SAT 1,0 כ
La mosaisme, il 0 les opinions de son époque sur une foule 6 croyances qui n’y sont pas énoncées d’une manière directe où qui en sont encore absentes. Pour lui, David est l’auteur dun certain nombre de psaumes. Salomon celui de certain | psaume et de tout le livre des Proverbes. Il admet également Pauthenticité du recueil prophétique et regarde les chapitres FSU XL-XLVI d'Isaïe comme l’œuvre du grand contemporain d’Ézé- rai chias, ce qui prouve que le recueil qui porte le nom de ce prophète comprenait déjà les deux parties inséparablement unies. Ben-Sira croit fermement à l’éternité du pacte conclu par Dieu avec Abraham, pacte impliquant non seulement la perpétuité du peuple juif, mais aussi la vocation de ce dernier et sa desti- RCE nation à devenir un modèle moral et un objet de bénédiction “TO pour toutes les nations de la terre, Ce sont surtout les pratiques REA de sainteté, les imposantes cérémonies du temple, la piété et la Re dignité des grands prêtres qui 101 paraissaient indispensables pour ramener cet heureux avenir dans la peinture duquel l’auteur d’Isaïe, Lxvi, et le prophète Malachias se sont déjà vus forcés de mêler un ton nettement eschatologique qui devint le = . point de départ d’une nouvelle conception du judaïsme. Arri- NA. vant l’un 66 l’autre après la construction pénible du second | temple, au milieu de graves inquiétudes du dehors et des > cruelles railleries d’une partie de leurs propres nationaux, Malachias annonça la venue d’Élie avant le grand jour où les justes seront guéris de toutes leurs infirmités et fouleront les 4 méchants qui seront réduits en cendres sous leurs pieds (Ma- 7 lachias, ,זנ 19-24). Isaïe III abonde dans le même ordre : - 0'10608. Les justes, doués d’une vie éternelle, n’auront qu’à 7 sortir des portes de Jérusalem pour voir, sans doute dans la vallée de Hinnom, les corps des méchants, également doués | de vie, rongés par les vers et brûlés par un feu inextinguible ' % (Isaïe, LxvI, 2k). En 290 ces données étaient déjà enracinées ei dans l’esprit des croyants et Ben-Sira les revêt d’une forme LRU adéquate dans le beau distique où il s'adresse à Élie : ME
Heureux celui qui te verra, dût-il mourir à ton arrivée, Car il ne mourra pas, mais il vivra de vie.
| Comme chez les deux prophètes que je viens de mentionner,
la dynastie davidique ne joue chez lui aucun rôle dans cet avenir transcendant où Dieu sera le roi et le grand pontife son intermédiaire unique, sentiment que partage l'auteur des six psaumes traitant du règne de Dieu (Psaumes, xcv-c), car il n’y est question que de Moïse et d’Aaron en qualité de prêtres, et de Samuel comme adorateur favorisé par Dieu (Psaumes, XGIx, 6). La décadence de la dynastie davidique dans l’estime du peuple doit être attribuée à la rapacité des descendants de Zorobabel, qui exagéraient les impôts et les recouvraient avec une dureté insupportable, au point que les familles pauvres se voyaient obligées d’hypothéquer leur bien et même de vendre leurs enfants comme esclaves (Néhémie, v). Ben-Sira exprime cette déchéance par un distique qui relève expressément la dignité éternelle de la race sacerdotale :
L'héritage de David passa seulement de fils en fils, L'héritage d'Aaron passe à tous ses descendants.
On sait que la royauté davidique en ligne directe avait cessé avec l’exil à Babylone de Joachim, qui resta en prison jusqu’au règne d'Amel-Marduk ) מראדך buy, 1] Rois, xxIV, 1-16; xxvV, 27-30). Sédécias, qui lui succéda à Jérusalem, était son cousin germain et eut tousses enfants égorgés par l’ordre de Nabuchodonosor (ibidem, xx1v, 17; xxv, 7). Joachim mourut en Babylonie, ainsi que son fils Assir et son petit-fils Salathiel, qui ne portèrent certainement pas 16 titre royal, et encore moins son arrière-petit-fils Zorobabel, qui n’était qu’un préfet révocable, et nous avons vu plus haut que ce pâle reflet de la puissance davidique tourna au détriment de la nation et s’éclipsa totalement sans laisser le moindre regret. Ce n’est que plustard, lorsque les grands prêtres se montrèrent indignes de leur vocation sacrée, que le souvenir de la dynastie de David reprit faveur, mais non sans sublimer le personnage du Messie en un être à moitié mythique : un Davidide, homme simple, n’aurait pu gagner la confiance et partant l'affection du peuple.
