ולא אתיהב מומא באיקרה : MÊME
XL, 15 c ₪. Fausse lecture בומי שמים == vuépais oùpavod, + dans les jours du ciel », au lieu de שמים 999, > comme les jours )==18 durée) du ciel », emprunté aux Psaumes, xa1x, 30.
XLVI, 1 0 >. La forme inexacte de 11, ,להנקם נקמי אויב où le י du second mot est en trop, a fortement embarrassé le traducteur grec, qui a pris le parti de corriger להנקם בקמים אויבים = — 600000006 Éneyeupouévous 600006, 6 pour se venger des insurgés ennemis », bien qu'il eût fallu יבאויבים קמים
3 .א Une de telle que rés mpôrsoov 00700 09706 Écrn, « qui avant lui se tint ainsi? », pour ימי הוא לפנין יחיצב « qui put lui résister ? », n’offre pas seulement une phrase insignifiante, mais elle témoigne aussi que G n’a pas compris le passage de Job, xLr, 9, dont ce passage, au suffixe près, est une copie littérale.
6 c. Le texte de H est, sauf sur un seul point, d’une limpidité parfaite :
למען דעת כל גויי on כי צופה יהוה מלחמתם
Afin que sachent tous les peuples voués à l’extermination Que Yahwé observe leur combat.
G traduit pourtant :
iva yv@ou 60 Tavoriay 0 être évavrioy Kupioy 6 nôkeuos avroù.
Afin que les peuples connaissent leur armure, Car devant le Seigneur est son combat.
L’absurdité est évidente, mais, pour y aboutir, il a dû trans-
former le passage à peu près comme il suit : ל
למען דעת Da כַדֶּם = כו 99 והוה מלחמתו vêtement, ha- « ,ומד L'attribution du sens de > armure » à
bit », ne lui a pas demandé un grand effort, mais la lecture מדם au lieu de 5m, comme celle de 55h au lieu de ,צופה ne peut être que le résultat d’une étourderie et d’un manque de goût. S conserve le mot 5-7, mais il lit לוחכ ou on) a au
בלחם להם 11 = אקרב עמהון ainsi וצופה lieu de
HNEB
7b6. G n'a évidemment pas saisi le sens de להתיצב בפרע .קהל « pour s'entremettre lorsque l’assemblée se révolta », faisant allusion aux paroles prononcées par Josué et Caleb lorsque le peuple, exaspéré par suite du rapport pessimiste des explorateurs, s’insurgea contre Moïse et Aaron (Nombres, וזא 3-XIV, 10). [| paraphrase étourdiment &vricrñvor וע 59000, « pour résister à l’ennemi », comme s'il s'agissait de leurs luttes contre les Chananéens.
18. Erreur ethnographique égayante : au lieu de צך »s%, « les commandants de l’ennemi », G vocalise נציבי צר . Ayou- uévous Tupéwv, 6 168 commandants des Tyriens »; or.ce peuple n’était pour rien dans les guerres du temps de Samuel.
19 c. Autre méprise incroyable ; H porte : כפר ונעלם ממי .לקחתי 6 de qui ai-je pris rançon et (don) caché? ». 1] me paraît absolument certain que 5by;5 doit son existence à une altération de שלוּם (Michée, ,זנ 3), « salaire », commise par un ancien scribe qu'avait égaré l’expression +5 ואעלים עיני qui suit le mot +55 dans ie discours de Samuel auquel Ben- Sira fait allusion dans ce passage (I Samuel, x11, 3); mais, tel
qu'était le texte, 16 sens de נעלם ne donnait pas prise au doute, C’est donc par un simple caprice que G a lu נְעָלִים Üroduara, 6 des souliers », probablement dans l'intention de rappeler l'expression d’Amos : ,ואביון בעבור נעלים € ils vendent le nécessiteux pour une paire de souliers » (Amos, 11, 6). ₪ 8 mieux compris l’expression hébraïque qu’il à généralisée - dans le sens de N32np, « présent, chose offerte ».
H débute par deux mots qui ne cadrent pas avec .12 ,זנ דא le reste qui est parfaitement clair :
ne se leva après lui, שי Un fils intelligent demeurant en tranquillité.
G omet les deux premiers mots, ce qui est bien excusable, . mais comment est-il parvenu à défigurer le sens si transparent des deux derniers mots du second hémistiche?
4 בצ ל 8 שד - ray RERO 3% ns + , + CARE + .
+ + « 5. HETA 70070 0070 / CA 3 2 0 0 DEN , , - 5 ViOG ÉTIOTAUUMV, 0007 000 zaTéAvIEY Ey ה
3 . après lui se leva Un, fils intelligent et par lui il (Dieu) inonda en étendue.
La VL, cherchant à obvier un peu à la bizarrerie de la dernière phrase, met : « Et propter illum dejecit omnem potentiam inimicorum. » C’est un tour de force prodigieux qui n’arrêtera personne.
Si je ne m'abuse, le trouble de G vient de ce que, au lieu de .שוכן לבטח « demeurant en sûreté », il a déchiffré
ht, Composition 0640868216 et de mauvais לת =) לריוח
hébreu, mais signifiant littéralement : 6 inondant en étendue »; le mot my désigne précisément l’idée de > étendue, espace »;
.)17 זאאא TN (Genèse, תשימו בין עדר ובין עדר cf.
18. Voilà un distique clair et d’une belle inspiration poétique :
נקראת בשם הנכבד | הנקרא על ישראל Tu fus appelé du nom glorieux Qui est porté par Israël.
Les hémistiches forment des emprunts respectifs d’Isaïe, ,מזזא 7 + Deutéronome, xxviir, 58, et de Deutéronome, xXNIIT, 10. Ben-Sira fait allusion à cette circonstance que Salomon portait primitivement le nom de MT > aîné de
Yahwé » (II Samuel, x11, 25), c’est-à-dire du Dieu souverainement glorieux qui n'appartient qu’à Israël seul.
