PRE
sujet humain, tantôt sur l’animal intoxiqué expérimentalement.
Sans reprendre l'analyse des travaux anatomo-pathologique déjà anciens et cependant de grande valeur, dont l’histoire a été rappelée maintes fois par les auteurs modernes, nous chercherons à grouper les résultats obtenus, en donnant plus d'attention aux travaux récents. Nous y joindrons l’histoire rapide des travaux expérimentaux, qui rentrent jusqu’à un certain point dans le chapitre de lanatomie pathologique, en ce sens qu’ils ont généralement pour but l'examen anatomique.
Il existe dans quelques travaux, surtout dans les études expérimentales, une cause d’erreur dans la détermination exacte des lésions. Nombre de recherches ont été faites sur des animaux intoxiqués, mais non arrivés à la période de paralysie ; chez l’homme l’étude du système nerveux a été quelquefois pratiquée sur des malades morts dans les premiers jours de l’infection. Or, si ces travaux gardent toute leur importance au point de vue de l’étude générale de la toxine diphtérique, leurs résultats n’ont d’importance pour l'étude des paralysies qu’à titre comparatif. Les lésions définitives de la paralysie, leur distribution, la subordination tant discutée des lésions centrales et périphériques doivent être recherchées dans les seuls cas où les symptômes fonctionnels de paralysie ont apparu.
Tous les auteurs rapportent avec raison le début des recherches anatomo-pathologiques à la communication de Charcot et Vulpran à la Société de biologie (1862). A côté de la dégénérescence de quelques fibres musculaires du voile du palais ces auteurs notaient des lésions des nerfs. dont « quelques filets sont constitués par des tubes entière-
ment vides de matière médullaire ». Tous les filets ne sont pas atteints. « Dans les uns la matiére médullaire est complètement intacte, dans les autres elle est devenue granuleuse. Ces tubes altérés ont conservé jusqu'à un certain point leur largeur, mais au lieu de la substance médullaire normale, on y voit des granulations très fines, tantôt juxtaposées dans une assez hrande longueur, tantôt formant des agglomérations peu étendues, simulant des corps grapuleux. »
A partir de cette note, paraissent un grand nombre de travaux, décrivant les lésions les plus diverses du système nerveux et musculaire. Ils sont énumérés et brièvement analysés dans les travaux de Meyer (1885), Crocq (1895), Raymond (1896), Katz (1897).
Il est impossible de trouver une classification naturelle à cette série d’études. L’idée maîtresse de la plupart des travaux est bien la recherche du rapport des lésions centrales et périphériques et la plupart des auteurs se rangent d’après leurs conclusions à l’hypothèse de l’origine médullaire ou névritique des paralysies. D’autres rapportent les lésions à des altérations musculaires, quelques-uns ont trouvé une absence complète de lésions. C’est en se basant sur l’idée prédominante de chaque travail, que l’on peut tenter d’énumérer sans trop de confusion toutes les recherches accumulées.
A. — Prédominance des altérations nerveuses phériphériques.
Clos (1868), les lésions des nerfs sont semblables à celles que l’on rencontre après leur section.
Lorrain et Lépine (1869) trouvent des lésions identiques à celles décrites par Charcot et Vulpian, et les comparent aux dégénérescences par plaies des nerfs.
Lionville (1870-1872), décrit dans le nerf phrénique, au cours d’une paralysie du diaphragme les altérations décrites par Charcot.
Leyden (1872) constate des lésions centrales et périphériques et tente de les expliquer en émettant l’hypothèse de Ja « névrite ascendante ».
Roger et Damaschino (1875) signalent dans quatre autopsies la segmentation ou la disparition de la myéline avec conservation du cylindre-axe. Mêmes lésions dans les racines antérieures.
Schech (1879). — Lésions du nerf vague et du récurrent.
Gaucher (1881). — Dans un cas de paralysie, terminé
par mort subite, le résultat futnégatif. Dans deux autres cas de paralysie étendue aux muscles de la respiration, il observa des modifications des racines antérieures, principalement marquées à la région lombaire, des tubes vides, une diminution des noyaux de la gaine de Schwann, avec intégrité du cylindre-axe.
Meyer (1885). — Les muscles sont intacts. Les nerfs périphériques sont atteints de névrite parenchymateuse et interstitielle, ainsi ques les racines antérieures ; l’auteur décrit personnellement un gonflement nodulaire des nerfs dans ces cas.
Il y a des lésions centrales : cellules dégénérées sans noyaux, nucléole, ni prolongement, mais ces lésions cellulaires paraissent être sans rapport avec les lésions périphériques. |