Malgré la parfaite orthodoxie de Ben-Sira, ?Ecclésiastique n’a jamais été annexé aux hagiographes dont le recueil contient des écrits beaucoup plus modernes. Les Sopherim l’abandonnèrent à l'appréciation des lecteurs sans fixer définitivement
put ri
son sort d’une manière officielle. La cause en doit être cher- chée dans la répugnance qu’ils ressentaient à canoniser un livre écrit à l'époque grecque, époque considérée comme profane par excellence. Le Cantique, l’Ecclésiaste et les livres d’Esther et de Daniel ont échappé à cette prescription, grâce aux noms de leurs auteurs supposés qui les ramenèrent aux périodes antérieures, mais 1] est probable que les vrais auteurs de ces livres ont fait leur profit de l’œuvre de Ben-Sira. Comme nous n’en possédons qu’une petite partie, les comparaisons se borneront à quelques emprunts de mots signalés en partie par les éditeurs, tels que ny, נא 8 d, et Cantique, 11,10 ; 3 («briller »), ,וזא 9, et Daniel, קרן ;3 ,זוא av; וזא 7 b, et Daniel, VI, 8 (anciennement on disait (גדע קרן : ANT cempressé », XL, 6 d, et Esther, ,זז 15 ; vin, 14; .זע XLVIIT, 12, et Esther, v, 9; Ecclésiaste, שונים ; 3 15א (« différents »), xuir, 24, et Esth., 1, 7 ; לְוֶה :8 מז («accompagner »), מא 12, et Ecel., עמך ;15 מו (au lieu de ,חקן ;12 וא ,(קם XLVI, où
certaines opinions de.Ben-Sira. Ce dernier émet en passant l’apophtegme suivant :
שמח ועובד חייהם ימתקו ומשניהם מוצא אוצר (x, 18) L'homme content et 16 travailleur ont une vie douce ; Plus heureux qu'eux deux est celui qui trouve un trésor, Qohéleth n’en admet que la première moitié et combat la seconde :
מעט ואם הרבה יאכל ON מתוקה שנת העובד והשבע לעשיר איננו מניח לו לישון (Eccl.v, 11) Le sommeil du travailleur est doux, Qu'il mange son suffisant ou (seulement) peu;
Quant au riche, la satiété Ne le laisse pas dormir.
Le rapport entre ces deux passages est prouvé par leurs termes
communs quoique en partie variés : 431}, מוצא אוצר +מתק == עשיר ; même l'idée de שמח forme la substance de אם מעט הרבה יאכל px. On remarquera que l’Ecclésiaste a condensé
les deux personnages désignés par now et עובד en עובד
TR roue défectueuse entraînée par l’hémistiche précédent, au Fi lieu de .ולעשיר השבש PAR + Grâce à son habitude de semer dans un désordre calculé 2 ל réflexions les plus opposées, Qohéleth n’hésite pas une autre fois à parler de la valeur de l’argent dans les affaires de ja | vie (x, 19). | Nous venons de réserver ci-dessus -- de Ben-Sira cp que l’homme > réjoui < (m#y7), c’est-à-dire content de son 3 | sort, mène une vie heureuse. Qohéleth, entraîné par son amour de la contradiction, préfère bannir toute joie de l’homme sous prétexte qu’elle est éphémère et fugace (ir, 1-2), au point que la vie elle-même perd pour lui toute valeur (sbidem, 17), | Deux fois il se reprend en faveur de la joie (11, 24-6; 1m, 7-2: 12-13), la vue des iniquités exercées par les forts contre les faibles le replonge dans ses idées sombres : il trouve que les morts sont plus heureux que les vivants, puis il ajoute : « Mieux que ces deux classes d'hommes (je loue) celui qui n’existe pas encore (et) qui n’a (par conséquent) pas vu la mauvaise beso-
seul, et que, de plus, l’expression והשבע לעשיך en une cons-
gne qui se fait sous le soleil » (1v, 2-3). 101, Qohéleth emploie
l'expression de Ben-Sira משניהם 23199 bien mal à propos, par simple réminiscence.
