DEUXIÈME PARTIE
ACTION CHIMIQUE ACCOMPAGNANT LES PHÉNOMÈNES DE FI.UORESGENCe
Des recherches ont été déjà faites dans le but de savoir si les substances fluorescentes qui restituent, avec une plus grande longueur d’onde, certains rayons qui les frappent, les restituaient intégralement, De mon côté j’aj constaté (i), que le sulfate de quinine en. solution acide est transformé en sulfate de quinicine précisément par les rayons qui en déterminent la fluorescence ; la chaleur tant qu’on ne s’élève pas au-dessus de 6o° n’est pour rien dans la transformation; les radiations très-réfrangibles agissent seules. Le curcuma s’oxyde dans ces mêmes radiations. Ces résultats bien que trèsnets sont encore incomplets car je ne saurais dire actuellement si dans ces solutions le sulfate de quinine se transforme totalement en sulfate de quinine. En effet une solution acide de sulfate de quinine qui
(i) An. de ch. et de phy. juin 1877, p. 209 et suivantes.
le 6 juin 1876 contenait par 2o c.ic. o gr. 362 de sel desséché à l’étuve à eau; qui le 14 juillet de la même année; après action de la lumière directe, contenait o gr. 270, renfermait au mois d’août 1877 par 20 c.c. 0 gr. 25 o.
Il faut dire que pendant cette longue et dernière période, la solution n’a reçu que la lumière difluse mais en tous cas la transformation a été si faible qu’on peut se demander s’il y a là une limite qui répondrait à la production de un 'tiers de sulfate de quinicinè; limite analogue à celle indiquée par M. Berthelot dans le cas de l’éthérification? J’espère pouvoir répondre bientôt à cette question. Cependant même dans le cas où je constaterais l’existence de cette limite, elle pourrait être fonction de la quantité d’acide qui a servi à dissoudre le sel, et de la dilution de la liqueur'; lesrecherches seront donc faites en faisant varier toutes ces conditions.
J’ai cité ce fait, non comme un résultat absolu, mais comme une remarque propre à faire ressortir la nécessité d’expériences complémentaires.
Je vais exposer un autre exemple de Faction chimique produite sur une nouvelle substance par les rayons qui la rendent fluorescente.
ergotïnine (de Tanret)
M. Tanret qui a retiré de l’ergot de seigle une 'substance qu’il a nommé ergotinine (1), a
(1) L’ergotinine est un alcaloïde contenant 9 0/0 d’azote. Voir Tannet Comp. rendus di l’Ac. -des sciences/ 8-avril *878. •
constaté que ce-corps insoluble bans l’eau , soluble dans l’alcoql, l'éther, le chloroforme, ^’.allèrq. Jrçsrapidement soüs l’influence lumineuse- Il a .^çmarqüé que les solutions alcooliques sont, .fl;uorpscentes (cette fluorescence rappelle,faiblement c^llp du^sulfate de quinine), qu’elles se colorent, très-rapidement sous l’influence de la lumière comme la substance ellerinême, et que. cette coloration est accompagnée d’une oxydation, no'
Il a vu, de plus, qu’une solutionalcoolique devenait orangée ; une solution éthérèè, praj?gée puis rouge \ la solution acide devient:tfQjygç ; la solution alcaline verte. .
. Grâce à l’obligeance de.Mii Tanre.tr quim’a.gracieusement remis des échantillons dé cç produit, il m’a. été possible d’étudiehJ^-part .de chaque rqdia- Jtiora, ou amrfioins dêsyradiations/e^treme^vdans l’action chiinique qu’il a constatée, î De l’ergotinine. a donc été rppnseryéç -sous un verre rouge monochromatique ■; hergotioine splide ne s’est point colorée ; une solution alcoolique faite au.mois de septembre n'a pris une feinte jaune faible qu’à la fin de novembre.
Sous des écrans qui laisses® arriver les radiations bleues et violettes, l’ergotinine se colore, aussi bien cristallisée qu’qn r splution^eq 24 heures à la lumière diflüse les solutions alcooliques prennent • ««ne-teinte jaune qui se modifie ipoup peu et qui en attendant assez longtemps devient:tout à lait.yerte; de plus, il se dépose une petite quantité d’un produit vert bleuâtre insoluble. Commela coloration s’ac,-
compagne d'une oxydation, il en résulte que l’oxydation est faible dans le rouge, tandis qu’elle est trèsactive dans la région violette.
Restait à analyser la fluorescence de ces solutions -, c’est ce que j’ai fait en appliquant la méthode de Stokes -, mais comme l’effet produit est faible il est difficile dé déterminer exactement les* radiations transformées et rendues : cependant on peut constater la transformation des rayons bleus et violets en radiations:vertes.
Quand, par suite de l’oxydation, les solutions alcooliques sont devenues vertes, examinées au spectroscope elles ne présentent point de bandes du rouge. au ; -vert, mais la presque totalité du bleu et du violet est interceptée.
Ce sont donc ici encore, comme dans le.cas de la solution de sulfate de quinine, les radiations 1 qu’on supposait restituées intégralement qui produisent une action chimique.
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