G n’a pas compris grand’ chose. Il perd contenance devant les deux נקרא suivis de deux prépositions différentes, et ne peut se tirer d’embarras qu’au moyen de l’omission de נקראת
et du ghéngement de יעל «sur 5, 6 ,אל > dieu ». Ainsi mutilé, le distique n’exprime plus qu’une platitude et flotte sans aucun lien avec le contexte :
ôvépatr Kupiou 00 0 ע6 rod ÉmixexAnuevou 00 ’IcpañÀ. 1
Au nom du Seigneur, du Dieu Qui est appelé Dieu d'Israël.
fat ו
20 c. Les deux hémistiches sont étroitement liés ensemble dans H :
להעלות אף על צאצאיך | ואנחה על משכבך Pour faire monter la colère (divine) sur tes enfants Et le châtiment contre {le produit de) ton lit.
Gt ,משוכחך * ta folie < , au lieu de 72220, « ton lit », et produit ainsi une incohérence insupportable :
énayayeiy do Ynv ÊTL TA 76090 GOU
at xarevuynv (? raravbEuw ?) ni ד dppovñoñ cou.
Pour faire monter la colère (divine) sur tes enfants
Et une vive douleur à cause de ta folie.
Le dernier distique n’est cependant qu’une imitation un peu détournée de Job, xxxvi, 19 : יוהוכח במכאוב על משכבו « il est averti par la douleur sur sôn lit ».
xLVUI, 11. Il n’est que partiellement conservé. On lit :
mais, en rappro- יאשר ראך ומת . PAR ES ו chant la version de ₪ :
| טובוהי דהזך ומית | ברם לא מאת אלא מחא נחא on parvient à compléter le texte hébreu avec une entière certi- tude, à la seule exception du dernier mot du premier hémis- tiche, que ₪ a omis et qui peut être rétabli par la considération du terme admis par G sur la base d’une inadvertance ; ainsi : אשרי ראך ומת בביאתך | כי לא ימות כי חיה יחיה Heureux celui qui te verra, dût-il mourir à ton arrivée. Car il ne mourra pas, mais il revivra. G offre un grave contresens : || 0ע6 600 paxdipor où idovrecs 06 noi où ÊV dyATAOEL nat ap music Con 6000606 Heureux ceux qui voient et sont ornés d'amour, Car nous vivrons de vie.
En laissant de côté le caprice de mettre les verbes du distique au pluriel, tandis que le singulier convient beaucoup mieux, on constate aisément que l’incohérent « et sont ornés d'amour » se base sur une lecture étourdie ושח באהבתך où (שות =( שת est pris pour un dérivé de ,שיךן « ornement ».
Dans le second hémistiche, la nonchalance de G est encore plus
blämable : non seulement il omet le membre de phrase initial « car il ne mourra pas », il lit, au lieu de חיה יחיה +, exigé impérieusement par le contexte, ,בי חיה נחיה 6 car nous vivrons de vie », phrase absolument déplacée dans ce contexte. XLIX, 9. Ce distique à été traité par G avec une légèreté vraiment stupéfiante. H ne permet aucune hésitation :
וגם הזכיר את איוב | המכלכל כל דרכי צדק Il (Ézéchiel) mentionne aussi Job Qui soutient toutes les voies de la justice.
Ézéchiel mentionne en effet Job avec Noé et Daniel comme des personnages célèbres par leur justice (Ézéchiel, ,וזא 14, 20). D'autre part, on sait que le livre de Job a pour but d’enseigner la patience à ceux qui souffrent en leur prouvant, par l'exemple de ce juste, que la vertu est finalement récompensée par Dieu, qui n’abandonne jamais ses fidèles. Le distique est donc aussi clair que possible. Mais voici ce que nous lisons dans la version grecque :
ai y&p épvioôn Tv 6000009 év 6060 ai 000000000 Toùs evOuvoyTæs מ Il se souvint des ennemis dans l’averse Et annonça du bien à ceux qui marchent dans les voies droites.
L'erreur fondamentale se voit du premier coup : G a confondu sy avec sy, > ennemi », qu'il 8 mis au pluriel ne sachant à qui l’auteur faisait allusion; de là l'expression ע₪? éy@p@v. Quant aux termes suivanis, &v 00606, ils n’ont aucun sens dans ce passage; cependant ils doivent répondre à des mots lus dans le texte hébreu, car il ne peut pas les avoir inventés de son chef pour écrire une niaiserie. Sur là photographie de cette page publiée par MM. Cowley et Neubauer, il reste encore, après sy, des traces méconnaissables d’un mot qui devait être un adjectif. Une réflexion qui me paraît logique me donne à penser que le groupe énigmatique év 6060 n’est autre chose que l'altération d’un adjectif se rapportant à ש5/0060 SaVoir ednuep@y, 6 heureux, fortuné ». La phrase perd alors une grande partie de sa bizarrerie ; elle veut dire que le prophète Ézéchiel adressa des discours comminatoires aux méchants fortunés pour les faire revenir à la vertu, C’est une observation
banale qu’on peut appliquer à tous les prophètes, mais c’est du moins une idée supportable en face du monstrueux 6 ennemis dans l’averse » du texte actuel.
