Neutralisation de l'aniline par l'acide chlorhydrique
L’aniline est une base très faible ; on pourrait répéter, sur sa conductibilité, ce qui a été dit sur celle du phénol : elle est si petite, que les dissolutions aqueuses d’aniline ne sauraient guère être regardées comme des électrolytes.
Pourtant elle forme avec l'acide chlorhydrique un
chlorhydrate d’aniline, qui se comporte à la manière des sels neutres proprement dits et subsiste à l’état stable en
dissolution. C’est ce qui résulte des nombres suivants :
Chlorhydrate d’aniline.
(2 c. LL.
MO Se ele Do rire) 68,80 DO amas 3,602 FAR OA CORSA 102 79,68 120 ad ë 0,707 84,80 DORE - 0,444 88,80 He pra rodée se 0,192? 96,25 TOO Er dE Do 0,102 102,00
Acide
Aniline. chlorhydrique. Observé. Calculé.
0,9 ONE 0,080 0,080 0,8 on? ON O 0,155 0,7 075 0,231 0,231 0,6 0,4 0,307 0,307
0,5 0,5 0,444 sel neutre
0,4 0,6 0,914 0,916 0,3 O5 1,446 1,446 u,,2 0,8 1,977 1,975 0,1 0,9 2,509 DT
Si à l’aniline on ajoute des quantités croissantes d’acide chlorhydrique, la conductibilité augmente assez lentement, d'une manière linéaire, jusqu’au moment où est atteinte la neutralisation. Après quoi, elle croît de nouveau d’une manière linéaire, mais beaucoup plus rapidement.
Le phénomène de neutralisation peut être représenté par un système de deux droites : l’une au-dessous de y —0,5, l’autre au-dessus, dont les directions font un angle très obtus. Ces droites, étant prolongées, coupent la ligne y — 0,5 en un même point, qui n’est pas celui qui correspond au chlorhydrate d’aniline (x = 0,444), mais qui se trouve un peu plus près de Oy (x = 0,383).
Le chlorhydrate d’aniline devantse trouver sur la courbe, il en résulte que les deux droites précédentes se raccordent par une portion intermédiaire courbe.
On voit que la neutralisation de l'acide chlorhydrique par l’aniline rappelle exactement celle de la potasse par le phénol. Seulement les rôles des électrolytes sont intervertis : la potasse, base forte, est remplacée par l’acide chlorhydrique, acide fort ; et le phénol, corps non conducteur à fonction acide, par l’aniline, corps non conducteur à fonction alcaline.
J'ai remarqué, plus haut, que la potasse, base forte, donnait, avec les trois corps à fonction acide de moins en moins accentuée (acide chlorhydrique, acide acétique, phénol), des sels stables.
C'est ici le lieu de remarquer de même que l'acide chlorhydrique, acide fort, donne, avec les trois corps à fonction alcaline de moins en moins accentuée (potasse, ammoniaque, aniline), des sels stables.