TRES
Un peu de parésie faciale gauche, Strabisme interne droit.
La voie est nasonnée, les pleurs silencieuses.
La déglutition est difficile, les liquides refluent par le nez. La bouillie est déglutie plus facilement.
En avalant la pulpe d’une orange, il s'est hier cyanosé brusquement et a fait pendant longtemps, pour la rejeter, des efforts de toux très faibles.
A l'inspection de la gorge, la luette et le voile sont flasques et immobiles au fond du pharynx.
Il soulève maladroitement les membres inférieurs et saisit les objets par des mouvements incoordonnés et hésitants des bras.
Soutenu sous les bras, l’enfant avance péniblement les jambes à la manière d’un ataxique.
Assis sur une chaise, il ne peut se maintenir et s'effondre sur lui-même.
Le 1®r février, on constate les premiers signes d’une pneumonie: souffle à la base droite, cyanose légère, T, 38°. Pouls à 160.
La déglutition est devenue très difficile.
Dans la soirée : même état. T, 38° 8, Pouls à 160.
Mort le 2 février.
AUTOPSIE. — Cerveau el méninges. — Injection des méninges: quelques ecchymoses vers les parties postérieures ; œdème sousarachnoïdien. Après décortication, on trouve sur le lobe frontal quelques petits îlots, de couleur rosée avec piqueté hémorrhagique, au niveau desquels le scalpel, passé légèrement, ramène une petite quantité de substance cérébrale,
Poumons. — Le poumon gauche est emphysémateux et congestionné.
Le poumon droit a son lobe inférieur hépatisé.
Cœur. — Les cavités sont dilatées, le myocarde très pâle.
Les autres organes n’offrent aucune lésion spéciale.
Examen microscopique. — Des segments de la moëlle et du bulbe furent fixés à l'alcool pour l’examen par la méthode de Nissl et au liquide de Müller pour le Wergert. Inclusion à la paraffine.
Coupes au microtome.
Les nerfs périphériques furent :
1) Dissociés après fixation dans la solution d’acide osmique à 1/100.
2) Coupés transversalement et longitudinalement après fixation dans le Flemming et inclusion à la paraffine.
Coloration par la thionine-eosine, le picro-carmin, le carmin boracique.
Pneuwmogastrique. — Les lésions sont très accentuées et généralisées à tous les tubes. Ceux-ci sont variqueux, moniliformes ; quelques segments sont dilatés irrégulièrement, contenant dans leurs renflements des boules myéliniques de toute dimension.
Dans toute l’étendue des tubes, la myéline a subi cette transformation en boules assez volumineuses.
Ces parties renflées sont séparées par des segments de tubes vides et atrophiés. Dans certains filets, la plupart des tubes ont subi cette atrophie.
Le cylindre-axe est conservé et non modifié dans beaucoup de tubes.
Sur les coupes transversales, le cylindre-axe visible est entouré de fragments de myéline ; il n’y a pas de lésions interstitielles.
Phrénique. — Présente des lésions très voisines, bien marquées sur des coupes longitudinales.
Collatéraux des orteils. — Même aspect que précédemment. Dans quelques tubes très déformés, la myéline prend l'aspect de fines granulations noires. Tous les tubes semblent atteints, bien qu’à des degrés différents.
Muscle diaphragmatique. — N'offre pas de lésions apparentes. Moëlle. — Par la méthode de Wergert, on ne décèle aucune lésion.
Par la méthode de Nissl, apparaissent des lésions cellulaires très nettes, particulièrement marquées à la région cervicale et dans le groupe antéro-interne des cellules de la corne antérieure.
1) Région cervicale. — Dans la corne antérieure, beaucoup de cellules du groupe antéro-interne sont aérophiées. Les espaces péricellulaires sont larges ; le corps cellulaire est réduit à un frag-
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ment informe contenant quelquefois encore des traces de noyau : les corps chromatiques ont disparu en grande partie, les prolongements n’existent plus. A peine reste-t-il une ou deux cellules reconnaissables.
Les autres cellules de la corne antérieure sont généralement moins atteintes. Beaucoup d’entre elles sont globuleuses, sans prolongement ; quelques-unes n’ont plus de noyau ouen contiennent un, dépourvu de nueléole et rejeté à la périphérie.
Plusieurs ont subi une chromatolyse complète et diffuse: la plupart ont leur noyau plus où moins périphérique, entouré d’une zone où les corps chrematiques ont disparu.
2) Région dorsale. — Le groupe antéro-interne des cellules de la corne antérieure offre, à un moindre degré, les lésions décrites précédemment,.
Les autres cellules sont atteintes comme à la région cervicale, quelques-unes offrent un prolongement tres épais ; les corps chromatiques sont parfois confondus en gres blocs irréguliers, rangés à la périphérie de la cellule.
Colonnes de Clarke. — Les cellules sont globuleuses, elles ont subi une chromatolyse centrale très marquée ; la plupart n’ont plus de noyau ni de prolongements.
3) Région lombaire. — Les lésions cellulaires sont ici moins prononcées que dans les autres régions.
Bulbe. — Sur des coupes transversales, faites à différents ni-
veaux, beaucoup de cellules paraissent atteintes ; elles ont une forme irrégulièrement arrondie ; les corps chromatiques ont dis= paru au centre de la cellule ; la chromatolyse est parfois complète ; quelques-unes sont environnées de cellules rondes.
Des coupes faites an niveau du ramollissement superficiel décrit plus haut, n’offrent rien à signaler.
Racines. — Les racines antérieures et postérieures sont atteintes, les tubes contiennent des gouttelettes de myéline de diverse grandeur ; le calibre des tubes est peu déformé.
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