Maintenant nous pouveus aller plus loin et supposer, non sans quelque vraisemblance, que le correspondant 606 6% se trouvait aussi dans le manuscrit hébreu que G avait sous
les yeux. Ge mot correspondant ne peut être que מאשר (Pro-
verbes, 111, 18), car c’est le seul mot qui se rencontre dans la |
Bible pour exprimer cette idée. S’il en est ainsi, nous découvrirons facilement la source de la confusion commise par le traducteur. Ben-Sira, en qualifiant Job de « bienheureux » ou de « fortuné », a entendu suppléer tacitement « vers la fin » באחריתו) : cf. Job, מזזא 12); G, au contraire, fut surtout frappé de l’inconvenance apparente de présenter Job, ce type de la souffrance extrême, comme un homme heureux et favorisé par la fortune; et, comme il ne s’est pas donné la peine de réfléchir, il a changé איןב en אויב ', afin de dégager de notre distique l’idée, comme je l’ai dit suffisamment supportable, qu'Ézéchiel admonesta les ennemis (de Dieu ou d'Israël) qui jouissent d’une prospérité imméritée.
Cette étourderie, qui était cependant facile à éviter, amena le traducteur à prêter au verbe בלבל , dont la signification concrète est > nourrir quelqu'un, fournir des provisions à quelqu'un », le sens abstrait 06 « annoncer de bonnes choses » (äyal@ooi), et, ce qui constitue une licence non moins forte, à interpréter צדק 277 comme s’il y avait הדורכים בדרכי נצדק de là, en négligeant le mot Ds : roùs 6000000706 600 « ceux qui marchent dans les voies droites ». Avec une réflexion tant soit peu soutenue, G aurait reconnu comme nous que ce distique est une imitation, quoique non sans variantes et déviations de sens, de Psaumes, cxIr, 5. Le Psalmiste félicite l’homme généreux qui, malgré ses libéralités, conserve la plus parfaite modestie :
1. Cette erreur peut bien avoir donné lieu au dicton rabbin אזוב באזוב וגתחלף לו «il a confondu sg « Job » avec אווב 6 ennemi » rip au sujet du verset Job, 2111, 24.
RO טוב איש חונן ומלוה = יכלכל דבריו במשפט Heureux l'homme qui faisant 068 1161811668 (aux uns) etdes prêts (aux autres) Maintient ses paroles dans (les limites de) la bonne règle.
Dans notre texte, דרך est substitué à דבר et צרק à ימשפט ce qui oblige à prendre le verbe בְכְבָל avec la nuance de « contenir כ ([R., vus, 27}; de là :
Qui contient toutes les voies de la justice.
Je parle d’après le texte qui semble avoir servi de base à la version grecque et que [ 81 admis d’après les éditeurs de 11, mais il serait malaisé d’affirmer que Ben-Sira ait écrit de cette manière. Comme H préserte une lacune de quelques lettres entre le = qui suit le mot כל et le + du mot certain יצרק il se pourrait que l’auteur ait écrit primitivement d’une manière beaucoup plus conforme encore au passage des Psaumes que je viens de citer, ainsi qu’il suit :
וגם הזכיר את איוב END המכלכל כל דבריו בצדק (Ézéchiel) a aussi mentionné le bienheureux Job 11 Qui maintient toutes ses paroles dans (les limites de) la justice.
Cela donnerait un sens excellent. Chose remarquable, la version syriaque, quoique exécutée avec une insouciance regrettable, semble appuyer cette restitution. Elle porte :
ואף על איוב אמר | דכלהין אורחתה זדיקותא הוי Il (Ézéchiel) a dit aussi au sujet de Job Que toutes ses voies étaient (conformes à la) justice.
Dans le second hémistiche 5 8 abandonné le mot המכלכל qu’il ne comprenait pas, mais il lisait דְרְכִין avec le suffixe de la troisième personne au lieu de דְרְכִי qu'on est en train d’introduire dans le texte nouvellement découvert. C’est le premier pas qui conduit vers une meilleure intelligence de la pensée de Ben-Sira.
10c6. H sous-entend, après le verbe sy, le mot ny, et exprime l’idée de « calmer le désespoir, réconforter » (Psaumes, x1x, 18); G lui applique le sens matériel de « faire revenir », qui ne cadre pas avec le contexte et qu’il aggrave par l’expression élurpooaro, « ils délivrèrent moyennant ran-
çon », opération à laquelle les prophètes en général n’ont jamais songé.
L'examen qui précède, même en y joignant les observations qui accompagnent plus haut le texte et la traduction, est loin d’épuiser toute la série d’erreurs dont le traducteur grec s’est rendu coupable, soit par suite d’un déchiffrement hâtif, soit par une insouciance de la signification parfois ambiguë du mot ou de la phrase, et surtout par la précipitation avec laquelle il corrige la leçon du texte lorsqu'elle lui paraît ne pas convenir à son idée ou lorsqu'il ne la comprend pas. Les exemples sont si abondants que les circonstances qui ont concouru à donner à la version grecque la forme qu’elle à aujourd’hui se révèlent à nous dans leur plénitude sans'chance d’erreur dans l’appréciation d'ensemble. Il résulte :
Relativement à la nature du manuscrit :
1° Que le texte que G avait à sa disposition contenait un grand nombre de leçons très différentes non seulement de H et ses variantes marginales, mais aussi du texte primitif rédigé par Ben-Sira ;
2° Que ce texte était, en certains endroits, oblitéré et peu facile à lire.
En ce qui concerne les aptitudes du traducteur :
1° Que 6 manquait d’un coup d'œil sûr pour discerner, dans les groupes endommagés, les fines nuances qui distinguent les lettres à traits analogues, discernement qui constitue la qualité | principale du bon déchiffreur;
2° Que, voulant néanmoins tout traduire, il se tira d’embarras par la supposition de mots et de constructions pour lesquels le témoignage du manuscrit faisait absolument défaut;
3° Que sa connaissance de l’hébreu laissait à désirer, surtout au point de vue de la grammaire et de la syntaxe;
4° Qu'il n’a pas toujours saisi le sens propre des Lermies employés par l’auteur dans mainte proposition ;
9° Qu'il ne s’est pas rendu compte exactement des passages bibliques que Bin-Sira avait enchâssés dans ses distiques.
