‹ Étude sur la pénétration dans l'Organisme de certains corps étrangersChapitre 36 sur 67 · DENTIERS DANS LES VOIES DIGESTIVES · texte numérisé non relu

DENTIERS DANS LES VOIES DIGESTIVES

Dentier avalé pendant le sommeil. __ Evacuation par voie rectale. — Major Pheulpin, mars 1923. — Soldat D..., amené d'urgence à l'hopital Militaire de Mulhouse, A avalé son dentier pendant son sommeil, une heure auparavant. Suffocation, angoisse, douleur rétro-sternale, violente ; point douloureux au-dessous et en dedans

du septième cartilage costal gauche. Le dentier paraît arrêté au

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niveau du cardia. Le malade peut boire ; on lui fait absorber du lait, puis 30 grammes d'huile de ricin et ensuite un verre d'huile d'olive, à raison d’une petite gorgée toutes les einq minutes. Les douleurs diminuent. On remet une intervention éventuelle au lendemain. à

La radioscopie montre une tache sombre à la région latérale droite de l’épigastre. Bouillie bismuthée avalée sous écran, montre la perméabilité de l’œsophage. Le dentier est dans l'estomac. Le SOIR VAI heures, douleurs violentes dans la région épigastrique droite. Pression douloureuse. Nouveau verre d’huile d'olive. Lavement de 300 grammes d'huile. Le lendemain légère douleur à la pression, Evacuation sans incident le cinquième jour.

Dentiers avalés, évacués par les voies naturelles : I. Dentier de 8 dents; arrêté au pylore pendant quelques jours, douleurs ; au moment où on allait intervenir, se décide à passer évacué. Schwartz, Société de Chirurgie, 1906.

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II. -— Dentier de deux dents, trois crochets avalé ; évacué sans incident le dixième jour. , Prof. Legueu, Sociélé de Chirurgie, 1906.

III. — Dentier de cinq dents avalé ; évacué le huitième jour. Richard, Société de Chirurgie, 1906.

IV. — Dentier arrêté dans l’œsophage, à 24 centimètres des arcades dentaires. Tentative d'enlèvement sous œsophagoscopie ; le dentier glisse et tombe dans l'estomac ; évacué sans incident.

Reilzenslein.

V. Une femme avale pendant le sommeil une pièce de deux dents munie de deux crochets ; douleurs ; médecin appelé, pousse à l’aide d’une sonde le dentier dans l'estomac. |

Prescription : Potages épais mélangés de brins de fil.

Evacuation par voie rectale, quelques jours après, du dentier

entouré de fils. « British Medical Journal », 1876. Dentier avalé. -- Repoussé dans l'estomac. —- Evacuation. — Dr Pierre Robin, 1901. —— Femme de 40 ans qui avale pendant son

sommeil un morceau de son dentier comprenant cinq dents et un crochet ; la malade est conduite au Professeur Tillaux et vue par M. le Docteur Robin, après examen de la malade et du fragment de dentier conservé par elle, on fait propulsion du dentier à l’aide d’une baleine garnie d’une éponge. Evacuation sans incident, le troisième jour.

(On lira avec profit cette longue observation, la discussion à la Société de Stomatologie et les observations de M. P. Sebileau à ce sujet).

Dentiers avalés. — Evacuation anale sans incidents.

Homme de 40 ans ; dentier avalé pendant le sommeil, douleurs abdominales quelques jours après ; expectative ; évacuation anale 66 heures après l’ingestion. Pas de suites (dimensions de la pièce : 65 millimètres sur 47 millimètres).

Weinert, « B. Médical Jnl. », 8-9-23.

Femme de 48 ans, avale un dentier de quatre dents, avec deux crochets au cours d’un repas ; douleurs peu vives ; pas de dyspnée, ni dysphagie ; le médecin appelé conseille alimentation par purée de pommes de terre et surveillance des selles ; l'évacuation à eu lieu sans incidents quelques jours après. Dr Soulé.

Femme de 40 ans, avale son dentier la nuit ; sensations douloureuses minimes ; consulte douze heures après l'accident ; la radiographie montre le dentier à la partie inférieure de l’œsophage un peu au-dessus du cardia, la malade refuse l'exploration œsophagoscopique, revient trois mois plus tard, elle ne souffre pas el pense avoir éliminé le dentier.

La radio montre qu'il est toujours près du cardia (Dr Delannoy),

l'évacuation spontanée par les selles à lieu treize mois après l’aceident. D' Piquet (Résumée).

Un homme avala accidentellement son dentier mesurant d’une extrémité à l’autre 65 millimètres environ et 103 millimètres en tenant compte de la courbe de ce dentier. Sa plus grande hauteur était d'environ 47 millimètres. Après douleurs intestinales fortes et prolongées, le dentier passa par l'anus, 66 heures après qu’il fut avalé. Il ne s’ensuivit aucun mauvais trouble durable.