Une opposition encore plus remarquable se fait jour au sujet de la valeur attribuable à la création. Ben-Sira pose comme ' maxime :
4 Les œuvres de Dieu sont toutes bonnes; mas Il satisfait à tout besoin à son temps (xxxIx, 16, 35).
1/1066 que les choses les plus contraires peuvent avoir leur utilité à certain moment sourit assez à Qohélelh et il la développe longuement (Ecclésiaste, 111, 1-8), mais il la restreint aux actions des hommes; quant aux œuvres de Dieu, son ac- 1 cord apparent avec Ben-$ira (ibid., 111, 11-14) est fugitif et
0 plein de réticences. Sa vraie pensée, il l’a exprimée dès le 0 début : + Tout ce qui est fait sous le soleil est une mauvaise 06-
FACE sogne donnée par Dieu à l’homme pour l’occuper… C’est une.
RE NGE chose tortue qui ne peut se redresser, une lacune qui ne peut se | combler » (1, 13-15). Et pour qu’on ne se trompe pas sur son in-
à ention, il dit Ne
redresser ce qu’il 8 fait tordu » (4bid., vnr, 13). Comme on le oit, Ben-Sira se rallie délibérément et avec sincérité au « Et
Élohim vit que tout ce qu’il avait fait était très bon » de la Genèse (1, 31); Qohéleth en est déjà aux antipodes, et si la gran- |
deur de la création l’oblige à admettre un créateur tout-puis-
sant, il le déclare jaloux de l’homme et ne tendant qu'à s’en = faire craindre (in, 14, 14).
Enfin, Ben-Sira émet une maxime d’une grande portée :
* ואשר ממרום אל מרום iv כל מארץ אל ארץ (x, 11). Tout ce qui vient de la terre retourne à la terre Et ce qui vient du ciel retourne au ciel.
Et il tire cette conséquence que le vice étant un résumé d'œuvres basses et matérielles, est destiné à périr, tandis que ja vertu, qui est d'une nature spirituelle et divine, reste éternelle-
ment (tbidem, 12-17). Les croyants trouvaient cette maxime
à souhait pour expliquer le caractère périssable de l’âme des bêtes, issues de la terre d’après la Genèse (1, 10-25), et la survivance de l’âme humaine qui vient de Dieu (ibidem, 1 7).
. Qohéleth réfute explicitement cette théorie trop commode, et,
en faisant valoir qu'en somme l’homme et la bête sont soumis aux mêmes vicissitudes et que la terre forme leur substance commune, il conclut qu’ils doivent avoir un sort pareil. Ses paroles méritent d’être citées textuellement :
J'ai médité dans mon cœur au sujet de la relation des enfants de l’homme
avec Élohim leur créateur לבראם) au lieu de (לברם ct je suis arrivé à voir que la manière d’être שהיות) au lieu de (שהם de la bête ressemble à leur manière d’être הוות) pour (המה
Car le sort des fils de l'homme et celui de la bête se ressemblent par faitement; les uns meurent, les autres aussi; tous les deux ont 16 même souffle; l'avantage de l’homme sur la bête est nul, car tout est vanité.
Tout va au même lieu, tout a été (fait) de 18 poussière et tout retourne à la poussière.
Qui sait que le souffle des fils de l’homme monte en re et que 1e souffle de la bête descend en bas vers la terre? (Ecclésiaste, 111, 18-21.)
Je me borne à ces trois exemples qui suffisent à -- la
profonde impression que l’Ecclésiastique a faite sur l’esprit de l’auteur sceptique de l’Ecclésiaste. Je m’arrête à cet écrivain,
bien qu'il m’eût été facile de poursuivre ces comparaisons avec
> Regarde l’œuvre d'Élohim; qui peut
Do Ne
le livre d'Hénoch et même avec les Logia de Jésus ; l'espace me manque pour un développement aussi étendu.
Ce qui vient d’être dit suffit en tout cas pour montrer la haute importance du fragment de Ben-Sira et pour assurer la gratitude de tous les hébraïsants envers tousceux qui ont contribué à nous 16 faire connaître”.
1. Ajouter aux corrections de la page 18, note : xLir, 11 ₪ הקם AW; lisez החזס משמר (d'après NM).
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