Mais ces faits, en apparence individuels, me semblent prendre une importance de premier ordre. Ils prouvent jusqu’à l'évidence qu'entre la composition et la traduction de l’opuscule de Ben-Sira, il s’est écoulé un espace de temps beaucoup plus considérable que celui qu’on admet généralement. Non seulement le texte de l’Ecclésiastique a eu le temps de se dégrader et de s’altérer par des leçons peu correctes, mais d’effacer de l’esprit du traducteur toute tradition relative à l’interprétation de ce livre, bien qu’il fût un descendant direct de l’auteur. On imagine difficilement qu'une œuvre de morale écrite expressément pour la jeunesse par le grand-père n’ait pas formé un des principaux facteurs dans l’éducation de son petit-fils. On sait que l’idée que le traducteur grec a été le petit-fils de Ben-Sira ne s’est introduite qu'après de graves hésitations qui se répercutent jusque dans les ouvrages les plus récents. Je crois utile de citer un passage dans lequel un des critiques les plus avancés de l'Allemagne, M. C.-H. Cornill, résume d’une manière excellente l’état de la question relative à la date de l’Ecclésiastique :
« L'auteur de ce livre se nomme lui-même au chapitre 1, 27, Inooùc vios Saupay 6 ‘Iepocoluuirne. Qu’il était un Juif pieux, fidèle à la Loi, un ërt mAsioy éœurov 0006 els Te Thv 00ז vduou rai TOY עמשה rai Toy עמ 006 עה עמ dyayvoow, C’est ce que son livre prouve par chaque mot. Pour la fixation de la date de sa vie, 16 chapitre 1, où il fait la description de Simon, fils d’Onias, le grand prêtre (Sue ’Ovlou vioc 60605 6 uéyac), dont il était évidemment contemporain, serait important. Mais cela est ambigu, parce qu’il peut être aussi bien Simon 1" surnommé > 16 juste » (הצדיק) que Simon 11, le père d’Onias Il]. À priori, on se déciderait volontiers pour le plus célèbre, Simon 1** ce qui mènerait vers environ 290 av. J.-C, mais à cela s'oppose le prologue du traducteur grec. Celui-ci, qui est venu en Égypte dans la 38° année de Ptolémée VIL Évergète (év rô 0 א torse 2164 700 1306016700 Baoihéwc), nommé Physcon—1 32, appelle l’auteur 6 rénnos pou. Or, le mot חאה peut, il est vrai, désigner aussi « ancêtre » 0 un sens plus vaste; néanmoins la traduction de « grand-père, aïeul », est
GLS
la plus proche; alors ce Simon, fils d'Onias, doit donc être Simon Il, et notre auteur aura écrit environ vers 200. »
C'était, comme on voit, un pis-aller auquel il fallait se résigner faute d’informations précises.
À présent, ayant la preuve que l’état du texte et de la traduction exige impérieusement un intervalle considérable entre l’auteur et le traducteur, le mieux qu’on a à faire, c’est de revenir à la première impression, qui est souvent la bonne, et, en abandonnant Simon 11, absolument ignoré par la tradition talmudique,deretourner au célèbre Simon 1", surnomméleJuste, que cette tradition considère comme le dernier survivant du grand synode réuni par Esdras שמעון הצדיק היה משירי) כנסת הגדולה own. Pirqé Abot,r,2), et dont elle ne tarit pas de louer l’activité et les institutions. Le livre de Ben-Sira 8 donc été écrit vers 290 avant l'ère vulgaire, à une époque où la Palestine jouissait d’une tranquillité parfaite sous l'égide paternelle de Séleucus 1" Nicator, qui accorda aux Juifs le droit de bourgeoisie dans toutes les villes qu’il bâtit en Asie, même à Antioche sa capitale (Josèphe, Histoire ancienne des Juifs, XII, 11). Sous ce règne si favorable aux Juifs, le grand prêtre Simon, généralement respecté à cause de sa grande piété, obtint facilement la permission de fortifier la ville et le temple . par des murs d’enceinte et de la pourvoir d’un réservoir d’eau, dans le but évident de prévenir l'éventualité d’une surprise pareille à l’attaque cruelle dont elle avait été victime quelques années auparavant sous Ptolémée Soter ou Lagos (Josèphe, L. c.: Ecclésiastique, L, 1-3), et qui n’avait pas cessé d’affliger les patriotes (ibid, L, k, 36). Bien que l’hellénisme n’eût pas encore eu le temps de miner la confiance des masses dans la religion paternelle, son influence délétèrese manifestait déjà par l’augmentation du luxe et le relâchement moral des jeunes gens qui, séduits par le charme de la vie grecque, commençaient à cacher leur qualité de juifs (bid. xuir, 2). Les conseils et les admonestations de Ben-Sira étaient destinés à entraver la marche de cette décadence naissante, et tout nous fait croire qu’ils formaient un puissant facteur contre l'influence hellénique, qui ne prit une forme menaçante que sous le règne d’An-
Poe
- tiochus Épiphane (174-164), où les hellénistes, levant le masque, affichèrent ouvertement des tendances antijuives. La date de 290 explique admirablement le ton doux et humain qui
distingue la morale de Ben-Sira, et le manque de toute explosion de zèle ou de fanatisme, ainsi que de toute plainte où imprécation contre l'oppression du dehors et la scission du dedans. D'autre part, l’état relativement prospère de la Palestine se révèle par 18 pompe des cérémonies du temple et par la richesse extraordinaire du costume du grand prêtre; le peuple semble avoir été si fier de son chef religieux qu’il ne forme plus le moindre væu pour 16 rétablissement de la dynastie davidique, et Ben-Sira a bien interprété cette résignation, en
- disant que le règne de David n’était accordé que de fils en fils,