« Brilish Medical Journal », 8 sept. 1923.

Une femme de 38 ans avale la nuit son dentier. Prévenu aussitôt, j'explorai avec soin l’œsophage sans résultat, seule la douleur existait assez vive en un point déterminé. N'ayant rien pu découvrir, j'en conclus malgré les affirmations contraires de la malade que le dentier était descendu. La respiration était bonne, je la renvoyai en recommandant à sa fille, qui l’accompagnait, de me prévenir de suite s’il survenait quelque chose, j'engageai la patiente à se servir d’un vase contenant de l’eau si elle éprouvait le besoin d'aller à la garde-robe, et lui fit prendre une pilule d’opium pour calmer la douleur. Le reste de la nuit se passe bien, le lendemain également. Seule la douleur persistait toujours.

Trente-six heures après l’avoir avalé, elle rendit son dentier en allant à la selle. Je supposai que la douleur qu'elle ressentait encore venait d’une déchirure produite par le crochet qui maintenait le dentier et qui s'était redressé en le replaçant a près nettoyage.

Dr Papail, Rennes, 1923.

Dentier avalé. — Evacué par les voies naturelles. — M. P... G..., 27 ans, mécanicien, posséde un appareil en or de quatre dents du maxillaire supérieur, les deux prémolaires de chaque côté. Le maxillaire est très développé (voir schéma).

L'appareil ne possède aucun crochet. J’ai placé moi-même cet appareil à M. G..., le 25 février 1908. Malgré cela l’appareil tenait très bien en bouche et ne tombait point ; le client l’avait gardé continuellement sans le quitter même la nuit.

Certain jour, M. G... s’en fut faire une course en motocyclette, cela se passait l’été dernier, quand tout à coup un dérapage en règle fit culbuter notre motocycliste à une dizaine de mètres de sa machine. Il se releva un peu meurtri, mais continua néanmoins sa course. Arrivé chez lui, il sentit de vives douleurs partant du ster-

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num ; à ce même moment, sa femme fit remarquer la disparition de son dentier. Effrayée, elle fit faire des recherches à l'endroit précis où était tombé le mécanicien, mais on ne trouva rien. Les douleurs allaient croissant de plus en plus. Un médecin fut appelé, passa une sonde dans l’œsophage, mais ne découvrit rien. La mère et la femme de M. G.. vinrent m: trouver affolées, et me demandèrent s’il était possible que le dentier put être avalé. Je les rassurai en leur disant qu'il était impossible d’avaler un appareil de cette dimension. Les deux dames s’en retournèrent chez elles un peu rassurées, tandis que les douleurs persistaient et s’accroissaient de plus en plus chez le mécanicien qui poussait des cris terribles.

Devant cet état de choses, on décida de conduire le patient auprès d’un chirurgien, M. le docteur P... Ce dernier l’examina aux rayons X, et l’on découvrit le dentier seulement à la troisième intervention.

Le mécanicien se mit à la diète toute la journée ; le lendemain, on lui fit prendre comme repas du coton et des pommes de terre cuites à l’eau. A ce moment, les douleurs avaient complètement disparu, et deux jours après ce traitement, l'appareil sortit tout naturellement enveloppé de éoton.

M. Ducros, « Le Laboratoire », 6 avril 1913.

Dentiers évacués par l’anus après échec de l’œsophagoscopie.

1. -— Pièce saisie par la pince sous œsophagoscopie, glisse et tombe dans l’estomac ; évacuation: sans incident. Ach, 1909, IT. — Femme de 53 ans, avale à six heures du matin une pièce

de une dent avec deux crochets ; six heures après, intervention : Radiographie, anesthésie générale, œsophagoscopie, pièce tirée avec un crochet. En arrivant au niveau du pharynx elle se détache et elle tombe ; le malade se réveille, tousse et déglutit de nouveau la pièce ; examen œsophagoscopique montre plaie de l’œsophage causée par un crochet. Examens radiographiques successifs faits à partir du iendemain montrant la pièce d’abord dans l'estomac puis dans l'intestin ; évacuation le quatrième jour sans incident. Turner.

III. — Dentier avalé, la radio montre la pièce arrêtée dans l’œsophage à la hauteur de la deuxième vertèbre dorsale ; anesthésie générale ; œsophagoscopie ; dix prises sans réussir à immobiliser le dentier malgré cocaïnisation abondante.

Une nouvelle prise dérape, le dentier descend, le tube œsophagique ne le rencontre plus ; évacuation dans les selles le 17e jour.

Dr Labouré.

IV. — Patient, 40 ans, porteur d’une pièce mal ajustée et ayant été réparée plusieurs fois, qu'il gardait la nuit, se réveille une nuit brusquement avec la sensation d’étouffement. Il eut la chance de la rejeter en faisant de violents efforts de vomissements. Quelques

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