et constituaient parfois un trompe l'œil atténuant ou faisant disparaître les sÿmptômes, souvent au prix de destructions importantes et indélébiles, supprimant les fonctions multiples, d'ovulation, de menstruation, de fécondation et de
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reproduction, — mais laissant subsister le mal qu'il fallait parfois extirper dans la suite au prix de difficultés plus grandes.
Aussi ne craignons-nous pas d'affirmer qu’à l’heure actuelle le seul traitement rationnel et sûr des fibromes utérins est, avant toutes choses, dans l’immense
majorité des cas, chirurgical.
EXPOSÉ RAPIDE DE L’ANATOMIE PATHOLO- GIQUE, DES SIGNES, DE L'ÉVOLUTION CLI- NIQUE ET DES COMPLICATIONS DES FIBRO- MES UTÉRINS. Là
On donne le nom de fibromes, de corps fibreux, de myomes, de fibromyomes, de fibroïdes (auteurs anglais) . à des tumeurs utérines bénignes dont les éléments LU analogues à ceux du tissu utérin lui-même.
Le fibrome utérin constitue une tumeur particuliè-
rement intéressante, parce que, malgré sa nature béni-
gne, il détermine souvent des accidents graves capables d'entraîner la mort si une thérapeutique active n’est
pas mise en œuvre en temps voulu.
Anatomie pathologique
Nombre. — Le nombre des fibromes est très variable; certains utérus sont criblés de noyaux fibreux ; on en a compté jusqu’à vingt, trente et même cinquante. Ordinairement, on n’en observe guère plus de deux ou
trois à la fois; cliniquement, on croit souvent qu'il
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n'existe qu ‘un seul noyau, mais à l’examen anatomique on découvre deux ou trois petits nodules qui
avaient passé inaperçus.
Volume. — Le volume des myomes est aussi variable que leur nombre. Si à l'examen anatomique d’un utérus on en trouve souvent qui ne sont pas plus gros qu'une lentille ou qu’un pois, les fibromes chirurgicaux atteignent des dimensions qui vont de celles d'un œuf ou d’une orange à celles des tumeurs les plus volumineuses de l'organisme. On en a vu en effet de dix, vingt, quarante kilos; Hunter de New-York a même observé un fibrome de cent quarante livres
chez une femme morte d’épuisement.
Siège. — Le siège des fibromes est bien plus souvent dans le corps utérin que däns le col. On les rencontre surtout dans la paroi postérieure et le fond de l’utérus. Ils naissent toujours dans l'épaisseur des parois utérines, mais ils évoluent ensuite dans des sens différents, et suivant leurs situations définitives dans les diverses tuniques de l'organe, on les distingue en :
Fibromes interstitiels développés dans l'épaisseur même de la paroi.
Fibromes sous-muqueux, seulement recouverts de la muqueuse.
Fibromes sous-péritonéau* placés sous la séreuse péritonéale -— certains de ceux-ci sont situés dans l'épaisseur du ligament large, ils sont dits intra-liga-
mentaires.
De VASE ? -
Les fibromes sous-péritonéaux et les fibromes sous.
muqueux peuvent adhérer à la paroi utérine par une
large base; ils sont sessiles. Mais souvent ils se pédicu-
lisent et ne restent plus réunis à l’utérus que par un
mince cordon. Les fibromes sous-muqueux pédiculisés
portent le nom de polypes fibreux.