et devait par conséquent prendre fin avec lextinction de la lignée directe, tandis que l’autorité d’Aharon était promise à tous ses descendants )070. , x1v1,.25 0( , Get état a bien changé sous les règnes suivants, et surtout vèrs 200 av. J.-C., qui tombe pendant le règne d’Antiochus 111 le Grand (222-186). > Du temps qu’Antiochus le Grand régnait en Asie, dit Josèphe (Antiquités, L. c.), et qu'il faisait la guerre à Ptolémée Philopator, roi d'Égypte et à son fils, soit qu’il fût vainqueur ou vaincu, la Judée et la basse Syrie souffraient toujours également, tant par la bonne que par la mauvaise fortune de ce prince, et étaient comme un vaisseau battu par les flots, Mais enfin, Antiochus étant demeuré victorieux assujettit la Judée. Après la mort de Ptolémée Philopator, Ptolémée son fils, surnommé Épiphane (205-181), envoya contre la basse Syrie une grande armée, sous la conduite de Scopas, qui se rendit maître de plusieurs villes et remit notre nation sous l’obéissance de ce prince. Quelque temps après, Antiochus vainquit Scopas dans une grande bataille auprès des sources du Jourdain et recouvra la Syrie et la Samarie. Alors les Juifs se rendirent volontairement à lui, reçurent son armée dans leur ville, nourrirent ses éléphants et aidèrent celles de ses troupes qui attaquèrent la garnison que Scopas avait laissée dans la forteresse de Jérusalem. Épuisée par ces changements de maîtres, la Judée dut être exemptée de tribut pendant trois ans et d’un tiers
de tous les tributs dans l’avenir, en considération des pertes b
Te D AUS RES ב לש כמ בי כ ישנ כ fer of ou AS AR HORS שי יי למע 1 / LME SP À % < 2 ג 2/0 bé . te בי ל + [Eau
ו qu'elle avait subies. Il fallut également remettre en liberté un grand nombre de personnes retenues comme esclaves et les rétablir dans leurs biens. Le temple ayant, lui aussi, beaucoup souffert pendant ces invasions réitérées, dut être réparé, et : Antiochus ordonna que le bois nécessaire aux réparations, qu'on nn tirait des provinces et du mont Liban, ne payât pas de péage. » 8 Ce n’est pas à une époque aussi agitée et aussi malheureuse qu'un écrivain hiérosolymitain aurait produit un ouvrage d’es- prit reposé et de sang-froid tel que l’Ecclésiastique. Une autre considération ne doit pas enfin être perdue de vue. Jérusalem est qualifiée de forteresse dès l’atlaque imprévue de Ptolémée Soter, et elle conserve cet état pendant le règne d’Antio- chus le Grand, où il n’est fait aucune allusion à la réparation des défenses de la ville. Or, étant donné que le pontife Simon, contemporain de Ben-Sira, en dehors de la fortification du temple, a dû également fortifier Jérusalem par un solide rem- part (Ecclésiastique, L, 4), il ressort avec évidence que ce pontife est bien Simon 1", le Juste, contemporain 66 8 Nicator, alors que, par suite de l’attaque précitée, il fallait penser à augmenter la résistance de la ville sainte. Il va sans dire que le mot rérros, pouvant désigner l’ancêtre éloigné, ne s’oppose aucunement à la date de 290 dégagée par des considérations littéraires et historiques,
LANGUE, STYLE ET CROYANCES DE BEN-SIRA Le fragment nouvellement découvert établit définitivement | que Ben-Sira n’a écrit sa Sagesse ni en araméen, ni dans un langage mélangé d’hébreu et d’araméen, comme le faisaient supposer les citations qu’en font les écrits talmudiques, mais 300 dans un hébreu soigneusement modelé sur la langue et le style bibliques. Cette imitation voulue se manifeste tout d’abord ». par de nombreux membres de phrase et des expressions rares et caractéristiques dont il compose ou émaille ses distiques. Les livres sapientiaux ou lyriques comme Job, les Proverbes et les Psaumes, lui ont fourni d’innombrables"extraits tantôt , sous leur forme intacte, tantôt sous une forme plus ou moins ra= “TRS dicalement modifiée. Les autres livres du canon biblique sont …
: EN livres 8 et - pro- ne 20 ו רה 0 la partie intitulée Éloge des anit tres Se Da dans laquelle 1 auteur donne un précis de
éritable recueil de bouts de phrases bibliques juxtaposés de - manière à former un sens acceptable. Les éditeurs de ce texte
- il ne sera cependant pas inutile d’en présenter quelques spé- : Cimens d’un type particulier parmi ceux qui ont leur source ‘dans la portion la plus tardive de l’Ancien Testament, et no- . tämment dans ceux que la critique moderne a, sans raisons suf- fisantes, relégués à l'époque perse ou regardés comme des pas- - tiches fabriqués par de pieux fraudeurs de l'époque hellénique. La série la plus remarquable de ces emprunts est sans contredit celle qui est puisée dans le 7 de Job. Citons : > הוא לקצות הארץ= > 20 ,אואאא) מעולם ועד עולם יביש ' יבים. (Job, xxvirr, 24). — ו ₪ ברגזם הרים יעתיקו > המעתיק הרים .+ באפו 109 IX, 5). — חזיז קולות (XL, הר job, מוטאא 26; XXX VIT, 25. — לנעח ותם ENND (AB) = ,מבלי משים לנצח יאבדו 6 d’une manière impréue» -- ולפני כל חציר ייבש = (19) לפני כל חציר נרעכו (Job, vin, 12). — Duo זה חלק כל בשר (ut, (= זה חלק = אדם ---.> מאל (Job, xx, 29; חקר — .)13 רל ON (Lu, 18 >( == חקר תהום (Job, XXXVUI, 16). — מרום 523, | employé d’ailleurs très mal à propos dans ,זו זא ₪ 6, copie le שמים פד “52 de Job, ממאזא) מרומי אל -- .27 ,אאא 9 8) = — במרומץ (Job, xxv, 2), où le suffixe se rapporte à Dieu. PA כאשר לא חיו GUN, 9 6 ( = כאשר לא הייחי אחיה (Job, x, 19). — שביב אשו (xLV, 19 6 B) == Job, xvur, 5. — Le verbe נרעך est particulier au livre de Job: mais
l'emprunt le jus instructif est le substantif inconnu ail-
IG R AS leurs תחליפ (xLIV, 17), dont la signification de 6 successeur »
(successor, ED) ne convient pas au passage. En réalité il signifie « rénovateur, restaurateur », et Ben-Sira l’a tiré de Job, XxXIX, 20, qui porte :
‘Job dit que, comme conséquence naturelle de ses actes gé- " néreux envers les pauvres et les souffrants, il espérait vivre longtemps dans un bonheur constant et comme se renouvelant sans cesse :
(Je me disais :( Ma gloire sera toujours nouvelle près de moi Et ma puissance (m. à m.: mon arc) se restaurera dans ma main.
La Vulgate concorde absolument avec le texte massorétique :
Gloria mea semper innovabitur Et arcus meus in manu mea instaurabitur.
Les Septante, au contraire, ayant lu בִידְןּ au lieu de בידי et תחלופ au lieu de ,רְחלים ne comprennent plus le sens de ce verset :
CH 0056 pou xauvn mer” 0,
Ka TO TOËOY LOU ע6 YELPL 000 Ma gloire (sera) nouvelle avec moi Et mon arc passera dans sa main.
Ben-Sira 88060706 avec les massorètes au sujet de la lecture des mots précédents, mais il a vocalisé דש (substantif
formé du verbe transitif tn, «renouveler »), « renouvellement », au lieu de WT visiblement parce qu'il pensait que, pour dire « renouvelé », il fallait מִחָדָש La présence de la forme nominale an dans le premier ‘hémistiche l’a obligé à
voir dans 6 החליפ de l’hémistiche suivant également une forme nominale (comparable à THIN; תִּבְשִיל ִהַפְקִיד de
l’hébreu tardif) et à peu près synonyme; il lui a donc attribué la signitication de « rénovateur, restaurateur ». mÔonn n’est
pas un mot transmis par une tradition populaire, mais doit son origine à un embarras exégétique de Ben-Sira, ce qui explique son entière disparition dans la littérature postérieure. Pour
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nous, nous avons en lui un témoin irrécusable que l’auteur de
l’Ecclésiastique avait fait du livre de Job l’objet d’une étude approfondie et minutieuse.
Parmi tant d'emprunts faits aux Psaumes, je me contenterai de relever un certain nombre qui me paraissent mériter une attention particulière :
היש מספר d'après H, היש מספר לתשועתו .6 20 ,אואצא si לתושיתו d’après TH ; on pourrait aussi corriger לתבונתו ne se présentait pas toujours sans suffixe. Mais, même תושיה en adoptant la leçon de H (les versions grecque et syriaque manquent en cet endroit), il est difficile de ne pas rapprocher le seul passage biblique où , ולְתבונחו אין מספר ,5 15אזאס Ps. se rapporte à un nom abstrait. mis au singulier. — מספר ישם -.. ארץ transformation de י(ויהפך) למלח משקה .6 23 = וברכו את שם קדשו.35 — .)33 ,זוא6 (Ps. פרי למלחה וכבוד .16 TD (Ps. cxLv, 21). — XL, כל בשר שם קרשו יהי כבוד יהוה: לעולם ישמח יהוה = יהוה על כל מעשיו ורחמיו על כל מעשיו (Ps. cv, 31), combiné avec במעשיו כפור כאפר = כפור כמלח ישפך .> 19 זוא — .)9 הוא0) ללמד ביעקב חקיו ועדותיך -6 5 (Ps. oxLvn, 16). -- xLV, יפזר SPAM ENS יחק ומשפמיו = ומשפמיו בישראל
| לישראל (Ps. יכבוד ועז .£ 8 — .)19 מזץ זא composition qui
ne se rencontre que dans les Psaumes xxix, 1 , et XCVI, 7. — !5 6. זרעו כימי שמים = ולזרעו כימי שמים (Ps. xCIx, 30). -- 25 66. כבוד --- תעטרהו= המעטר אתכם כבוד (Ps. vin, 6). Ajoutons les mots séparés qui sont particuliers au livre des Psaumes : 13 זוזא) À == Ps. va, 10; זא 2; Lxxvu, 9); sh (xLIv, 19 == 1, 20).
= Les derniers livres de la Bible, les Chroniques, avec Esdras et Néhémie, ont fourni aussi à Ben-Sira un petit contingent d'expressions caractéristiques; telles sont : הודות (na), XUVIT,
| 8, et Esdras, 111, 11; המון appliqué à des objets inanimés, XLY,
9, et 1 Chroniques, וא) מערומיהם ;16 ,אואא 18 ==11 Ghropiques, ,תותצטאא 15); 7 (avec l'adjectif צְרִיך XL 21),
xxxIx, 6 passim = 11 Chroniques, 11, 15; מבין (x, 21 6 = II Chroniques, xxv, 8), « instituteur, maître ».
Quand on laisse de côté les emprünts qu'il fait directement RE
au recueil biblique, Ben-Sira se montre comme écrivant un hébreu correct et clair, mais beaucoup plus appauvri que celui des psaumes tardifs et des derniers livres historiques de la Bible. Il exclut l'emploi du relatif vi (au lieu de JUN), devenu
banal dans les derniers psaumes. Il connaît le prix de l'unité de la pensée et s'efforce d'exprimer ses idées par des termes appropriés, inais cela ne lui réussit pas sans introduire des néologismes qui se retrouvent
plus tard jusque chez les rabbins קרבל : הספיק צרך)
.הזהיר .נוקש ,» t’accompagnera > יילוך ינאה לשמר .הענוג etc., peut-être même. ,מרדות ,< <briller », 2597, « diligent «j'ai vérifié », formé de l’araméen sn) ou des motsà התחיצבתי
effet au lieu d'expressions simples נאסף) ety}i pour הציף ימת
pour על מכונהו -השקה pour תורה :על מקומו (ur, ₪( pour חשף סוד יפקודה POUr לכלכל מקרש לה סוד pour לעבד
להביאם אל הארץ Dour להדריכם על במתי ארץ יבמקדש ay ,העריב ;,החמיד) ou encore des voix verbales inusitées
Il crée même pour la particule ₪ la signification antithétique
de ç mais » (xxxix, 23, 24, 25, 27), qui ne se trouve pas chez d’autres écrivains. On voit que la langue hébraïque avait cessé d’être un idiome vivant et que le néo-hébreu employé dans les collèges des Sopherim avait déjà achevé sa croissance. À ce point de vue, le recueil de Ben-Sira a dû être un véritable événement littéraire pour son époque.
Chose curieuse, la découverte du fragment de cet ouvrage est aujourd’hui même un événement hors ligne pour l’histoire du canon biblique. Depuis quarante ans, cette histoire a été remaniée du tout au tout. Des savants éminents, se fondant sur. des arguments littéraires ou psychologiques, se sont crus auru à placer la composition du livre de Job en l’an 200
. d:-C., et celle des deux derniers livres du Psautier à 1'600ce macchabéenne, et leur opinion s’est tellement enracinée … dans l'esprit du monde lettré que l'opinion contraire est géné-… ralement considérée comme la marque d’une profonde igno=
= une longue série d’études minutieuses et les preuves à la main contre ce fatal engouement, rien n’a fait et pas un seul de ces = savants n’a daigné y donner un seul mot de réponse. Ne pou- . vant m'accuser de fanatisme religieux et ne voulant pas enga-
ger une discussion scientifique pour réfuter mes arguments,
. «théologient »! Mais toute cette superbe théorie, prétendue in- 19e tangible, tombe maintenant à plat devant les faits exposés plus haut. Le canon biblique en général, sauf naturellement le Cantique, l’'Ecclésiaste et les livres d’Esther et de Daniel, est bien antérieur à 290 av. J.-C., année pendant laquelle Ben- Sira a écrit l’Ecclésiastique. Voici les dates minima obtenues pour certains livres du recueil biblique :
Les Chroniques avec leurs pendants, les livres d’Esdras et de Néhémie, ayant été considérées comme des livres canoniques par Ben-Sira, doivent être antérieures à 290. En mettant seulement vingt ans d'intervalle entre l’Ecclésiastique et les Chroniques, ces dernières se placeront vers 320. Au début d’une nouvelle époque inaugurée par la domination grecque,
taient au sujet de la construction du temple de Jérusalem et de … l’organisation du culte durant la dynastie perse, organisation > qui n’a pu s'achever que grâce au concours désintéressé des lévites, lesquels, mal récompensés de leurs corvées dans le service du sanctuaire, étaient depuis longtemps rangés dans la classe indigente(Deutéronome, x1t, 12, 18 passim), au point que lors du retour d’Esdras, la plupart des lévites préférèrent rester | à Babylone. De là la faveur particulière avec laquelle ils sont traités dans les récits du chroniqueur.
5 Le recueil des Psaumes tout entier, même les psaumes les plus maigres des deux derniers livres, ne peuvent pas être 80818865 en decà de l’époque perse, et bien moins encore jus- ‘qu’au temps des Macchabées. Les rares exceptions ne font que
. confirmer la règle. | x L’affirmation de l’école critique moderne que les Proverbes,
1. Au Congrès de Genève j'ai eu l'avantage d'entendre ce mot de la bouche même de M. Stade.
ils croient tout dire en me lançant le mot de « arriéré » ou de
le besoin s’est fait sentir de recueillir les documents qui res- |
à cause de leur analogie avec l’Ecclésiastique, doivent aussi être très proches de ce dernier ouvrage en ce qui concerne le temps de leur rédaction”, est définitivement contredite par la forme malérielle de la langue de Ben-Sira. A ce point de vue, la différence est si tranchée qu’un intervalle de deux cents ans est à peine suffisant pour l’expliquer. Nous arrivons ainsi à 290 + 200 == 290 comme limite inférieure de la composition de la partie la plus récente des Proverbes.
Le problème concernant la date du livre de Job se résout maintenant d une manière très simple. Pendant longtemps j'ai considéré la version grecque de l'Ecclésiastique, ,אד זא 9, qui contient la fameuse phrase zai 2 0 Toy 600609 êv bee = VL. Nam commemoratus est inimicorum in 1mbri, comme réclamant un degré d'authenticité supérieur à celle de la leçon syriaque qui offre le nom de Job, pensant que le petit-fils de Ben-Sira n’eût jamais pu commettre une erreur de lecture aussi grossière si le manuscrit de son grand-père, qu’il devait bien connaître par un enseignement direct, ne portait pas effectivement le mot sy, « ennemi », tandis que la lecture איוב pouvait avoir été suggérée au traducteur syriaque par Ézéchiel, xIV, 2, qui mentionne ce nom comme celui d’un juste très populaire. Comme d’ailleurs le nom de דניל me paraissait et me paraît encore être l’altération du nom du vieux patriarche Hénoch, : יחנוך j'ai cru pouvoir compléter la trilogie patriar-
cale en corrigeant sy en .אנש Bien des corrections incomparablement plus difficiles à expliquer graphiquement ont été
1, Als fasst stärkstes Argument bietet sich uns dar das Verhältniss der Proverbien zu Jesus ben Sira. Nicht nur äusserlich betrachtet ist Jesus ben Sira das einzige analogon zu ihnen, auch die geistige Verwandschaft der beiden Werke ist, trotz mancher Verschiedenheiten im Einzelnen, doch eine so enge und nahe, dass wir dieselbe nach ihrer Entstehungzeit nicht um eine Reihe von Jahrhunderten auseinerrücken dürfen. Selbst die Kônigsprüche in den Proverbien, welche 818 sicherstes Kriterium nur vorexilischen Ursprung angeführt zu werden pflegen haben ihre Doppelgänger bei J Sir 7-4-6 8, 1-3 10, 1-5. Zwar kann die [1681165016 nicht in Abrede gestellt werden, dass Einzelnes im Spruchbuche « überprägtes » (donc falsification littéraire!) älteres Kourant ist (STADE); aber als Ganzes gehôrt es mit aller nur erreichbaren Sicherheit, dieser Epoche an und nicht einer früheren. (Cornill, ibid., p. 247.)
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proposées et admises par les exégètes modernes, et j’ai profité de ce droit commun qui avait en outre l'avantage de former un groupe de personnages célèbres ayant vécu, selon la tradition, à une même époque ancienne. Mais, depuis ce temps, de nouvelles investigations poussées dans cette direction ont successivement ébranlé ma confiance dans la fidélité du traducteur grec susmentionné, sans toutefois réussir à m'expliquer la cause du phénomène. En faisant, au mois de janvier dernier, un compte rendu succinct du remarquable ouvrage de M. Budde sur le livre de Job, j'avais l’intention de dire dans une note le changement de mes vues sur ce point, à titre d’observation sur une remarque quelque peu ironique de M. Budde au sujet de la dite correction, mais [ 81 dû y renoncer par suite de rnanque d’espace. Les précédentes recherches ayant dégagé la cause de toutes les défaillances du traducteur grec, ne laissent plus place au doute. La leçon du paraphraste syrien, confirmée par le texte hébreu et la reconnaissance parfaite du point de départ erroné de la version grecque, s’unissent pour attester que la mention de Job par le prophète Ézéchiel était déjà une tradition incontestée à l’époque de Ben-Sira, et ce témoignage doit être accepté jusqu’à preuve du contraire. Le livre de Job est donc, dans tous les cas, antérieur non seulement à Ézéchiel, mais aussi à Jérémie, qui y a fait un emprunt caractéristique (Jérémie, xx, 14-18 ; cf. Job, nr, 2-11). La malédiction du jour de la naissance, qui forme chez Job une excellente entrée en matière après trois jours d’un douloureux silence, et qui est continuée par des considérations indispensables au sujet de la grave discussion qui s’engage entre le patient et ses trois amis, est abaissée à une violente sortie contre l’innocent messager qui annonça au père du prophète la naissance d’un fils, altérée par des expressions impropres avec fausses images et répétitions fatigantes, et par surcroît rejetée hors cadre, sans liaison aucune avec les passages ambiants. Admettre la priorité de Jérémie sur Job, c’est émettre la prétention que tout le sujet de ce poème est fondé sur la violente imprécation dont il s’agit, et que la personne de Job n’est qu'un déguisement de Jérémie. Aucun homme impartial ne : risquera un tel avis. Voyez du reste Rev. Sém., 1897, p. 94.
ES
Comme corollaire, la date exacte de Job pose désor-
mais une base inébranlable pour la solution de la brûlante question relative à l’âge de la partie du Pentateuque qu'on nomme habituellement le document sacerdotal (A chez Dillmann, P chez M. Wellhausen), et qui comprend, à ce qu’on affirme, outre le Lévitique, une partie considérable des récits de la Genèse et des autres livres de l’Hexateuque. La thèse de Bildad que 18 mort des fils de Job était la suite de leur péché (Job, vir, #) rappelle incontestablement la fameuse maxime
émise par les filles de Selofhad au sujet de .בי בחמאו מת
leur père dans les Nombres, xxvir, 3; le nom de la monnaie dite nt) (Job, xLrr, 11) est évidemment emprunté à la
| ויתן להם ,15 וזא Genèse, xxxnr, 19; la phrase de Job, חנה לנו אחזה בתוך rappelle le אביהם נחלה בתוך אחיהם
du même passage des Nombres, verset 4. D’autre אי אבינו est une )29 ,זזזא) וימח איוב זקן ושבע ימים part, l'expression simple réminiscence de la Genèse, xxxv, 29. Comme tous ces passages modèles des Nombres et de la Genèse sont unanirne- ment attribués par l’école critique au document sacerdotal où À, on ne peut pas éviter la conclusion que ce document est le produit d’une époque antérieure à Jérémie et non de celle qui a suivi le retour de l’exil de Babylone, et moins encore de la venue d’Esdras vers 444.
Une réflexion pour terminer. La théorie documentaire de la Genèse, après un début héroïque d’envahissement irrésistible, joue de malheur depuis quelque temps : battue en brèche par les documents assyriologiques et égyptologiques, la décou-
verte d’un fragment du livre de Ben-Sira achève la déroute =
de ses défenseurs, en dépit de la science profonde des uns et de l’audace et de la suffisance des autres.
Disons maintenant quelques mots au sujet des croyances dont la partie retrouvée de l’Ecclésiastique fait foi. Que Ben-
Sira ait été convaincu de l’origine divine de la Loi et de l’ins-” piration des livres prophétiques et hagiographiques, cela va :
de soi et se manifeste pour ainsi dire dans chacun de ses distiques et tout spécialement dans la partie historique ou panégyrique. En dehors des principes proprement religieux du